Monthly Archives: September 2015

Les évêques veulent contrer l'aide médicale à mourir

Farouchement opposée à la Loi sur les soins de fin de vie, l’Assemblée des évêques catholiques du Québec prépare un document pour guider les fidèles face à sa mise en oeuvre en décembre prochain, a appris La Presse. Ainsi, l’Église pourrait recommander la liberté de conscience pour le personnel soignant, ce qui pourrait être un frein à l’aide médicale à mourir.

La version préliminaire du document a été discutée hier au cours de la seconde plénière de l’année que l’Assemblée des évêques catholiques du Québec tenait à Trois-Rivières. Les balises aux catholiques seront rendues publiques tout juste avant que la loi n’entre en vigueur.

Pour l’archevêque de Montréal, Mgr Christian Lépine, il importe d’y aborder la liberté de conscience. Il se désole qu’un médecin qui refusera d’aider un mourant à mettre fin à ses jours soit obligé d’orienter cette personne vers un collègue qui accepte de le faire et qu’en plus, cela soit consigné dans son dossier.

«Je pense que ce n’est pas correct de ne pas soutenir et de ne pas encourager la liberté de conscience pour un individu et un établissement, soit une maison ou un service de soins palliatifs», a indiqué Mgr Lépine au cours d’une entrevue avec La Presse à laquelle participaient également le cardinal Cyprien Lacroix, archevêque de Québec et Mgr Paul Lortie, évêque de Mont-Laurier et président de l’Assemblée des évêques catholiques du Québec.

Les trois hommes d’Église ont tous plaidé pour un renforcement des soins palliatifs et ils recommanderont à la population d’y recourir. L’Église, qui gravite déjà autour des maisons de soins palliatifs (bénévolat, accompagnement), entend bien y accorder davantage de ressources.

Selon Mgr Lépine, il faut voir dans la décision unanime des maisons de soins palliatifs de ne pas offrir le service d’aide à mourir «une force pour la société». «Au bout du compte, la vie est plus grande que la loi», a-t-il souligné.

Au cours de l’entrevue, il a été impossible de savoir si une personne croyante qui demanderait l’aide médicale à mourir pourrait recevoir les derniers sacrements (onction des malades). «Il faut prendre le temps d’étudier de quelle façon ça peut se vivre», s’est borné à dire Mgr Lortie, qui précise toutefois que l’Église fera tout pour approfondir «la rencontre avec Dieu».

Crainte dans le public

Par ailleurs, le cardinal Lacroix s’est fait le relais de la crainte que le public lui aurait communiquée concernant les véritables objectifs de l’aide médicale à mourir.

«Pourrait-il y avoir d’autres raisons pour lesquelles on voudrait avoir une loi comme ça au Québec? Est-ce que la seule raison, c’est vraiment pour soulager les patients? Ou si, et c’est une crainte que j’entends aussi – bien entendu, je ne peux pas dire que c’est ça qui habite le gouvernement ni les personnes qui ont voté cette loi-là -, mais les gens disent: “Regardez la masse de monde au Québec qui arrive à l’âge de la mort, tous les baby-boomers. Savez-vous quel fardeau fiscal [cela représente] sur le plan médical?”», a-t-il lancé avant de poursuivre: «Ce n’est pas moi qui le dis. Ça court dans les rues. Les gens disent: “Ils ont hâte de se débarrasser de nous autres. On va coûter très cher à l’État. C’est bien plus facile si on ouvre [la porte] à l’euthanasie.”»

La Loi sur les soins de fin de vie a été sanctionnée en juin 2014. Il est prévu qu’elle entre en vigueur en décembre prochain.

L'évêque de Saint-Etienne sur le départ

Neuf années après avoir foulé les dalles de la cathédrale de Saint-Etienne avec ses sandales, Mgr Dominique Lebrun est nommé dans sa ville natale : Rouen, où il occupera la fonction d’archevêque. Grand amateur de football et supporter invétéré des Verts, ce qui lui a valu un office fêté dignement (voir le reportage qui suit), humoriste à ses heures, il s’est également fait connaître pour son ouverture d’esprit. Son engagement social était très apprécié dans le diocèse, il s’était notamment fait remarquer pour ses prises de position en faveur de l’accueil des Roms et des demandeurs d’asile. 
Il prendra ses nouvelles fonctions à Rouen le 11 octobre. Le nom de son successeur n’est, pour l’heure, pas connu.

