Monthly Archives: October 2015

Salvador : l'évêque Romero lapidé et diffamé par certains évêques

Salvador : l’évêque Romero lapidé et diffamé par certains évêques


Cité du Vatican – L’archevêque de San Salvador, Mgr Oscar Romero, assassiné en 1980, a été diffamé, traîné dans la boue, lapidé par certains évêques et des prêtres, avant et après sa mort, a déclaré vendredi le pape François.

L’archevêque, béatifié en mai dernier et qui pourrait être canonisé assez rapidement, avait été assassiné par balle en 1980 par un membre d’un commando d’extrême droite parce qu’il défendait les paysans pauvres expulsés de leurs terres.

Le pape argentin, qui a exprimé à plusieurs reprises sa proximité avec ce prélat plutôt conservateur mais qui défendait les plus pauvres, a très vivement attaqué, en recevant une délégation de l’Eglise du Salvador, ceux qui dans l’Eglise l’ont diffamé.

Improvisant à la fin de son discours, Jorge Bergoglio a estimé que le martyre de Mgr Romero ne fut pas seulement au moment de sa mort : il avait commencé avant, avec les souffrances subies du fait des persécutions ayant précédé sa mort.

Son martyre a continué aussi postérieurement, parce qu’il ne suffisait pas qu’il soit mort : il a été diffamé, calomnié, traîné dans la boue. Son martyre a aussi continué de la main de ses frères dans le sacerdoce et dans l’épiscopat, a estimé le pape.

Seul Dieu connaît l’histoire de la personne. Et il voit qu’ils la lapident avec la pierre la plus dure qui ait jamais existé : la langue, a martelé le pape François.

L’archevêque des pauvres, qui n’avait pas hésité à s’en prendre à l’oligarchie des grands propriétaires terriens de son pays, avait été béatifié trente-cinq ans après sa mort. Il avait été accusé par certains prélats latino-américains d’être un déséquilibré, un marxiste, un homme manipulé par les théologiens de la libération qui lui écrivaient ses discours incendiaires.

Son procès de béatification, qui a duré un total de 19 années, a longtemps été bloqué au Vatican. C’est l’avènement de François, premier pape latino-américain, qui a accéléré les choses et donné le feu vert à sa béatification.

Oscar Romero est devenu le symbole en Amérique Latine d’une Eglise comme la veut le pape François : ferme sur la doctrine et engagée en faveur des déshérités. Nul doute que le pape souhaiterait sa canonisation assez rapide.

Le commentaire particulièrement cinglant du pape s’inscrit dans une période tendue au sein de la hiérarchie de l’Eglise, François étant critiqué par les plus conservateurs pour son ouverture vis-à-vis de ceux qui ne sont pas en règle.

(©AFP / 30 octobre 2015 16h41)


Les dernières news

Salvador. L'évêque béatifié Romero, “diffamé” selon le pape

L’archevêque, béatifié au printemps et qui pourrait être canonisé assez rapidement, avait été assassiné en 1980 par un commando d’extrême droite parce qu’il défendait les paysans pauvres expulsés de leurs terres.

Le pape argentin, qui a exprimé à plusieurs reprises sa proximité pour ce prélat plutôt conservateur mais qui défendait les plus pauvres, a attaqué très vivement, en recevant une délégation de l’Église du Salvador, ceux qui dans l’Église l’ont diffamé.

Improvisant à la fin de son discours, Jorge Bergoglio a estimé que « le martyre de Mgr Romero ne fut pas seulement au moment de sa mort : il avait commencé avant, il avait commencé avec les souffrances subies du fait des persécutions précédant sa mort. Son martyre a continué aussi postérieurement, parce qu’il ne suffisait pas qu’il soit mort : il a été diffamé, calomnié, traîné dans la boue. Son martyre a aussi continué de la main de ses frères dans le sacerdoce et dans l’épiscopat ».

« Seul Dieu connaît l’histoire de la personne. Et il voit qu’ils la lapident avec la pierre la plus dure qui ait jamais existé : la langue », a martelé le pape François.

