Monthly Archives: August 2014

Quel v que et quelle Eglise pour la Martinique de demain ?

Afin d’assurer la relève de Monseigneur Michel Méranville, le diocèse de Fort-de-France accueillera prochainement un nouvel évêque. Quelles orientations celui-ci entendra t-il donner à l’Eglise de Martinique ? Les fidèles du diocèse s’interrogent.

Février 2011, Monseigneur Michel Méranville, ayant atteint la limite d’âge imposée aux évêques, qui est de 75 ans, a présenté comme les textes le prévoient la renonciation à sa charge épiscopale. L’arrivée d’un nouveau nonce apostolique dans la Caraïbe fin 2011, l’élection d’un nouveau pape en 2013, ont sans doute retardé la nomination du futur évêque. Dernièrement, des noms ont été évoqués. La liste de ces potentiels successeurs étant tenue secrète, aucun nom n’a pu être confirmé.

Après dix ans passés à la tête de l’évêché, Mgr Méranville devrait donc prendre bientôt une retraite bien méritée. En succédant à Mgr Marie-Sainte en 2004, il devenait le deuxième évêque martiniquais, mais également le deuxième archevêque de la province ecclésiastique, créée en 1972, réunissant la Martinique, la Guadeloupe et la Guyane. Dès son arrivée à la tête de l’évêché, Mgr Méranville a montré une certaine rigueur dans la gestion du diocèse. Il s’attaque en premier lieu à la gestion financière et matérielle de l’Eglise, une réorganisation menée tambour battant par l’économe diocésain. Sous son épiscopat, Mgr Méranville a souhaité impulser un renouveau de la catéchèse. Il s’appuie sur la nouvelle orientation des évêques de France qui vise entre autres à impliquer davantage les familles dans l’évangélisation de leurs enfants.

UNE ÉVOLUTION DE LA FOI

La société martiniquaise, en pleine évolution, représente par beaucoup de ses aspects, de nombreux défis pour l’Eglise de demain. Le prochain évêque devra prendre en compte les nouvelles problématiques qui se posent, faire face aux réalités du pays : une société touchée de plus en plus par le chômage des jeunes, la précarité, l’isolement des personnes âgées, mais également l’évolution de la foi. Si sous nos cieux, les églises sont pleines, les prêtres soulignent une baisse significative de la pratique dominicale. « Aujourd’hui, les parents sont plus attachés à la réception des sacrements (baptême, première communion, confirmation) qu’à une découverte de la foi » , confirme l’un d’entre eux. « On vient davantage à l’église pour vivre les temps forts, les fêtes patronales… » Et de poursuivre : « Mais l’on constate aussi un fort investissement des fidèles engagés pour prendre en charge la vie de la communauté. Il y a beaucoup d’initiatives en paroisse » .

DES PRÊTRES MOINS NOMBREUX

Un engagement des laïcs indispensable comme le souligne un autre prêtre : « Aujourd’hui, un curé peut avoir à sa charge entre deux à trois paroisses. Avec la diminution du nombre des prêtres, il nous faudra demain repenser les choses pour que l’Eglise fonctionne avec les personnes dont elle dispose. » L’Eglise de Martinique aura beaucoup de défis à relever dans les années à venir. Comme le souligne un grand nombre de paroissiens, elle devra de plus en plus être attentive aux réalités locales, tenir compte de la culture, de l’histoire du pays, des croyances liées à la superstition, mais aussi se positionner sur des questions universelles, tels que « le mariage pour tous » , la protection de l’environnement…

Avec une quarantaine de prêtres pour 47 paroisses, sans compter les nombreux services diocésains à assurer, le prochain évêque devra faire face à la crise des vocations, et faire aussi bien sinon mieux que son prédécesseur. Parmi les successeurs de Mgr Méranville, une surprise est toujours possible, avec la nomination d’un évêque non martiniquais, comme ce fut le cas récemment en Guadeloupe. Pour les fidèles, peu importent ses origines, ils se prononcent en faveur d’un évêque qui sache séduire les jeunes et qui puisse apporter renouveau et sérénité dans le diocèse.

L’apaisement…

Sur fond de scandale, de rumeurs et de démentis officiels, le diocèse de la Martinique a traversé au mois de février dernier une importante crise qui a abouti à des sanctions à l’égard de cinq prêtres du diocèse : les Pères Jean de Coulanges, Hugues Lafine, Gabriel Valard, Jean-Michel Monconthour, Alain Ransay. Ils étaient coupables aux yeux de l’archevêque, Mgr Michel Méranville, « d’avoir manqué aux règles du secret pontifical » . Des accusations avaient alors été portées contre le Père Jean-Max Renard. Aujourd’hui, cette période de turbulence semble apaisée. En tout cas, la communauté ecclésiatique montre sa volonté de ne plus y faire référence.