Reportage de de Fatima Bouyablane :

Mgr Lebrun

Mgr Descubes, archevêque de Rouen : « Un chrétien a pour vocation de servir »

À la veille de remettre les clefs du diocèse de Rouen à Mgr Dominique Lebrun, dans quel état d’esprit êtes-vous ?

n « Bien sûr, c’est une page qui se tourne… Mais, en même temps, je m’y étais préparé : je sais que depuis le second concile du Vatican, les évêques de 75 ans n’ont plus la charge d’une église particulière. Ils demeurent cependant toujours membres du collège des évêques et c’est ce collège, dont l’évêque de Rome – le pape – assure la communion qui veille sur l’ensemble de l’Église. Je partagerai donc cette responsabilité et cela se traduira par un certain nombre de missions qui me seront confiées ».

À l’occasion de la messe d’action de grâce* que vous célébrerez ce samedi pour vos onze années de ministère à Rouen, quel message souhaitez-vous adresser aux fidèles ?

n « Je n’ai pas encore décidé ce que je vais leur dire exactement, mais la conviction qui m’habite est que l’Église – c’est-à-dire l’ensemble des hommes et des femmes qui témoignent de l’amour de Dieu – précède l’évêque. Celui-ci est chargé de veiller à ce qu’ils soient fidèles à cette vocation. L’important n’est donc pas qu’ils soient attachés à sa personne, mais qu’ils aient véritablement conscience que l’évêque est là pour les aider à être chrétiens parce que c’est à eux tous que l’évangile est confié. C’est le message que je me suis efforcé de faire passer et j’espère que j’y suis un peu arrivé… »

Et aux prêtres, aux diacres ?

n « Que l’on soit prêtre, que l’on soit diacre ou que l’on soit évêque, on est d’abord un chrétien qui a pour vocation de servir. Je veux leur témoigner ma reconnaissance pour ce service, mon amitié et ma fraternité ».

Quel souvenir vous est le plus cher ?

n « Il peut y avoir deux types de souvenir. Celui qui, probablement, restera le plus profondément ancré en moi est – je m’en rends compte alors qu’approche la fin de ma mission à Rouen et même s’il faut un certain temps pour que ça s’avoue – l’accueil et l’amitié des Rouennais. Ensuite, il est des souvenirs qui sont liés à des événements, comme le rassemblement du 20 octobre 2013 au Zénith où j’ai remis 6 000 bibles à des catholiques de tout le diocèse, de tous les âges et toutes les conditions. Ce qui m’a le plus touché est que, quelques semaines plus tard, des gens très simples m’ont dit : finalement, on a été dignes de recevoir la bible. Il y a également eu le synode et sa préparation, les deux Armadas, la consécration du nouvel autel de la cathédrale… »

Quel mouvement, quelle empreinte, avez-vous cherché à imprimer ?

n « J’ai choisi pour devise un verset d’une lettre de Saint-Paul : appelez à la liberté. Pour moi, qu’on soit homme ou femme, jeune ou adulte, senior, ce n’est pas entrer dans une organisation qui vous imposerait des règles auxquelles il faut se soumettre, mais c’est, parce qu’on se sait aimé de Dieu, appeler à être, vivant ou mort, des sujets devant la face de Dieu. Car je pense que ce qu’il attend de nous, est que l’on soit des personnes libres et responsables… »

Et solidaires, on l’a constaté il y a peu avec votre prise de position sur l’accueil des migrants…

n « Bien sûr ! On ne peut pas être soi-même, libre et responsable, sans relation avec les autres. Avec tous les autres sans exception car toute personne, même la plus pauvre, la plus précaire, a quelque chose à nous dire et il est important pour nous de l’entendre. On vit nécessairement dans un cercle restreint et si on ne s’en sort pas, on tourne en rond, on ne sait pas ».

Qu’est-ce qui vous inquiète aujourd’hui ?

n « J’ai terminé mes études supérieures en 1968 et je suis forcément marqué par cette époque… Il me semble que l’une des richesses de notre génération est d’avoir mis l’accent sur la liberté, la responsabilité, l’autonomie de chacun. Mais je vois bien aujourd’hui que, par besoin de repère, de sécurité, la tentation peut être grande de se replier à l’intérieur de l’Église alors que celle-ci a vocation à servir le monde. Je reconnais qu’il est important d’avoir des repères, mais ceux-ci ne doivent pas nous enfermer ».