Les migrants, le Synode sur la famille et la COP 21 au menu des évêques à Lourdes

Deux mois après l’appel du pape François lancé à toutes les paroisses d’Europe pour accueillir des réfugiés, la question des migrants sera l’un des principaux sujets abordés par les évêques qui se retrouvent à Lourdes du 3 au 8 novembre pour leur Assemblée plénière d’automne.

Pas de migrants à accueillir

« 95 % des diocèses ont mis en place une organisation spécifique en ce sens mais pour l’instant elle est en panne, faute de migrants à accueillir car notre pays n’est pas attractif pour eux », a indiqué Mgr Olivier Ribadeau-Dumas, secrétaire général et porte-parole de la Conférence des évêques de France (CEF), lors d’une présentation à la presse du programme de l’Assemblée plénière, jeudi 29 octobre, au siège de la CEF à Paris.

Les évêques aborderont l’accueil des migrants, jeudi 5 novembre au matin au cours d’une séance ponctuée par deux interventions destinées à les aider dans leur réflexion. L’épiscopat français a convié le cardinal Francesco Montenegro, archevêque d’Agrigente, à évoquer le sort des migrants qui arrivent sur l’île de Lampedusa située dans son diocèse. Mgr Jean-Paul Jaeger, évêque d’Arras, fera le point, pour sa part, sur la situation à Calais, important carrefour migratoire.

Échanges autour du Synode

Le Synode sur la famille qui s’est tenu à Rome du 4 au 25 octobre et auquel participaient cinq évêques français (1) constitue l’autre sujet d’importance au programme des évêques français -venus de tous les diocèses de métropole et d’Outremer. Ils en discuteront le mercredi 4 novembre au matin mais les échanges ne devraient pas manquer de se poursuivre en marge des travaux. « Les évêques vont écouter leurs collègues qui ont participé aux travaux et tous vont réfléchir à la manière de faire connaître le texte du rapport final aux communautés chrétiennes », a estimé Mgr Ribadeau-Dumas.

Comme chaque année, le programme de l’Assemblée plénière -qui s’ouvrira par le discours de Mgr Georges Pontier, président de la CEF, mardi 3 novembre à 8 h 50 – fera alterner thèmes de société et dossiers relatifs à la vie de l’Église. Outre les migrants, la prochaine Cop 21, qui s’ouvrira en décembre figure parmi les sujets d’actualité dont s’entretiendront les évêques.

Alors que l’Année de la vie consacrée ne s’achèvera que le 2 février 2016, les diocèses s’engageront, le 8 décembre, dans l’Année de la vie miséricorde, voulue par le pape François.

Après la vie consacrée, la miséricorde

Mgr Ribadeau-Dumas a réfuté l’idée que cette succession d’échéances constitue une surcharge pour les communautés chrétiennes. « Nous ne sommes pas dans l’ordre de l’événementiel, a-t-il plaidé. Ces différentes « années » permettent de lancer une dynamique en mettant l’accent sur une dimension particulière. Il n’existe pas de cahier des charges, chaque diocèse est libre d’y répondre. » Les évêques de Marseille, Amiens et Tarbes et Lourdes viendront ainsi exposer devant leurs pairs comment cette année de la miséricorde sera mise en œuvre dans leurs diocèses respectifs.

Parmi les dossiers déjà étudiés lors de précédentes assemblées, la pédophilie dans l’Église, les prêtres « venus d’ailleurs » et la place des femmes dans la gouvernance des diocèses et des paroisses feront l’objet de nouvelles séances de travail.

Le Pape nomme deux nouveaux archevêques à Palerme et à Bologne

(RV) Il s’agit des nominations les plus importantes dans l’épiscopat italien depuis le début du pontificat de François, en mars 2013. Le Saint-Père a nommé ce mardi 27 octobre deux nouveaux archevêques à Palerme et à Bologne, deux sièges occupés jusqu’à présent par des cardinaux.

Pour les évêques, le projet de rapport final est « équilibré »

Une large majorité se retrouve dans ce texte « équilibré ».

