Monthly Archives: December 2013

Monseigneur Antoine Koné (Evêque d'Odienné) sur RFI: “Il y a un …

En ce jour de Noël, Monseigneur Antoine Koné, évêque d’Odienné, dans le nord-ouest de la Côte d’Ivoire, interpelle les religieux qui servent des intérêts politiques en relayant des discours dangereux au lieu de travailler à la paix. Ces discours qui jouent sur la fibre tribale, communautaire, il les entend aussi, ailleurs, en Centrafrique.
RFI : Le mois dernier, vous avez épinglé dans une homélie les religieux qui se laissent emporter par les politiciens et qui battent le tambour macabre du tribalisme. Pourquoi ce coup de colère ?
Mgr Antoine Koné : Parce que je me rends compte que les choses n’avancent pas. Nous continuons à nous comporter comme avant la crise. Les religieux doivent être comme des guetteurs pour dire au peuple qu’il faut faire attention, pour ne pas revenir à nouveau à ces discours qui ont fait tant de mal à la Côte d’Ivoire. Je vois qu’ils ne font pas leur travail comme il se doit.

Vous avez l’impression que certains sont otages de discours politiques ethnicistes ?
Mgr AK : Très exactement. Je le sens. Parce que si les religieux avaient voulu, nous serions déjà parvenus à la réconciliation. Je me rends compte que nous en sommes à nous adonner à la superstition, faisant croire que ce qui nous est arrivé est une fatalité. Alors qu’il s’agit de reconnaître que nous avons fait une sortie de route terrible et que nous avons à nous convertir pour que nous ayons un autre regard sur le frère, sur la s?ur.

Vous avez déclaré dans cette homélie prononcée en novembre : « Il n’y a ni Yacouba ni Malinké, ni Sénoufo ». Ce sont des termes que vous entendez dans la bouche des religieux?
Mgr AK : Oui ! Vous voyez que le religieux, quand il ne fait pas attention, pense dire la parole de Dieu. Mais, il ne sait pas qu’il bat le tambour de telle ou telle chapelle politique. Les témoins de la haine tribale sont toujours en train de rôder autour. Il faudrait que les religieux soient mis en garde pour ne pas se faire prendre dans le piège de ces discours xénophobes.

Qu’est-ce qui fait que ces discours reviennent ? Et qu’est-ce qui fait que l’on n’arrive pas à aller au-delà, aujourd’hui, en Côte d’Ivoire ?

Mgr AK : Parce que les gens n’arrivent pas à panser leurs plaies. En 1999, je l’avais déjà dit. Dans chaque pays, il y a un Rwanda et un Burundi cachés. Je pense que les jeunes n’ont pas saisi le message. Et voilà que nous en sommes arrivés là.

Est-ce que les hommes politiques sont effectivement les premiers responsables de ces dérives ?
Mgr AK : Oui, la tentation de se servir et de servir ses frères nous guette tous. Personne n’est à l’abri de cela. Si, en son temps, Laurent Gbagbo a été gagné par cet ethnicisme-là, ça ne voudrait pas dire que les autres ne puissent pas, aujourd’hui, se trouver piégés. C’est pourquoi, nous devons dire : “Attention. Ne recommençons pas !”

En Guinée, pas loin de la ville d’Odienné, où vous vous trouvez, les dernières législatives ont montré qu’il y avait eu un vote largement communautaire. Comment expliquer que l’ethnie, le groupe social, devienne de plus en plus l’unique référent ?
Mgr AK : Il me semble que nous ne sommes pas encore parvenus à l’Etat-Nation. Nous sommes encore autour de nos tribus, de nos familles culturelles… Il y a un repli identitaire qui vient trop vite dans nos comportements, dans nos réflexes. Je pense qu’il faudrait sortir un carton rouge à l’égard de chaque politicien qui voudrait effectivement jouer avec l’élément religieux. Le cas de la Centrafrique, vous voyez où nous en sommes…

Justement, pour parler de la Centrafrique… Quel regard portez-vous sur la situation dans ce pays où les musulmans crient à la discrimination, où une vraie défiance s’est installée entre des communautés qui, jusque-là, vivaient ensemble ?
Mgr AK : Mais, je vois là l’influence du politicien. Sinon, on ne peut pas comprendre que des gens aient vécu ensemble comme des frères et des s?urs et que, brusquement, ces personnes commencent à se regarder en chiens de faïence.

