Monthly Archives: September 2014

Paraguay: le pape relève de ses fonctions l’évêque de Ciudad del Este

Le pape François a relevé jeudi de ses fonctions Mgr Rogelio Livieres Plano, évêque de Ciudad del Este (Paraguay), soupçonné selon les médias de mauvaise gestion de son diocèse et d’avoir promu un prêtre accusé d’actes de pédophilie aux Etats-Unis.

Evoquant «une décision pénible déterminée par de sérieuses raisons pastorales» mais sans spécifier les reproches, le Vatican a annoncé dans un communiqué que «le Saint-Père avait décidé de remplacer Mgr Livieres», nommant à sa place un autre évêque du pays, Mgr Jorge Valenzuela Rios.

Cette décision du pape François survient deux jours après celle d’engager des poursuites pénales contre ex-archevêque pédophile polonais, Josef Wesolowski, ancien nonce à Saint-Domingue, et de l’assigner à résidence au Vatican.

En juillet, Mgr Livieres, qui est membre de l’Opus Dei, s’était vu interdire de procéder à des ordinations de séminaristes, et le Vatican l’avait obligé à relever de ses fonctions son vicaire général, Mgr Carlos Urrutigoity.

Mgr Urrutigoity, de nationalité argentine, est au centre du scandale. Il est soupçonné d’attouchements sur de jeunes garçons il y a une dizaine d’années aux Etats-Unis, avant d’être accueilli dans le diocèse de Ciudad del Este.

Ordonné au sein de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X (intégriste) avant d’en être exclu pour pratiques homosexuelles, il avait fait l’objet d’un reportage sur une chaîne américaine.

Cette affaire touche un point névralgique des reproches faits à l’Eglise: les protections dont bénéficieraient encore des évêques ou des prêtres pédophiles, mutés discrètement plutôt que sanctionnés.

Suite à l’émoi suscité par l’émission, un autre évêque paraguayen, l’archevêque d’Asunción Mgr Pastor Cuquejo, avait demandé une réouverture de l’enquête, ce qu’avait vertement refusé Mgr Livieres, accusant son confrère d’être lui-même homosexuel.

L’échange musclé avait finalement poussé le pape François à demander une enquête du Saint-Siège.

Des enquêteurs de la congrégation pour le clergé et de la congrégation pour les évêques s’étaient rendus sur place pour tenter de démêler le faux du vrai dans les accusations.

L’affaire semble avoir profondément divisé l’Eglise locale, et avoir aussi des aspects politiques, entre une aile conservatrice et une aile progressiste, les partisans de Mgr Livieres parlant de complot contre lui.

Selon le site Vatican Insider, cet évêque est accusé de mauvaise gestion de son diocèse, d’avoir rompu l’harmonie entre évêques, d’avoir ordonné des séminaristes sans formation suffisante et d’avoir promu à ses côtés le prêtre argentin controversé.

Dans le passé, il s’était opposé à la candidature à la présidence de la République de l’ancien évêque de San Pedro, Fernando Lugo, devenu chef de l’Etat entre 2008 et 2012.

Le communiqué du Vatican a demandé «au clergé et à tout le peuple de Dieu d’accepter les mesures du Saint-Siège avec un esprit d’obéissance, de docilité guidé par la foi» et a en outre invité les diocèses du pays à «un processus de réconciliation».

Chose inhabituelle, l’évêque a été démis sans avoir présenté au préalable sa démission.

Dans un communiqué, le réseau américain d’anciennes victimes SNAP souligne que, «pour la première fois, le Vatican a puni un évêque pour avoir protégé et promu un prêtre accusé de manière crédible de s’être rendu coupable d’abus».

«Mais le problème est que personne n’est sûr de la raison pour laquelle l’évêque a été puni», a poursuivi l’association, regrettant que le communiqué du Vatican ne fasse pas clairement état des griefs.

Deux nouveaux archevêques de l’“ère François”

Un nouvel archevêque a été nommé à Chicago par le pape François, ce samedi 20 septembre : Mgr Blase Joseph Cupich, qui était depuis septembre 2010 évêque du diocèse de Spokane, remplacera Francis George, l’actuel archevêque, après son intronisation en novembre prochain.

Ordonné prêtre en 1975, Blase Joseph Cupich a occupé diverses fonctions dans l’archidiocèse d’Omaha (Nebraska) et a, notamment, été secrétaire à la nonciature à Washington. En 1998, il a été nommé évêque de Rapid City (Dakota du sud), par Jean-Paul II. En 2010, c’est Benoît XVI qui l’a nommé à Spokane. Tout au long de ces dernières années, il a, par ailleurs, exercé diverses responsabilités au sein de la conférence épiscopale américaine. Il présidait notamment le commission pour la protection des enfants et des jeunes. Il était également président de l’Association américaine de l’enseignement catholique.