Alors que le rapport intermédiaire du synode sur la famille, l’an dernier, avait suscité les critiques de pères synodaux estimant qu’il ne reflétait pas la teneur de leurs débats, les évêques interrogés vendredi 23 octobre reconnaissaient bien, dans le projet de rapport final qui leur a été remis, le fruit de leurs travaux.

« Nous avons vraiment eu le sentiment, ce matin, que la commission de rédaction a pris en compte tout notre travail de ces dernières semaines. Elle a su saisir l’esprit de ce synode », a commenté à la sortie de la salle Mgr Eamon Martin, archevêque d’Armagh et président de la conférence épiscopale irlandaise.

Doctrine et pastorale

Plusieurs ont reconnu dans tel ou tel passage le travail de leur groupe. Toutefois, « il ne s’agit pas de dire, voilà la position des Africains, voilà celle des Allemands », prévient Mgr Philibert Tembo, évêque de Budjala en RDC. « Nous avons trouvé un chemin commun et nous sommes contents : ce texte rappelle la doctrine, avec un souci pastoral ».

Après trois semaines de discussions, parfois très vives, sur les propositions pastorales à formuler concernant en particulier les situations familiales irrégulières, les évêques se félicitent d’avoir entre les mains un texte équilibré, qui ne devrait satisfaire « ni les laxistes, ni les rigoristes », comme l’annonçait le cardinal Christoph Schönborn, l’archevêque de Vienne, dans La Croix, à l’ouverture du synode.

« Sortis du langage permis défendu »

« C’est un document très synodal, chacun fait un bout du chemin et aurait bien aimé aller plus loin, mais c’est une bonne photo de ce que nous avons exprimé », réagit un évêque qui espérait un message de l’Eglise plus ouvert sur la question des divorcés remariés.

« Cela aurait pu être pire », lâche en riant un père synodal espagnol qui partage ces positions : « Ce n’est pas la révolution mais il y a des ouvertures. Plus largement, nous sommes sortis du langage’permis défendu’ et c’est une bonne chose ».

« Ce synode a mis un terme à l’idée de juger les personnes », a repris lors du point presse au Vatican l’évêque de Gand, Mgr Luc Van Looy, qui relit dans cette expérience synodale l’idée d’une « nouvelle Eglise ».

Vote samedi

Parmi les 51 interventions orales, vendredi matin, certains ont toutefois exprimé leurs remarques pour que le texte, qui doit être repris cet après-midi par la commission de rédaction, soit plus strict et précis sur tel ou tel point. « Ce sont des petits détails, des ajustements », a précisé toutefois le cardinal Peter Turkson, président du conseil pontifical Justice et Paix, lors du point presse à la salle de presse du Saint-Siège, estimant que la commission de rédaction n’aurait pas à reprendre considérablement le présent texte.

Ce long document d’une cinquantaine de pages doit être voté samedi peut-être dès le matin, article par article. Il se présente comme des réflexions destinées au pape François. Ce dernier, toutefois, « ne vas pas seulement recevoir notre document, a ajouté Mgr Gérald Cyprien Lacroix, archevêque de Québec, également lors du point presse. Il a aussi écouté toutes nos discussions pendant trois semaines et s’est informé des points difficiles soulevés ».

La mémoire de l'évêque du Comminges célébrée

Belle journée dimanche pour rendre hommage à saint Bertrand, évêque du Comminges dont la date anniversaire de sa mort en 1 123 est célébrée chaque année à Saint-Bertrand-de-Comminges, haut lieu de pèlerinage. Le matin, affluence inhabituelle en la cathédrale Sainte Marie lors de la messe présidée par l’archevêque Mgr Robert Le Gall. Vers 15 heures sur le parvis, des fidèles y sont rassemblés pour suivre la traditionnelle procession, en ville haute. Parmi eux, Jean-Marc et son épouse Marie-Claude attendent le départ. En résidence secondaire en Barousse, ces parisiens n’avaient jamais eu l’occasion d’assister à cette fête.

