Monthly Archives: March 2015

Les évêques français ont cherché leurs points communs sur la famille

Sans nier certaines nuances dans leurs approches, ils se retrouvent dans une vision qui tente de conjuguer affirmation de la doctrine et souci des situations individuelles.

Jeudi 26 mars au soir, à Lourdes, lors d’une conférence de presse qui concluait une journée entière de travail des évêques sur les questions liées au Synode sur la famille, Mgr Georges Pontier, archevêque de Marseille, s’est félicité d’une « grande progression dans l’Église de France ».

À entendre le président de la conférence des évêques, ses pairs auraient sensiblement évolué dans leur approche en s’éloignant de l’opposition, parfois violente par le passé, entre la promotion d’un modèle familial, si exigeant soit-il à suivre, et la prise en compte des situations les plus diverses.

La retraite d’une journée proposée aux évêques, au début de cette assemblée, sur le thème du discernement évangélique aurait contribué de manière décisive à cette nouvelle perception, moins clivée… Même si, interrogés en aparté, de nombreux évêques ne cachent pas que cette volonté de forger une « conscience commune » n’efface pas les différences d’approche entre eux. Selon plusieurs observateurs, ces divergences sont désormais exprimées avec moins de virulence que lors des dernières assemblées.

« A la fois écouter ce que professe l’Évangile et ce que vivent les familles »

« Cette diversité de sensibilités est légitime, estime Mgr Pontier, mais chacun a sans doute mieux compris aujourd’hui qu’il fallait à la fois écouter ce que professe l’Évangile et ce que vivent les familles. À ceux qui sont attachés à un modèle familial, il a fallu dire de s’intéresser aussi aux familles qui ne sont pas dans les clous… À ceux qui mettent en avant l’accompagnement des familles, quelles que soient leurs situations, il convient de rappeler que la source de leur démarche, c’est l’Évangile. »

À Lourdes, les évêques ont souhaité approfondir la réflexion entamée par le Synode, conformément à la volonté exprimée par le pape François, au terme de l’Assemblée extraordinaire à Rome en octobre dernier. « Nous ne sommes pas chargés de prendre des décisions mais invités à participer à une démarche qui n’est pas arrivée à sa conclusion », a tenu à préciser Mgr Pontier, soucieux de ne pas faire apparaître la conférence épiscopale française comme porteuse de telle ou telle position ou revendication…

« S’adresser à l’Église n’est plus chose banale mais un acte de confiance »

Des approches majoritaires sont toutefois apparues lors des forums durant lesquels ont pu s’exprimer les évêques, jeudi 26 mars, sur des thèmes comme le rôle des parents dans la transmission de la foi, l’Évangile de la famille, la préparation au mariage, l’accès des divorcés remariés aux sacrements. Mgr Pontier les a résumées d’une certaine façon en affirmant que l’Église ne devait pas se tenir dans une posture légaliste – « Comme dit le pape François, l’Église n’est pas un guichet », a rappelé Mgr Jean-Luc Brunin, président du conseil Famille et Société de la CEF – mais tenter d’accompagner les familles, en leur proposant un « itinéraire » qui prenne en compte leurs particularités. « Nous devons déjà reconnaître que s’adresser à l’Église n’est plus chose banale mais un acte de confiance », explique l’évêque du Havre, pour qui le travail engagé depuis janvier 2014, lors de la diffusion du questionnaire préalable à la première assemblée, a déjà permis « de revisiter ce que nous proposions et la manière dont nous le faisions. »

La synthèse des réponses des diocèses et des mouvements au deuxième questionnaire, que Mgr Pierre-Marie Carré, archevêque de Montpellier et vice-président de la CEF doit envoyer avant le 15 avril à Rome, devrait permettre à la réflexion de franchir un pas supplémentaire.

Élections de délégués pour le Synode des évêques sur la famille

Le Saint-Siège a rendu publique, mercredi 25 mars, une nouvelle liste de délégués des conférences épiscopales dont le pape a ratifié l’élection en vue de la XIVe assemblée générale ordinaire du Synode des évêques qui se tiendra du 4 au 25 octobre au Vatican sur le thème de la mission de la famille dans l’Église et dans le monde.

Afrique

Afrique du Nord : Mgr Jean-Paul Vesco, dominicain, évêque d’Oran (Algérie) ;

Botswana, Afrique du Sud et Swaziland : Mgr Stephen Brislin, archevêque du Cap, et Mgr Zolile Peter Mpambani, dehonien, évêque de Kokstad (Afrique du Sud) ;

Burkina Faso et Niger : Mgr Joseph Sama, évêque de Nouna (Burkina Faso) ;

Congo (République démocratique) : Mgr Nicolas Djomo Lola, évêque de Tshumbe et président de la conférence épiscopale, Mgr Philibert Tembo Nlandu, scheutiste, évêque de Budjala ;

Guinée : Mgr Vincent Coulibaly, archevêque de Conakry ;

Lésotho : Mgr Gerard Tlali Lerotholi, oblat de Marie Immaculée, archevêque de Maseru et président de la conférence épiscopale ;

Liberia : Mgr Anthony Fallah Borwah, évêque de Gbarnga ;

Mali : Mgr Jonas Dembélé, évêque de Kayes ;