Pour Crux (en anglais), le nouveau site Internet d’information catholique porté par le Boston Globe, cette nomination marque, aux Etats-Unis, “l’avènement de l’ère François”.

Avec l’arrivée de Cupich, âgé de 65 ans, à la tête du troisième plus grand diocèse du monde, “le paysage américain a changé”, estime Crux. “Il s’agit de la quatrième nomination par François à la tête d’un archidiocèse majeur depuis juillet dernier”, après Mgr Rainer Maria Woelki à Cologne (Allemagne), Mgr Carlo Osoro Sierra à Madrid (Espagne) et Anthony Colin Fisher à Sydney (Australie).

Jeudi 18 septembre, le pape a en effet nommé ce dominicain à la tête de l’archidiocèse de Sydney. Le principal organisateur des JMJ de 2008 et actuel évêque de Parramatta succède ainsi au cardinal George Pell, devenu préfet du Secrétariat pour l’économie du Vatican, à la tête de cet archidiocèse de 600.000 catholiques.

Agé de 54 ans, Anthony Colin Fisher a été ordonné prêtre en 1991. En 2000, il a été le directeur et fondateur de l’Institut pontifical Jean Paul II pour les études sur le mariage et la famille, à Melbourne. Il était également membre de l’Académie pontifical pour la vie.

Le vaticaniste Rocco Palmo, sur son blog “Whispers in the Loggia”, voit dans ces deux nominations un signe fort envoyé directement par le pape (en anglais). “Sur un plan plus large, en attendant, les dernières 48 heures ont apporté ce qui pourrait bien finir par être les deux nominations les plus conséquentes de François sur l’ensemble de son pontificat dans l’Eglise anglophone.”

Pour Crux, ces quatre récentes nominations permettent de dessiner le portrait-robot de “l’évêque François” : “Sur le plan idéologique, des hommes modérés plutôt que durs ; sur le plan pastoral, des hommes qui mettent l’accent sur le souci des pauvres et des marginaux; et sur le plan personnel, des dirigeants n’ayant pas de personnalité tape à l’oeil, avec la réputation d’être accessible et pratique.”

Quant au vaticaniste de La Stampa, Andrea Tornelli, il conseille (en anglais) de lire en intégralité le discours du pape prononcé ce jeudi 18 septembre devant les évêques nommés au cours de l’année (en italien). Selon lui, François y ajoute de nouveaux éléments du portrait robot du pasteur idéal qu’il a présentés à d’autres occasions”.

Un nouvel archevêque à Chicago

20/9/14 – 16 H 58 – Mis à jour le 20/9/14 – 17 H 02

agrandir  Mgr Blase Joseph Cupich, nouvel archevêque de Chicago
 Mgr Blase Joseph Cupich, nouvel archevêque de Chicago

SCOTT OLSON / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP

Mgr Blase Joseph Cupich, nouvel archevêque de Chicago

SCOTT OLSON / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP

Mgr Blase Joseph Cupich, nouvel archevêque de Chicago

Un nouvel archevêque a été nommé à Chicago (Etats-Unis), par le pape François, samedi 20 septembre  : il s’agit de Mgr Blase Joseph Cupich qui était depuis septembre 2010 évêque du diocèse de Spokane. Il remplacera le cardinal Francis George, l’actuel archevêque, président de la Conférence des évêques américains de 2007 à 2010 et considéré comme un conservateur.

Selon l’agence d’informations spécialisées Religion News Service, la nomination de Mgr Cupich est “la plus importante du pape aux Etats-Unis et (…) pourrait faire cesser des dizaines d’années de domination conservatrice dans la hiérarchie américaine”.

Membre d’une fratrie de neuf enfants, Mgr Cupich est né en mars 1949 à Omaha, dans l’Etat américain du Nebraska. Après avoir obtenu une licence en philosophie à l’université Saint-Thomas du Minnesota, il a décroché, à Rome, une licence de théologie au collègue pontifical nord-américain puis un master en théologie à l’université grégorienne. Il a été ordonné prêtre en août 1975, puis il a occupé diverses fonctions dans l’archidiocèse d’Omaha (Nebraska) avant de poursuivre ses études de théologie jusqu’au doctorat obtenu en 1987 à l’université catholique américain de Washington (DC).

Parallèlement, il a, notamment, été secrétaire à la nonciature à Washington.

