Monthly Archives: January 2013

Eglise Catholique : Mgr André Guèye nouvel évêque du diocèse de …

Mgr André Guèye, dont la nomination a été rendue publique, hier, à Rome par le Pape Benoît XVI, est le plus jeune évêque de l’histoire de l’Eglise catholique sénégalaise. Agé de 46 ans, Mgr Guèye aura entre autres tâches de raffermir les liens entre chrétiens et musulmans de la région, de réorganiser son diocèse, de poursuivre la mission de l’évangélisation…
L’Abbé André Guèye est le nouvel évêque de Thiès. Nommé par sa Sainteté le Pape Benoît XVI, Mgr André Guèye succède ainsi à feu Mgr Jacques Sarr, décédé le 12 janvier 2011 à l’âge de 77 ans. En conférence de presse, après l’annonce de la nouvelle depuis le Saint-Siège, le nonce apostolique, Mgr Luis Mariano Montemayor, entouré du Cardinal Théodore Adrien Sarr, archevêque de Dakar, et du président de la Conférence épiscopale, Mgr Benjamin Ndiaye, a décliné la biographie du nouveau patron du diocèse de Thiès. Selon lui, Mgr André Guèye est né le 06 janvier 1967 à Pallo-Youga, département de Tivaouane dans la région de Thiès, à plus de 70 kilomètres de Dakar. Il est baptisé à la même année en la paroisse Notre Dame de l’Assomption de Mont-Roland. En vue de son sacerdoce, il suivi des études secondaires de 1979 à 1986 d’abord au petit séminaire de Ngasobil, puis au moyen séminaire de Thiès. Poursuivant sa présentation, Mgr Luis Mariano Montemayor informe que l’évêque de Thiès entre au grand séminaire de Sébikhotane. L’année suivante,  le cycle de philosophie étant transféré à Djibélor (diocèse de Ziguinchor), il rejoint les premiers étudiants de ce séminaire avant de se rendre au collège pontifical urbaniana à Rome pour une durée de trois ans. C’est là qu’il obtient son baccalauréat en théologie. De retour au Sénégal, il est ordonné diacre le 14 décembre 1991 à la paroisse Marie Reine de l’Univers de Thiès, puis prêtre le 27 juin 1992 à la cathédrale Sainte Anne de Thiès.  

Professeur de philosophie
Mgr André Guèye commence alors son ministère pastoral.  C’est ainsi qu’en octobre 1992 à 1997, il est nommé vicaire à la paroisse Sainte Croix de Bambey dans la région de Diourbel. D’octobre 1997 à septembre 2000, il est affecté à la cathédrale de Thiès où il a occupé les fonctions du vicaire. En 2004, Mgr André Guèye retourne à la paroisse Sainte Croix de Bambey avec un rang, cette fois-ci, de curé ; cela jusqu’en septembre 2006. De novembre 2006 à 2012, il a été professeur de philosophie au Grand séminaire Saint Jean Marie Vianney de Brin à Ziguinchor. En octobre 2012, il est nommé responsable de la maison diocésaine du prêtre de Thiès.
Ses missions d’études et d’enseignement lui ont permis d’obtenir à l’université Cheikh Anta Diop de Dakar en 2004, une maîtrise en philosophie et un diplôme d’étude approfondie (Dea) en 2005. Celui qui est nommé évêque de Thiès, le jour du 2eme anniversaire de la mort de Mgr Jacques Sarr, prépare actuellement une thèse de doctorat en philosophie sur Edith Stein. Il devrait être consacré (ordonné) dans trois mois s’il le souhaite.
Selon le nonce apostolique, le nouvel évêque de Thiès aura la mission de consolider le dialogue islamo-chrétien car son diocèse étant entouré des grands foyers religieux musulmans notamment Tivaouane, Touba, Thiènaba, Ndiassane et Pire puisque le diocèse de Thiès couvre aussi la région de Diourbel. « Il sera capable d’assurer cette mission parce qu’il est né et connaît ces milieux. En plus, il a une solide base intellectuelle lui permettant d’affronter la classe politique, le monde universitaire et les autres mouvements d’intellectuels. En tout cas, le Pape a confiance en lui comme nous aussi », a expliqué le Nonce apostolique Mgr Luis Mariano Montemayor. Mgr André Ndiaye aura aussi la tâche de réorganiser son diocèse, de poursuivre l’évangélisation… Le cardinal Théodore Adrien Sarr, archevêque de Dakar, et Mgr Benjamin Ndiaye, évêque de Kaolack, ont félicité le nouvel évêque. Ils lui ont assuré de leurs prières. La nomination de Mgr André Guèye est certainement bien accueillie dans le diocèse de Thiès où les fidèles avaient émis le vœu que leur nouveau pasteur soit un natif de la région.   

Eugène KALY

Sierra Leone: un nouvel évêque sous tension

Matinale chrétienne du 8 janvier

L’ordination épiscopale de Mgr Henry Aruna s’est déroulée ce samedi, en présence de plusieurs prélats d’Afrique et du Vatican, mais sans liesse populaire: nommé depuis un an, le nouvel évêque peine à se faire accepter.

La cathédrale de Makuni, principale ville du nord de la Sierra Leone. ©DR

La cathédrale de Makuni, principale ville du nord de la Sierra Leone. ©DR

On pourrait penser que les tensions interethniques en Afrique épargnent l’Eglise, mais ce n’est pas le cas. Exemple à la Sierra Leone, où a eu lieu l’ordination épiscopale du nouvel évêque de Makeni. Fait rare, ce n’est pas dans son nouveau diocèse, mais à 180 km de là, dans la capitale du pays Freetown, que le nouveau prélat a reçu sa consécration. Un symbole qui en dit long sur les difficultés qui attendent Mgr Henry Aruna.
> Âgé de 49 ans, le nouvel évêque est représentatif de cette nouvelle génération d’évêques que Benoît XVI a nommés ces dernières années, et qui sont appelés à renouveler en profondeur une Eglise africaine qui n’est pas exempte de scandales. Issu de l’Université urbanienne à Rome, prêtre depuis 1993, Henry Aruna est professeur au Grand Séminaire, secrétaire de la Conférence épiscopale de la Sierra Leone et président national des Oeuvres pontificales missionnaires. Un parcours à la fois romain et africain sans faute. Oui, mais voilà: il appartient à l’ethnie mendé.
> Lors de l’annonce de sa nomination, il y a tout juste un an, des émeutes avaient éclaté. Les habitants du nord de ce pays à l’équilibre fragile, miné par onze ans de guerre civile, n’ont pas accepté la nomination de cet évêque du sud qui donne une coloration uniquement sudiste à la Conférence épiscopale. Malgré les débordements, Benoît XVI a tenu bon. L’ordination s’est donc déroulée dans une cathédrale de Freetown pleine de gens du sud et de prélats, mais où l’absence de délégués du nord était criante.
> Dans sa première allocution en tant qu’évêque, Mgr Aruna a confié être passé par des “temps difficiles, des nuits sans sommeil, des moments de frustration, de stress, de dépression“. Il a dit avoir reçu des appels et des lettres “peu chrétiens“. Mais il a également dit qu’il n’avait de rancune envers personne. “Je voudrais que vous compreniez que je n’ai rien de personnel contre vous. Je laisse tout cela entre les mains du Père. C’est une affaire de famille et nous règleron cela comme tel“. Dans une nouvelle lettre adressée au pape, les diocésains de Mgr Aruna ont réitéré leur opposition à leur nouvel évêque. La gouvernance du diocèse de Makeni s’annonce difficile. Sur le site internet du diocèse, le prédécesseur de Mgr Aruna, Mgr George Biguzzi, est toujours en photo.