AVIS DE PAROISSIENS. Qu’attendez-vous du prochain évêque ?

Yvelise : A l’image du pape François

J’attends un grand évêque, un homme très ouvert au dialogue et vers les autres confessions religieuses. Je souhaite un évêque très tolérant, à l’image du nouveau Pape François. Qu’il soit disposé à ouvrir la pratique religieuse à tous ceux qui en ont besoin. Je souhaite une ouverture sur notre culture comme avec le « Bèlè Légliz » . Il faut que l’évêque encourage les paroissiens à organiser des portes-ouvertes et aller vers ceux qui sont encore dans l’hésitation et qui ne savent pas comment fonctionne l’Eglise en Martinique.

Jocelyne : A l’écoute de tous

Je souhaite que le prochain évêque, comme son prédécesseur, continue à oeuvrer pour l’unité des chrétiens, qu’il soit aussi un évêque de proximité à l’écoute de tous les enfants de Dieu. J’espère qu’il soit rempli d’humilité et d’amour comme notre Pape François. Qu’il ambitionne en faveur de l’oecuménisme pour que nous soyons une Martinique unie, prête à affronter tous les aléas de la vie grâce à notre foi.

Fabrice : Répondre aux attentes des jeunes

Je souhaite que le prochain évêque soit à l’image du Pape François qui est en train de réformer l’Eglise en la mettant au plus près des attentes des populations. Il faut qu’il soit ferme, tout en étant souple face aux nouvelles pensées des jeunes, qu’il réponde à leurs attentes, surtout qu’il y a un regain d’intérêt pour l’Eglise catholique en Martinique.

Félix : Très près des jeunes

Que le prochain évêque soit très près des jeunes car ils sont l’avenir de notre communauté chrétienne.

Car si on n’est pas près des jeunes, ils lâchent prise. J’aurais souhaité que notre évêque, soit à l’image de notre Saint pape Jean-Paul II.

Alexia : La paix au sein du diocèse

J’aimerais qu’on garde toujours autant d’activités dans l’Eglise pour les jeunes. Que la communauté soit toujours unie et que l’on retrouve la paix au sein du diocèse.

Yolaine : Un évêque jeune, dynamique et simple

Je souhaite que nous ayons un évêque jeune, dynamique, simple et très spirituel.

Qu’il puisse nous guider vers le Christ à la manière de notre pape François. Je souhaite aussi que notre futur évêque se positionne sur les traditions magico-religieuses.

Propos recueillis par J.G-D et A.F-R

Le diocèse de Fort-de-France et Saint-Pierre

Le diocèse de Fort-de-France et Saint-Pierre a été érigé le 27 septembre 1850. Il était alors suffragant de l’archidiocèse de Bordeaux. Le diocèse de Fort-de-France et Saint-Pierre est élevé en archidiocèse le 30 septembre 1967 qui comprend également les diocèses de Basse-Terre et Pointe-à-Pitre (Guadeloupe) et de Cayenne (Guyane). Mgr Michel Méranville gouverne ainsi les provinces ecclésiastiques des Antilles et de la Guyane.

L’Eglise anglicane autorise les femmes devenir v que

Les membres du Synode général de l’Eglise d’Angleterre ont accepté par 351 voix contre 72 et 10 abstentions l’ordination des femmes comme évêque. Selon l’Eglise anglicane, la première pourrait être nommée cette années et trois autre pourraient l’être en 2015.

Le Synode général est l’organe délibérant triparti de l’Eglise d’Angleterre. Il est composé d’évêques, de membres du clergé et de laïcs. Bien que John Sentamu, l’archevêque de York ait appelé au silence durant la proclamation des résultats, des membres du Synode ont applaudi et acclamé ce résultat. En novembre 2012, il avait manqué six voix pour que cette modification réglementaire puisse être adoptée.

Défenseur de cette mesure, Justin Welby, archevêque de Canterbury, s’est dit conscient que ce résultat sera pour certains membres de l’Eglise une cause de douleur. «Mon objectif, et je crois que c’est celui de toute l’Eglise, est d’être capable d’offrir un accueil et une possibilité de grandir pour tous.»

Première évêque américaine

L’Eglise d’Angleterre est l’Eglise mère de la Communion anglicane qui regroupe 77 millions de fidèles. C’est aux Etats-Unis que la première ordination femme de l’Eglise anglicane a été nommée à une fonction d’évêque. Cela remonte à 1988 quand l’Eglise épiscopale a nommé évêque suffragante du Massachusetts la révérende Barbara C. Harris. L’Eglise épiscopale des Etats-Unis est aujourd’hui dirigée par une femme, l’évêque présidente Katharine Jefferts Schori.

