Monthly Archives: March 2016

Les évêques de France font confiance au cardinal Barbarin et à la justice

Plusieurs évêques interrogés à Pâques par les médias au sujet du traitement par l’Église des affaires de pédophilie ont reconnu la nécessité de mieux écouter les victimes.

Le cardinal Philippe Barbarin (C) au cours de la célébration de la Croix, Vendredi saint, 25 mars 2016, à la cathédrale Saint-Jean de Lyon.ZOOM

Le cardinal Philippe Barbarin (C) au cours de la célébration de la Croix, Vendredi saint, 25 mars 2016, à la cathédrale Saint-Jean de Lyon. / ROMAIN LAFABREGUE/AFP

Plusieurs évêques français, sollicités par les médias au cours du week-end pascal, ont été interrogés sur la façon dont l’Église traite les affaires de pédophilie, alors que l’archevêque de Lyon, le cardinal Philippe Barbarin, est visé par plusieurs plaintes pour non-dénonciation de crimes sexuels sur des mineurs.

Interrogé sur l’éventualité de la démission du cardinal Barbarin, l’archevêque de Marseille, Mgr Georges Pontier, a estimé lundi 28 mars sur la radio France Bleu : « C’est à lui de trouver la réponse au fond de lui-même. » Président de la Conférence des évêques de France (CEF), il a de nouveau souligné la nécessité pour l’Église de « mieux écouter les victimes, de mieux accompagner les prêtres ». « Nous devons être stricts, sévères par rapport aux prêtres pédophiles », a-t-il précisé.

Une épreuve difficile à franchir

Le cardinal André Vingt-Trois, archevêque de Paris, a apporté un franc soutien à l’archevêque de Lyon. « Je ne suis pas le juge du cardinal Barbarin, explique-t-il dans un entretien publié par le quotidien Le Parisien le dimanche de Pâques, 27 mars. Je lui apporte mon soutien parce que c’est mon frère, que j’ai confiance en lui et je pense que tout ce qu’il fait ou a fait dans sa responsabilité d’archevêque de Lyon a été significatif d’un engagement très fort dans la lutte contre la pédophilie (…) Il n’y a pas de raison qu’il démissionne. »

Et si un prêtre s’est rendu coupable d’actes pédophiles dans le passé – ce qui est la situation du P. Preynat à Lyon – « évidemment, on doit faire tout ce qui est en notre pouvoir pour le mettre dans une situation où il n’a pas de responsabilités à l’égard d’enfants ou de jeunes », a ajouté le cardinal Vingt-Trois.

Interrogé sur l’opportunité de mettre en place « une sorte de numéro vert anti-pédophilie à destination des victimes », il a estimé que « cela peut aider mais ce n’est pas la panacée (…) Ce qui compte, c’est la garantie que l’on offre aux victimes qu’elles soient entendues. Rien ne les empêche de parler, d’écrire. » « [La pédophilie] est une épreuve difficile à franchir, je ne crois pas qu’il y ait beaucoup d’institutions en France qui l’aient franchie avec facilité », a encore précisé l’archevêque de Paris.

Un travail à faire en direction des victimes

Mgr Stanislas Lalanne, évêque de Pontoise, interrogé sur Public Sénat et Sud Radio le lundi de Pâques, a expliqué que si l’Église en France a des « consignes claires » sur l’accueil des victimes de faits de pédophilie récents, elle a « un travail à faire » pour « mieux accueillir des adultes qui ont 40 ou 50 ans, qui ont été agressés, qui ne veulent plus porter plainte, mais veulent être reconnus par l’Église. (…) Est-ce localement, est-ce que c’est au niveau national ? », s’est-il interrogé.

L’évêque de Pontoise a rappelé avoir réaffirmé à la messe chrismale de son diocèse « la gravité » des faits de pédophilie, qui ne concernent que « très peu de prêtres », et « la confiance » qu’il fait à ses prêtres. Le cardinal Barbarin « a été très clair », estime Mgr Lalanne, et s’il a fait des erreurs, « c’est à la justice de le dire ».