EGYPTE: CARNAGE EVITE DANS UNE EGLISE
D’après le journal égyptien Ahram Online, le pire a été évité lors de la célébration du Noël copte ce lundi: l’église de Rafah, située dans la région du Sinaï, était semble-t-il visée par un double attentat à la voiture piégée. Les deux véhicules bourrés d’explosifs ont été repérés à une heure du matin lundi, dans une rue située entre l’église et une installation militaire en cours de construction, selon un message posté sur le mur Facebook du porte-parole des forces armées égyptiennes. Celles-ci ne sont pas parvenues à intercepter les deux voitures; l’armée est à leur recherche, mais la zone du Sinaï offre de multiples bases arrières de groupes terroristes islamistes.
> “Déséquilibrés“. C’est le terme employé par le pape des coptes Tawadros II pour qualifier ceux qui, dans la diaspora copte, parlent de faire sécession et de créer un Etat copte indépendant. “L’Eglise est partie intégrante d’une Egypte qui restera indivise, unie depuis le pharaon Ménès et qui le restera pour toujours“.

VOEUX DE NOËL DE KYRILL IER
Dans son message de voeux pour le Noël orthodoxe, célébré hier à Moscou, le patriarche Kyrill Ier a appuyé la mesure du président Poutine, prise il y a une semaine, et qui prévoit d’interdire désormais l’adoption d’enfants russes par des ressortissants américains: “Il y a beaucoup d’enfants sans parents dans notre pays, ou des enfants dont les parents ont été privés de leurs droits parentaux. Il est très important que nos fidèles accueillent les orphelins au sein de leurs familles, avec joie et une gratitude particulière envers Dieu, non seulement pour leur donner un foyer et une éducation, mais aussi pour leur offrir l’amour. Le Seigneur disait : ‘N’empêchez pas les enfants de venir à moi’. Ses propos devraient nous faire comprendre à quel point les enfants sont importants aux yeux du Dieu. Et à l’occasion du Noël orthodoxe, je voudrais m’adresser à tous ceux qui peuvent faire ce pas important dans la vie et adopter les enfants, soutenir les orphelins. Faites-le si vous le pouvez ! Il ne doit pas y avoir d’orphelins dans notre pays. Ceux qui n’ont pas de parents, doivent se retrouver parmi les gens qui les aiment, les gens honnêtes et compatissants“.

“LES MIGRANTS SONT UNE RICHESSE”
Tel est en substance le message que le cardinal Angelo Bagnasco, archevêque de Gênes et président de la Conférence épiscopale, à quelques jours de la Journée des migrants ce dimanche. “Je rends grâce aux migrants qui sont venus dans notre ville, qui ont apporté dans un grand nombre de nos maisons des services, de la chaleur, de l’amitié et de la présence. Et pas seulement dans nos maisons: vous avez visité nos communautés chrétiennes, tout en conservant nécessairement les traditions qui sont essentielles à votre vie et à la foi, qui est une et unique, mais se décline en de nombreuses traditions, façons et formes, coutumes et traditions qui sont importantes parce qu’elles préservent et cultivent la foi unique“.

Mariage gay/école : un évêque veut débattre

Par Europe1.fr avec AFP

Publié le 7 janvier 2013 à 13h33 Mis à jour le 7 janvier 2013 à 14h08

Il est “normal” de débattre des questions de société à l’école, et notamment du mariage pour tous, a estimé lundi Mgr Laurent Dognin, évêque auxiliaire de Bordeaux, en contradiction avec le ministre de l’Education Vincent Peillon.

“Les jeunes se posent énormément de questions” sur le projet de loi ouvrant le mariage et l’adoption aux couples homosexuels, a déclaré le prélat en marge d’une conférence de presse. “C’est donc normal qu’on puisse en débattre à l’école”, a-t-il ajouté. “Bien entendu, ça dépend de la manière dont on le fait. Mais pour moi, il est normal qu’on puisse aborder des questions de société à l’école.”

Quelques heures plus tôt, Vincent Peillon a appelé à ne pas “importer dans l’école des débats qui doivent avoir lieu dans la société” pour éviter que la “conflictualité politique (…) ne gagne les salles de classe”. Le ministre de l’Education a créé un débat vendredi en adressant une lettre aux recteurs pour leur demander d’être vigilants face à l’organisation de débats sur le sujet, notamment dans les écoles catholiques. Des responsables de la droite l’ont accusé de vouloir rallumer la guerre scolaire.

>> A LIRE AUSSI – Mariage gay : Peillon recadre l’école catho

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L'évêque de Ziguinchor appelle gouvernement et Mfdc au dialogue …

L’évêque de Ziguinchor appelle gouvernement et Mfdc au dialogue pour une solution politique

NETTALI.NET – Mgr Paul Abel Mamba Diatta, évêque de Ziguinchor, a salué la volonté d’écoute et d’ouverture entre le gouvernement et le Mouvement des forces démocratiques de Casamance (Mfdc). Il a qualifié de signal fort la récente libération par Salif Sadio de soldats, encourageant gouvernement et Mfdc à poursuivre les efforts de dialogue.

L’évêque de Ziguinchor Mgr Paul Abel Mamba s’exprimait à l’occasion de la Journée mondiale de prières pour la paix instituée par le pape Jean Paul II. Il a ainsi lancé un appel solennel au gouvernement et au Mfdc pour qu’ils bannissent les affrontements armés, afin de promouvoir par le dialogue une solution politique au conflit.