Situations diverses en Afrique

En Afrique, où l’Eglise anglicane vit une croissance rapide, la question de l’ordination des femmes comme évêque ne fait l’objet que de peu d’oppositions, contrairement à la question très controversée de l’homosexualité. «Cela ne signifie pas nécessairement que d’autres provinces suivront l’exemple anglais», a déclaré l’évêque anglican Julius Kalu de Mombasa, au Kenya. «Je pense que ce n’est pas une question doctrinale, mais une question de tradition de l’Eglise.» Ce point sera discuté entre les provinces africaines. Deux d’entre elles –Nigéria et Afrique centrale– refusent la consécration des femmes à quelque position que ce soit.

La plupart des autres provinces acceptent l’autorité des femmes. En 2012 et 2013, respectivement, la province de l’Afrique australe a consacré la révérende Ellinah Wamukoya comme évêque du Swaziland et la révérende Margaret Vertue comme évêque du diocèse de False Bay.

En Ouganda et au Soudan, les femmes évêques ont été autorisées, mais aucune n’a été nommée pour l’heure. «Nous n’avons pas de problème avec ce que les femmes deviennent évêques», a déclaré l’archevêque de l’Ouganda Stanley Ntagali. «Je soutiens l’ordination des femmes comme évêque dans l’Eglise de l’Ouganda et ailleurs.»

«Impact négatif» sur les relations avec les catholiques

Enfin, selon Giovanni Maria Vian, historien de Rome et rédacteur en chef de L’Osservatore Romano, le journal du Vatican, cette décision aura «un impact extrêmement négatif» sur les mesures visant au rapprochement des Eglises anglicane et catholique romaine, malgré une rencontre très fructueuse entre Justin Welby et le pape François, il y a un mois. «Il est clair que c’est une décision qui complique le chemin œcuménique», a déclaré Giovanni Maria Vian dans une interview avec le quotidien italien La Stampa. «Le problème ne se pose pas uniquement avec Rome, mais également avec les Eglises orthodoxes. Et l’Église anglicane est elle-même divisée sur la question.»

«Nous savons qu’il y a des différences, mais ce qui nous unit est beaucoup plus important que ce qui nous divise», estime Sir David Moxon, représentant de l’archevêque de Canterbury au Saint-Siège. Des fonctionnaires du Vatican lui auraient dit que la collaboration entre les deux Eglises se poursuivra.

L’archev que de Lyon bient t en Guadeloupe

Pendant son séjour, le cardinal goûtera a un peu de repos, et célèbrera la messe dans les principales églises de l’archipel.

De retour d’Irak, après avoir conduit une délégation de la Conférence des évêques de France, le cardinal Philippe Barbarin sera en Guadeloupe du 9 au 14 août. Cette semaine, le primat des Gaules faisait l’actualité depuis l’Irak. Reconnaissant la générosité de l’État français à favoriser l’asile des chrétiens d’Irak, il estimait néanmoins qu’il « fallait encourager les chrétiens d’Irak menacés par les djihadistes à rester dans ce pays où ils ont développé depuis des siècles un art de vivre ensemble » .

REPOS ET CÉLÉBRATIONS

Loin des tumultes du Proche-Orient, c’est la Guadeloupe qui sera la prochaine terre de visite du cardinal Barbarin. Pendant cinq jours, l’archevêque de Lyon sera l’hôte du diocèse de Basse-Terre. L’an dernier, il s’est rendu en Guyane, puis en Martinique, où il avait été hospitalisé pendant deux semaines.

En réponse à l’invitation de Mgr Riocreux, l’archevêque de Lyon viendra pour se reposer et pour quelques célébrations et rencontres officielles.

Le cardinal Barbarin a été ordonné prêtre pour le diocèse de Créteil en 1977, puis professeur au séminaire de Madagascar. En 1998, à 47 ans, il a été nommé évêque de Moulins puis, en 2002, archevêque de Lyon. L’année suivante, il était nommé cardinal par le pape Jean Paul II. Ainsi, il a participé aux conclaves de 2005 et de 2013. Il a visité de nombreux pays en Europe, Afrique, Amérique et Océanie. Son déplacement de cet été le conduira en Amérique du Sud, en Colombie, pour participer à un congrès mondial sur la miséricorde.

Programme

POINTE-À-PITRE

– samedi 9 août, en soirée, accueil à Pôle Caraïbe ;

– dimanche 10 août, à 9 heures, messe en l’église saint-Pierre et Saint-Paul à Pointe-à-Pitre (messe retransmise par radio Massabielle)

BASSE-TERRE

– du dimanche 10 au mercredi 13 août, à l’évêché de Basse-Terre ;

– lundi 11 août, à 18 heures, messe en la cathédrale Notre-Dame de Guadeloupe de Basse-Terre ;

SAINT-MARTIN

– mercredi 13 août, à 18 heures, messe en l’église de Marigot ;

– jeudi 14 août, à 8 heures, messe en l’église de Phillips-burg (partie hollandaise) avec Mgrs Secco et Riocreux.