Des fidèles de la fête

«Nous sommes heureux d’être présents pour saluer saint Bertrand», explique Jean-Marc, Monsieur tout le monde mais président des Amis du Comminges à Paris qui partagera quelques photos de la cérémonie avec des personnes tout aussi attachées que lui au Comminges. Porte Cabirole, Rosa patiente là même où le 3e temps de prière sera observé pendant la procession. Mariée en 1957 dans la cité, elle reste fidèle depuis plus de 55 ans à la fête de saint Bertrand. Dans le cortège, les Chevaliers du Saint-Sépulcre de la Commanderie Saint-Sernin à Toulouse portent les reliques du saint. «J’assiste à cette fête depuis 12 ans. Il est important pour nous d’être au côté de l’archevêque et des habitants. Ce qui nous intéresse dans la spiritualité de Saint-Bertrand, c’est qu’il y a une sagesse tout à fait adaptée à notre époque, surtout à l’ère de la mondialisation où nous sommes habitués à de vastes événements…», confie le chevalier Frédéric Vionne.

Originaire de l’Isle

«En mémoire de tout ce qu’il a fait pour notre diocèse et en rappel d’événements forts, nous prierons tout au long du chemin…», lance le père Marcel Baurrier, chanoine et recteur du sanctuaire. «Né en 1050, le jeune Bertrand de l’Isle, futur évêque de Saint-Bertrand proclamé saint, était un véritable pasteur et serviteur. Il se fait bâtisseur… Une nouvelle vie commence à Lugdumum… Il n’est plus question de la guerre pour un oui ou pour un non… Il crée les sauvetés…», indique l’un des fidèles lors de la procession ponctuée de chants de la chorale de Saint-Bertrand.

Au fil des jours, les petits pas des évêques

Tout en reconnaissant mieux comprendre leurs contradicteurs, la plupart campent sur leurs positions

ROME

De nos envoyés spéciaux

 « Quand ce synode s’achèvera, nous aurons changé. Mais comment ? », interpellait vendredi 16 octobre le révérend Timothy Thornton, délégué anglican au Synode sur la famille, lors de son intervention devant les évêques catholiques au Vatican. Changer comment ? Assurément pas dans un retournement spectaculaire, mais plutôt par une lente transformation intérieure.

S’il est difficile de mesurer ces mouvements qui traversent depuis deux semaines l’assemblée, le travail en petits groupes – privilégié cette année –, a permis de faire tomber certaines préventions et faciliter une compréhension mutuelle entre pères synodaux. « Nous sommes plus proches qu’au début », assure l’un d’eux.

Au départ, lorsqu’il a découvert la liste des participants de son groupe de travail, cet évêque est resté « atterré » : « Je me suis dit, ça va bloquer. Et de fait, en arrivant, nous nous regardions tous en chiens de faïence. Mais en travaillant ensemble, nous avons pris confiance. Cela a été fabuleux ! » À tel point que son groupe s’est accordé, la semaine dernière, sur presque tous les points débattus. « Mais, en fait, on peut travailler ensemble ! », lui a glissé, presque étonné, son confrère africain.

 > Lire : Le pape veut redynamiser le Synode  

 « La méthodologie elle-même fait bouger » 

L’archevêque de Dakar, Mgr Benjamin Ndiaye, confie avoir parfois sursauté devant des « audaces théologiques » mais il a aussi été touché en « entendant souffrir des pasteurs qui voudraient être encore plus miséricordieux que Dieu ». « Je sens que les non Africains désirent vraiment nous écouter, confirme Mgr Nicolas Djomo Lola, archevêque de Tshumbe et président des évêques de RDC. Et je comprends mieux, de mon côté, leur point de vue. » 

 « La méthodologie elle-même fait bouger », analyse un expert. Même l’Instrumentum laboris, texte de départ jugé bien imparfait par beaucoup, a l’avantage de ses imperfections : « S’il avait été trop ficelé, les pères auraient pu se positionner contre, alors que, là, il les pousse à être créatifs. Par cette méthode qui paraît artisanale, le pape a réussi à leur faire faire des choses qu’ils n’imaginaient pas avant. » 

Le rôle des modérateurs a été déterminant. Parfois en négatif, lorsque l’un a monopolisé la parole et bloqué le débat, ou lorsque des évêques n’ont pas osé parler devant un membre haut placé de la Curie. Le plus souvent toutefois, en positif.

