Monthly Archives: June 2015

CAMEROUN :: Hommages : Une médaille d’Officier pour la mère de Tumi :: CAMEROON

cameroun,hommages,une,medaille,dofficier,pour,mere,tumi,cameroon,CAMEROUN :: Hommages : Une médaille d'Officier pour la mère de Tumi :: CAMEROONYa Tumi Catherine La’aka a été  inhumée  le samedi 27 juin 2015 à 13 h au cimetière de la cathédrale Sainte Thérèse de Kumbo. Après avoir reçu les hommages du pape François, des évêques du Cameroun et de France, les  honneurs militaires et la distinction à titre posthume d’officier de l’ordre national du mérite.

La vie de la mère du cardinal Christian Tumi a été  célébrée à tous les temps de l’indicatif, par tous les  qualificatifs positifs et par des personnalités  de l’Eglise et  de l’Etat, de toutes les générations,  le vendredi 26 juin 2015  à la paroisse catholique du  village Kikaikelaki et le samedi 27 juin 2015 à la cathédrale  Sainte Thérèse de Kumbo.  Dans le département du Bui, dans la région du Nord-ouest : « Au nom du Président de la République  et en vertu des pouvoirs qui nous  sont conférés, Ya Tumi Catherine La’aka, je vous  élève  à titre posthume à la dignité d’Officier de l’Ordre du Mérite Camerounais », a déclaré le gouverneur de la région du Nord-Ouest Adolphe  Lélé Lafrique le samedi 27 juin 2015 à la cathédrale  Sainte Thérèse de Kumbo. C’était après  les  honneurs  militaires  et  avant  le rituel de l’enterrement de Ya Tumi Catherine La’aka qui s’est déroulé juste à côté, au cimetière de la cathédrale Sainte Thérèse de Kumbo.

Distinguée par le chef de l’Etat, honorée par le pape

La messe funéraire a été célébrée par le cardinal  Christian Tumi  et concélébrée  par le Nonce apostolique au Cameroun et en Guinée équatoriale Piero Pioppo, l‘archevêque de Douala Mgr Samuel Kléda et l’évêque de Kumbo George Nkuo – en présence d’autres évêques du Cameroun dont l’archevêque émérite de Yaoundé Mgr Tonye Bakot, l’archevêque de Bamenda Mgr Cornelius Fontem Esua,  l’évêque de Bafoussam Mgr Dieudonné Watio, l’ évêque de Nkongsamba Mgr Espoir Atangana  et l’évêque de Mamfe Mgr Andrew Nkea . Le Nonce apostolique au Cameroun et en Guinée équatoriale Piero Pioppo a lu le  message de condoléances  du pape François au cardinal Tumi  et celui du préfet de  la Congrégation pour l’Evangélisation des peuples le cardinal Fernando Filoni. Le pape François a  honoré  Ya Tumi Catherine La’aka  pendant  qu’elle est distinguée au même moment par le chef de l’Etat, qui a été le premier a adressé  ses condoléances au cardinal Tumi par courrier Dhl.

La messe funéraire a débuté le samedi 27 juin 2015 à 10 h par l’entrée  des  évêques et des prêtres en procession dans la cathédrale Sainte Thérèse de Kumbo. Toutes les autorités politiques et administratives  de la région du Nord-Ouest, dont le gouverneur Adolphe  Lélé Lafrique en costume sombre et cravate rouge, étaient déjà présentes. Assis au même premier rang, le leader de l’opposition camerounaise et Chairman du Social  Democratic Front (Sdf) Ni John Fru Ndi, en gandoura. Derrière lui,  l’ancien gouverneur de la région du Littoral Faï Yengo Francis. Mais aussi Albert Dzongang de la Dynamique et d’autres personnalités  de plusieurs partis politiques, des milieux d’affaires, des dignitaires traditionnels et religieux  venus de Douala, de Yaoundé et d’autres villes du pays rendre  un dernier hommage à Ya Catherine Tumi La’aka décédée le lundi 8 juin 2015  à l’hôpital catholique Sainte Elisabeth de

Shisong.

Une femme exceptionnelle, une vie remarquable

Dans son homélie, l’évêque de Kumbo George Nkuo a présenté Ya Tumi Catherine La’aka  comme «une grande dame, une fervente chrétienne dont les actes nous  ont montré le visage  de Jésus-Christ. Elle a aimé l’Eglise et Jésus Christ avec passion. Une femme de sagesse.  Nous célébrons sa vie. Elle était très  fière d’être catholique, fière de sa foi chrétienne.  L’Eglise lui rend hommage, l’honore par des funérailles chrétiennes, l’enterre dans la dignité. C’était son vœu d’être enterré à la cathédrale de Kumbo. C’est une femme exceptionnelle qui a mené une vie significative. Nous remercions le Seigneur  pour la vie remarquable de Ya Catherine Tumi La’aka.C’est la fin d’une époque. D’une excellente mémoire, elle racontait des choses avec des détails. Merci aux populations de Kikaikelaki de nous laisser l’enterrer à Kumbo», a souligné l’évêque de Kumbo.