L’argument religieux sert d’autres intérêts ?
Mgr AK : Je pense qu’il y a tous les intérêts en jeu, des intérêts inavoués. Et donc, on amène le peuple à s’autodétruire. Et, pendant ce temps, on profite effectivement de cette situation de trouble dans laquelle on met le peuple.

Les représentants des communautés chrétiennes, musulmanes et protestantes ont pourtant multiplié les appels au calme. Mais on a l’impression que leur parole n’a plus de prise sur les populations…
Mgr AK : Je pense que la réconciliation ne se décrète pas. C’est au niveau comportemental que cela se joue. Le plus souvent, chez nous, on s’adonne trop aux discours. Mais, le discours est loin de la réalité que vit le peuple.

L’archevêque de Bangui, Dieudonné Nzapalainga a dit : « Je crains que mon autorité morale ne soit plus suffisante pour faire tenir la digue, car les gens ne sont plus prêts à pardonner». Comprenez-vous cet état d’esprit ?
Mgr AK : Je comprends. Je l’avais déjà dit dans une homélie. Nous avons beaucoup baptisé sur notre terre, mais nous n’avons pas eu beaucoup de chrétiens. Parce qu’une chose est d’avoir les églises remplies ou d’avoir les mosquées pleines, une autre chose est d’être des vrais musulmans ou des vrais chrétiens ! Je pense que ce que nous vivons actuellement doit nous interpeller et nous amener à revoir notre manière de catéchiser nos peuples. Il va falloir passer à une nouvelle évangélisation. Une nouvelle manière de voir l’islam. Car, il semble que nos discours sont des discours inadaptés. Nous devons le savoir.

(Source RFI)

Carcassonne. Un évêque de caractère : Pierre de Rochefort (1300 …

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Sur la verrière sud de Saint-Nazaire : Blason des Rochefort./Photo, J.-L. Gasc.

Sur la verrière sud de Saint-Nazaire : Blason des Rochefort./Photo, J.-L. Gasc.

Pierre de Rochefort, élu évêque par les chanoines et confirmé par l’archevêque de Narbonne en 1300, manifeste rapidement une forte personnalité.

Un violent conflit oppose alors le roi Philippe IV le Bel au pape Boniface VIII qui affirme la primauté de son autorité ; or, le prélat n’hésite pas à se rendre en 1302 à un concile convoqué par le souverain pontife à Rome, malgré l’interdiction qu’en avait fait le roi. Cinq ans plus tard, sur ordre du pape, il préside à l’interrogatoire des templiers détenus dans la Cité, puis administre leurs biens qui ont été saisis dans son diocèse.

On le voit ensuite inspecter la prison de l’Inquisition dans une mission d’apaisement car il se trouve mêlé au conflit qui oppose de 1303 à 1320 le franciscain Bernard Délicieux et le consul Elie Patrice aux inquisiteurs. Un épisode de cet affrontement inspira le peintre Jean-Paul Laurens pour «Les Emmurés de Carcassonne». Ce tableau est au demeurant une représentation inexacte de la réalité, puisque les prisonniers n’avaient pas été emmurés mais enfermés dans La Mure, prison de l’Inquisition, d’où ils furent transférés dans la geôle royale.

Mais Pierre de Rochefort intervient également dans le domaine liturgique, par exemple en interdisant aux médecins de soigner les malades qui n’ont pas reçu le sacrement de pénitence, ou en interdisant aux curés de donner, comme il était de tradition, aux seigneurs justiciers l’eau bénite par aspersion mais de l’offrir de la main à la main. La noblesse se souleva contre cette décision, affirmant qu’on lui enlevait un privilège dont elle jouissait depuis Charlemagne, si bien que le roi cassa l’ordonnance de l’évêque, rendant ainsi leur privilège aux seigneurs.