Dans son groupe anglophone, où sont représentés quatre continents, Mgr Eamon Martin, archevêque d’Armagh et président de la conférence épiscopale irlandaise, a invité chacun à laisser de côté, pour une heure, l’Instrumentum laboris afin d’aborder une question qui fâche, l’homosexualité.

 « Très chaleureux, il a commencé lui-même, parlant du référendum sur le mariage homosexuel en Irlande, ce qui a ouvert la réflexion, raconte un participant. Les Nigérians et les Anglosaxons ont alors partagé leur expérience de terrain et, bien que les appréciations soient différentes, nous avons pu en parler très tranquillement et commencer à comprendre les réflexions des autres », poursuit ce père synodal pour qui le travail dans les groupes a eu un effet « pacifiant ». 

> Lire aussi : Dans l’assemblée du synode sur la famille, les auditeurs ont la parole 

Parler de sa famille

Un autre a ouvert la discussion en invitant chaque évêque à raconter une histoire de sa propre famille ; une façon de briser la glace.

Les témoignages issus du terrain ont aussi bousculé certains pères. Notamment l’anecdote de cet enfant qui, au retour de sa première communion, a divisé en trois l’hostie qu’il avait conservée sur lui pour la donner à ses parents, divorcés remariés. « Cela m’a touché. Mais j’ignore si cela me fera bouger sur la question », a commenté Mgr Mark Coleridge, archevêque de Brisbane.

Les 270 évêques du synode sur la famille parviendront-ils à aller un cran plus loin, alors qu’ils sont entrés lundi 19 octobre dans la partie la plus délicate, avec le travail sur la formulation de propositions pastorales ? Rien n’est moins sûr. « Rien que pour le mot concubinage, qui est très péjoratif en Europe, et que nous aimerions remplacer par cohabitation, les évêques africains de mon groupe ont bloqué », regrette un père synodal.

Continuer à réfléchir

Pour autant, la recherche de solution demeure. Dans un entretien paru samedi 17 octobre dans l’hebdomadaire allemand Focus, le préfet de la congrégation pour la doctrine de la foi, le cardinal Gerhard Müller, a ainsi laissé la porte entrouverte à propos de l’accès aux sacrements pour les divorcés-remariés, au centre des discussions dans les groupes de travail ces jours-ci.

 « Dans ces cas particuliers extrêmes, il peut y avoir une autorisation », déclare-t-il, alors qu’il comptait parmi les plus rétifs à un changement : « On peut continuer de réfléchir dans cette direction en s’appuyant sur des considérations responsables théologiquement. » 

Hormis cet exemple, si les évêques reconnaissent mieux comprendre leurs contradicteurs, ils ne sont pas prêts à renoncer à leurs positions. Mais, assurent-ils, ils comptent bien poursuivre la réflexion, même une fois ce synode terminé.

Hommage dominical à l'évêque Saint Bertrand

Tous les ans en octobre, les habitants de Saint-Bertrand-de-Comminges fêtent saint Bertrand, évêque de Lugdunum Convenarum arrivé sur le rocher il y a 942 ans et mort en 1 123. Un nouvel hommage lui sera rendu ce dimanche 18 octobre en présence notamment de Mgr Robert Le Gall, archevêque de Toulouse, évêque de Saint-Bertrand et Rieux Volvestre, qui à 11 heures présidera une messe solennelle en la cathédrale Sainte Marie. Cette célébration sera suivie du verre de l’amitié dans le cloître. À 15 h 30, les fidèles se rassembleront sur le parvis pour suivre la procession des reliques en ville haute et tout au long de laquelle des temps de prières seront observés. La procession terminée, les Vêpres seront célébrées à la cathédrale. Haut lieu de pèlerinage, Saint-Bertrand-de-Comminges devrait accueillir dimanche beaucoup de monde et notamment les chevaliers du Saint Sépulcre qui transporteront les reliques de saint Bertrand.

Renseignements complémentaires au 05 61 88 31 54.