Mozambique : Mgr Francisco Chimoio, capucin, archevêque de Maputo ;

Namibie : Philipp Pöllitzer, oblat de Marie Immaculée, évêque de Keetmanshoop ;

Nigéria : Mgr Matthew Man-oso Ndagoso, archevêque de Kaduna, Mgr Camillus Raymond Umoh, évêque de Ikot Ekpene, et Mgr Jude Ayodeji Arogundade, évêque d’Ondo ;

Ouganda : Mgr John Baptist Odama, archevêque de Gulu et président de la conférence épiscopale, et Mgr Joseph Anthony Zziwa, évêque de Kiyinda-Mityana et vice-président de la conférence épiscopale ;

Tchad : Mgr Henri Coudray, jésuite, vicaire apostolique de Mongo ;

Togo : Mgr Jacques Danka Longa, évêque de Kara ;

Amérique

Antilles : Mgr Francis Alleyne, bénédictin, évêque de Georgetown (Guyana) ;

Bolivie : Mgr Braulio Saez Garcia, carme déchaussé, évêque auxiliaire de Santa Cruz de la Sierra, et Mgr Krzysztof Janusz Bialasik Wawrowska, verbite, évêque d’Oruno ;

Guatemala : Mgr Rodolfo Valenzuela Nunez, évêque de Vera Paz et président de la conférence épiscopale ;

Haïti : Mgr Yves-Marie Péan, religieux de Sainte-Croix, évêque des Gonaïves ;

Nicaragua : Mgr César Bosco Vivas Robelo, évêque de León ;

Panama : Mgr Aníbal Saldana Santamaria, augustin récollet, prélat de Bocas del Toro ;

Pérou : Mgr Salvador Pineiro Garcia-Calderon, archevêque d’Ayacucho et président de la conférence épiscopale, et Mgr Héctor Miguel Cabrejos Vidarte, franciscain, archevêque de Trujillo ;

Venezuela : Cardinal Jorge Liberato Urosa Savino, archevêque de Caracas, et Mgr Diego Rafael Padron Sanchez, archevêque de Cumana et président de la conférence épiscopale ;

Asie

Birmanie : Cardinal Charles Maung Bo, salésien, archevêque de Rangoun ;

Indonésie : Mgr Ignatius Suharyo Hardjoatmodjo, archevêque de Djakarta et président de la conférence épiscopale, et Mgr Fransiskus Kopong Kung, évêque de Larantuka ;

Kazakhstan : Tomash Bernard Peta, archevêque à Astana et président de la conférence épiscopale ;

Laos et Cambodge : Mgr Louis-Marie Ling Mangkhanekhoun, vicaire apostolique de Paksé (Laos) ;

Malaisie, Singapour et Brunei : Mgr John Wong Soo Kau, archevêque de Kota Kinabalu (Malaisie) ;

Pays arabes : S. B. Fouad Twal, patriarche latin de Jérusalem et président de la conférence épiscopale ;

Philippines : Mgr Romulo G. Valles, archevêque de Davao, Mgr Jose S. Palma, archevêque de Cebu, et Mgr Gilbert A. Garcera, évêque de Daet ;

Taiwan : Mgr John Baptist Lee Keh-Mien, évêque de Hsinchu ;

Europe

Allemagne : cardinal Reinhard Marx, archevêque de Munich et président de la conférence épiscopale, Mgr Heiner Koch, évêque de Dresde, et Mgr Franz-Josef Hermann Bode, évêque d’Osnabrück ;

Biélorussie : Mgr Tadeusz Kondrusiewicz, archevêque de Minsk et Mohilev ;

Croatie : Mgr Valter Župan, évêque émérite de Krk et président du conseil épiscopal pour la famille et la vie ;

Écosse : Mgr Philip Tartaglia, archevêque de Glasgow et président de la conférence épiscopale ;

Portugal : Cardinal Manuel José Macario do Nascimento Clemente, patriarche de Lisbonne et président de la conférence épiscopale, et Mgr Antonino Eugénio Fernandes Dias, évêque de Portalegre-Castelo Branco, président de la commission épiscopale du laïcat et de la famille ;

République tchèque : Mgr Jan Vokal, évêque de Hradec Králové ;

Russie : Mgr Paolo Pezzi, de la Fraternité Saint-Charles-Borromée, archevêque à Moscou ;

Suisse : Mgr Jean-Marie Lovey, chanoine régulier du Grand Saint-Bernard, évêque de Sion ;

Églises orientales de droit propre

Église syro-malabare : Mgr Joseph Kallarangatt, évêque de Palai (Inde), et Mgr Andrews Thazhath, archevêque de Trichur (Inde).

Parmi les membres suppléants, on peut noter deux autres Français : Mgr Emmanuel Lafont, évêque de Cayenne (Guyane), pour la Conférence épiscopale des Antilles, et Mgr Olivier Schmitthaeusler, des Missions étrangères de Paris, vicaire apostolique de Phnom Penh (Cambodge) et président de la Conférence épiscopale du Laos et du Cambodge.

En ce qui concerne la Conférence des évêques suisses, le suppléant est Mgr Valerio Lazzeri, évêque de Lugano.