Avant de préciser que  «c’est  une chrétienne pionnière  qui retourne à Dieu. Merci à Dieu pour cette maman qui  a vécu avec un charisme particulier. Merci à Dieu pour cette vie exceptionnelle. La mort n’est pas la fin de tout. C’est le début de la vraie vie, de la vie en plénitude», a déclaré  l’évêque de Kumbo. Le samedi 27 juin 2015, à  6h30, une messe célébrée  par  l’évêque  de Mamfe Andrew Nkea a eu lieu à la paroisse de Kikaikelaki. Le cardinal Tumi  avait choisi d’y prendre  part comme un simple fidèle. Il était assis, en prière, au fond de la salle. Il s’est levé pour aller prendre la communion et est retourné s’assoir là où il était assis. Le départ du cortège funèbre pour la cathédrale Sainte Thérèse de Kumbo a suivi à  8h30. Le cortège était encadré par la  police et la gendarmerie, sous le regard admiratif des populations massées le long du trajet. La levée de corps avait eu lieu à la morgue de l’hôpital catholique de Shisong le vendredi 26 juin 2015 à 15 h suivie à 16h de l’installation de la dépouille à la maison familiale à Waigoilum-kikaikelaki.

Remerciements

Une messe avec le corps s’était  déroulée  à la paroisse de Kikaikelaki. Une veillée jusqu’à l’aube avait clôturé  la  soirée du vendredi 26 juin2015 à la paroisse de Kikaikelaki. Le cardinal  Christian Tumi  a exprimé à tous ceux qui  ont fait le déplacement de Kikaikelaki et de Kumbo ses sincères remerciements. Ainsi qu’à toutes  les autorités civiles et militaires en général, et particulièrement les responsables administratifs, traditionnels, religieux et de la sécurité qui l’ont soutenu ou veillé au bon déroulement des obsèques et des funérailles de sa mère.

© La Nouvelle Expression : Edmond Kamguia K.



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Le pape a béni, mais non remis, le pallium aux nouveaux archevêques

Au cours de l’Angélus, il a fortement associé Marie à la fête des co-patrons de Rome.

Faire du neuf avec du vieux, selon l’adage biblique. C’est ce qu’a réalisé de manière discrète mais significative le pape François au cours de la fête des saints patrons de Rome, Pierre et Paul, ce 29 juin. D’abord à l’égard du pallium remis par tradition aux archevêques métropolitains nommés dans l’année. Ils étaient 46 cette fois à être destinataires de cet ornement de laine blanche d’agneau composé de deux bandes pendantes, qui symbolise la communion entre l’évêque de Rome et les archevêques à la tête d’une province ecclésiastique ayant autorité sur d’autres diocèses.

Nouvelle expression de synodalité

Mais, selon une innovation voulue par le pape François, ces palliums ne leur ont pas été imposés par ses mains. Au début de la célébration, qu’il a présidée dans la basilique Saint-Pierre au Vatican, les pièces de tissu ont été retirées de la crypte vaticane, près de la tombe du premier apôtre, où elles avaient été placées la veille, pour être portées jusqu’à l’évêque de Rome qui les a bénies.

L’imposition du pallium proprement dite sera ensuite effectuée par le nonce (représentant du pape dans chaque pays) au cours d’une cérémonie publique dans chacun des pays des archevêques métropolitains. Une manière d’y associer davantage les fidèles, selon ce changement annoncé au début de cette année, et d’exprimer davantage la synodalité dans l’Église.

Ainsi pour Mgr David Macaire, 45 ans, archevêque de Martinique depuis mars dernier et venu à la célébration romaine de ce 29 juin, cette cérémonie se déroulera à la cathédrale de Fort-de-France le dimanche 6 septembre avec le nonce aux Antilles, Mgr Nicolas Girasoli, en présence des évêques de Guadeloupe et de Cayenne. L’Église en France compte 15 archevêques métropolitains.

> Lire : Le pallium, symbole de l’union étroite des archevêques avec le pape

« Pas tant besoin de maîtres que de témoins courageux »

En participant à la messe à Rome présidée par le pape, les nouveaux archevêques métropolitains ont pu entendre son « rappel à la prière, à la foi et au témoignage », exprimé dans son homélie. « Enseignez la prière en priant, annoncez la foi en croyant, portez témoignage en vivant ! », a-t-il conclu son intervention lue in extenso.

« L’Église vous veut hommes de témoignage », leur a-t-il dit, citant de nouveau saint François d’Assise : « Prêchez toujours l’Évangile et si c’est nécessaire, aussi par les paroles ! ». « Il n’y a pas de témoignage sans une vie cohérente ! », a-t-il poursuivi : « Aujourd’hui, il n’y a pas tant besoin de maîtres que de témoins courageux, convaincus et convaincants. » Une manière implicite de définir sa propre mission d’évêque de Rome. « L’Église n’est pas l’Église des papes, des évêques, des prêtres et non plus des fidèles, elle est seule et seulement du Christ », a-t-il défini.

« Pour ceux qui sont le plus dans le besoin, soyez des anges et des messagers de la charité ! », a-t-il aussi demandé, invitant à être attentif aux anges que Dieu envoie dans les situations difficiles, en référence aux lectures de cette solennité.