Évêques et cardinaux racontent le synode sur les blogs

Certes, les cardinaux et évêques rassemblés à Rome pour le Synode sur la famille sont tenus à un devoir de réserve. Cela n’empêche pas certains de tenir leurs diocèses informés, via les réseaux sociaux qu’ils alimentent en tweets ou billets de blogs, et sur lesquels ils publient les interventions de trois minutes qu’ils ont délivrées devant leurs pairs.

Les Anglo-saxons sont les plus prolixes. Sur sa page Facebook, Mgr Charles Chaput, archevêque de Philadelphie, relaie les inquiétudes du groupe de travail anglophone auquel il a participé : que l’Église doive être « inclusive » dans le sens d’« accueillante et miséricordieuse » fait l’unanimité, relève-t-il dans son intervention du 10 octobre. Mais, « si je reconstruis ma maison selon le plan du visiteur ou de l’étranger, ma famille en portera le coût et ma maison ne sera plus longtemps ma maison ». Autrement dit, l’Église ne doit pas s’adapter aux revendications des publics qui ne vivent pas son message… Reflétant sur sa page Facebook les inquiétudes de ses confrères de voir l’Église rendre les armes devant les évolutions sociétales, Mgr Chaput appelle ainsi le synode à la plus grande prudence, « à une époque de grand changement, confusion et trouble ».

Certains se contentent de tweeter de temps à autre

Sur la même ligne, le cardinal Timothy Dolan, archevêque de New York,  publie régulièrement sur son blog, pour rappeler que « le point de départ du synode », c’est la défense de « la noble nature du mariage tel que Dieu l’a entendue ‘’depuis les origines” » (billet du 6 octobre). Ainsi le jour où la lettre des cardinaux au pape critiquant la méthode du synode, dont il était cosignataire, a été rendue publique (12 octobre), il a écrit sur son blog un plaidoyer pour « une autre minorité », dans un synode où l’on parle beaucoup d’inclusion : celle que représentent les catholiques qui se battent pour rester fidèles, ne pas vivre ensemble avant le mariage, accueillir beaucoup d’enfants, les homosexuels qui luttent pour rester chastes… « Ils attendent de l’Église et de nous que nous les encouragions et les soutenions », appuie-t-il.

 » Lire aussi : Qui a signé au final la lettre au pape François ?  

Privilégiant l’oral, Mgr Blase Cupich, l’archevêque de Chicago, lui, renvoie dans ses tweets à des vidéos postées régulièrement sur YouTube, dans lesquelles il décrypte les enjeux du synode.

Certains se contentent de tweeter de temps à autre, sur le mode de l’exhortation. Ainsi  l’archevêque de Los Angeles, Mgr José Gomez , le 13 octobre : « Pour renforcer le mariage et la famille à notre époque, je crois que l’Église doit redécouvrir la pédagogie divine découverte dans les Écritures. » Ou l’archevêque de Westminster, en Angleterre, Mgr Vincent Nichols  : « Le défi auquel nous sommes confrontés est de trouver l’équilibre entre la fidélité à l’enseignement de Jésus sur l’engagement dans le mariage et son enseignement sur la miséricorde », écrit-il le 15 octobre.  Le cardinal Christoph Schönborn, archevêque de Vienne, tweete peu, mais confie néanmoins sa satisfaction devant la liberté des débats, le 13 octobre : « Le sentiment de frustration que j’ai expérimenté lors de précédents synodes, aussi loin que je puis voir, a complètement disparu ».

Le cardinal Wilfrid Napier est suivi par 15 000 personnes

  Le cardinal Wilfrid Napier, archevêque sud-africain de Durban, tweete pour sa part abondamment l’après-midi, après les sessions du synode, suivi par 15 000 personnes. Il donne de nombreux détails sur ce qui se vit à l’intérieur de l’assemblée. « Pour les évêques africains au Synode, la question clé porte sur la meilleure façon de prévenir la rupture dans le couple. La meilleure façon est une préparation minutieuse et un accompagnement attentionné », note-t-il, le 15 octobre.