Les délégués à l’assemblée générale ordinaire du Synode des évêques sont élus par leurs conférences épiscopales à concurrence d’un représentant pour les conférences de moins de 25 évêques, deux pour celles comptant de 26 à 50 membres, trois pour les conférences ayant jusqu’à 100 membres et quatre représentants au-delà.

Début février, le pape avait validé une première liste de représentants, dont les quatre délégués français.

Le Salvador se souvient de l’archevêque Romero 35 ans après sa mort

(Belga) Quelque 3.000 personnes ont rendu hommage mardi au Salvador à l’archevêque des “sans voix” Oscar Romero, assassiné il y a 35 ans et béatifié en mai prochain, qui avait pris la défense des paysans sans terre.

Avant cette marche, une messe avait été organisée dans la petite chapelle de l’hôpital pour cancéreux La Divina Providencia, là où l’archevêque avait été abattu en pleine messe par un tireur d’extrême droite, le 24 mars 1980, prélude à une meurtrière guerre civile. La veille de sa mort, le religieux avait appelé les soldats à désobéir aux ordres de tirer sur la foule. “Nous devons nous rappeler de monseigneur Romero comme d’un homme de bien, un saint qui a versé son sang pour son peuple qui l’aimait et continue de l’aimer”, a déclaré Raul Vera, du diocèse de Saltillo (Mexique), qui a célébré la messe mardi en présence du président Salvador Sanchez Cerén. Cet évêque modéré, qui n’appartenait pas au courant plus politisé de la “théologie de la libération”, a été reconnu “martyr” par le Vatican, ce qui dispense de devoir lui attribuer un miracle pour le béatifier le 23 mai prochain. Il y a 35 ans, durant ses funérailles dans la cathédrale de San Salvador, le 30 mars 1980, plus de 100.000 fidèles avaient été dispersés par les tirs des soldats, causant des dizaines de morts. Immédiatement après démarrait la guerre civile, qui a déchiré le pays pendant 12 ans (1980-1992) et provoqué la mort d’au moins 75.000 personnes. Son assassinat avait aussi eu un large impact dans toute l’Amérique latine, continent majoritairement catholique où plusieurs régimes d’extrême droite luttaient alors contre des guérillas marxistes. L’évêque avait pris la défense des paysans sans terre dans le petit Salvador où, après une dictature militaire, s’opposaient un gouvernement conservateur et un mouvement de guérilla d’extrême gauche, le Front Farabundo Marti, aujourd’hui au pouvoir. “Même avant d’être tué, notre monseigneur Romero était déjà un saint, il s’est mis de notre côté, à nous les pauvres, il a souffert avec nous”, disait mardi Domitila Peña, âgée de 79 ans, appuyée sur sa canne pendant la marche du souvenir. (Belga)

RELIGION Les évêques en assemblée post-attentats

Les évêques de France se retrouvent à partir de demain à Lourdes pour leur première « plénière » depuis les attentats de janvier.

L’assemblée des évêques de France qui se réunit de mardi à vendredi à Lourdes devrait être marquée par les grands thèmes de l’actualité, au moins sur sa première journée. D’abord avec le discours du président de la Conférence des évêques de France (CEF), Mgr Georges Pontier, puis lors du libre débat parmi les quelque 120 évêques titulaires et auxiliaires réunis dans l’hémicycle Sainte-Bernadette des sanctuaires de la cité mariale pyrénéenne.

« Le vivre-ensemble – même si je n’aime guère cette expression – est quelquefois mis à mal, et je crois que les religions ont quelque chose à faire entendre sur ce sujet. Quelle société voulons-nous construire ? », confie le secrétaire général de la CEF, Mgr Olivier Ribadeau Dumas, qui vivra sa première assemblée en tant que porte-parole des évêques de France. « On a quelque chose à dire, et je crois que nous sommes attendus. »

Crispation sur la laïcité

Mardi, le président de la conférence épiscopale devrait évoquer le débat sur la laïcité, qui s’est crispé ces dernières semaines. L’Eglise de France n’a pas manqué de prendre position, appelant au respect de l’esprit de la loi de 1905, qui ne prévoit pas que les convictions religieuses soient bannies des entreprises, par exemple des crèches privées.

L’assemblée pourrait aussi se faire l’écho de la présence active des évêques sur les sujets de société, depuis son retour sur cette scène en 2012-2013 autour du mariage homosexuel, avec certes des nuances au sein de l’épiscopat. Récemment, c’est sur la fin de vie que l’Eglise a pris position, rappelant son refus absolu de l’euthanasie, voire son rejet de la sédation profonde jusqu’à la mort. Mais aussi sur l’interruption volontaire de grossesse : la fin annoncée du délai de réflexion de sept jours imposé aux femmes l’a fait bondir.

La prévention de la pédophilie au sein du clergé sera un des thèmes de réflexion. « Nous avons beaucoup travaillé la question au début des années 2000. Mais en 14 ans, 80 % des évêques français ont été renouvelés. Il nous paraissait important de pouvoir réfléchir à nouveau avec eux, notamment sur le souci de l’accueil des victimes », fait valoir Mgr Ribadeau Dumas.

En revanche, il y a peu à attendre sur la question de la famille, sur l’accès aux sacrements des divorcés remariés et la place des homosexuels dans l’Eglise, pourtant points d’achoppement à Rome lors du synode extraordinaire d’octobre dernier.