« Marie, Pierre et Paul, nos compagnons de voyage »

Autre accent notable à ce 29 juin, le pape François a beaucoup souligné la place de Marie aux côtés des saints Pierre et Paul, lors de l’Angélus place Saint-Pierre. Il a notamment évoqué le rôle de la Mère du Christ auprès des apôtres avant la Pentecôte. La prière mariale du midi se prêtait à l’explication de ce rôle, sur lequel Jorge Bergoglio insiste depuis le début de son pontificat pour définir la place des femmes dans l’Église. « Marie, Pierre et Paul sont nos compagnons de voyage dans la recherche de Dieu », a-t-il résumé.

Selon la tradition, le patriarcat orthodoxe de Constantinople était représenté pour cette fête romaine. En sens inverse, l’Église catholique romaine est représentée pour la fête de saint André, apôtre cher aux orthodoxes.

L’archevêque attendu à Rome

V.M-P / A-M.T. Samedi 27 juin 2015

Monseigneur David Macaire quitte aujourd’hui la Martinique pour se rendre à Rome.

Lundi, à l’occasion de la fête des saints Pierre et Paul, il concélébrera avec les nouveaux archevêques venus du monde entier, la messe présidée par le pape François à la basilique Saint-Pierre. Messe au cours de laquelle, aura lieu le rite de bénédiction des palliums, ornement liturgique remis aux archevêques nommés au cours des 12 derniers mois. Du mot latin signifiant manteau, le pallium est une bande de tissu de laine blanche brodée de petites croix noires, portée autour du cou. Il symbolise la brebis égarée que le Bon Pasteur ramène au bercail sur ses épaules, ainsi que l’union étroite des archevêques avec le souverain pontife. « Le pallium représente la douceur, la tendresse tant pour les fidèles, les prêtres que pour la communauté religieuse » , souligne Monseigneur Macaire qui se dit heureux de rencontrer pour la première fois le Pape François.

Ce n’est que le dimanche 6 septembre, que l’archevêque portera le pallium pour la première fois lorsque le nonce apostolique de la Caraïbe, Mgr Nicola Girasoli le lui remettra sur les épaules.

La cérémonie se déroulera à la cathédrale de Fort-de-France, en présence de, Mgr Jean-Yves Riocreux, évêque de Basse-Terre et Mgr Emmanuel Lafont, évêque de Cayenne.

Rencontre privée avec le pape

Jusqu’à l’an dernier, c’est le pape qui imposait de ses mains le pallium sur les épaules des nouveaux archevêques. Le 12 janvier dernier, le pape François a décidé d’apporter une modification à cette tradition. Désormais, après avoir participé à Rome au rite de bénédiction, chaque nouvel archevêque recevra le pallium du souverain pontife de manière privée. Dans un deuxième temps, l’imposition se fera lors d’une cérémonie officielle dans la cathédrale de leur archidiocèse respectif, en présence des fidèles. Le pallium sera alors déposé sur les épaules de l’archevêque par le nonce apostolique. Par cette mesure, le pape François a souhaité montrer sa volonté de décentraliser l’Eglise.

L’archevêque de Luxembourg accueille chez lui deux Érythréens

L’archevêque de Luxembourg, Mgr Jean-Claude Hollerich a reçu lundi 22 juin dans son bureau deux demandeurs d’asile d’origine érythréenne, rapporte le site d’information L’Essentiel, citant un communiqué de l’Église catholique luxembourgeoise. Ils « sont logés pendant la durée de leur procédure en vue de l’obtention du statut de réfugié » dans les locaux de la maison épiscopale. Cette initiative personnelle de l’archevêque s’inscrit dans le cadre du nouveau projet diocésain « Reach a hand » (« Tendre la main »), qui sera présenté à la rentrée 2015, ajoute le communiqué. Mgr Ralf Meister, évêque de Hanovre (Allemagne), a pris une décision similaire il y a peu, en mettant à disposition des réfugiés deux chambres à coucher dans sa résidence principale, d’après L’Essentiel.

Les dirigeants européens réunis le 26 juin au sujet des migrants

Jeudi 26 juin, les dirigeants européens se réuniront à Bruxelles pour débattre de l’immigration alors que près de 300 demandeurs d’asile attendent dans la ville italienne de Vintimille, à la frontière avec la France.

À Milan, dimanche 21 juin, François Hollande s’est appliqué à déminer le terrain et à justifier l’attitude de la France, accusée par l’Italie de ne pas respecter les accords de Schengen en bloquant les migrants à Vintimille.

En France, suite à l’évacuation, mardi 2 juin, de centaines de migrants installés porte de la Chapelle à Paris, dans le XVIIIe arrondissement, la paroisse Saint-Bernard a adressé une lettre ouverte aux migrants qu’elle accompagne et soutient depuis cinq ans, après qu’ils ont été dispersés « faute d’une politique globale cohérente articulant l’action des pouvoirs publics et celle des associations ».

Et le mercredi 17 juin, le Conseil permanent des évêques de France a demandé aux catholiques et aux gouvernants de se mobiliser en faveur des migrants.