Selon le chef de l’Eglise à Ziguinchor, « la paix est bien possible en Casamance, c’est une question de volonté de part et d’autre ».

Mais, à en croire Mgr Diatta, cette paix n’arrivera pas toute seule. « La paix que nous recherchons, ce n’est pas la solution actuelle de ni paix ni guerre », ajoute-t-il.

L’évêque de Ziguinchor a aussi lancé un appel à tous les compatriotes sénégalais, à toutes les bonnes volontés et toutes les organisations engagées dans la recherche de la paix en Casamance à s’investir un peu plus comme artisans de la paix et de la réconciliation.

Jean Dubois (évêque) – Wikipédia

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Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Jean Dubois.
Jean (John) Dubois
Image illustrative de l'article Jean Dubois (évêque)
Portrait de Mgr Jean Dubois
Biographie
Naissance 24 août 1764
Paris
Ordination sacerdotale 28 septembre 1787
Décès 20 décembre 1842
New York City
Évêque de l’Église catholique
Consécration épiscopale 29 octobre 1826
Dernier titre ou fonction Évêque de New York
Évêque de New York
1826 – 1842
Précédent John Connolly John Hughes Suivant
Président du Mount St. Mary’s College (Emmitsburg,Maryland)
1806 – 1826
Curé de Frederick (Maryland)
1792 – 1806

Jean Dubois, né le 24 août 1764 à Paris et mort le 20 décembre 1842 à New York (États-Unis), est le troisième évêque catholique romain du diocèse de New York. Il est le premier évêque ordinaire à résider dans le diocèse et le seul évêque de New York à ce jour à n’être pas d’origine irlandaise[1].

Formation et premières charges

Jean Dubois est né à Paris le 24 août 1764. Après avoir effectué ses études de théologie au séminaire oratorien de Saint-Magloire à Paris[2], il est ordonné comme prêtre catholique le 22 septembre 1787 par l’archevêque de Paris Antoine-Éléonor-Léon Leclerc de Juigné. Pendant la Révolution française, il quitte la France pour les États-Unis en mai 1791, où il est accueilli par l’évêque John Carrol pour aider à l’accompagnement religieux d’une population catholique grandissante dans la nouvelle nation (essentiellement d’origine irlandaise).

En 1792, Jean Dubois est nommé pour être le premier curé de Frederick dans le Maryland, desservant une région qui s’étend jusqu’à Saint-Louis du Missouri. Il s’installe dans une maison construite par les Jésuites, depuis laquelle ils s’occupaient de la population de la région depuis plus d’un siècle. L’édifice contenait une chapelle dédiée à saint Stanislas Kostka. En 1800 il commence la construction de la première église de la ville sur le côté nord de la Deuxième Rue et consacre la paroisse à saint Jean l’Évangéliste. La dernière pierre de l’édifice en briques a été posée le 15 mai de la même année, et peut encore être vue sur le devant de l’église actuelle. Jean Dubois a passé près de onze ans comme curé de l’église Saint-Jean[3].

Jean Dubois quitte la paroisse en 1806 pour entrer dans l’ordre des Sulpiciens à Emmitsburg (Maryland), où il fonde le Mount St. Mary’s College, devenant également son premier président. C’est sous sa présidence que la jeune veuve new-yorkaise Elizabeth Ann Seton a fondé à cet endroit une nouvelle maison. Avec son soutien, elle a fondé la première école catholique du pays et le premier institut religieux de religieuses enseignantes du pays[4].

Évêque de New-York

Le 23 mai 1826 Jean Dubois est appelé par le Vatican pour être évêque du diocèse catholique de New York. Il est consacré par l’archevêque de Baltimore, Ambrose Maréchal, le 29 octobre 1826[5].

En 1837, il voyage à Salina (près de Syracuse) pour célébrer le mariage de Silas Titus et d’Eliza McCarthy, fille de Thomas McCarthy (premier maire de Syracuse) et sœur du membre du Congrès Dennis McCarthy. Le certificat de mariage est devenu le premier enregistrement d’un acte catholique dans le comté d’Onondaga (New York). John McCloskey, qui deviendra plus tard le premier archevêque de New-York à être créé cardinal, accompagnait Jean Dubois à Salina comme guide[6].

Selon le livre John Dubois: founding father (Jean Dubois : père fondateur) du révérend Richard Shaw (US Catholic Historical Society, 1983), Jean Dubois est enterré sous l’entrée de la vieille cathédrale Saint-Patrick de New-York sur Mott Street, à sa demande, pour que les gens puissent « marcher sur mon corps, comme ils l’ont fait lorsque j’étais vivant ». Il fournit des images qui montrent une plaque à l’entrée de l’église.

Voir aussi

Article connexe

Sources

  1. John Dubois sur Catholic Encyclopedia. Consulté le 06/01/2013
  2. Archives de l’Ancien Régime « Séminaires parisiens »
  3. History of Catholic Education sur http://www.stjohn-frederick.org. Consulté le 06/01/2013
  4. John Dubois sur Catholic Encyclopedia. Consulté le 06/01/2013
  5. John Dubois sur catholic-hierarchy. Consulté le 06/01/2013
  6. Balaguer, M., 1995, A Family History





Décès de Mgr Maurice Delorme ancien évêque auxiliaire de Lyon | La …

Décès de Mgr Maurice Delorme, ancien évêque auxiliaire de Lyon

Mgr Maurice Delorme, ancien évêque auxiliaire de Lyon de 1975 à 1994, est décédé jeudi 27 décembre à l’hôpital de Fourvière, à l’âge de 93 ans, selon un communiqué du service de communication de la Conférence des évêques de France (CEF) du 29 décembre.

Membre de la société du Prado

Né le 20 novembre 1919 à Lyon, Maurice Delorme avait été ordonné prêtre en octobre 1942 pour le diocèse de Lyon. Il était membre de la société du Prado, dont il fut membre du conseil de 1954 à 1964. Après un ministère dans différentes paroisses de 1942 à 1959, il fut aumônier de la paroisse universitaire (1959-1960), puis aumônier diocésain et délégué à la Mission ouvrière de 1960 à 1969. Il devint vicaire général du diocèse de Lyon à partir de 1969 et fut nommé archidiacre de Lyon et de son agglomération en 1970.