Dans Vosges Matin, le dimanche de Pâques, Mgr Jean-Paul Mathieu, évêque de Saint-Dié, a exprimé sa confiance envers le cardinal Barbarin : « S’il est sollicité et convoqué par la justice, je ne doute pas qu’il remplira ses obligations et répondra aux questions », a-t-il expliqué, ajoutant : « Pour ce genre d’affaires, là où il y a faute, il faut sanctionner. »

L’évêque de Saint-Dié a lui aussi dit l’importance de l’attention aux victimes : « Il faut mettre la priorité sur l’attention aux victimes car elles sont marquées pour longtemps. Il faut les écouter, les accueillir et les aider à se reconstruire. »

La foi et l’espérance mises en cause

Si les affaires de pédophilie existent « dans tous les milieux », Mgr Mathieu a pointé « l’extrême gravité » des faits commis par « un homme d’Église », « car cela remet en cause la foi et l’espérance » des fidèles. Il a jugé que l’obligation légale de dénoncer à la justice de tels comportements « est très importante pour la reconstruction des victimes. Les coupables doivent répondre de leurs actes. »

Enfin, au micro de France Bleu Maine, lundi 29 mars, Mgr Yves Le Saux, évêque du Mans, a été interrogé au sujet d’une affaire en cours concernant un prêtre de son diocèse, mis en examen et incarcéré le 11 juin.

Alors que la presse a rapporté le témoignage d’une famille selon lequel plusieurs lettres auraient mis en garde les évêques successifs du Mans – ainsi que la Congrégation pour la doctrine de la foi –, au sujet de ce prêtre, l’évêque du Mans a évoqué « toutes les accusations du passé [qu’il] découvre dans la presse » et affirmé : « J’ai remis aux autorités judiciaires tous les éléments en ma possession dès que le prêtre a été arrêté. »

Au sujet des victimes, Mgr Le Saux a reconnu que l’Église avait à progresser : « Nous n’avons pas été dans une exigence assez forte vis-à-vis des victimes, bien sûr il faut demander pardon. »

Christophe Chaland

L'archevêque de Paris exprime son soutien au cardinal Barbarin

Monseigneur André Vingt-Trois a tenu à souligner un “engagement très fort” du cardinal contre la pédophilie, un sujet qui n’est plus tabou au sein de l’Église, selon lui.

André Vingt-Trois, archevêque de Paris

© Marie-Lan Nguyen / Wikimedia Commons / CC-BY 2.5

André Vingt-Trois, archevêque de Paris

“Il n’y a pas de raison qu’il démissionne”. Quelques jours après les excuses du cardinal Barbarin, l’archevêque de Paris, Monseigneur André Vingt-Trois, exprime en ce dimanche pascal son soutien à son frère lyonnais dans les colonnes du Parisien. Je lui apporte mon soutien parce que c’est mon frère, que j’ai confiance en lui et je pense que tout ce qu’il fait ou a fait dans sa responsabilité d’archevêque de Lyon a été significatif d’un engagement très fort dans la lutte contre la pédophilie”, a ainsi déclaré le responsable du diocèse parisien. Après Mgr Dubost et Mgr Vesco, il est le troisième évêque à s’exprimer dans les médias en faveur de Philippe Barbarin. La Conférence des évêques de France, qui s’est tenue à Lourdes ce mois-ci, avait également réaffirmé son soutien au cardinal.

“Faire tout ce qui est en notre pouvoir”

L’archevêque de Paris s’est néanmoins clairement prononcé contre le maintien en fonction des prélats au passé douteux. Face à un prêtre connu pour son passé pédophile, “on doit faire tout ce qui est en notre pouvoir pour le mettre dans une situation où il n’a pas de responsabilités à l’égard d’enfants ou de jeunes”, déclare ainsi André Vingt-Trois. Précisément ce que Mgr Barbarin n’aurait pas fait selon l’association de victime La Parole Libérée. Et d’assurer : Dans la mesure où ça dépend de moi, je ne confie pas de mission qui aurait un rapport avec les faits reprochés et présenterait un risque, de telle façon que cela ne se reproduise pas”.

L’archevêque de Paris raconte par ailleurs qu’il a lui même été confronté à un cas où il a eu connaissances d’actes pédophiles passés de la part d’un prêtre. Il assure en avoir fait part à la justice et retiré son ministère au prélat en question.