» Lire aussi : La paroisse Saint-Bernard de la Chapelle lance un message d’amitié aux migrants évacués

Louis Couppé, archevêque missionnaire et humaniste

Ils ont eu leur heure de gloire, mais le temps a peu à peu effacé leur nom des mémoires. La NR les extirpe du passé pour les remettre à la lumière.

Né en 1850 à Romorantin, c’est bien à Blois que Louis Couppé a passé la majeure partie de sa vie métropolitaine. A 10 ans, ce fils de serrurier entre au petit séminaire de Blois, puis au grand séminaire où il sort du rang et prend la tête de sa classe. Le garçon est aussi une force de la nature, quelque peu intrépide, ce qui lui vaut le surnom de « Bras de fer ». A chaque fin de trimestre, il regagne le domicile familial et, pour économiser les frais de transport, fait le trajet Blois – Romorantin à pied en compagnie d’un condisciple.

Une descendance bien connue à Blois

Ordonné prêtre à 24 ans, il manifeste très tôt le désir de devenir missionnaire afin de connaître une vie plus active et aventureuse. En 1880, il entre chez les missionnaires du Sacré-Cœur d’Issoudun (36) pour y suivre la formation souhaitée, mais, dès l’année suivante, suite à un mouvement anti-religieux, il part poursuivre sa formation en Hollande puis à Rome. En réponse à une demande papale, il se porte volontaire pour partir en Papouasie et embarque à Marseille le 22 octobre 1984. Méditerranée, canal de Suez, mer Rouge, océan Indien, le voyageur, qui est accompagné de trois « frères » bâtisseurs et de cinq « sœurs » infirmières, est contraint de s’arrêter pendant deux mois sur l’île de La Réunion pour cause de typhoïde.
Le 31 janvier 1985, il aborde enfin l’Australie, puis huit mois après, il rejoint un condisciple dans une petite île proche de la Papouasie qui lui servira de base pour de petites incursions dans la grande île où il se montre chaque fois un peu plus afin de mettre les habitants en confiance. Très vite, il se révèle comme un grand bâtisseur. Après la case précaire de ses débuts, il construit des bâtiments plus élaborés : un atelier de menuiserie (pour y fabriquer des bateaux), puis un orphelinat où garçons et filles sont instruits en vue de devenir eux-mêmes instituteurs, infirmiers et religieux. Soucieux de trouver des subsides pour couvrir les besoins de l’orphelinat,, il met en place une plantation de noix de coco. Bien que missionné pour porter la bonne parole, cet homme d’action et de cœur privilégie l’humanisme et l’instruction, ce qui n’est pas forcément du goût de sa congrégation. Grâce au matériel que lui fait parvenir son frère, les édifications se poursuivent : écoles, église, atelier de mécanique, imprimerie. De même que les plantations se développent : riz, ignames, arbre à caoutchouc. A travers cette propagation de savoirs intellectuels et pratiques, le missionnaire poursuit un objectif : procurer au peuple papou les moyens de prendre son indépendance. Nommé évêque en 1890 et archevêque en 1925, il décède l’année suivante, un demi-siècle avant que le pays ne devienne un état indépendant sous le nom de Papouasie-Nouvelle-Guinée. Si, à Romorantin, c’est une rue qui porte son nom, à Blois, ce sont ses arrière-petits-neveux qui l’ont popularisé : les frères Couppé, commerçants et entrepreneurs, n’ont pas, à leur façon, démérité de leur illustre aïeul. Et ce n’est peut-être pas par hasard que sur les sept garçons de la fratrie, six d’entre eux aient choisi la marine pour accomplir leur service militaire.

Cor. NR : Chantal Lané

Quelle Eglise après Léonard ?

Le pape François n’a pas attendu longtemps avant d’accepter la renonciation de Mgr Léonard à sa charge d’archevêque de Malines-Bruxelles. Le 1er juin, moins d’un mois après l’envoi de la lettre de démission du prélat ? ayant atteint la limite d’âge, 75 ans, pour diriger un diocèse ? ce que l’on subodorait se vérifiait : le mandat du prélat wallon, dont les déclarations sur les questions de société ont si souvent suscité la polémique, et qui s’est montré fort peu en phase avec la révolution bergoglienne, ne serait pas prolongé, même de quelques mois. “La procédure de nomination du futur archevêque suit son cours, sans calendrier formel”, indique Tommy Scholtes, porte-parole de la Conférence épiscopale de Belgique. En attendant la décision de Rome, Mgr Léonard continue d’assumer, ad interim, la fonction archiépiscopale.

Le nonce apostolique, Mgr Giacinto Berloco, doit dresser la “terna“, une liste de trois noms de personnalités religieuses qu’il juge, après consultation du terrain ? évêques, prêtres, laïcs… ?, les plus aptes à assumer la succession. Le représentant du Saint-Siège à Bruxelles envoie ensuite cette short list secrète à la Congrégation pour les évêques, organisme de la curie qui peut valider ou modifier l’ordre préférentiel du trio, voire sa composition. Retouchée ou non, la liste est alors remise au souverain pontife. “L’habitude veut que le pape en tienne compte, mais il reste libre de son choix”, remarque Scholtes.