Très actif encore en dehors de la capitale de son diocèse, il fonde dans la forêt de la Loubatière une chartreuse qui, victime des conditions climatiques de la Montagne Noire, disparut au bout de quelques années et il restaura les églises de Fontiès, de mas des Cours et de Rouffiac dont il était seigneur justicier.

On touche là au rôle de bâtisseur du prélat qu’il a pleinement exercé dans sa cathédrale, comme nous le verrons prochainement.

Mgr Jean-Marc Aveline, nouvel évêque auxiliaire de Marseille

Le pape François a nommé jeudi 19 décembre Mgr Jean-Marc Aveline, 54 ans, évêque auxiliaire de Marseille. Jusqu’ici vicaire général du diocèse, il aura la tâche de seconder l’archevêque de Marseille, Mgr Georges Pontier, devenu président de la Conférence des évêques de France, le 1er juillet.

Né le 26 décembre 1958 à Sidi Bel Abbés (Algérie), Jean-Marc Aveline a étudié au lycée Victor-Hugo de Marseille puis au lycée Thiers avant d’entrer, en 1977, au séminaire interdiocésain d’Avignon. En 1980, il rejoint l’Institut catholique de Paris où il suit des études de théologie ainsi que des études de philosophie aux Université Paris I et Paris IV-Sorbonne (1980-1986).

Ordonné prêtre en 1984 pour le diocèse de Marseille, il devient, en 1986, professeur de théologie dogmatique et directeur des études au séminaire interdiocésain d’Avignon tout en étant membre de l’équipe pastorale de la paroisse Saint-Marcel de Marseille.

Responsable du service diocésain des vocations et délégué diocésain pour les séminaristes (1991-1996), il fonde, en 1992, l’Institut de sciences et théologie des religions (ISTR) de Marseille qu’il dirigera jusqu’en 2002. En 1995, il devient également directeur de l’Institut Saint-Jean, qui deviendra, en 1998, l’Institut catholique de la Méditerranée, pôle associé à l’Université catholique de Lyon où il enseigne à la faculté de théologie (1998-2007). En 2000, il achève son doctorat commun en théologie et en philosophie à l’Institut catholique de Paris et à l’Université Laval de Montréal sur la théologie christologique des religions.

Vicaire épiscopal pour la formation permanente et la recherche universitaire et membre de l’équipe pastorale de la paroisse Saint-Pierre-Saint-Paul (1996-2007), il est nommé, en 2007, vicaire général du diocèse. Depuis 2008, il est également consulteur au Conseil pontifical pour le dialogue interreligieux.

Mgr Aveline, qui a reçu le siège épiscopal titulaire de Simidicca (dans la région de Carthage, en actuelle Tunisie) sera ordonné évêque en la cathédrale de Marseille le dimanche 26 janvier 2014 à 16 heures.

Le cardinal Ouellet confirmé préfet de la Congrégation pour les …

     Accueil > Eglise > dernière mise à jour: 2013-12-16 12:24:19




(RV) Le Pape François a confirmé le cardinal Marc Ouellet au poste de préfet de la Congrégation pour les évêques. Le prélat canadien, 69 ans, archevêque émérite de Québec, a été nommé en 2010 à la tête de ce dicastère par Benoit XVI.

Le Pape François a nommé membres de la Congrégation pour les évêques les cardinaux Francisco Robles Ortega, archevêque de Guadalajara (Mexique); Donald William Wuerl, archevêque de Washington (Etats-Unis); Rubén Salazar Gómez, archevêque de Bogotá (Colombie); Kurt Koch, président du Conseil pour la promotion de l’unité des chrétiens; João Braz de Aviz, préfet de la Congrégation pour la vie consacrée et les sociétés de vie apostolique; Mgr Pietro Parolin, secrétaire d’Etat; Mgr Beniamino Stella, préfet de la Congrégation pour le clergé ; Mgr Lorenzo Baldisseri, secrétaire général du Synode des évêques; Mgr Vincent Gerard Nichols, archevêque de Westminster (Grande-Bretagne); Mgr Paolo Rabitti, archevêque émérite de Ferrara-Comacchio (Italie) ; Mgr Gualtiero Bassetti, archevêque de Perugia-Città della Pieve (Italie); Mgr Felix Genn, évêque di Münster (Allemagne).