Qu’est-ce qui vous paraît porteur d’espoir ?

n « C’est de voir que les jeunes ne manquent pas d’initiatives. Moi, je suis assez admiratif devant toutes les formes de volontariat, de bénévolat, que l’on soit capable de donner une partie de sa vie au service d’une grande cause ».

Quel doit être l’engagement, le ou les combats de l’Église aujourd’hui ?

n « L’Église a à annoncer l’évangile, un message de vie, de liberté, d’amour… Mais on ne peut pas porter ce message s’il n’est pas accompagné d’une vie qui lui soit conforme. Il est donc important que les chrétiens s’engagent pour transformer le monde, afin d’en placer l’homme au centre. Cela signifie que si la finance est nécessaire pour faire tourner l’économie et permettre que le travail soit accessible à tous, elle ne doit pas vivre repliée sur elle-même et ne songer qu’à produire toujours plus d’argent. Son objectif devrait être de donner des moyens aux entreprises pour recruter. C’est vrai aussi sur le plan politique : il n’y aura pas de vie sociale, humaine et pacifique, si une partie de la population se sent exclue ».

C’est un message que vous avez pu transmettre aux milieux économiques, politiques. Avez-vous le sentiment d’avoir été entendu, écouté ?

n « Je crois qu’on est écoutés et j’en ai la preuve. Après, que ce soit suivi d’effet, c’est une autre histoire… Mais notre devoir est d’adopter une dimension critique, d’être un peu un aiguillon, un éveilleur… »

De quelle façon continuerez-vous à vous impliquer dans la vie de l’Église ?

n « Comme je vous l’ai dit, à 75 ans, on n’est plus responsable d’une église particulière mais, et j’en suis d’ailleurs très reconnaissant aux évêques qui ont suggéré mon nom, j’ai pris la présidence de la fondation Jean Rodin. Celui-ci avait organisé pendant la Seconde Guerre mondiale ce que l’on appelait alors le Secours national d’aide aux prisonniers. Après la guerre, il a fondé le Secours catholique. Parallèlement, sa fondation finance l’enseignement de la charité et de la solidarité dans les cinq facultés de théologie françaises, et travaille à la mise en relation des groupes de parole des personnes précaires ».

Vous vous retirez à Rouen ?

n « Oui. C’est une ville que j’aime beaucoup. Et comme je l’ai dit parfois en riant, les Normands sont peut-être des descendants des Vikings, mais ce ne sont pas des sauvages ! »

Propos recueillis par Franck Boitelle

f.boitelle@presse-normande.com

n (*) – Messe ce samedi, à 10 h 30, en la cathédrale de Rouen

La gifle de Mgr Léonard au cardinal Danneels

Belgique

Mardi soir, il brillait déjà par son absence à la basilique de Koekelberg lors du lancement de la biographie du cardinal Danneels par les Editions Polis mais les milieux proches de l’archevêché nous assuraient que Mgr Léonard serait bien évidemment présent mercredi matin à la présentation qui en serait faite au palais archiépiscopal de Malines.

Seulement voilà, alors que la plupart des évêques belges en exercice ou retraités avaient franchi le seuil du Wollemarkt tout comme Mgr Ad van Luyn, l’ancien président de la Comece, entendez : la Commission des Episcopats de la Communauté européenne, par ailleurs évêque émérite de Rotterdam, l’on ne vit jamais apparaître l’actuel “locataire” de la résidence, André-Joseph Léonard.

Et pour cause : le toujours archevêque de Malines-Bruxelles avait quitté Malines. La raison invoquée et relayée à ses collègues n’était même pas diplomatique: “Je dois m’occuper de mon installation à Marche-les-Dames.”

De fait, on sait que celui dont, élément non négligeable dans ce contexte, le successeur pourrait être connu prochainement – on n’exclut pas que ça se passe pendant le synode qui se tiendra à Rome du 4 au 25 octobre mais il ne serait installé que plus tard… – vient de terminer lundi dernier son déménagement dans l’ancienne abbaye de Marche-les-Dames.