Un spécialiste des missions

Nommé évêque auxiliaire de Lyon en octobre 1975, il fut consacré le mois suivant par le cardinal Alexandre Renard, alors archevêque du diocèse. Il fut ensuite évêque auxiliaire auprès du cardinal Albert Decourtray, archevêque de Lyon de 1981 à 1994. Au niveau national, Mgr Delorme fut notamment membre de la Commission de l’état religieux et de la Commission des missions à l’extérieur de la Conférence des évêques de France. Il fut nommé directeur général des Œuvres pontificales missionnaires (OPM) de France en 1987. Mgr Maurice Delorme s’était retiré pour raison d’âge le 3 décembre 1994.

La célébration de ses obsèques, présidée par le cardinal Philippe Barbarin, archevêque de Lyon, a eu lieu ce lundi 31 décembre à 9 h 30, en la primatiale Saint-Jean de Lyon.

Le combat de l'évêque

Marc Aillet a peut-être ça dans les gênes. Fils de militaire (il est né au Bénin), l’évêque de Bayonne n’a pas peur de monter au front sur les sujets de société : mariage pour tous, euthanasie, avortement, tout y passe. Celui qui a avoué un jour « ne pas travailler à l’audimat » profite toujours des micros tendus, même pour parler de l’extradition d’Aurore Martin, de la Ligne à Grande Vitesse ou de l’augmentation du prix du lait. De quoi faire déborder la casserole de nombreuses associations qui lui demandent de rester sage dans son église.

Mais lors de son ordination épiscopale en 2008 et du passage de relais avec Pierre Molères, Marc Aillet n’a jamais fait vœu de silence. Et s’il a reçu mitre et bâton lors de la cérémonie, il sait aussi se servir de son iPhone pour répandre la parole de Dieu.

« Le problème, c’est qu’il ne défend que ses thèses », taclaient, il y a quelques jours, plusieurs membres du groupe Baptisés 64, des pratiquants qui ne se reconnaissent plus en lui. « Mgr Aillet s’efforce d’imposer sa sensibilité traditionaliste, alors qu’il existe des sensibilités diverses au sein de l’Église de France », ajoutent les anti-Aillet. Des propos qui font écho à ceux de plusieurs prêtres du Pays basque et du Béarn qui regrettent son côté « fonceur » et « doctrinaire » qui ne correspond pas aux mentalités de la région.

Église décomplexée

En organisant le Colloque international pour la vie à Biarritz il y a un mois, l’évêque voulait prouver que l’Église pouvait porter une parole décomplexée face aux partisans du mariage gay et de l’euthanasie. Mais force est de constater qu’il a davantage attisé la colère de ses détracteurs qu’ouvert un nouveau chemin de dialogue. Son message de Noël aurait pu servir de baume. Mais il a préféré poursuivre l’anathème en évoquant « le véritable obscurantisme qui plonge l’humanité d’aujourd’hui dans la nuit ».

C’est cet entêtement qui semble crisper une frange des pratiquants. « Marc Aillet est un homme extrêmement intelligent et affable. On a toujours l’impression qu’il vous écoute. Mais au final, il ne suit que ses idées », témoignent des personnes proches. Un caractère qui explique pourquoi cet ecclésiastique a aussi beaucoup de partisans. « Il a resserré les boulons en arrivant dans le diocèse. Il a lancé de nombreux chantiers », applaudissent les mêmes qui le critiquent. La liste n’est pas exhaustive : inauguration d’une chapelle de l’adoration perpétuelle à Bayonne, réouverture d’un séminaire pour créer des vocations, rajeunissement des prêtres, lancement de campagnes de communication en phase avec le XXIe siècle, multiplication des visites pastorales et des rassemblements diocésains, etc.

« Mais les églises se vident », regrettent les membres de Baptisés 64, qui reconnaissent quand même que le problème ne date pas de l’arrivée de l’évêque en 2008. « Le tour de vis » de l’évêque, approuvé par le Vatican des deux côtés des Pyrénées, risque-t-il de diviser son diocèse ? « Je ne suis pas l’homme des oppositions dialectiques mais un homme de terrain », se défendait Marc Aillet il y a quelques mois lors d’une rencontre avec les lecteurs de « Sud Ouest ». Entre la théorie et la pratique, il existe parfois des frontières épaisses comme des murs d’église.

“L'évêque a la mission non seulement de marcher avec les autres …

Magnifique homélie de Benoît XVI en cette fête de l’Epiphanie sur le rôle de l’évêque appelé à être « valeureux » et d’avoir « le courage de contredire les orientations dominantes » :

« Le lien entre cette ordination épiscopale et le thème du pèlerinage des peuples vers Jésus Christ est évident. En ce pèlerinage, l’évêque a la mission non seulement de marcher avec les autres, mais de précéder et d’indiquer la route. Dans cette liturgie, je voudrais toutefois réfléchir encore avec vous sur une question plus concrète. À partir de l’histoire racontée par Matthieu, nous pouvons certainement nous faire une certaine idée du type d’hommes qu’ont dû être ceux qui, en suivant le signe de l’étoile, se sont mis en route pour aller trouver ce Roi qui aurait fondé un nouveau type de royauté, non seulement pour Israël, mais aussi pour l’humanité entière. Quel genre d’hommes ceux-ci étaient-ils donc? Et, à partir d’eux, demandons-nous aussi si, malgré la différence d’époque et de missions, on peut percevoir quelque chose de ce qu’est l’évêque et sur la façon dont il doit accomplir sa mission.

Les hommes qui partirent alors vers l’inconnu étaient, en tout cas, des hommes au cœur inquiet. Des hommes poussés par la recherche inquiète de Dieu et du salut du monde. Des hommes en attente qui ne se contentaient pas de leur revenu assuré et de leur position sociale peut-être reconnue. Ils étaient à la recherche de la réalité la plus grande. Ils étaient peut-être des hommes instruits qui avaient une grande connaissance des astres et qui probablement disposaient aussi d’une formation philosophique. Mais, ils ne voulaient pas seulement savoir beaucoup de choses. Ils voulaient savoir surtout l’essentiel. Ils voulaient savoir comment on peut réussir à être une personne humaine. Et c’est pourquoi, ils voulaient savoir si Dieu existe, où et comment il est. S’il prenait soin de nous et comment nous pouvons le rencontrer. Ils voulaient non seulement savoir. Ils voulaient reconnaître la vérité sur nous, sur Dieu et sur le monde. Leur pèlerinage extérieur était une expression de leur cheminement intérieur, du pèlerinage intérieur de leur cœur. Ils étaient des hommes qui cherchaient Dieu et, en définitive, ils étaient en marche vers lui. Ils étaient des chercheurs de Dieu.