Abus sexuels : des évêques de France déplorent des défaillances

(RV) En France, plusieurs évêques ont profité des célébrations de la Semaine Sainte pour demander pardon publiquement aux victimes d’abus sexuels commis par des prêtres. Pendant la messe chrismale, l’archevêque de Paris a déploré les défaillances coupables et inadmissibles de quelques-uns. Tout en accusant la presse avide d’amalgames de vouloir jeter le discrédit sur l’Église tout entière, le cardinal André Vingt-Trois a invité le clergé à ne pas détourner son regard des fautes commises. De son côté, l’évêque de Fréjus-Toulon a demandé que des messes soient célébrées pour les victimes.«Comment croire en Dieu, a lancé Mgr Dominique Rey, quand ceux qui le représentent et qu’on appelle père ont trahi cette paternité ? Quand ce sont les mêmes mains qui donnent le corps du Christ et qui profanent le corps d’un enfant. Il a d’ailleurs demandé à ce que des messes de réparation soient célébrées après la dénonciation de tels actes, comme lorsque le Corps de Christ est profané dans les églises.L’archevêque de Bordeaux, le cardinal Jean-Pierre Ricard, a insisté sur l’obligation de dénoncer les faits à la justice et de travailler loyalement avec elle.Mercredi, le cardinal Philippe Barbarin, archevêque de Lyon,dans son homélie de la messe chrismale, avait repris à son compte des propos du Pape François, se disant «dans l’obligation d’assumer tout le mal commis par quelques prêtres et de demander personnellement pardon pour les dommages qu’ils ont causés en abusant sexuellement des enfants, quand bien même je n’étais pas évêque au moment de ces faits abominables».(CV-RF avec La Croix)

Mgr Bernard Hebda est nommé archevêque de Minneapolis

Le pape François a nommé ce 24 mars (Jeudi saint) Mgr Bernard Anthony Hebda, 56 ans, archevêque de Minneapolis-Saint Paul, diocèse du Minnesota dont il était déjà administrateur apostolique depuis neuf mois. Le pape l’avait alors nommé pour redresser ce diocèse mis en faillite à la suite de poursuites judiciaires menées en raison d’un scandale d’abus sexuels par le clergé découvert en 2013. Ce scandale avait entraîné la démission conjointe du précédent archevêque, Mgr John Nienstedt, et de l’évêque auxiliaire, Mgr Lee Piché.

Appelé pour remettre de l’ordre dans ce qui représente un important diocèse du Midwest américain, Mgr Hebda arrivait de Newark (New Jersey), diocèse dont il était coadjuteur depuis deux ans. Auparavant, il était évêque de Gaylord dans le Michigan, où il avait été nommé en 2009 par Benoît XVI.

Natif de Pittsburg, en Pennsylvanie, Bernard Hebda est juriste de formation, diplômé de Harvard et de Columbia. Il a commencé à travailler dans un cabinet d’avocats en 1983 avant d’entrer, l’année suivante, au séminaire. Envoyé étudier la théologie à la Grégorienne, l’université jésuite de Rome, il est ordonné diacre en la basilique Saint-Pierre en 1989.

Il regagne les États-Unis la même année pour être ordonné prêtre à Pittsburgh avant de retourner à la Grégorienne suivre cette fois des études de droit canon. Cette formation lui a valu plus tard de prendre des responsabilités au sein de la commission pontificale pour les textes législatifs au sein de la Curie romaine. Ses années romaines lui ont permis de devenir proche des Missionnaires de la Charité, l’ordre fondé par Mère Teresa.

Il sera officiellement installé dans sa cathédrale de Saint-Paul (capitale de Minnesota), le 13 mai prochain.

Sébastien Maillard (à Rome)

Pédophilie, plusieurs évêques demandent pardon publiquement

La souffrance des victimes d’abus sexuels de la part de prêtres est au cœur de ce triduum pascal. Évoquée par plusieurs évêques de France pendant la messe chrismale, elle sera également soulignée vendredi 25 mars au soir par le pape François, pendant son chemin de croix.

3 avril 2015 : Chemin de Croix du Vendredi Saint, présidé par le Cardinal André VINGT-TROIS, archevêque de Paris, à la basilique du Sacré Coeur de Montmartre, Paris (75).ZOOM

3 avril 2015 : Chemin de Croix du Vendredi Saint, présidé par le Cardinal André VINGT-TROIS, archevêque de Paris, à la basilique du Sacré Coeur de Montmartre, Paris (75). / Cyril BADET/CIRIC/

C’est la première fois que des évêques de France demandent pardon publiquement aux victimes d’abus sexuels commis par des prêtres. « Depuis le début du Carême, nous vivons une grande épreuve », a déclaré le cardinal Philippe Barbarin, archevêque de Lyon, mercredi 23 mars à l’ouverture de la messe chrismale dans la primatiale Saint Jean. « Je me sens dans l’obligation d’assumer tout le mal commis par quelques prêtres et de demander personnellement pardon pour les dommages qu’ils ont causés en abusant sexuellement des enfants », a poursuivi le primat des Gaules, citant le pape François.