Le pape François chasse deux “moutons noirs”, un cardinal et un évêque

Pédophilie avouée, révisionnisme assumé, le pape François n’en veut pas dans sa maison, l’Eglise catholique. Il continue imperturbablement d’y faire le ménage, et sans cacher la poussière sous les tapis du Vatican. Le souverain pontife n’a donc pas hésité ce vendredi à accepter le renoncement de Mgr O’Brien à ses droits et prérogatives de cardinal. Le prélat écossais garde son titre mais ce dernier devient une coquille vide : Keith O’Brien ne pourra plus participer à un conclave, l’assemblée des cardinaux qui élisent le pape, ni même siéger dans les institutions qui sont chargées d’aider ou de conseiller le Saint-Père. Autrement dit, à 77 ans, il est définitivement mis sur la touche.

Mgr O’Brien traîne derrière lui un boulet très lourd, particulièrement pour un homme d’Eglise. Début 2013, il avait été accusé par trois prêtres et un homme marié d’abus sexuel à leur encontre, alors qu’ils suivaient des études au séminaire dans les années 1980. Connu néanmoins pour ses attaques contre les homosexuels, le cardinal avait dû demander pardon, avouant dans un langage châtié qu’il avait eu “un comportement sexuel en deçà des normes de conduite qu’on attendait d’un prêtre, d’un archevêque et d’un cardinal”. Ces bonnes paroles ne suffisant pas, les autorités ecclésiastiques lui avaient fortement “conseillé” de démissionner de son poste d’archevêque de Saint Andrews et d’Edimbourg, en Ecosse. Depuis, il suit “un long chemin de prière”, l’expression employée dans un communiqué du Vatican, et le pape François vient de l’encourager à continuer…

Mgr Keith O’Brien en photo ci-dessous :

Autre cas, autre sentence révélée ce même vendredi. L‘évêque britannique Richard Williamson, connu pour ses positions révisionnistes, a de nouveau été excommunié. Cette fin de semaine au Brésil, il a joué avec le feu en ordonnant évêque un prêtre français, sans avoir aucun mandat pontifical. Le dignitaire avait pourtant bénéficié d’une levée d’excommunication avec trois autres évêques en 2009, un cadeau de Benoît XVI qui avait provoqué l’indignation parmi les catholiques mais aussi les juifs. Peu de temps avant, Mgr Williamson avait déclaré sur une chaîne de télévision suédoise : “Je crois qu’il n’y a pas eu de chambres à gaz (…) Je pense que 200 000 à 300 000 Juifs ont péri dans les camps de concentration, mais pas un seul dans les chambres à gaz”. L‘évêque controversé est un ancien membre de la Fraternité sacerdotale Saint Pie X, qui n’est autre que le mouvement intégriste créé en 1963 par le défunt évêque français Marcel Lefebvre.

Australie: un archevêque a protégé un pédophile

L’archevêque catholique d’Adelaïde est soupçonné d’avoir couvert un prêtre pédophile présumé dans les années 1970, dernier épisode d’une enquête nationale lancée pour éclairer le rôle de l’Eglise australienne face aux abus d’enfants placés sous son autorité.

Président de la conférence des évêques catholiques d’Australie, Philip Wilson, 64 ans, serait l’ecclésiastique le plus haut placé de l’Eglise catholique dans le monde à être mis en cause pour ces chefs, selon les médias locaux.

La police de Nouvelle-Galles du Sud le soupçonne d’avoir protégé Jim Fletcher, un pédophile notoire désormais décédé, lorsque les deux hommes exerçaient ensemble dans un diocèse près de Newcastle, au nord de Sydney. Il encourt jusqu’à deux ans de prison ferme. Une première comparution a été fixée au 30 avril.

Monseigneur David Macaire, archevêque du diocèse de Fort-de-France : « Je suis un optimiste »

Propos recueillis par V.M-P. Jeudi 12 mars 2015

Nommé il y a quatre jours à la tête du diocèse, Monseigneur David Macaire tenait hier matin dans les locaux de la radio diocésaine, Radio Saint-Louis, sa toute première conférence de presse en Martinique. Le nouvel archevêque s’est prêté au jeu des questions-réponses sur un ton décontracté, en se montrant à la fois humble, drôle et accessible.

Monseigneur, vous êtes en Martinique pour une dizaine de jours. Qu’allez-vous faire pendant votre séjour ?

Principalement préparer l’ordination, car la date est proche. C’est un moment important, car si tout se passe comme prévu, il n’y aura pas d’ordination épiscopale avant 30 ans en Martinique! Un évêque prend sa retraite à l’âge de 75 ans. Je vais également rencontrer Monseigneur Méranville, parler beaucoup avec lui, accompagner son départ. C’est un homme qui a donné 60 ans de sa vie à l’Eglise, au service du peuple de Dieu. Je crois que nous lui devons beaucoup, c’est aussi mon rôle. Il y a aussi beaucoup de gens à rencontrer, en particulier les prêtres qui sont les collaborateurs de l’évêque. Ce séjour sera l’occasion pour moi de m’imprégner. Je vais repartir pour une semaine de retraite avant l’ordination, certainement dans ma grotte de la Sainte-Baume, un cadre idéal à 900 mètres d’altitude. Je vais rester dans la solitude avec tout ce que j’aurai vécu pour demander au Seigneur de me préparer pour cette mission.