Des “réformistes” comme favoris

Une fois encore, les responsables de la communication de l’Eglise de Belgique se refusent à tout pronostic sur les chances des candidats à la succession cités dans les cercles catholiques et les médias. Comme en 2009, année de supputations sur l’après-Danneels, le nom de l’évêque d’Anvers, Mgr Johan Bonny, circule beaucoup, surtout en Flandre. Le prélat, qui aura 60 ans ce 10 juillet, jouirait du soutien de son clergé et de la hiérarchie de l’Université catholique de Leuven. Ses interventions remarquées en faveur d’une réforme de la doctrine familiale de l’Eglise et son aisance médiatique lui valent une popularité qui dépasse largement les milieux chrétiens.

Son principal challenger est l’évêque de Bruges, Jozef De Kesel, 67 ans. Apprécié par le clergé et les fidèles au cours de ses huit années d’évêque auxiliaire de Bruxelles (2002-2010), ce prélat de consensus était un proche de l’archevêque Danneels, qui lui faisait une confiance totale. Homme d’ouverture, De Kesel a remis plus d’une fois en cause le célibat des prêtres et fait figure de réformiste modéré. Muté dans la Venise du Nord en juin 2010, il a hérité d’une situation délicate : son prédécesseur était l’évêque démissionnaire Roger Vangheluwe, auteur d’abus sexuels sur mineurs. Peu présent dans les médias, De Kesel y a été épinglé, fin 2014, pour sa réaction tardive et son manque de fermeté dans des affaires de prêtres déviants réhabilités.

La coutume veut qu’un archevêque néerlandophone succède à un francophone. Toutefois, Mgr Danneels ayant occupé la fonction pendant trente ans et Mgr Léonard pendant cinq ans seulement, il n’est pas exclu qu’un évêque du sud du pays soit choisi. Dans ce cas de figure, Mgr Jean-Pierre Delville, 64 ans, tient la corde. Son handicap : il n’est à la tête du diocèse de Liège que depuis deux ans. Ses atouts : c’est à la fois un brillant théologien et un prélat soucieux du sort des plus démunis. Proche de Sant’Egidio, communauté catholique engagée auprès des pauvres, il est tout à fait dans la ligne du pape François. Autre proche de Sant’Egidio cité comme successeur potentiel : Mgr Léon Lemmens, 61 ans, évêque auxiliaire pour le Brabant flamand depuis 2011, qui s’est investi dans le dialogue avec l’Eglise orthodoxe.

Le dossier dans Le Vif/L’Express de cette semaine. Avec :

– Bonny superstar

– Ce qui peut compliquer sa nomination

– Doit-on donc s’attendre à un virage radical au sein de l’Eglise belge au cours d’un mandat qui pourrait durer quinze ans ?

– 6 archevêques de choc de notre Histoire

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De nouveaux membres au Synode des évêques sur la famille

Le Saint-Siège a rendu publique, mardi 16 juin, une nouvelle liste de membres élus (et leurs substituts) dont le pape a ratifié l’élection en vue de la XIVe assemblée générale ordinaire du Synode des évêques qui se tiendra du 4 au 25 octobre au Vatican sur le thème de la mission de la famille dans l’Église et dans le monde.

Conférences épiscopales

AFRIQUE

Angola et Sao Tome : Mgr Emílio Sumbelelo, évêque d’Uíje (Angola) ; Mgr José de Queiros Alves, archevêque d’Huambo (Angola) (substitut).

Bénin : Mgr Eugène Cyrille Houndekon, évêque d’Abomey ; Mgr Antoine Sabi Bio, évêque de Natitingou (substitut).

Centrafrique : Mgr Cyr-Nestor Yapauda, évêque d’Alindao ; Mgr Dieudonné Nzapalainga, archevêque de Bangui (substitut).

Cameroun : Mgr Joseph Atanga, archevêque de Bertoua ; Mgr Samuel Kleda, archevêque de Douala ; Mgr Barthélémy Yaouda Hourgo, évêque de Yagoua (substitut) ; Mgr Andrew Nkea Fuanka, évêque de Mamfe (substitut)

Congo : Mgr Urbain Ngassongo, évêque de Gamboma ; Mgr Louis Portella Mbuyu, évêque de Kinkala (substitut)

Gabon : Mgr Mathieu Madega Lebouakehan, évêque de Mouila ; Mgr Jean-Vincent Ondo Eyene, évêque d’Oyem (substitut)

Gambie et Sierra Leone : Mgr Charles Allieu Matthew Campbell, évêque de Bo (Sierra Leone) ; Mgr Henry Aruna, évêque de Makeni (Sierra Leone) (substitut)

Malawi : Mgr Thomas Luke Msusa, archevêque de Blantyre ; Mgr Emmanuel Kanyama, évêque de Dedza (substitut)

Sénégal, Mauritanie, Cap Vert et Guinée-Bissau : Mgr. Benjamin Ndiaye, archevêque de Dakar (Sénégal) ; Mgr Paul-Abel Mamba, évêque de Ziguinchor (Sénégal) (substitut)