Au départ réticent, reconnaît-il, à tenir un blog comme le lui demandait sa conférence épiscopale, l’archevêque de Brisbane en Australie, Mgr Mark Coleridge,  publie presque chaque jour un billet, où il fait part de ses réflexions très librement. Ainsi quand il s’interroge, ce 15 octobre, sur ce que le pape a bien voulu dire quand il a demandé pardon pour les « scandales au Vatican », lors de l’audience générale la veille, ou encore ce que signifie la réforme de l’Église. Ses billets sont ponctués de détails savoureux qui donnent une idée de l’ambiance – il précise d’ailleurs vouloir montrer le côté très humain de l’assemblée. Ainsi quand il raconte que l’évêque derrière lui « ronflait puis bavardait entre les interventions. Cela a testé notre patience, mais le vrai défi a été lorsque son portable s’est mis à sonner, non pas une fois mais deux pendant les interventions. Même mon voisin, l’archevêque affable et courtois de Marseille (Mgr Georges Pontier, NDLR) l’a… du regard ».

Il analyse les mouvements qui se dégagent des deux premières semaines du synode

Plus sérieusement, il analyse les mouvements qui se dégagent des deux premières semaines du synode et notamment cette unanimité autour de la nécessité – qui n’a rien de « cosmétique » de repenser le langage de l’Église. L’exemple le plus emblématique portant sur le mot « indissolubilité ». Tout le monde s’accorde sur le fond, mais, relève Mgr Coleridge, « beaucoup – et moi inclus – cherchent une manière moins canonique et moins négative dans sa formulation pour le dire ».

Avec la même fraîcheur et franchise, Mgr Paul-André Durocher, archevêque de Gatineau et président de la Conférence des évêques du Canada, a repris le blog ouvert l’an dernier, pour la première partie du synode, « Chante et marche ». Les billets se succèdent à un rythme irrégulier : Mgr Durocher a été élu rapporteur de son groupe linguistique, ce qui lui a procuré « un surcroît de travail », tâche « très intéressante mais exigeante » qu’il détaille dans son billet du 10 octobre.

Côté français, seul Mgr Laurent Ulrich, archevêque de Lille, a accepté de relever le défi. Sur le site de son diocèse, dans un style moins spontané et plus spirituel, il poste chaque jour une « chronique » des débats dans l’aula, parfois de ses rencontres romaines. Dans son dernier billet daté du 15 octobre, il résume son intervention sur la préparation au mariage.

Jeudi 13 octobre, il dit son étonnement « en écoutant les nouvelles ce matin » et en découvrant l’existence d’« une fronde au Vatican ! » « J’en suis tout éberlué… On rêve de complot, de tir de barrage, de lettre secrète qu’on aurait vue, dont on connaîtrait les signataires. Cela n’a rien à voir avec ce que je vis ces jours-ci, et cette agitation ne m’inquiète pas au fond », avoue-t-il, préférant insister sur cette « parole libre » qui s’échange chaque jour dans la salle Paul VI et son bonheur de participer à cette « aventure spirituelle ».

Au synode sur la famille, les évêques veulent concilier loi universelle et situations locales

Dans ce contexte, donner plus de pouvoir aux conférences épiscopales apparaît comme une solution à certains participants.

Comment l’Église peut-elle rester universelle – « catholique » – tout en s’adaptant aux réalités du terrain ? La question sous-tend le travail de l’assemblée du Synode sur la famille. Dès le premier jour, dans son intervention, Mgr Johan Bonny, évêque d’Anvers, a dit son souhait « que le synode reconnaisse aux évêques locaux l’espace d’action et la responsabilité nécessaires à formuler dans la portion du peuple de Dieu qui leur est confiée, des réponses adéquates aux questions pastorales ». 

« L’unité, ce n’est pas tout le monde pareil ! »

Après plusieurs jours passés à dresser un tableau mondial des défis de la famille, en essayant – à la demande des Africains – de le « désoccidentaliser », plusieurs groupes de travail semblent voir là une issue possible à la variété des problématiques : divorce ou accueil des personnes homosexuelles ici, polygamie là… « Ce sens de la diversité nous a conduits à nous demander si cette analyse ne serait pas mieux traitée au niveau local ou régional plutôt qu’à l’échelon universel », glisse, dans sa synthèse, l’archevêque irlandais Mgr Eamon Martin. L’un des groupes francophones dit aussi avoir « pris conscience de la nécessité de préserver une saine subsidiarité dans l’Église, qui reconnaît l’apport important des conférences épiscopales nationales ». 