L’archevêque l’est bel et bien toujours mais l’aile qu’il occupait à Malines est en pleine rénovation. Et n’est plus habitable. C’est pourquoi il a précipité son départ de Malines. Il y résidera désormais trois jours par semaine en bord de Meuse aux côtés de ses amis de la Fraternité des Saints Apôtres alors que le reste du temps où il sera toujours en fonction comme primat de Belgique, il vivra à Cureghem dans ses appartements bruxellois.

Cela a jasé entre prélats

Inutile de préciser que cela a jasé entre prélats à Malines. Qui ont plutôt l’impression qu’André-Joseph Léonard a voulu de la sorte manifester une dernière fois qu’il n’a jamais été sur la même longueur d’ondes que Godfried Danneels. Reste que cette attitude qualifiée de “peu catholique” par les invités était quelque peu prévisible depuis que, l’an dernier, Mgr Léonard n’avait pas été fait cardinal par le pape François. Comme ce n’est plus un secret de sacristie que l’actuel évêque de Rome est proche du cardinal belge, et inversement, l’archevêque sortant a dû penser que son prédécesseur était dans le coup dans sa non-désignation.

Cela dit, les inimitiés entre les deux prélats ne datent pas d’il y a quelques mois : la biographie de Jürgen Mettepenningen et de Karim Schelkens montre bien que les visions d’Eglise de Danneels et de Léonard n’ont jamais été très compatibles. C’est un euphémisme…

À Calais, les évêques des deux côtés de la Manche appellent à la générosité pour les réfugiés

Les évêques catholiques des deux côtés de la Manche se sont joints samedi 19 septembre à « Refugees Welcome », un rassemblement de 2000 personnes de toute l’Europe venus manifester leur soutien aux réfugiés de la « jungle » de la plus grande ville du Pas-de-Calais.

Mgr Peter Smith, archevêque de Southwark et vice-président des évêques catholiques anglais, Mgr Jean-Paul Jaeger, évêque d’Arras, et le Dr Trevor Willmott, évêque anglican de Douvres (en charge du Kent pour l’archevêque de Cantorbéry) ont visité ensemble la jungle où des milliers de migrants attendent de passer clandestinement en Grande-Bretagne.

À lire > Dr Trevor Willmott : les migrants ne sont pas d’abord « un problème », mais des êtres humains

« C’est vraiment triste. Les gens vivent ici dans de très mauvaises conditions », a commenté Mgr Smith à l’agence catholique anglaise ICN. Il a confié espérer que les responsables politiques locaux et nationaux des deux côtés de la Manche augmentent leurs efforts pour aider les réfugiés.

« Créer un climat d’accueil pour les étrangers »

Les trois évêques ont en outre signé une déclaration commune « répétant nos appels à répondre à la crise en montrant de la générosité à ceux qui sont exilés de leur patrie ». « Ces hommes, femmes et enfants vulnérables partagent notre humanité commune et tout le monde peut les aider à vivre dans la dignité », affirment les évêques.

« Nous tenons à contredire les mythes qui conduisent à la peur et aux préjugés et à inciter nos politiciens à envisager de nouvelles politiques qui vont au-delà de la simple fermeture des frontières et l’emploi d’un nombre accru de personnel de sécurité. »

« 

Nous nous engageons à travailler ensemble pour encourager les habitants à créer un climat d’accueil pour les étrangers et nous espérons que nous serons rejoints en cela par tous ceux qui se rassemblent dans des lieux de culte le long des frontières des nations européennes », concluent les évêques.

Les évêques canadiens veulent un débat sur l’aide médicale à mourir

mourir-digniteMourir dans la dignité

La Conférence des évêques catholiques du Canada appelle les candidats dans l’actuelle campagne électorale fédérale à débattre du droit à mourir dans la dignité. Et ils réclament l’instauration d’un système de soins palliatifs de qualité partout au pays.

Un texte d’Anne Marie LecomteTwitterCourriel

Dans une déclaration rendue publique vendredi, les évêques du pays expriment leur « indignation » et leur « plein désaccord » avec la décision rendue unanimement en février dernier par la Cour suprême du Canada.