Tanzanie : Mgr Tarcisius J.M.Ngalalekumtwa, évêque d’Iringa ; Mgr Joseph Roman Mlola, évêque de Kigoma (substitut) ; Mgr John-Chrisostom Ndimbo, évêque de Mbinga (substitut)

Zambie : Mgr Benjamin Phiri, auxiliaire de Chipata ; Mgr Patrick Chisanga (substitut)

Océan Indien : Mgr Maurice Piat, évêque de Port-Louis (Maurice) ; Mgr Gilbert Aubry, évêque de Saint-Denis-de-La Réunion (substitut)

AMERIQUES

Brésil : Mgr Sérgio Da Rocha, archevêque de Brasília ; Mgr João Carlos Petrini, évêque de Camaçari ; Mgr Geraldo Lyrio Rocha, & rchevêque de Mariana ; le cardinal Odilo Pedro Scherer, archevêque de São Paulo ; Mgr João Bosco Barbosa de Sousa, évêque d’Osasco (substitut) ; Mgr Leonardo Ulrich Steier, auxiliaire de Brasília (substitut)

Canada : Mgr Paul-André Durocher, archevêque de Gatineau ; Mgr Noël Simard, évêque de Valleyfield ; le cardinal Thomas Christopher Collins, archevêque de Toronto ; Mgr Richard William Smith, archevêque d’Edmonton ; Mgr Lionel Gendron, évêque de Saint-Jean-Longueuil (substitut) ; Mgr John Michael Miller, archevêque de Vancouver (substitut)

Colombie : Mgr Pablo-Emiro Salas Anteliz, évêque d’Armenia ; le cardinal Rubén Salazar Gomez, archevêque de Bogotá ; Mgr Oscar Urbina Ortega, archevêque de Villavicencio ; Mgr Ricardo-Antonio Tobon Restropo, archevêque de Medellín (substitut)

Costa Rica : Mgr José Francisco Ulloas Rojas, évêque de Cartago ; Mgr Oscar Gerardo Fernandez Guillen, évêque de Puntarenas (substitut)

Porto Rico : Mgr Roberto Octavio Gonzales Nieves, archevêque de San Juan de Puerto Rico ; Mgr Alvaro Corrada Del Rio, évêque de Mayagüez (substitut)

République Dominicaine : Mgr Gregorio Nicanor Pena Rodriguez, évêque de Nuestra Señora de la Altagracia en Higüey ; Mgr Fausto Ramón Mejia Vallejo, évêque de San Francisco de Macorís (substitut)

Salvador : Mgr Constantino Barrera Morales, évêque de Sonsonate ; Mgr Fabio Reynaldo Colindres Abarca, Ordinaire militaire (substitut)

ASIE

Bangladesh : Mgr Paul Ponen Kubi, évêque de Mymensingh ; Mgr Sebastian Tudu, évêque de Dinajpur (substitut)

Corée : Mgr Peter Kang U-Il, évêque de Cheju ; Mgr Hyginus Kim Hee-Joong, archevêque de Gwangju (substitut)

Inde : le cardinal Oswald Gracias, archevêque de Bombay ; Mgr Filipe Neri António Sebastião Do Rosario Ferrao, archevêque de Goa et Damão ; Mgr Selvister Ponnumuthan, évêque de Punalur ; Mgr Dominic Jala, archevêque de Shillong ; Mgr Singaroyan Sebastian Appan, évêque de Salem (substitut)

Japon : Mgr Joseph Mitsuaki Takami, archevêque de Nagasaki ; Mgr. Dominic Ryōji Miyahara, évêque de Fukuoka (substitut)

Sri Lanka : Mgr Harold Anthony Perera, évêque de Kurunegala ; Mgr Norbert Marshall Andradi, évêque d’Anuradhapura (substitut)

EUROPE

Belgique : Mgr Johan Jozef Bonny, évêque d’Anvers ; Mgr Lucas Van Looy, évêque de Gand (substitut)

Bulgarie : Mgr Gheorghi Ivanov Jovcev, évêque de Sofia et Plovdiv, Mgr Christo Proykov, exarque apostolique de Sofia pour les fidèles de rite byzantino-slave de Bulgarie (substitut)

Hongrie : Mgr András Veres, évêque de Szombathely ; Mgr László BIRO, Ordinaire militaire (substitut)

Italie : le cardinal Angelo Bagnasco, archevêque de Gênes ; le cardinal Angelo Scola, archevêque de Milan ; Mgr Franco Giulio Brambilla, évêque de Novara ; Mgr Enrico Solmi, évêque de Parme ; Mgr Gennaro Pascarella, évêque de Pozzuoli (substitut) ; Mgr Luciano Monari, évêque de Brescia

Malte : Mgr Mario Grech, évêque de Gozo ; Mgr Charles Jude Scicluna, archevêque de Malte (substitut)

Pologne : Mgr Stanisław Gadecki, archevêque de Poznań ; Mgr Henryk Hoser, archevêque de Warszawa-Praga ; Mgr Jan Franciszek Watroba, évêque de Rzeszów ; Mgr Józef Michalik, archevêque de Przemyśl (substitut) ; Mgr Marek Jedraszewski, archevêque de Łódź (substitut)