Le Pape a aussi confirmé membres du dicastère les cardinaux Tarcisio Bertone, Zenon Grocholewski, George Pell, Agostino Vallini, Antonio Cañizares Llovera, André Vingt-Trois, Jean-Louis Tauran, William Joseph Levada, Leonardo Sandri, Giovanni Lajolo, Stanislaw Rylko, Francesco Monterisi, Santos Abril y Castelló, Giuseppe Bertello, Giuseppe Versaldi; Mgr Claudio Maria Celli, Mgr José Octavio Ruiz Arenas, Mgr Zygmunt Zimowski. Le Pape a aussi confirmé les consultants de la Congrégation.

Photo : le cardinal Ouellet

Inde : un archevêque et des évêques interpellés, des prêtres et des …

Et cela s’est passé dans la «plus grande démocratie du monde » et à l’occasion d’une manifestation pacifique hier…

Mercredi 11 décembre, l’archevêque catholique de Delhi, plusieurs autres évêques chrétiens ainsi que des prêtres et des religieuses catholiques ont été … Lire la suite…

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Les chrétiens du Nord-Pas-de-Calais s'unissent pour écrire leur avenir

[unable to retrieve full-text content]L'initiative est inédite : les trois évêques du Nord-Pas-de-Calais, Mgr Laurent Ulrich, archevêque de Lille, Mgr François Garnier, archevêque de Cambrai et Mgr

L'archevêque catholique de Delhi et des évêques chrétiens arrêtés …

… détenus plusieurs heures au poste de police de Parliament Street, les évêques ont vigoureusement protesté contre le traitement qui leur a été réservé.

Mgr Anil Couto, archevêque de Delhi, participait à une marche réunissant plusieurs milliers de dalits chrétiens et musulmans. Rassemblés à Jantar Mantar, un lieu traditionnellement utilisé dans la capitale indienne pour les grands rassemblements et manifestations, les manifestants demandaient l’abolition des dispositions constitutionnelles qui excluent les chrétiens et les musulmans des mesures de discrimination positive mises en place pour favoriser l’ascension sociale des basses castes et des dalits, les ex-intouchables ou hors castes (1). Lorsque les manifestants se sont dirigés vers le Parlement, la police est intervenue avec force, faisant usage de canons à eau et de cannes en rotin pour les disperser. Les évêques et les religieux, qui étaient aisément identifiables par les soutanes qu’ils portaient, ont été interpellés par la police, avant d’être relâchés quelques heures plus tard.

Lors de son interpellation, Mgr Couto a protesté en ces termes : « La loi [excluant les dalits chrétiens et musulmans de l’accès aux mesures de discrimination positive] est en elle-même inconstitutionnelle mais, gouvernement après gouvernement, [les dirigeants du pays] font mine de ne pas entendre la demande des chrétiens. Désormais, ils vont jusqu’à ne plus hésiter à s’en prendre à nos prêtres et à nos religieuses et ils nous arrêtent nous aussi. »

Outre Mgr Couto figuraient parmi les évêques arrêtés les évêques protestants Alwan Masih, de la CNI (Church of North India, anglican), Roger Gaikwad, presbytérien du Mizoram, et Vijayesh Lal, responsable de l’Evangelical Fellowship of India. Le catholique John Dayal, secrétaire général du Conseil chrétien pan indien, faisait aussi parti du lot. Les organisateurs de la manifestation ont décidé de porter plainte contre la police pour « usage abusif de la force publique ».

La manifestation de ce 11 décembre était co-organisée par la Conférence des évêques catholiques d’Inde (CBCI), le Conseil national des Eglises (chrétiennes) en Inde (NCCI), qui rassemble des Eglises orthodoxes et protestantes, et le Conseil national des dalits chrétiens (NCDC). Elle s’inscrit dans une revendication ancienne des Eglises chrétiennes ainsi que des musulmans indiens, et intervient alors que l’absence continue de réaction des autorités indiennes face aux demandes des dalits chrétiens et musulmans suscite chez ces derniers un mécontentement grandissant.