Vous êtes frère dominicain. Que retenez-vous de cette expérience au sein de la congrégation ?

Cette surprise d’avoir rencontré une vraie fraternité. Quand j’ai quitté la Martinique, je pensais que je vivrais très très seul, mais pour Jésus j’étais prêt, il m’appelait…

J’ai été bouleversé dès le début, et jusqu’à aujourd’hui, de l’amitié dans mon ordre, avec mes frères, qui sont aujourd’hui de vrais frangins, et puis avec les gens autour, les fidèles, les prêtres. Je ne m’attendais pas à ça. Ce que je retiens c’est l’expérience de l’amitié.

A quoi ressemblait votre vie pendant toutes ces années en France ?

Chez les Dominicains, le mode de vie est assez particulier. Chaque frère a un domaine de spécialisation différent, ça peut être le chant, l’étude d’une langue biblique… et il y consacre tout son temps. On te demande d’être excellent dans le domaine dans lequel tu es. Moi ma spécialité était la prédication, j’avais aussi les charges de gouvernement d’une communauté. Pour aller prêcher, avec une moyenne de 300 conférences par an, il faut avoir du temps. L’ordre des Dominicains développe le charisme de cette façon-là, tout est organisé de façon à ce que chacun puisse creuser son sillon et aller jusqu’au bout.

Vous sentez-vous préparé pour cette nouvelle fonction d’archevêque ?

Pas du tout! Mais en même temps, je dirais : même pas peur. Je ne compte pas sur mes forces, je compte sur une espèce d’exosquelette, ce qui permet à des ouvriers de porter des charges de plusieurs centaines de kilos. C’est bien lui qui porte la charge, avec sa force mais sa force est décuplée. Chez nous, l’exosquelette s’appelle l’Esprit saint. Quand on est nommé évêque, on vous appelle, on vous dit d’y aller et puis sé van pou nou alé!

Le manque de vocations vous inquiète t-il ?

Oui c’est vrai, il n’y a pas assez de prêtres. Mais la seule chose qui peut m’inquiéter vraiment, c’est s’il y a des garçons ou des filles qui veulent répondre à l’appel de Dieu et qui n’y répondent pas.

C’est un drame dans leur vie après. Ils fuient l’appel à un moment donné parce que l’Eglise n’a pas mis en place de quoi accompagner leur appel. Ça oui, ça m’inquiète.

Bien sûr il manquera toujours de prêtres, mais je pense qu’il pourrait y avoir davantage de vocations. Je suis certain qu’il y a des gens qui n’ont pas répondu à l’appel ou qui n’ont pas pu parce que les communautés, les familles ou le clergé n’ont pas accompagné.

L’Eglise de Martinique est-elle en difficulté ?

Même si je n’ai pas été vraiment coupé de l’Eglise de Martinique, pendant c’est vingt dernières années, j’ai un regard extérieur qui me permet de voir tout ce qui va bien. Je suis un optimiste.

Vu de l’extérieur, l’Eglise de Martinique c’est « pa ni problem » . Je le pense vraiment, sans langue de bois. Quand les gens se plaignent, je leur dis, si vous savez (comme le disait l’un de mes frères avec humour) « grâce à Dieu c’est pire ailleurs » . Bien sûr, il y a des problèmes, il y a des divisions parfois. Mais globalement, il y a de la vitalité et avec cette vie, cette ferveur, on va avancer. J’ai cette conviction, profondément inscrite dans mon coeur, qu’il suffira d’arroser, de protéger, d’enlever les mauvaises herbes, de mettre de l’engrais et ça va bien pousser. Comme un pied de glycéria, tu le plantes et ça pousse. Il y a un côté comme ça dans la foi.

Vous êtes un homme de radio. Quelle est selon vous la place des médias et de la communication dans l’Eglise ?

Je suis à la radio depuis 1989, année où j’ai fait mes débuts à Radio Saint-Louis. J’aime particulièrement la radio parce qu’elle entre partout. Elle crée une communication très directe avec les auditeurs, la dame qui est en train de repasser, le chauffeur de camion qui conduit. Il y a certains auditeurs de Radio Saint-Louis que je n’ai jamais vu et qui sont des amis jusqu’à aujourd’hui. Depuis 1963, avec le concile Vatican II qui dit l’importance des médias, je crois que l’on ne peut pas s’en dispenser. Je vais même faire un aveu : j’aime les journalistes.

Prise de fonction le 13 avril

Depuis la nomination de Mgr Macaire, Mgr Michel Méranville est administrateur diocésain apostolique. Il a été chargé par le pape d’administrer les affaires courantes. Mgr Macaire prendra ses fonctions le lendemain de son ordination prévue le dimanche 12 avril.

Il sera ordonné par le cardinal haïtien Chibly Langlois

Mgr Macaire souhaitait que son ordination coïncide avec le dimanche de la Divine miséricorde, 1er dimanche après Pâques, soit le 12 avril prochain. Il a également demandé à être ordonné par le jeune cardinal haïtien Chibly Langlois, évêque des Cayes. Ces deux voeux ont été exaucés. En invitant le cardinal Langlois en Martinique, Mgr Macaire a souhaité rappeler la volonté du pape François de donner une plus grande visibilité aux Antilles, en nommant cardinal Mgr Langlois le 12 janvier 2014, quatre ans après le séisme qui avait touché Haïti. « Je souhaitais commencer cette nouvelle ère avec cette bénédiction » , confie David Macaire.