Mais avec cela, nous arrivons à la question : comment doit être un homme à qui on impose les mains pour l’ordination épiscopale dans l’Église de Jésus Christ ? Nous pouvons dire: il doit être avant tout un homme dont l’intérêt est tourné vers Dieu, car c’est seulement alors qu’il s’intéresse vraiment aussi aux hommes. Nous pourrions aussi le dire en sens inverse: un évêque doit être un homme à qui les hommes tiennent à cœur, un homme qui est touché par les situations des hommes. Il doit être un homme pour les autres. Toutefois, il peut l’être vraiment seulement s’il est un homme conquis par Dieu. Si pour lui, l’inquiétude pour Dieu est devenu une inquiétude pour sa créature, l’homme. Comme les Mages d’Orient, un évêque ne doit pas aussi être quelqu’un qui exerce seulement son métier et ne veut rien d’autre. Non, il doit être pris par l’inquiétude de Dieu pour les hommes. Il doit, pour ainsi dire, penser et sentir avec Dieu. Il n’est pas seulement l’homme qui porte en lui l’inquiétude innée pour Dieu, mais cette inquiétude est une participation à l’inquiétude de Dieu pour nous. Puisque Dieu est inquiet de nous, il nous suit jusque dans la mangeoire, jusqu’à la Croix. «En me cherchant, tu as peiné; tu m’as sauvé par ta passion : qu’un tel effort ne soit pas vain», prie l’Église dans le Dies irae. L’inquiétude de l’homme pour Dieu et, à partir d’elle, l’inquiétude de Dieu pour l’homme ne doivent pas donner de repos à l’évêque. C’est cela que nous comprenons quand nous disons que l’évêque doit être d’abord un homme de foi. Car la foi n’est pas autre chose que le fait d’être intérieurement touché par Dieu, une condition qui nous conduit sur le chemin de la vie. La foi nous introduit dans un état où nous sommes pris par l’inquiétude de Dieu et fait de nous des pèlerins qui sont intérieurement en marche vers le vrai Roi du monde et vers sa promesse de justice, de vérité et d’amour. Dans ce pèlerinage, l’évêque doit précéder, il doit être celui qui indique aux hommes le chemin vers la foi, l’espérance et l’amour.

Le pèlerinage intérieur de la foi vers Dieu s’effectue surtout dans la prière. Saint Augustin a dit un jour que la prière, en dernière analyse, ne serait autre chose que l’actualisation et la radicalisation de notre désir de Dieu. À la place de la parole “désir”, nous pourrions mettre aussi la parole “inquiétude” et dire que la prière veut nous arracher à notre fausse commodité, à notre enfermement dans les réalités matérielles, visibles et nous transmettre l’inquiétude pour Dieu, nous rendant ainsi ouverts et inquiets aussi les uns des autres. Comme pèlerin de Dieu, l’évêque doit être d’abord un homme qui prie. Il doit être en contact intérieur permanent avec Dieu ; son âme doit être largement ouverte vers Dieu. Il doit porter à Dieu ses difficultés et celles des autres, comme aussi ses joies et celles des autres, et établir ainsi, à sa manière, le contact entre Dieu et le monde dans la communion avec le Christ, afin que la lumière du Christ resplendisse dans le monde.

Revenons aux Mages d’Orient. Ceux-ci étaient aussi et surtout des hommes qui avaient du courage, le courage et l’humilité de la foi. Il fallait du courage pour accueillir le signe de l’étoile comme un ordre de partir, pour sortir – vers l’inconnu, l’incertain, sur des chemins où il y avait de multiples dangers en embuscade. Nous pouvons imaginer que la décision de ces hommes a suscité la dérision : la plaisanterie des réalistes qui pouvaient seulement se moquer des rêveries de ces hommes. Celui qui partait sur des promesses aussi incertaines, risquant tout, ne pouvait apparaître que ridicule. Mais pour ces hommes touchés intérieurement par Dieu, le chemin selon les indications divines était plus important que l’opinion des gens. La recherche de la vérité était pour eux plus importante que la dérision du monde, apparemment intelligent.

Comment ne pas penser, dans une telle situation, à la mission d’un évêque à notre époque? L’humilité de la foi, du fait de croire ensemble avec la foi de l’Église de tous les temps, se trouvera à maintes reprises en conflit avec l’intelligence dominante de ceux qui s’en tiennent à ce qui apparemment est sûr. Celui qui vit et annonce la foi de l’Église, sur de nombreux points n’est pas conforme aux opinions dominantes justement aussi à notre époque. L’agnosticisme aujourd’hui largement dominant a ses dogmes et est extrêmement intolérant à l’égard de tout ce qui le met en question et met en question ses critères. Par conséquent, le courage de contredire les orientations dominantes est aujourd’hui particulièrement urgent pour un évêque. Il doit être valeureux. Et cette vaillance ou ce courage ne consiste pas à frapper avec violence, à être agressif, mais à se laisser frapper et à tenir tête aux critères des opinions dominantes. Le courage de demeurer fermement dans la vérité est inévitablement demandé à ceux que le Seigneur envoie comme des agneaux au milieu des loups. « Celui qui craint le Seigneur n’a peur de rien » dit le Siracide (34, 16). La crainte de Dieu libère de la crainte des hommes. Elle rend libres!

Dans ce contexte, un épisode des débuts du christianisme que saint Luc rapporte dans les Actes des Apôtres me vient à l’esprit. Après le discours de Gamaliel, qui déconseillait la violence envers la communauté naissante des croyants en Jésus, le sanhédrin convoqua les Apôtres et les fit flageller. Ensuite il leur interdit de parler au nom de Jésus et il les remit en liberté. Saint Luc continue: «Mais eux, en sortant du sanhédrin, repartaient tout joyeux d’avoir été jugés dignes de subir des humiliations pour le nom de Jésus. Et chaque jour … ils ne cessaient d’enseigner et d’annoncer la Bonne Nouvelle du Christ Jésus» (Ac 5, 40ss.). Les successeurs des Apôtres doivent aussi s’attendre à être à maintes reprises frappés, de manière moderne, s’ils ne cessent pas d’annoncer de façon audible et compréhensible l’Évangile de Jésus Christ. Et alors ils peuvent être heureux d’avoir été jugés dignes de subir des outrages pour lui. Naturellement, nous voulons, comme les Apôtres, convaincre les gens et, en ce sens, obtenir leur approbation. Naturellement, nous ne provoquons pas, mais bien au contraire nous invitons chacun à entrer dans la joie de la vérité qui indique la route. L’approbation des opinions dominantes, toutefois, n’est pas le critère auquel nous nous soumettons. Le critère c’est Lui seul: le Seigneur. Si nous défendons sa cause, grâce à Dieu, nous gagnerons toujours de nouveau des personnes pour le chemin de l’Évangile. Mais inévitablement nous serons aussi frappés par ceux qui, par leur vie, sont en opposition avec l’Évangile, et alors nous pouvons être reconnaissants d’être jugés dignes de participer à la Passion du Christ.