Roumanie : Mgr Petru Gherghel, évêque de Iaşi ; Mgr Cornel Damian, auxiliaire de Bucarest (substitut)

Slovaquie : Mgr Stanislav Zvolensky, archevêque de Bratislava ; Mgr Jozef Hal’ko, auxiliaire de Bratislava (substitut)

Slovénie : Mgr Stane Zore, archevêque de Ljubljana ; Mgr Andrej Glavan, évêque de Novo Mesto (substitut)

Turquie : Mgr Lévon Boghos Zekiyan, archevêque arménien d’Istanbul ; Mgr Louis Pelatre, vicaire apostolique d’Istanbul (substitut)

Ukraine : Mgr Mieczysław Mokrzycki, archevêque de Lviv ; Mgr Radosław Zmitrowicz, auxiliaire de Kamyanets – Podilskyi (substitut)

OCEANIE

Pacifique : Mgr Peter Loy Chong, archevêque de Suva (Fidji) ; le cardinal Soane Patita Paini Mafi, évêque de Tonga (Tonga) (substitut)

ÉGLISES ORIENTALES sui iuris

Église maronite : Mgr Antoine Nabil Andari, auxiliaire de Joubbé, Sarba et Jounieh (Liban) ; Mgr Antoine Tarabay, évêque de Saint Maron of Sydney (Australie) ; Mgr Michel Aoun, évêque de Jbeil, Byblos (Liban) (substitut) ; Mgr Gregory John Mansour, évêque de Saint Maron of Brooklyn (États-Unis) (substitut)

UNION DES SUPERIEURS GENERAUX

Le P. Adolfo Nicholas, préposé général des Jésuites ; le P. Marco Tasca, ministre général des Frères mineurs conventuels ; le P. Mario Aldegani, supérieur général de la congrégation de Saint-Jospeh (Giuseppini del Murialdo) ; le P. Richard Kuuia Baawabr, supérieur général des Pères blancs ; le P. Bruno Cadoré, maître général des Dominicains ; le P. Jesús Diaz Alonso, supérieur général de la Sainte Famille ; le P. Michael Brehl, supérieur général des Rédemptoristes ; le P. Javier Alavarez-Ossorio, supérieur général de la Congrégation de Picpus ; Dom Jeremias Schroder, président de la congrégation bénédictine de Saint-Ottilia ; le Fr. Hervé Janson, prieur général des Frères de Charles de Foucauld ; le P. Edmund Jan Michalski, supérieur général des Missionnaires de la Sainte Famille (substitut) ; le P. Gregory Gay, supérieur général des Lazaristes (substitut)

Il s’agit de la troisième liste de représentants au synode sur la famille validée par le pape, après des nominations rendues publiques en février et mars.

Johan Bonny, père synodal avant de devenir archevêque?

Belgique

Le Service de presse du Vatican vient de l’annoncer: ce sera finalement Mgr Johan Bonny, l’actuel évêque d’Anvers qui représentera l’Eglise de Belgique au Synode sur la famille d’octobre prochain.

Même s’il peut paraître audacieux d’en tirer cette conséquence, cela confirme que l’évêque d’Anvers qui a osé se positionner courageusement l’automne dernier sur les divorcés remariés et la manière d’accueillir au sein de l’Eglise des couples de même sexe est bien placé aussi pour devenir le nouvel archevêque de Malines-Bruxelles. Pour le synode, il aura comme suppléant l’actuel évêque de Gand, Mgr Van Looy.

Un ancien ambassadeur du Vatican sera jugé pour agressions sexuelles

Vatican — Le Vatican traduira en procès pour agressions sexuelles et possession de pornographie juvénile son ancien nonce apostolique en République dominicaine.

Jozef Wesolowski est accusé d’avoir agressé de jeunes garçons dans ce pays et d’avoir stocké du matériel de pornographie juvénile sur son ordinateur portable. La première audience aura lieu le 11 juillet.

Le Sainte-Siège avait rappelé Wesolowski en 2013, quand des allégations ont fait surface à Santo Domingo selon lesquelles il aurait payé de jeunes garçons pour se masturber devant lui. Wesolowski a depuis été expulsé du clergé et assigné à résidence dans la Cité du Vatican, pendant que le tribunal pénal du Vatican décidait de loger ou non des accusations contre lui.

Le procureur du Vatican a demandé le dépôt d’accusations le 6 juin. Cette décision et la date du procès ont été annoncées lundi.

Par ailleurs, l’archevêque de la ville de St. Paul, au Minnesota, et un évêque adjoint ont démissionné lundi, après que des procureurs régionaux aient reproché au diocèse de ne pas avoir fait assez pour protéger les enfants d’un prêtre pédophile.

Le Vatican a indiqué que le pape François a accepté les démissions de l’archevêque John Nienstedt et de l’évêque auxiliaire Lee Anthony Piche. Tous deux se sont prévalus d’une clause du droit canon qui permet à des évêques de se retirer avant l’âge de la retraite, pour des raisons de santé ou s’ils ont commis une faute «grave» qui les empêche de continuer à servir.