« Nous ne pouvons taire notre profonde consternation et déception devant la décision ce la Cour suprême du Canada de créer un nouveau ”droit constitutionnel” au Canada, le prétendu ”droit au suicide”. » — Extrait de la déclaration de la Conférence des évêques catholiques du Canada

Le plus haut tribunal du pays avait alors invalidé l’article du Code criminel qui interdit à un médecin d’aider quelqu’un à s’enlever la vie dans des circonstances bien précises. La Cour donne un an aux gouvernements fédéral et provinciaux pour réécrire leur loi à cet égard.

« S’il y a un moment pour avoir un débat, c’est bien maintenant, durant une campagne électorale », déclare le président sortant de la Conférence des évêques du Canada et archevêque de Gatineau, Mgr Paul-André Durocher. Or, s’étonne ce dernier, sur cette question qui traite littéralement de vie et de mort, c’est silence radio du côté des candidats fédéraux. 

« Qu’est-ce qui se passe? Est-ce qu’on a peur? […] Ces peurs empêchent le débat. C’est pas normal qu’on ne puisse pas débattre de ces questions-là durant une campagne électorale. Les candidats ont-ils eu des signaux de leur chef comme quoi c’est un sujet tabou? » — Mgr Paul-André Durocher, archevêque de Gatineau

Des cas de conscience, notamment pour les médecins

Pour les évêques canadiens, il importe que les candidats se prononcent non seulement sur la décision du plus haut tribunal du pays, mais aussi sur la liberté de conscience des médecins qui seront appelés à intervenir dans ces situations délicates et controversées, sur le plan éthique.

En entrevue avec Radio-Canada, Mgr Durocher rappelle que les évêques envisagent la question sous l’angle du bien et du mal. « Alors que de nos jours, on juge plus cette question sous l’angle de l’autonomie », dit-il.

« Ce que nous disons, c’est que dans l’histoire de l’humanité, on a toujours jugé ça mal de mettre fin à la vie d’une personne innocente, affirme Mgr Durocher. Or, il y a un respect à porter à la vie elle-même. Et dans ce sens-là, tuer, sauf dans le cas de légitime défense, n’est pas acceptable. »

Le suicide et l’euthanasie

« Quand une personne en santé nous dit qu’elle veut s’enlever la vie, notre première réaction est de dire : “Ben non! Il n’en est pas question!” On a des associations et des campagnes pour prévenir le suicide. Mais là, parce que la personne est âgée ou en douleur on lui dirait : “Mais oui, vas-y”. Pour nous, il y a une inconsistance. » — Mgr Paul-André Durocher, archevêque de Gatineau

L’archevêque de Gatineau explique qu’il y a un risque que ce droit à mourir que confère la Cour suprême ne crée des attentes dangereuses. Autrement dit, qu’il y ait des abus : « Les familles vont-elles commencer à attendre “ça” de leurs parents âgés? Les aidants naturels vont-ils s’attendre à “ça” face à de grands malades qu’ils accompagnent? Ça ouvre une porte ».

« Au Québec en particulier on nous assure continuellement que cette loi-là sera très restreinte et que tous seront bien protégés. Mais en Belgique, on commence à étudier la possibilité d’euthanasier des enfants handicapés. On est rendus dans un autre monde et cela nous fait peur. Et pas seulement nous : des groupes de personnes qui luttent pour les droits des personnes handicapés ont peur aussi. » — Mgr Paul-André Durocher, archevêque de Gatineau

De l’importance des soins palliatifs de qualité

La Conférence des évêques catholiques du Canada dénonce que les soins palliatifs ne soient pas accessibles à tous, partout au pays.

Mgr Durocher cite en exemple les régions où il a été appelé à travailler. Il a fallu des années, dit-il, pour que Cornwall se dote d’un centre de soins palliatifs, grâce à l’implication bénévole de médecins et à la générosité d’une église qui a fait don d’un terrain.

À Gatineau, décrit-il encore, le centre de soins palliatifs Mathieu-Fernand Savoie est en campagne de financement continuelle et nécessite des centaines de bénévoles pour fonctionner. Et dans le coin de Montebello, ces services-là ne sont pas accessibles. Des comités de citoyens cherchent un lieu, de l’argent. « De petits groupes communautaires tiennent ces projets-là à bout de bras ».