En 1998, il a été nommé évêque de Rapid City, dans le Dakota sud, par Jean-Paul II. En 2010, c’est Benoît XVI qui l’a nommé à Spokane. Tout au long de ces dernières années, il a, par ailleurs, exercé diverses responsabilités au sein de la conférence épiscopale américaine. Il présidait notamment le commission pour la protection des Enfants et des Jeunes, au moment du scandale sur les abus sexuels dans le clergé. Il était également président de l’Association américaine d’Enseignement catholique.

François nomme un évêque pro-mort à Chicago (Etats-Unis)

Le nouvel archevêque de Chicago est Blase Cupich, ancien évêque de Spokane. La nouvelle n’est pas sans importance, le siège de Chicago étant cardinalice, et Blase Cupich pouvant être qualifié de partisan de la culture de mort.

En effet ce dernier s’est distingué par son opposition aux grandes campagnes de prières devant les avortoirs comme celles organisées par 40 days for life. Mais, grand hypocrite, ce prélat se réfugie derrière la nécessité « d’amener les gens à un autre regard sur l’avortement », évoquant la prière publique comme étant « une tactique de confrontation ».

Ce type de comportement n’est pas sans rappeler la manœuvre de certains évêques suisses, qui avait, début 2014, fait échouer une votation visant à dérembourser l’avortement en s’abritant derrière de grands principes ! C’est aussi à grands coups de mensonges et de tromperies que l’épiscopat helvétique fait une douce promotion de l’euthanasie.

Cette dernière nomination confirme, s’il en était encore besoin, la politique ultra progressiste appliquée par le pape François. Il faut aussi rappeler que c’est Jean-Paul II qui avait promu cet homme évêque en 1998…

Xavier Celtillos


Pédocriminalité : l’archevêque de Besançon et des procureurs qui auraient couvert les …

09 septembre 2014

Que la justice d’Amiens ait condamné aujourd’hui le prêtre Stéphane Gotoghian à 18 mois de prison ferme pour des agressions sexuelles sur mineurs, commises pendant dix ans, c’est une chose, même si les médias ne nous disent pas si le violeur, en liberté conditionnelle depuis sa mise en examen il y a déjà 20 mois, a fait l’objet d’une prise de corps immédiate, puisqu’il a décidé de ne pas faire appel.

Mais que l’on apprenne à l’audience l’absence de réaction de l’évêque d’Amiens à l’époque des faits, Jean-Luc Bouilleret, désormais archevêque de Besançon (ma ville, celle de Victor Hugo), mais aussi d’un ancien procureur, et d’un procureur général, quand ils ont eu vent des faits reprochés au prêtre à l’époque, là, je dis stop. Il faut aller plus loin qu’un compte-rendu d’audience.

Le Pape d’une part, et la Chancellerie d’autre part, se doivent de demander des comptes à cette brebis peut-être égarée et à ces juges qui sait atteints de surdité, tous présumés innocents il va sans dire.

Voici les faits relatés par la presse: Stéphane Gotoghian a été reconnu coupable pour « la gravité des faits commis au préjudice de cinq victimes alors qu’il avait autorité sur elles, pendant dix ans (entre 2002 et 2012), et que toute dangerosité ne peut être écartée». Le tribunal a accompagné la peine, soit trois ans de prison dont dix-huit mois ferme, d’un suivi socio-judiciaire de 5 ans. Il avait été mis en examen en janvier 2013. Les agressions sexuelles avaient eu pour cadre la paroisse de Fressenneville (Somme).

«On aurait pu arrêter ça bien avant», a regretté la procureure Françoise Dale dans son réquisitoire.

Ce « bien avant » est lourd de sous-entendus, aussi bien contre Mgr Bouilleret que contre les anciens procureurs qu’elle n’a pas nommés, mais la presse ne manquera pas de les interroger tous…

L’un des avocats des parties civiles, Me Jérôme Crépin, n’a pas eu la langue dans sa poche. «On a senti une partie de la communauté religieuse, dans ses plus hautes sphères, qui souhaitait continuer, si ce n’est à étouffer ces affaires, à régler ce type de problème en famille. Au-delà des principes qui régissent l’Eglise, il y a la loi qui nous régit tous», a-t-il souligné.

Les quatre victimes partie civile étaient «  très remontées  » contre l’évêque d’Amiens qui, selon l’un de leurs avocats, Me Baert, «  savait un certain nombre de choses  ».
Malgré des rumeurs persistantes, malgré le témoignage de trois abbés qui ont déclaré avoir prévenu oralement celui qui était alors évêque d’Amiens, Mgr Bouilleret a simplement retiré Stéphane Gotoghian des fonctions en contact avec des adolescents, mais ne l’a jamais suspendu. Après un entretien avec une famille qui lui a signalé des «faits» entre leur fils et le prêtre, « il a prévenu le procureur qui n’a pas lancé d’enquête, faute de détails », relate la presse.