Archevêché de Rimouski: Mgr Grondin réagit à la rumeur

L’évêque auxiliaire de Québec, Mgr Denis Grondin, s’avère un candidat de premier choix pour devenir le 7e archevêque du Diocèse de Rimouski.

Le 6e archevêque, Mgr Pierre-André Fournier, est décédé le 10 janvier dernier. Mgr Grondin est près du cardinal Marc Ouellet et a assisté récemment aux funérailles de la mère de ce dernier en Abitibi.  Mgr Grondin est né à Rimouski le 23 octobre 1954. « C’est le candidat #1, je vous le garantis », explique une source proche du journal L’Avantage.

Mgr Grondin est le fils de Marthe Langlois et de Bernard Grondin. Il a été ordonné prêtre le 21 mai 1989 par le Cardinal Louis-Albert Vachon. Il a exercé son ministère comme vicaire dans diverses régions du Diocèse de Québec. Il a été curé dans la région de Charlevoix dans une dizaine de paroisses ainsi qu’animateur de pastorale en milieu de la santé, jusqu’à son élection comme évêque auxiliaire à Québec, le 12 décembre 2011.

Sur les traces de Mgr Fournier

Denis Grondin respecte évidemment  son devoir de réserve et ne se fait pas le promoteur de sa propre candidature mais il apparaît très au fait et préoccupé de ce qui se passe sur le plan de la pratique religieuse à Rimouski. «C’est la nonciature qui doit voir qui serait le meilleur candidat pour Rimouski.  Archevêque, c’est un rôle très important et je n’ai que trois ans d’épiscopat. Il faut faire confiance à notre Église pour prendre une bonne décision», commence-t-il par dire.

« On se rend disponible pour le Seigneur et on se rend où il nous appelle » -Mgr Denis Grondin

« À la grâce de Dieu. On se rend disponible pour le Seigneur et on se rend où il nous appelle. Il y a toujours moyen d’être heureux là où Dieu nous envoie. Et quand on devient évêque, il faut être encore plus disponible que comme prêtre. Mgr Fournier l’a bien rendu et on a senti qu’on était en deuil lors de l’assemblée des évêques du Québec. Il nous manquait, comme il doit bien manquer aux fidèles de son diocèse», nuance Denis Grondin.

En tant qu’évêque auxiliaire responsable de la pastorale, Mgr Grondin marche sur les pas de Mgr Fournier, qui a occupé le même rôle. « C’était un homme sage qui savait bien mesurer les choses », rappelle Mgr Grondin.

Ce dernier s’inquiète du sort de la Cathédrale. « Les problèmes à Rimouski sont sensiblement les mêmes qu’ailleurs (fermetures d’églises, manque de prêtres, finances). Pour ce qui est de la Cathédrale, quand je l’ai vue ceinturée de clôtures et de grillage pour empêcher les pierres de tomber, ça m’a fait quelque chose. Ce serait de valeur que le bâtiment disparaisse complètement. »

Un portrait du dominicain David Macaire, nouvel archevêque de la Martinique

 « C’est un beau cadeau que mes frères m’ont fait, mais je ne savais pas que ce serait un cadeau d’adieu ! » Avec humour, le dominicain David Macaire évoque le « grand moment » qu’il a vécu à Lourdes en octobre dernier, en prêchant le pèlerinage du Rosaire. Si bien qu’apprenant le 25 février sa nomination à la tête du diocèse de Fort-de-France, il a vu dans cette date un « signe de Lourdes » : le 25 février 1858, la Vierge demandait à Bernadette « d’aller boire à la source ».

Trois semaines plus tôt, le dominicain avait « déjà un peu compris » ce qui l’attendait en recevant une demande d’information de la part du nonce. Et ce, alors même qu’il s’efforçait de ne pas retourner en Martinique afin d’« éviter que l’on pense à (lui) pour certaines charges »

Prière et lecture de la Bible en famille

Frère David est en effet connu en Martinique où il a vécu jusqu’à ses 18 ans – il y est arrivé à quatre mois, étant né à Nanterre en 1969 – aux côtés de son frère aîné et de ses parents fonctionnaires – « comme tous les Antillais ! », sourit-il. « Avec ­Maman, on priait tous les soirs et Papa nous lisait la Bible », souligne-t-il, en évoquant ses années de scoutisme et de servant d’autel.

Après ses études à l’École nationale des techniciens de l’équipement à Montpellier, puis quelques années à travailler pour le ministère de l’équipement, il décide en 1991, lors du pèlerinage du Rosaire, d’entrer chez les dominicains. Ce qui le conduit à Marseille pour son noviciat, à Bordeaux pour sa philosophie puis à Toulouse pour sa théologie.

Ordonné prêtre à Toulouse en 2001, il reste dix années à Bordeaux, d’abord comme père-maître (responsable des jeunes profès), puis comme prieur du couvent dominicain, tout en étant aumônier scout, aumônier de lycée, accompagnateur spirituel des équipes Notre-Dame, assistant des Fraternités laïques dominicaines et prédicateur de retraites.