« C’est clair que lorsque les services en soins palliatifs ne sont pas accessibles, les gens sont portés à dire, devant le manque d’alternatives : “Je suis aussi bien de mettre fin à ma vie”. Derrière cette question-là, y a-t-il des motifs économiques? On ne veut pas prêter de mauvaises intentions aux personnes qui ont à gérer ces dossiers-là. Mais on pose les questions. » — Mgr Paul-André Durocher, archevêque de Gatineau

Encore du chemin à faire

De l’avis de la Conférence des évêques catholiques du Canada, il y a encore du chemin à faire en matière de recherche pour parvenir à mieux contrôler la douleur des grands malades en fin de vie. Et il faut sans relâche accompagner ces derniers : « C’est une question de fraternité », dit l’archevêque de Gatineau.

À lire aussi :

Mgr Crosby élu président de la Conférence épicopale canadienne

(RV) Réunis en Assemblée plénière à Ottawa du 14 au 18 septembre prochain, les évêques canadiens ont renouvelé le bureau de la conférence épiscopale. L’évêque de Hamilton Mgr Douglas Crosby, O.M.I. a été élu président, succédant à ce poste à Mgr Paul-André Durocher, l’archevêque de Gatineau, qui termine un mandat de deux ans.

Né en 1948 en Ontario, Mgr Crosby a été ordonné prêtre au sein de la Congrégation des Oblats de Marie-Immaculée en 1975. Après avoir occupé le poste de Secrétaire général de la Conférence des évêques catholiques du Canada (CECC) de 1996 à 1997, il a été nommé évêque de Labrador City-Schefferville en 1998. En 2007, il a été nommé évêque du nouveau diocèse de Corner Brook et Labrador, et en 2010, évêque de Hamilton. Mgr Crosby est vice-président de la CECC depuis 2013.

Le prochain vice-président a lui aussi été désigné. Il s’agit de Mgr Lionel Gendron, l’évêque de Saint-Jean-Longueuil. Né au Nouveau-Brunswick en 1944,  il a été ordonné prêtre en 1969, avant de rejoindre les Prêtres de Saint-Sulpice en 1970. En 1994, il a été élu Supérieur de la province canadienne sulpicienne, poste qu’il a occupé jusqu’à sa nomination comme évêque auxiliaire à Montréal en 2006. Mgr Gendron a été nommé évêque de Saint-Jean-Longueuil le 28 octobre 2010. Au sein de la CECC, il a effectué deux mandats à titre de cotrésorier du Secteur français.

Six Canadiens au prochain Synode sur la famille

Lors de cette deuxième journée d’Assemblée plénière, les évêques ont salué la nomination du cardinal Gérald Lacroix à la 14e Assemblée générale ordinaire du Synode des évêques sur la vocation et la mission de la famille dans l’Eglise et le monde. Le Pape souhaite que l’archevêque de Québec y prenne part, aux côtés de quatre autres prélats canadiens, élu par la CECC.  Le Saint-Père a également  nommé, auditrice au Synode, Moira McQueen, la directrice générale de l’Institut canadien catholique de bioéthique, de Toronto.

Les évêques ont échangé sur le Concile Vatican II, sur les défis de l’Eglise dans le nord du pays. Ils ont également accueilli Son Éminence le métropolitain Yurij. L’archevêque orthodoxe ukrainien de Winnipeg et primat de l’Église orthodoxe ukrainienne du Canada a adressé des salutations œcuméniques, partagé ses réflexions sur les relations orthodoxes-catholiques et sur la situation en Ukraine.

16/09/2015 19:04

Avis aux médias – Tous les évêques catholiques du Canada seront à l’Oratoire Saint-Joseph pour …

MONTRÉAL, le 16 sept. 2015 /CNW Telbec/ – Dans le cadre des célébrations de l’Année de la vie consacrée, la Conférence des évêques catholiques du Canada (CECC) et la Conférence religieuse canadienne (CRC) accueilleront des centaines de religieux et religieuses, des membres des nouvelles communautés ecclésiales et d’instituts séculiers, de même que des représentantes des vierges consacrées, ensemble avec le clergé et les catholiques intéressés, à une messe spéciale, le 17 septembre 2015, à 10 h 30, à l’Oratoire Saint-Joseph du Mont-Royal. Mgr Paul-André Durocher, archevêque de Gatineau et président de la CECC, présidera la messe à laquelle tous les évêques catholiques du Canada seront également présents. Le Père Eugene King, O.M.I., prononcera l’homélie. Cette célébration aura lieu pendant l’Assemblée annuelle des évêques du Canada qui se déroule actuellement à Cornwall, en Ontario, du 14 au 18 septembre.