Cité comme témoin Mgr Bouilleret confirme avoir alerté les autorités. Il l’a rappelé ce matin dès l’ouverture du procès. «  En 2006, une famille m’alerte. J’ai aussitôt alerté le procureur général et le procureur d’Amiens  », aurait déclaré l’évêque d’après nos confrères du Courrier picard.

La garde des Sceaux va sauter en l’air en apprenant cette absence de réaction du procureur concerné, et même du procureur général.

«C’est abominable», a répété Stéphane Gotoghian au sujet de ses actes, se qualifiant même de «monstre», lors de l’audience.

Ordonné prêtre en 2002 à Abbeville, il était aussi aumônier des scouts d’Europe à Amiens et prêtre du Vimeu depuis 2006.

L’épiscopat français a adopté des positions très claires au sujet des prêtres poursuivis pour agressions sexuelles. L’évêque doit inviter tout prêtre coupable de tels actes à se dénoncer à la justice ou la prévenir lui-même en cas de refus ou de tergiversations.

Le pape François en a remis une couche le 7 juillet dernier. Il avait alors dénoncé «la complicité inexplicable» d’une partie du clergé à l’égard des prêtres et des évêques pédophiles, et promis qu’il «ne tolèrerait aucun mal» fait à un mineur.
«Ce sont plus que des actions méprisables. C’est comme un culte sacrilège. Ces gens ont sacrifié ces garçons et ces filles à l’idole de leur propre concupiscence», avait-il insisté.

Le Pape a constitué une commission d’experts pour la protection de l’enfance au sein des institutions de l’Eglise catholique. L’un de ses membres n’est autre que Catherine Bonnet, pédopsychiatre française. Elle avait été suspendue par le conseil de l’Ordre des médecins à partir de 1996 pour avoir dénoncé des viols contre des enfants, et failli être radiée avant d’obtenir sa réintégration.  Elle avait publié en 1999 : « L’Enfant cassé, l’inceste et la pédophilie », aux éditions Albin Michel.

L’archev que de Besan on cit comme t moin

Vue de Besancon cathédrale st jean photo Arnaud Castagné

Vue de Besancon cathédrale st jean photo Arnaud Castagné

Nancy. Ancien évêque d’Amiens, Mgr Jean-Luc Bouilleret, désormais archevêque de Besançon, est cité comme témoin dans le procès d’un prêtre de la Somme poursuivi pour agressions sexuelles sur des mineurs. L’abbé Stéphane Gotoghian, 40 ans, exerçait son ministère dans la paroisse de Fressenneville, dans la Somme. Mis en examen en janvier 2013, il est soupçonné d’avoir abusé sexuellement de jeunes adolescents, principalement en pratiquant des « caresses appuyées » entre 2002 et 2012. Quatre victimes, dont deux avaient moins de 15 ans lors des faits, et les parents de deux d’entre elles se sont constitué parties civiles.

Les victimes présumées sont « très remontées » contre l’évêque d’Amiens de l’époque, Mgr Bouilleret, qui « savait un certain nombre de choses », selon Me Anne-Sophie Baert, avocate de trois victimes, dont deux frères et les parents de ces derniers. Lors de l’enquête, le prélat, qui avait été en poste dans la Somme de 2003 à 2013, avant d’être promu à Besançon en octobre dernier, a affirmé avoir averti les autorités judiciaires. Dès que l’affaire avait éclaté, il avait suspendu le prêtre « de toute fonction liée à son ministère ». L’archevêque a été cité comme témoin par Me Jérôme Crépin. « J’espère qu’il viendra », dit cet avocat d’une des victimes, qui ne demanderont pas le huis clos, comme la loi le leur permet.

Position claire de l’épiscopat

Rappelons que l’épiscopat français a adopté des positions très claires au sujet des prêtres poursuivis pour agressions sexuelles, après la condamnation à trois mois de prison avec sursis de l’un des leurs, Mgr Pican, évêque de Lisieux et Bayeux, en 2001 pour non-dénonciation de crimes pédophiles.

L’évêque doit inviter tout prêtre coupable de tels actes à se dénoncer à la justice ou la prévenir lui-même en cas de refus ou de tergiversations. Ce fut le cas, par exemple, en Alsace où l’archevêque de Strasbourg avait saisi la justice après avoir appris les agissements coupables d’un de ses prêtres. Le Vatican, grâce à Benoît XVI, a aussi donné des directives en ce sens dans une lettre circulaire aux évêques du monde entier en 2011, à la suite de scandales pédophiles, entre autres, aux Etats-Unis, en Allemagne et en Irlande.

P. P.