Les évêques et les manifestants demandaient à être reçus par le gouvernement et le Parlement pour exposer, une fois encore, leur revendication. Celle-ci porte sur l’égalité de traitement pour tous les dalits et autres personnes classées dans la catégorie des Scheduled Castes (2), quelle que soit leur appartenance religieuse.

Bien que la Constitution indienne promulguée en 1950 a interdit toute discrimination fondée sur la caste, le sexe, le lieu de naissance ou la religion, et qu’elle a aboli l’intouchabilité (le système des castes n’a en fait pas été officiellement supprimé mais seulement considéré comme ‘non-existant’), les dalits en Inde se heurtent toujours à une tradition tenace et à l’opposition farouche des tenants de l’hindutva, l’idéologie des nationalistes hindous. Pour ce qui concerne ceux des dalits qui ne sont pas de religion hindoue, une disposition spéciale, le « Presidential Order of 1950 », les a exclus de la politique de discrimination positive des Scheduled Castes (SC) par l’article 3 de la Constitution, au motif que le système des castes n’existait pas dans leurs religions respectives.

Soulignant le caractère anticonstitutionnel et contradictoire d’une loi autorisant l’exclusion d’une catégorie des dalits en fonction de leur religion tout en interdisant toute discrimination religieuse, les défenseurs de la cause des ex-intouchables n’ont eu de cesse d’obtenir la réintégration des dalits chrétiens et musulmans dans le système des Scheduled Castes. Depuis la reconnaissance du statut de SC aux bouddhistes en 1956 puis, plus récemment, aux sikhs en 1990, aucune raison objective ne s’oppose à l’intégration de l’ensemble des dalits, affirment-ils encore, et ce d’autant plus que ni le bouddhisme ni le sikhisme ne reconnaissent le système des castes.

Depuis des années, les responsables chrétiens multiplient les démarches pour voir remise en cause l’exclusion des chrétiens et des musulmans du système de discrimination positive. L’enjeu, pour les chrétiens, est de taille. On estime en effet à environ 70 % la proportion des dalits parmi les quelque 25 millions de chrétiens en Inde, un chiffre sous-évalué au regard du nombre de chrétiens dalits qui se déclarent officiellement hindous, craignant d’être persécutés ou de ne pas accéder au statut de Scheduled Castes (SC).

En 2010, une perspective s’est ouverte avec la publication de deux rapports. A la demande de la Cour suprême, la Commission nationale pour les minorités religieuses et linguistiques et la Commission nationale pour les Scheduled Castes ont en effet soumis au Parlement fédéral deux rapports demandant l’élargissement des mesures de discrimination positive aux dalits chrétiens et musulmans. C’était une première, mais les conclusions de ces rapports sont restées lettre morte.

Rares sont les responsables politiques à soutenir la revendication des dalits chrétiens et musulmans. Le Premier ministre de l’Etat du Tamil Nadu, Jayalalitha, le fait, estimant que « la question ne peut tolérer de nouveaux retards » et qu’elle doit « être portée devant le Parlement ». Mais ce sont principalement les responsables religieux qui élèvent la voix. En juillet 2011, alors qu’une grève de la faim avait été commencée par des dalits chrétiens et musulmans, Mgr Vincent Concessao, archevêque de Delhi – et prédécesseur de Mgr Couto – n’avait pas hésité à fustiger l’United Progressive Alliance (UPA), la coalition gouvernementale menée par le Parti du Congrès, l’accusant d’être l’obstacle principal à la finalisation du processus d’abolition définitive du système discriminatoire des castes. « Nous avons réalisé, déclarait-il aux jeûneurs, que seul le Parti du Congrès était responsable de ce blocage. Et l’Histoire a largement démontré que tous ceux qui refusaient de rendre justice, creusaient leur propre tombe. (…) Notre démarche est non violente, mais nous nous battrons jusqu’à ce que nous obtenions justice. »

(eda/ra)

Les évêques de France s'engagent contre l'extrême droite

À trois mois des élections municipales, la conférence des évêques tire une sonnette d’alarme contre la montée du «populisme» en France.