Les Mages ont suivi l’étoile, et ainsi ils sont parvenus jusqu’à Jésus, jusqu’à la grande Lumière qui éclaire tout homme venant en ce monde (cf. Jn 1, 9). Comme pèlerins de la foi, les Mages sont devenus eux-mêmes des étoiles qui brillent dans le ciel de l’histoire et nous indiquent la route. Les saints sont les vraies constellations de Dieu, qui éclairent les nuits de ce monde et nous guident. Saint Paul, dans la Lettre aux Philippiens, a dit à ses fidèles qu’ils doivent resplendir comme des astres dans le monde (cf. 2, 15).

Chers amis, ceci nous concerne aussi. Ceci vous concerne surtout vous qui, maintenant, allez être ordonnés évêques de l’Église de Jésus Christ. Si vous vivez avec le Christ, liés à nouveau à lui dans le sacrement, alors vous aussi vous deviendrez des sages. Alors vous deviendrez des astres qui précèdent les hommes et leur indiquent le juste chemin de la vie. En ce moment nous tous ici nous prions pour vous, afin que le Seigneur vous remplisse de la lumière de la foi et de l’amour. Afin que cette inquiétude de Dieu pour l’homme vous touche, pour que tous fassent l’expérience de sa proximité et reçoivent le don de sa joie. Nous prions pour vous, afin que le Seigneur vous donne toujours le courage et l’humilité de la foi. Nous prions Marie qui a montré aux Mages le nouveau Roi du monde (Mt 2, 11), afin qu’en Mère affectueuse, elle vous montre aussi Jésus Christ et vous aide à être des hommes qui indiquent la route qui conduit à lui. Amen.  

Benoît XVI encourage les évêques à accepter les difficultés de leur …

Benoît XVI encourage les évêques à accepter les difficultés de leur mission

Ordonnant, à l’occasion de l’Épiphanie, quatre nouveaux évêques, dont son secrétaire particulier, Mgr Georg Gänswein, et le nouveau nonce français au Guatemala, Mgr Nicolas Thévenin, Benoît XVI a défini le rôle de l’évêque face au monde moderne

L’inquiétude de Dieu pour l’homme, et de l’homme envers Dieu, a été au centre de l’homélie du pape, prononcée dimanche 6 janvier en présence de l’Italien Mario Monti, président du Conseil sortant, à l’occasion de l’ordination de quatre nouveaux évêques, dont son secrétaire particulier et nouveau préfet de la Maison pontificale, Mgr Georg Gänswein, et le nouveau nonce français au Guatemala, Mgr Nicolas Thévenin.

Aux yeux de Benoît XVI, s’appuyant sur la figure des Mages d’Orient, l’évêque doit être d’abord un « homme au cœur inquiet », un homme « en attente, qui ne se contente pas d’un revenu assuré et d’une position sociale peut-être reconnue ». « Instruits », les Mages « voulaient savoir si Dieu existe, où et comment il est ». En un mot, ils étaient des « chercheurs de Dieu ».

Aujourd’hui, l’évêque doit être non seulement « un homme dont l’intérêt est tourné vers Dieu », mais aussi « un homme à qui les hommes tiennent à cœur, un homme touché par les situations des hommes, un homme pour les autres ». Il ne le sera que s’il est « conquis par Dieu ». En un mot, « l’inquiétude de l’homme pour Dieu et, à partir d’elle, l’inquiétude de Dieu pour l’homme, ne doivent pas donner de repos à l’évêque. »

« Le courage de contredire les orientations dominantes »

Cette orientation croisée se fonde dans la prière, qui « veut nous arracher à notre fausse commodité, à notre enfermement dans les réalités matérielles visibles et nous transmettre l’inquiétude pour Dieu. »

Ce mode d’emploi épiscopal rappelé par le pape a des conséquences concrètes : « La recherche de la vérité est pour eux plus importante que la dérision du monde apparemment intelligent. » Et Benoît XVI a souhaité revenir longuement sur cette relation particulière au monde. Car « l’agnosticisme aujourd’hui largement dominant a ses dogmes et est extrêmement intolérant à l’égard de tout ce qui le met en question ». Et donc, « le courage de contredire les orientations dominantes est aujourd’hui particulièrement urgent pour un évêque ». Le pape ne craint pas d’utiliser l’image « des agneaux au milieu des loups ».

Reprenant l’épisode des Actes des apôtres (Ac 5, 40), lorsque le Sanhédrin fait flageller ces derniers, Benoît XVI a averti les futurs évêques : « Les successeurs des apôtres doivent aussi s’attendre à être à maintes reprises frappés, de manière moderne, s’ils ne cessent pas d’annoncer de façon audible et compréhensible l’Évangile de Jésus-Christ. Et alors, ils peuvent être heureux d’avoir été jugés dignes de subir des outrages pour lui. ».

Benoît XVI ordonne évêque son secrétaire particulier, Mgr Georg …

Le pape Benoît XVI et Mgr Georg Gänswein

Benoît XVI ordonne évêque son secrétaire particulier, Mgr Georg Gänswein 

Le 06 janvier 2013 – E. S. M. – Le pape Benoît XVI impose les mains sur la tête de Mgr Georg Gänswein, agenouillé devant lui. C’est certainement l’image que tout le monde gardera en mémoire de ce dimanche de l’Epiphanie du Seigneur. Le Saint-Père, en la Basilique Saint Pierre, a ordonné évêque son secrétaire particulier, Mgr Georg Gänswein, nommé aussi préfet de la Maison Pontificale. Trois autres prélats ont reçu l’ordination épiscopale : le nigérian Mgr Fortunatus Nwachukwu, qui devient nonce au Nicaragua, le français Mgr Nicolas Thévenin, qui devient nonce au Guatemala, et Mgr Vincenzo Zani, récemment nommé secrétaire de la Congrégation pour l’Education catholique.
Le rite de l’ordination a eu lieu après la proclamation du Saint Evangile et l’annonce du jour de Pâques, qui cette année se célèbrera le 31 Mars.
Au cours de la Sainte messe, le Pape a prononcé l’homélie que nous rapportons ci-dessous :

Homélie du Saint-Père

Chers frères et sœurs !