 > A lire  : L’Église de la Martinique dans la crise 

Ordonné par le cardinal Chibly Langlois  ?

En 2011, Frère Macaire devient recteur du sanctuaire de la Sainte-Baume, dans le Var. « Nous avons mis l’accent sur l’accueil spirituel, l’accueil matériel étant déjà très bien assuré par l’hôtellerie », explique-t-il en rappelant les « 30 000 nuitées » assurées chaque année, sans parler des nombreux groupes sur la journée.

 « Les gens savent qu’ils trouveront tout sur place : enseignement, confession, beau cadre… », poursuit le dominicain qui, à lui seul, a assuré 300 conférences et prédications l’an dernier. D’ailleurs, membre de l’équipe des prédicateurs du « Jour du Seigneur » (France 2), il doit assurer la messe télévisée du 22 mars.

Demain mardi, le nouvel évêque antillais s’envole pour une dizaine de jours en Martinique pour les premiers contacts officiels : il connaît déjà un certain nombre de prêtres qui lui ont manifesté leur joie dès l’annonce de sa nomination.

Quant à la date de son ordination épiscopale à Fort-de-France, il aurait aimé qu’elle coïncide avec le dimanche de la Divine Miséricorde – le dimanche qui suit Pâques – mais comme il souhaite être ordonné par le cardinal haïtien Chibly Langlois, évêque des Cayes, « ça sera plutôt début mai ». « C’est peut-être un retour au pays, mais pas à la case départ, conclut-il. Au contraire, une nouvelle aventure commence ! » 

Le plus jeune évêque de France, bientôt à la tête du diocèse

V.M-P. Lundi 09 mars 2015

Le pape François, ayant accepté la démission de Mgr Michel Méranville pour limite d’âge, a nommé, le samedi 7 mars, archevêque de Fort-de-France, le père David Macaire, 45 ans. La nomination de ce jeune prêtre martiniquais a été accueillie avec grande joie par les fidèles catholiques.

C’est donc un retour au pays pour le père David Macaire qui a grandi au Morne-Rouge. Parmi les fidèles, le prêtre martiniquais semble faire l’unanimité. Beaucoup se souviennent, non sans émotion, de ce jeune garçon très engagé dans sa communauté, mais également au-delà de sa paroisse. David Macaire a effectué une grande partie de sa scolarité au couvent des Dominicaines de Notre Dame de la Délivrande au Morne-Rouge. Ancien servant de messe, choriste, il a été également animateur à Radio Saint-Louis et chef de groupe chez les scouts.

À 45 ans seulement, le père David Macaire devient le plus jeune évêque de France. Pour rappel, Monseigneur Marcel Marie-Sainte, premier prêtre martiniquais accédant à l’épiscopat, le 12 octobre 1969, à l’âge de 41 ans, avait été également ordonné évêque très jeune. Depuis samedi matin, l’annonce de l’arrivée du père David Macaire à la tête diocèse est pratiquement sur toutes les lèvres. La plupart des fidèles ne peuvent s’empêcher de faire le parallèle avec l’ordination récente d’Olivier Lucenay, 33 ans.

« L’église a besoin d’un renouveau » , confie une paroissienne. « Tous ces jeunes prêtres de la génération de Jean-Paul II vivent avec leur époque. Il y a beaucoup de jeunes en perdition, ils ont besoin de savoir que des jeunes qui ont presque leur âge, se laissent toucher par le Christ » .

Titulaire d’une licence de philosophie et d’une maîtrise de théologie, David Macaire a été ordonné prêtre à Toulouse le 23 juin 2001. Plusieurs pèlerinages à Lourdes, ainsi que l’accompagnement de moines et moniales bénédictins ont beaucoup contribué à la naissance de sa vocation. Prieur du couvent de Bordeaux, puis du couvent de Saint-Baume, il est également un grand prédicateur. Ceux qui l’ont côtoyé soulignent sa sensibilité, sa simplicité et sa joie de vivre.

« David est un meneur d’hommes. Il a côtoyé tous les milieux sociaux, il sait se faire proche et compréhensif » , confie-t-on. Auteur de plusieurs ouvrages, il est notamment, avec frère Gilles Danroc, co-auteur du livre « Le Père Gaston Jean-Michel, Témoin de l’Evangile » (éditions La Thune). Le père David Macaire, jusqu’à présent prieur du couvent des Dominicains de la Sainte-Baume et recteur du sanctuaire de la Sainte-Baume (Var), arrivera demain en Martinique pour une visite de quelques jours. Son ordination épiscopale aura lieu dans trois mois, à Fort-de-France. Mgr Michel Méranville, archevêque émérite, a été nommé jusqu’à l’ordination de Mgr Macaire, administrateur apostolique du diocèse de la Martinique.

« Il n’est plus seulement à nous, mais à toute l’Eglise »

Depuis l’annonce de la nouvelle, toute l’église catholique de Martinique est en ébullition, particulièrement la commune du Morne-Rouge qui a vu grandir le nouvel archevêque de Martinique. Rencontre avec Marceau et Jenny Macaire, les parents de David.