«Nous condamnons les discours populistes répandant la suspicion contre toute représentation politique». À trois mois des élections municipales, les évêques de France, ont pris position, mercredi, contre les candidats et les partis «populistes» aux prochaines échéances (23-30 mars 2014) mais ils ne nomment ni le Front National, ni aucune autre formation.

Ils se disent toutefois «inquiets» de la montée de «l’individualisme» qui conduit à la «perte du sens du bien commun», au «rejet de l’autre quand il est différent ou quand il vient d’ailleurs».

Cette «tendance», ces hommes d’Église la perçoivent sur le terrain de leurs diocèses et ne cachent pas qu’elle génère de «la peur» mais aussi de «la violence». Ou, parfois, le rejet pur et simple «de personnes qui ont le sentiment qu’elles ne sont plus accueillies là où, il y a quelques années encore, elles avaient toute leur place».

D’où cet appel épiscopal inhabituel, signé par les dix membres* du conseil permanent de la conférence des évêques de France, dont leur nouveau président, Mgr Georges Pontier, archevêque de Marseille mais aussi le cardinal André Vingt-Trois, archevêque de Paris.

Pour les municipales, ils «encouragent» donc «fortement» des «candidatures d’hommes et de femmes soucieux de tous» qui, «forts de leur humanité» – et «s’ils en sont habités, de leur foi au Christ» – «pourront faire du nouveau, en renversant les mentalités dans le sens de l’amour et de l’Évangile» en vue de participer à «la construction d’une société fraternelle».

Plus concrètement, les évêques attendent notamment des élus municipaux qu’ils sachent «allier aspirations individuelles, justice sociale, démocratie et paix». Ils vont jusqu’à les «engager» à «mettre en œuvre, au niveau local, une vive attention à toutes formes de pauvretés et à la conduite d’action dynamique et inventives pour le meilleur de la vie ensemble».

Cet appel, marqué par les accents sociaux du Pape François cité dans le texte, s’ouvre par un «hommage» pour remercier de leur «implication» et de leur «énergie» tous les élus municipaux qui sont des hommes et femmes de «proximité». En période de crise, soulignent les évêques, ce sont eux qui animent et portent tout le poids de «la commune» devenue «souvent le premier garant du lien social» notamment dans les «petites communes rurales».

Une tâche rendue d’autant plus ardue que les «communes sont elles mêmes touchées» par «la crise économique, longue et coûteuse en emplois, en fermetures d’entreprises». Ce qui rend plus difficile «la recherche des subventions et des dotations» pour «les projets et les investissements municipaux» mais qui donne aussi une opportunité pour «l’intercommunalité».

Jusque là, les appels épiscopaux pour des élections, toujours soucieux de ne pas enfreindre la règle du jeu de la laïcité, étaient plutôt marqués par la volonté de lutter contre l’abstention mais aussi par une grande prudence dans les propos et un refus de prendre parti même si l’Église catholique s’est toujours opposée, de facto, au Front national. Ainsi, du moins, en avait-il été lors des dernières élections présidentielles.

Mais il semble que la tension sociale perçue au jour le jour par l’Église catholique via la capillarité de son réseau de paroisses sur le territoire, et le style sans retenue du pape François poussant les catholiques à ne plus se taire, contribuent à décomplexer l’Église de France sur le terrain politique. Les évêques se justifient, en tout cas, par ce cri du cœur: «Notre pays en vaut la peine».