L’expérience synodale depuis le concile Vatican II pousse aussi vers une certaine « décentralisation ». « Plus nous prenons l’habitude de nous parler, de laisser chacun dire ce qu’il est, et plus la variété des situations ressort. L’unité, ce n’est quand même pas ‘‘tout le monde pareil’’! », estime Mgr Laurent Ulrich, archevêque de Lille.

« Une autonomie dans la foi est impossible ! »

Réaffirmée au concile Vatican II, la subsidiarité recommande que les décisions soient prises au plus près de ceux qu’elles concernent. Le pape François y est sensible, lui qui, en tant qu’archevêque de Buenos Aires, a connu les assemblées du Conseil épiscopal latino-américain. Dans son exhortation apostolique La Joie de l’Évangile, reprenant les mots de Jean-Paul II, il plaide explicitement pour « une nouvelle forme d’exercice de la papauté », et un statut « explicite » pour les conférences épiscopales, allant même jusqu’à leur reconnaître « une certaine autorité doctrinale authentique ». 

 > A lire  : Les évêques cherchent à articuler théorie et pratique  

L’idée de leur donner plus de poids fait donc son chemin au Synode, même s’il est impossible de prédire ce qu’elle deviendra. D’autant que les résistances sont réelles, y compris chez ceux qui réclament une meilleure prise en compte de la diversité. « Nous croyons dans une seule Église catholique », affirme ainsi le cardinal Charles Palmer-Buckle, archevêque d’Accra (Ghana) pour qui, « s’il existe un problème en Europe, il nous concerne en Afrique et vice versa » : « Nous ne voulons pas que les enjeux soient discutés à l’échelle européenne ou occidentale. »  

Dans une interview accordée à La Croix, le cardinal Gerhard Müller, préfet de la congrégation pour la doctrine de la foi, s’était montré lui aussi plus que réservé sur le sujet, qualifiant les conférences épiscopales de simples « organisations pratiques ». « L’Église locale, ce n’est pas l’Église de France ou d’Allemagne : c’est l’Église de Paris, de Toulouse… Ce sont les diocèses. L’idée d’une Église nationale serait totalement hérétique. Une autonomie dans la foi est impossible ! », mettait-il en garde.

« Nous recommanderons une approche individualisée »

Cette piste n’en garde pas moins aussi ses partisans. Pour le P. François Bousquet, recteur de Saint-Louis des Français, à Rome, elle aurait notamment le mérite de mieux articuler entre eux les différents niveaux de la loi morale : entre les commandements universels (« tu ne tueras pas »), les lois particulières (« ce qui est habituellement souhaitable » dans une culture ou un continent) et enfin les conseils singuliers (« ce qui est effectivement possible » dans les faits).

 « Peut-on fixer les grands principes dans un texte universel et laisser la place à des déclinaisons locales ? », s’interroge aussi Mgr André-Paul Durocher, archevêque de Gatineau (Canada), tout en reconnaissant qu’« il semble difficile d’imaginer des lois pour certaines parties du monde ». 

Interrogé sur RTL, le cardinal André Vingt-Trois, archevêque de Paris et président délégué du synode, n’a pas dit autre chose : « Je ne pense pas que nous recommanderons qu’il y ait un décret général qui permettra à tout le monde de faire ce qu’il veut. Nous recommanderons une approche individualisée d’accompagnement pour les personnes qui souffrent, par exemple les divorcés remariés. » 

 > A lire  : Divorcés remariés : le cardinal Vingt-Trois favorable à un « accompagnement individualisé »  

Dans leur intervention, certains participants ont dit leur souhait que des synodes continentaux suivent le synode romain. Ce qui aurait également le mérite de rappeler que le processus continue, rappelle François Bousquet, et « qu’il n’est pas forcément souhaitable de poser une parole définitive sur des situations qui ne cessent d’évoluer ».