Comment avez-vous réagi en apprenant que David avait été nommé archevêque ?

Nous n’avons pas été surpris puisqu’il y avait eu des bruits de couloirs.

Néanmoins, notre joie n’est pas moindre. Savoir que notre fils a été nommé archevêque de Martinique, c’est une grande émotion. Nous remercions le Seigneur.

Qu’est-ce qui a marqué son parcours ?

C’est à l’école catholique Notre dame de la Délivrande qu’il a fait ses classes. Il a voulu être scout d’Europe et est allé à Lourdes au service des malades pour apporter les brancards, et çela, pendant plusieurs années. A chaque grandes vacances il y allait, ce qui l’a fait connaître par toute l’organisation. Avec les scouts, il est parti de Paris jusqu’à Rome, et il a pu serrer la main de Jean-Paul II. C’étaient des moments importants pour lui. Plus jeune, il s’est proposé pour être servant de messe, tout seul. Il s’est présenté au curé de la paroisse de l’époque. A ceux qui lui demandaient s’il voulait devenir prêtre, il répondait qu’il voulait simplement être un bon chrétien au service des autres.

David est également très attaché à la prière ?

Déjà tout petit, il réclamait des moments de prière. Si des fois, le soir, on avait un peu de retard, il nous le faisait remarquer et nous nous mettions tous ensemble à prier. Les fêtes familiales étaient pour lui un moment important. A 15 ans, il a écrit un poème qui décrivait les horreurs de la guerre et sa solution était de demander au monde de prier au quotidien pour apprendre à s’aimer. On voyait son désir de servir. Il est devenu très vite chef scout, il aime la nature, il est joyeux et a une bonne dose d’humour.

Qu’est ce qui a déterminé sa vocation de prêtre ?

En lisant des informations sur la vie des Dominicains, il a été séduit par la spiritualité de cet ordre. Il a senti que c’était sa vocation. A l’époque, il était employé à la DDE, il a tout laissé pour suivre sa voie.

Après son ordination, il revenait au pays, il faisait beaucoup de prêches, des enseignements, animait des séminaires.

En tant que parents, comment vivez-vous sa nomination à la tête de l’évêché ?

Être évêque n’est pas un titre administratif, ni un honneur, c’est un service. Nous mesurons l’importance de la responsabilité qu’il a. Nous essayons de rester calmes, mais nous avons une joie énorme en nous. Il est parti depuis plus de 20 ans. Même s’il revient, il n’est plus seulement à nous, mais à toute l’Eglise, à tout le diocèse. Nous sommes habitués à le voir donner de son temps aux autres et travailler à la vigne du Seigneur.

Propos recueillis par G.M.

ILS ONT DIT

Nadiège Pastel, animatrice à Radio Saint-Louis

Par sa formation de scout, David est quelqu’un d’assez rigoureux et en même temps de très joyeux. L’aspect joyeux n’enlève rien à sa profondeur. C’est un brave garçon. Il est de bon conseil. Je lui souhaite de rester simple et humble.

Danielle Larade, amie d’enfance

Quand j’ai appris la nouvelle, j’ai sauté de joie. La nomination de David Macaire est un nouveau souffle sur la Martinique et pour son église. Sa fraîcheur, ses idées vont apporter un plus dans la dynamique de l’Eglise. Je souhaite aussi que sa nomination rapproche encore plus les jeunes du Seigneur.

Gilberte Nirdé, ancienne organiste à l’église du Morne-Rouge

Je suis heureuse. David est pur, c’est quelqu’un de bien. A la chorale, je lui apprenais à chanter et chaque fois qu’il me manquait une voix, il était toujours prêt à se rendre disponible.

Gilles Malidor, chef restaurateur au Morne-Rouge

C’est une fierté pour le Morne-Rouge dont il est originaire. Sa nomination montre que ce n’est pas l’âge qui fait la qualité, ni la sagesse d’un homme. Le travail qui l’attend au diocèse est très important.

Jenny Dulys-Petit, maire du Morne-Rouge

C’est une immense joie que David, l’enfant de la commune, soit nommé. Il a participé à beaucoup d’activités à la paroisse. A la chorale, je lui avais même proposé de me succéder en tant que chef de choeur. Nous sommes prêts à l’accompagner dans cette nouvelle tâche. Je dis aux jeunes que l’âge n’attend pas la qualité et que le Seigneur ne nous réserve que de bonnes choses.

BIO EXPRESS

Né le 20 Octobre 1969 à Nanterre.

Ecole et collège des Dominica nes de Notre-Dame de la Délivrande au Morne-Rouge (1972-1984) ;

Lycée Schoelcher (1984-1987 Ecole Nationale des Techniciens de l’Equipement à Mont pellier (1987-1988) ;

Assistant Technique des Travau Publics de l’Etat (DDE Martinique, 1988-1994) ;

Entré au noviciat de la Provinc de Toulouse de l’Ordre des Prêcheurs (Dominicains) en 1994.

Ordonné prêtre le 23 Juin 2001 à Toulouse.

Depuis 2011, prieur du Couvent des Dominicains de la Sainte-Baume et recteur du sanctuaire de la Sainte-Baume.

Depuis 2012, exorciste diocésain du diocèse de Fréjus-Toulon.