Plus tôt ce mois-ci, des procureurs ont accusé le diocèse de St. Paul et Minneapolis, en tant que corporation, d’avoir fermé les yeux sur les agissements d’un prêtre qui a plus tard été reconnu coupable d’avoir agressé deux jeunes garçons. Curtis Wehmeyer purge actuellement une peine de cinq ans de prison et est accusé d’avoir agressé un troisième garçonnet.  

Abus sexuels dans l’Église: les évêques seront poursuivis pour passivité

Le pape autorise la création d’une nouvelle instance judiciaire au sein de la Congrégation pour la doctrine de la foi, un tribunal où seront jugés les évêques qui auraient couvert des abus sexuels commis par des prêtres dans leur diocèse.

Voilà ce qu’on peut lire sur le site du Vatican : “La Congrégation pour la doctrine de la foi s’occupe non seulement de toutes les affaires doctrinales, la théologies, etc., explique l’évêque de Tournai Guy Harpigny, mais il y a aussi l’aspect judiciaire pour les delicta graviora, c’est-à-dire les délits graves ou très graves, parmi lesquels les abus sexuels sur mineurs.

Ce tribunal poursuivra donc les évêques pour violation du droit canon, car les textes ecclésiastiques prévoient bien que les évêques peuvent sanctionner ces prêtres.

Une revendication de longue date des associations de victimes

Les associations d’anciennes victimes de prêtres pédophiles réclamaient depuis longtemps que l’Église reconnaisse comme un délit le fait que des évêques aient couvert les agissements des prêtres abuseurs. Car, si des textes canoniques prévoyaient que les évêques puissent sanctionner les prêtres (du blâme au retour à la vie civile), nombreux sont restés passifs, ou se contentant de transférer le prêtre d’une paroisse à une autre.

Selon les victimes, ils avaient donc une responsabilité à assumer dans ce qu’elles ont subi.

Parmi ces très nombreuses victimes, Joel Devillet, était enfant de chœur dans la province du Luxembourg en 87. Pendant quatre ans, il a été, selon ses propres termes, le jouet sexuel de l’abbé Hubermont. Devenu adulte, il s’était confié à celui qui était à l’époque évêque de Namur, l’actuel archevêque André Joseph Léonard.

Fin avril, Joel Devillet a obtenu la condamnation de l’archevêque devant la Cour d’appel de Liège. “Joel Devillet a envoyé le jugement au Vatican, explique son avocat Marc Kauten qui se montre satisfait de cette décision du pape.

André Joseph Léonard sera-t-il poursuivi par le nouveau tribunal ?

Marc Kauten voit un lien direct avec l’affaire de son client. “Monsieur Devillet va soumettre au tribunal ecclésiastique qui est créé son cas, en expliquant ce qui s’est passé, et voir si le tribunal estimera devra poursuivre ou non Monseigneur Léonard.

L’avocat voit d’ailleurs dans la création de ce tribunal une conséquence des différents jugements civils qui sont intervenus dernièrement en France et en Belgique. “Cela se situe dans le prolongement des dossiers civil et pénal – en France, Monseigneur Pican a été condamné pour non-assistance à personne en danger et, ici, Monseigneur Léonard a été condamné au civil pour avoir couvert des faits de pédophilie – et dans le prolongement du constat de l’ONU, qui en février 2014 a demandé au Vatican de révoquer les prêtres soupçonnés de pédophilie.”

Ce tribunal : “Un bon signal à l’attention des évêques”

“Ça me paraît une décision très importante, affirme le prêtre Gabriel Ringlet, qui est bien dans la ligne du pape François. Jamais on n’avait appelé un évêque à se justifier de la manière dont il avait traité un dossier, donc je pense qu’un pas de plus est franchi qui ne peut qu’apporter davantage de clarté sur ces questions douloureuses.”

Gabriel Ringlet précise que ce tribunal ne se substituera évidemment en rien à la justice civile. Il s’agira plutôt d’ajouter une sanction, dictée par l’Église cette fois.

L’évêque de Tournai Guy Harpigny se montre également positif. Il a suivi le dossier des abus dans l’Église de près en tant que référendaire commission interdiocésaine pour les abus sexuels au sein de la relation pastorale. “J’ai été à un congrès à Rome en février 2012 sur les abus sexuels dans l’Église, explique Guy Harpigny, et je me rendais compte que certains évêques… je ne sais pas s’ils ne voyaient pas la réalité, mais en tout cas, c’est comme si cela n’existait pas. Il y a des évêques qui ont fait semblant de rien, qui n’ont fait que déplacer les personnes. C’est contraire à tous les textes publiés à Rome depuis 1960.”

La création de cette instance judiciaire permettra non seulement de réparer des erreurs du passé, mais aussi d’envoyer un signal fort à l’attention des évêques qui souhaiteraient à l’avenir rester passifs dans ce type de situations : “Ça permettra de regarder si on a bien pris ses responsabilités et ça encourage les gens à prendre leurs responsabilités”.

O. Leherte