Il y a au Canada, selon les plus récentes statistiques, près de 14 000 religieuses, plus de 2 500 religieux prêtres et plus de 1 000 frères. Annoncée en novembre 2013 par le pape François, l’Année mondiale de la vie consacrée a débuté le 29 novembre 2014 et elle se terminera à la Journée mondiale de la vie consacrée, le 2 février 2016.

Avant ou après la célébration, il sera possible de réaliser des entrevues avec des religieux et religieuses, de même qu’avec les porte-paroles officiels de la CECC et de la CRC. Pour la CRC, il s’agit de la présidente, Sœur Rita Larivée, s.s.a., et du directeur général, le Père Timothy Scott, C.S.B. Les porte-paroles de la CECC sont Mgr Paul-André Durocher, archevêque de Gatineau et président de la CECC, Mgr Pierre Morissette, évêque de Saint-Jérôme et président du Comité ad hoc pour l’Année de la vie consacrée et qui est également un ancien président de la CECC, et Mgr Richard Smith, archevêque d’Edmonton et membre du Comité ad hoc, de même que l’ancien président de la CECC. Les deux représentants de la CRC et de la CECC seront disponibles pour des entrevues.

 

SOURCE Archevêché de Montréal

Renseignements : S. Louise Stafford, Conférence religieuse canadienne, Tél.: (514) 259-0856 /109, Mobile : (514) 606-0856; René Laprise, d.p., Conférence des évêques catholiques du Canada, 613-241-9461, poste 225, Mobile : 613-323-0895; Danielle Decelles, Oratoire Saint-Joseph du Mont-Royal, 514 264 1764; Lucie Martineau, Diocèse de Montréal, 514 925 4304

LIENS CONNEXES
www.diocesemontreal.org

Une nouvelle présidence pour les évêques canadiens

À l’occasion de leur Assemblée plénière, qui se tient jusqu’au 18 septembre à Cornwall (Ontario, est du Canada), les évêques canadiens ont désigné, mardi 15 septembre, Mgr Douglas Crosby, 66 ans, comme nouveau président.

À la tête de la Conférence des évêques catholiques du Canada (CECC), l’évêque de Hamilton (Ontario) succédera à l’archevêque de Gatineau, Mgr Paul-André Durocher, qui terminera son mandat de deux ans comme président à la fin de cette Assemblée plénière.

Né à Marathon (Ontario) en 1949, Mgr Crosby a été ordonné prêtre en 1975 pour les Oblats de Marie-Immaculée en 1975. Après avoir été secrétaire général de la CECC (1996-1997), il est devenu, en 1998, évêque de Labrador City-Schefferville (Terre-Neuve et Labrador, est) puis, en 2007, Corner Brook et Labrador. Évêque de Hamilton en 2010, Mgr Crosby était vice-président de la CECC depuis 2013.

Pour lui succéder comme vice-président, les évêques de la CECC ont désigné Mgr Lionel Gendron, 71 ans, évêque de Saint-Jean-Longueuil (Québec).

Né en 1944 à Saint-Quentin (Nouveau-Brunswick, est), Mgr Gendron a étudié au grand séminaire de Montréal. Ordonné prêtre en 1969, il a rejoint l’année suivante la Compagnie des prêtres de Saint-Sulpice dont il a été élu supérieur de la province canadienne en 1994. Évêque auxiliaire de Montréal en 2006, il est devenu évêque de Saint-Jean-Longueuil en 2010. Il était trésorier du secteur francophone de la CECC depuis 2011.

Le nouveau bureau de la CECC comprendra également deux trésoriers : l’archevêque de Sherbrooke, Mgr Luc Cyr, pour le secteur francophone, et l’archevêque de Halifax-Yarmouth (Nouvelle-Écosse, est), Mgr Anthony Mancini, pour le secteur anglophone.

Mgr Macaire a reçu le pallium

Mgr Macaire a reçu le pallium