*Les dix membres du conseil permanent de la conférence des évêques de France ayant signé cet appel épiscopal sont: Mgr Georges PONTIER, Archevêque de Marseille, Président; Mgr Pierre-Marie CARRÉ, Archevêque de Montpellier, Vice-président; Mgr Pascal DELANNOY, Évêque de Saint-Denis, Vice-président, Cardinal André VINGT-TROIS; Archevêque de Paris, Mgr Jean-Claude BOULANGER; Évêque de Bayeux et Lisieux, Mgr François FONLUPT; Évêque de Rodez et Vabres, Mgr Jean-Paul JAMES; Évêque de Nantes, Mgr Hubert HERBRETEAU; Évêque d’Agen, Mgr Stanislas LALANNE; Évêque de Pontoise et Mgr Benoît RIVIÈRE Évêque d’Autun, Chalon et Mâcon.

Monseigneur Carré, un archevêque, enfant du pays, était l'invité de …

Les racines et les ailes. Un thème qui avait une résonance particulière pour Mgr Pierre-Marie Carré, samedi soir, dans l’église de Serques. Il était de retour dans son village natal pour célébrer la Saint-Éloi. Dans son homélie, l’archevêque de Montpellier a assuré : « Sans racines, nous sommes incomplets. » Avant de faire le pendant avec les ailes, « l’espérance et la charité ». Toutes sont nécessaires « pour devenir ce que nous sommes », a-t-il estimé.

Dans l’église où il a été baptisé, Pierre-Marie Carré n’a pas manqué de rendre hommage aux agriculteurs. C’est le syndicat agricole qui perpétue la fête de la Saint-Éloi, patron des agriculteurs mais aussi des artisans et sidérurgistes. L’archevêque a accepté l’invitation des Serquois et a célébré l’office dans une église pleine, au côté de l’abbé Sauty et de l’évêque Mgr Jaeger. C’était la troisième visite pour ce dernier.

Dans l’église, en prévision de l’office, un habitant a reproduit en peinture la ferme où a grandi le jeune Pierre-Marie Carré, écolier à Notre-Dame à Saint-Omer.

Souvenirs d’enfance

Serques, ce sont ses souvenirs d’enfance, certaines images un peu floues. Il avait 9 ans à son départ. Ses parents étaient agriculteurs. C’est parce que son père, blessé en 1940, avait été évacué dans le Lot-et-Garonne et y avait travaillé dans des fermes, que les Carré s’y installent en 1956. Les bêtes, une batteuse, le matériel sont chargés dans un train. « La migration intérieure était alors encouragée », retrace le fils aîné d’une famille nombreuse.

Il devient prêtre en 1974 dans sa nouvelle région. Plus tard, il est nommé vicaire, puis archevêque d’Albi, et en 2010 de Montpellier.

S’il lui reste de la famille éloignée dans le secteur, il est revenu à Serques pour la dernière fois, il y a plus de quinze ans. « Ce qui frappe, ce sont les nouvelles constructions. La commune a prospéré. »

« Les souvenirs qui vous lient à ces lieux font que vous êtes ici chez vous », lui a assuré le maire, Marie Lefebvre. Entourée du conseil municipal, elle l’a accueilli dans la commune en fin d’après-midi. Il venait de rendre visite aux habitants de son ancienne maison.

Label UNESCO, pays d’art et d’histoire, Marie Lefebvre s’est fait l’ambassadeur de sa commune et de son agglomération. « Il y fait bon vivre. »

L’annonce de la venue de l’archevêque a fait remonter des souvenirs. Certains se rappellent que sa mère était une habituée des jeux télévisés. Questions pour un champion, Des chiffres et des lettres, Quitte ou double…, « on se passait le message qu’elle serait à la télé », se souvient une Serquoise. « Elle est allée à l’école jusqu’en cinquième mais elle a beaucoup lu, avait beaucoup de culture générale », confirme Pierre-Marie Carré. Un autre se rappelle qu’elle « savait lire le journal à l’envers, car elle lisait, de l’autre côté de la table, celui de votre grand-père ». « Les gens sont heureux de le revoir », commente Mgr Jaeger.

Ce dimanche, après avoir célébré la messe à Éperlecques, Mgr Carré est rentré dans le sud. Le souvenir de son passage sur la terre de ses racines restera. « Cette visite lors de cette belle fête de Saint-Éloi restera marquée dans les annales de la commune et pour longtemps dans les esprits de chacun », a assuré le maire.