Pour l’Église croyante et priante, les Mages d’Orient qui, sous la conduite de l’étoile, ont trouvé la route vers la crèche de Bethléem sont seulement le début d’une grande procession qui s’avance dans l’histoire. À cause de cela, la liturgie lit l’évangile qui parle du cheminement des Mages avec les splendides visions prophétiques d’Isaïe 60 et du Psaume 72, qui illustrent par des images audacieuses le pèlerinage des peuples vers Jérusalem. Comme les bergers qui, en tant que premiers hôtes auprès de l’Enfant nouveau-né couché dans la mangeoire, personnifient les pauvres d’Israël et, en général, les âmes humbles qui vivent intérieurement en étant très proches de Jésus, ainsi les hommes provenant de l’Orient personnifient le monde des peuples, l’Église des Gentils – les hommes qui à travers tous les siècles se mettent en marche vers l’Enfant de Bethléem, honorent en Lui le Fils de Dieu et se prosternent devant Lui. L’Église appelle cette fête « Épiphanie » – la manifestation du Divin. Si nous regardons le fait que, dès le début, les hommes de toute provenance, de tous les continents, de toutes les diverses cultures et de tous les divers modes de pensée et de vie ont été et sont en marche vers le Christ, nous pouvons vraiment dire que ce pèlerinage et cette rencontre avec Dieu dans la figure de l’Enfant est une Épiphanie de la bonté de Dieu et de son amour pour les hommes (cf. Tt 3, 4).

Selon une tradition commencée par le Bienheureux Pape Jean-Paul II, nous célébrons aussi la fête de l’Épiphanie comme le jour de l’ordination épiscopale pour quatre prêtres qui, en des fonctions diverses, collaboreront désormais au Ministère du Pape pour l’unité de l’unique Église de Jésus Christ dans la pluralité des Églises particulières. Le lien entre cette ordination épiscopale et le thème du pèlerinage des peuples vers Jésus Christ est évident. En ce pèlerinage, l’évêque a la mission non seulement de marcher avec les autres, mais de précéder et d’indiquer la route. Dans cette liturgie, je voudrais toutefois réfléchir encore avec vous sur une question plus concrète. À partir de l’histoire racontée par Matthieu, nous pouvons certainement nous faire une certaine idée du type d’hommes qu’ont dû être ceux qui, en suivant le signe de l’étoile, se sont mis en route pour aller trouver ce Roi qui aurait fondé un nouveau type de royauté, non seulement pour Israël, mais aussi pour l’humanité entière. Quel genre d’hommes ceux-ci étaient-ils donc ? Et, à partir d’eux, demandons-nous aussi si, malgré la différence d’époque et de missions, on peut percevoir quelque chose de ce qu’est l’évêque et sur la façon dont il doit accomplir sa mission.

Les hommes qui partirent alors vers l’inconnu étaient, en tout cas, des hommes au cœur inquiet. Des hommes poussés par la recherche inquiète de Dieu et du salut du monde. Des hommes en attente qui ne se contentaient pas de leur revenu assuré et de leur position sociale peut-être reconnue. Ils étaient à la recherche de la réalité la plus grande. Ils étaient peut-être des hommes instruits qui avaient une grande connaissance des astres et qui probablement disposaient aussi d’une formation philosophique. Mais, ils ne voulaient pas seulement savoir beaucoup de choses. Ils voulaient savoir surtout l’essentiel. Ils voulaient savoir comment on peut réussir à être une personne humaine. Et c’est pourquoi, ils voulaient savoir si Dieu existe, où et comment il est. S’il prenait soin de nous et comment nous pouvons le rencontrer. Ils voulaient non seulement savoir. Ils voulaient reconnaître la vérité sur nous, sur Dieu et sur le monde. Leur pèlerinage extérieur était une expression de leur cheminement intérieur, du pèlerinage intérieur de leur cœur. Ils étaient des hommes qui cherchaient Dieu et, en définitive, ils étaient en marche vers lui. Ils étaient des chercheurs de Dieu.

Mais avec cela, nous arrivons à la question : comment doit être un homme à qui on impose les mains pour l’ordination épiscopale dans l’Église de Jésus Christ ? Nous pouvons dire : il doit être avant tout un homme dont l’intérêt est tourné vers Dieu, car c’est seulement alors qu’il s’intéresse vraiment aussi aux hommes. Nous pourrions aussi le dire en sens inverse : un évêque doit être un homme à qui les hommes tiennent à cœur, un homme qui est touché par les situations des hommes. Il doit être un homme pour les autres. Toutefois, il peut l’être vraiment seulement s’il est un homme conquis par Dieu. Si pour lui, l’inquiétude pour Dieu est devenu une inquiétude pour sa créature, l’homme. Comme les Mages d’Orient, un évêque ne doit pas aussi être quelqu’un qui exerce seulement son métier et ne veut rien d’autre. Non, il doit être pris par l’inquiétude de Dieu pour les hommes. Il doit, pour ainsi dire, penser et sentir avec Dieu. Il n’est pas seulement l’homme qui porte en lui l’inquiétude innée pour Dieu, mais cette inquiétude est une participation à l’inquiétude de Dieu pour nous. Puisque Dieu est inquiet de nous, il nous suit jusque dans la mangeoire, jusqu’à la Croix. « En me cherchant, tu as peiné ; tu m’as sauvé par ta passion : qu’un tel effort ne soit pas vain », prie l’Église dans le Dies irae. L’inquiétude de l’homme pour Dieu et, à partir d’elle, l’inquiétude de Dieu pour l’homme ne doivent pas donner de repos à l’évêque. C’est cela que nous comprenons quand nous disons que l’évêque doit être d’abord un homme de foi. Car la foi n’est pas autre chose que le fait d’être intérieurement touché par Dieu, une condition qui nous conduit sur le chemin de la vie. La foi nous introduit dans un état où nous sommes pris par l’inquiétude de Dieu et fait de nous des pèlerins qui sont intérieurement en marche vers le vrai Roi du monde et vers sa promesse de justice, de vérité et d’amour. Dans ce pèlerinage, l’évêque doit précéder, il doit être celui qui indique aux hommes le chemin vers la foi, l’espérance et l’amour.

Le pèlerinage intérieur de la foi vers Dieu s’effectue surtout dans la prière. Saint Augustin a dit un jour que la prière, en dernière analyse, ne serait autre chose que l’actualisation et la radicalisation de notre désir de Dieu. À la place de la parole “désir“, nous pourrions mettre aussi la parole “inquiétude” et dire que la prière veut nous arracher à notre fausse commodité, à notre enfermement dans les réalités matérielles, visibles et nous transmettre l’inquiétude pour Dieu, nous rendant ainsi ouverts et inquiets aussi les uns des autres. Comme pèlerin de Dieu, l’évêque doit être d’abord un homme qui prie. Il doit être en contact intérieur permanent avec Dieu ; son âme doit être largement ouverte vers Dieu. Il doit porter à Dieu ses difficultés et celles des autres, comme aussi ses joies et celles des autres, et établir ainsi, à sa manière, le contact entre Dieu et le monde dans la communion avec le Christ, afin que la lumière du Christ resplendisse dans le monde.

Revenons aux Mages d’Orient. Ceux-ci étaient aussi et surtout des hommes qui avaient du courage, le courage et l’humilité de la foi. Il fallait du courage pour accueillir le signe de l’étoile comme un ordre de partir, pour sortir – vers l’inconnu, l’incertain, sur des chemins où il y avait de multiples dangers en embuscade. Nous pouvons imaginer que la décision de ces hommes a suscité la dérision : la plaisanterie des réalistes qui pouvaient seulement se moquer des rêveries de ces hommes. Celui qui partait sur des promesses aussi incertaines, risquant tout, ne pouvait apparaître que ridicule. Mais pour ces hommes touchés intérieurement par Dieu, le chemin selon les indications divines était plus important que l’opinion des gens. La recherche de la vérité était pour eux plus importante que la dérision du monde, apparemment intelligent.

Comment ne pas penser, dans une telle situation, à la mission d’un évêque à notre époque ? L’humilité de la foi, du fait de croire ensemble avec la foi de l’Église de tous les temps, se trouvera à maintes reprises en conflit avec l’intelligence dominante de ceux qui s’en tiennent à ce qui apparemment est sûr. Celui qui vit et annonce la foi de l’Église, sur de nombreux points n’est pas conforme aux opinions dominantes justement aussi à notre époque. L’agnosticisme aujourd’hui largement dominant a ses dogmes et est extrêmement intolérant à l’égard de tout ce qui le met en question et met en question ses critères. Par conséquent, le courage de contredire les orientations dominantes est aujourd’hui particulièrement urgent pour un évêque. Il doit être valeureux. Et cette vaillance ou ce courage ne consiste pas à frapper avec violence, à être agressif, mais à se laisser frapper et à tenir tête aux critères des opinions dominantes. Le courage de demeurer fermement dans la vérité est inévitablement demandé à ceux que le Seigneur envoie comme des agneaux au milieu des loups. « Celui qui craint le Seigneur n’a peur de rien » dit le Siracide (34, 16). La crainte de Dieu libère de la crainte des hommes. Elle rend libres !

Dans ce contexte, un épisode des débuts du christianisme que saint Luc rapporte dans les Actes des Apôtres me vient à l’esprit. Après le discours de Gamaliel, qui déconseillait la violence envers la communauté naissante des croyants en Jésus, le sanhédrin convoqua les Apôtres et les fit flageller. Ensuite il leur interdit de parler au nom de Jésus et il les remit en liberté. Saint Luc continue : « Mais eux, en sortant du sanhédrin, repartaient tout joyeux d’avoir été jugés dignes de subir des humiliations pour le nom de Jésus. Et chaque jour … ils ne cessaient d’enseigner et d’annoncer la Bonne Nouvelle du Christ Jésus » (Ac 5, 40ss.). Les successeurs des Apôtres doivent aussi s’attendre à être à maintes reprises frappés, de manière moderne, s’ils ne cessent pas d’annoncer de façon audible et compréhensible l’Évangile de Jésus Christ. Et alors ils peuvent être heureux d’avoir été jugés dignes de subir des outrages pour lui. Naturellement, nous voulons, comme les Apôtres, convaincre les gens et, en ce sens, obtenir leur approbation. Naturellement, nous ne provoquons pas, mais bien au contraire nous invitons chacun à entrer dans la joie de la vérité qui indique la route. L’approbation des opinions dominantes, toutefois, n’est pas le critère auquel nous nous soumettons. Le critère c’est Lui seul : le Seigneur. Si nous défendons sa cause, grâce à Dieu, nous gagnerons toujours de nouveau des personnes pour le chemin de l’Évangile. Mais inévitablement nous serons aussi frappés par ceux qui, par leur vie, sont en opposition avec l’Évangile, et alors nous pouvons être reconnaissants d’être jugés dignes de participer à la Passion du Christ.

Les Mages ont suivi l’étoile, et ainsi ils sont parvenus jusqu’à Jésus, jusqu’à la grande Lumière qui éclaire tout homme venant en ce monde (cf. Jn 1, 9). Comme pèlerins de la foi, les Mages sont devenus eux-mêmes des étoiles qui brillent dans le ciel de l’histoire et nous indiquent la route. Les saints sont les vraies constellations de Dieu, qui éclairent les nuits de ce monde et nous guident. Saint Paul, dans la Lettre aux Philippiens, a dit à ses fidèles qu’ils doivent resplendir comme des astres dans le monde (cf. 2, 15).

Chers amis, ceci nous concerne aussi. Ceci vous concerne surtout vous qui, maintenant, allez être ordonnés évêques de l’Église de Jésus Christ. Si vous vivez avec le Christ, liés à nouveau à lui dans le sacrement, alors vous aussi vous deviendrez des sages. Alors vous deviendrez des astres qui précèdent les hommes et leur indiquent le juste chemin de la vie. En ce moment nous tous ici nous prions pour vous, afin que le Seigneur vous remplisse de la lumière de la foi et de l’amour. Afin que cette inquiétude de Dieu pour l’homme vous touche, pour que tous fassent l’expérience de sa proximité et reçoivent le don de sa joie. Nous prions pour vous, afin que le Seigneur vous donne toujours le courage et l’humilité de la foi. Nous prions Marie qui a montré aux Mages le nouveau Roi du monde (Mt 2, 11), afin qu’en Mère affectueuse, elle vous montre aussi Jésus Christ et vous aide à être des hommes qui indiquent la route qui conduit à lui. Amen.

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Don Gänswein nommé Evêque par Benoît XVI : un portrait par Alessandra Borghese
L’Eglise après Vatileaks: plus de pouvoir pour Padre Georg, le fidèle du pape

Sources : www.vatican.va –  E.S.M.
© Copyright 2013 – Libreria Editrice Vaticana
Eucharistie sacrement de la miséricorde(E.S.M.) 06.01.2013- T/Benoît XVI