« Je demande au Seigneur de m’éclairer dans les choix que je dois faire chaque jour, afin de panser et prévenir ces blessures », a-t-il ajouté, après avoir, l’après-midi même, reçu à ce sujet « prêtres, diacres, religieux et laïcs » à la basilique de Fourvière. Il a demandé aux fidèles de prier également pour ses rencontres prévues prochainement avec « des familles », et il a tenu à « redire la grande confiance » qu’il accorde à ses prêtres, ainsi que « la gratitude que nous leur devons ».

> A lire : À Orléans, le diocèse accueille les victimes d’abus sexuels

Le cardinal André Vingt-Trois a évoqué des « défaillances coupables »

Le cardinal André Vingt-Trois, archevêque de Paris, a lui aussi profité de la messe chrismale – cette célébration qui manifeste l’unité de toute l’Église diocésaine autour de son évêque – pour dénoncer les abus sexuels commis par des prêtres. L’ancien président de la Conférence des évêques de France a évoqué des « défaillances coupables et inadmissibles de quelques-uns ». « Nous ne détournons pas notre regard des fautes commises. Solidairement nous demandons pardon », a annoncé le cardinal Vingt-Trois, après avoir accusé « une presse avide d’amalgames » de vouloir « jeter le discrédit sur notre corps entier ».

Mgr Dominique Rey demande que des messes soient célébrées pour les victimes

« Des coups de poignards donnés à des êtres innocents, de la part de ceux qui devraient être des signes de l’amour et du respect de Dieu. » C’est ainsi que Mgr Dominique Rey, évêque de Fréjus-Toulon, qualifie ces abus dans un message vidéo diffusé le même jour. « Comment croire en Dieu quand ceux qui le représentent et qu’on appelle ’père’ ont trahi cette paternité ? », s’interroge-t-il. « Quand ce sont les mêmes mains qui donnent le corps du Christ et qui profanent le corps d’un enfant ? » poursuit l’évêque, reprenant des propos tenus par Mgr Jacques Blaquart, évêque d’Orléans, lors de l’Assemblée plénière des évêques de France.

Comme le cardinal Jean-Pierre Ricard, archevêque de Bordeaux, Mgr Rey rappelle l’obligation de « dénoncer les faits à la justice et travailler loyalement avec elle ». Et de la même manière que des messes de réparation sont habituellement dites après la profanation du tabernacle, il demande que « ces messes soient célébrées pour les victimes profanées en leur chair ».

Le pape François méditera sur « les plaies des enfants »

À Rome, c’est la méditation écrite pour le chemin de croix par le cardinal italien Gualtiero Bassetti, archevêque de Pérouse, qui permettra vendredi soir au pape de prier à la fois pour les réfugiés, les chrétiens persécutés, la famille, et pour les enfants victimes d’abus. Lors de la dixième station, le pape François méditera sur ce corps du Christ « dépouillé de tout, hormis l’amour, (qui) renferme en lui la douleur immense de l’humanité et raconte toutes ses plaies ». « Surtout les plus douloureuses : les plaies des enfants profanés dans leur intimité », écrit le cardinal Bassetti.

Anne-Bénédicte Hoffner

Pédophilie dans l'église: L'archevêque Barbarin demande «personnellement pardon»

Le cardinal Barbarin, le 28 novembre 2015. Le cardinal Barbarin, le 28 novembre 2015. – KONRAD K./SIPA

Philippe Barbarin a voulu délivrer un message d’apaisement. Lors de la messe chrismale organisée mercredi à la Primatiale Saint-Jean, l’archevêque de Lyon est revenu sur les affaires de pédophilie présumée qui, depuis plusieurs semaines, tourmentent l’église lyonnaise.

>> A lire aussi : Affaire Barbarin: Comment le cardinal s’est-il retrouvé mouillé dans une affaire de pédophilie?

« Depuis le début du carême, nous vivons une grande épreuve à cause d’actes de pédophilie anciens et terribles qui, des décennies plus tard, marquent si profondément le cœur et la mémoire des victimes. Comme le pape François l’a dit au nom de l’Eglise universelle, moi, Philippe, à mon tour, pour le diocèse de Lyon, et je le cite, je me sens dans l’obligation d’assumer tout le mal commis par quelques prêtres et de demander personnellement pardon pour les dommages qu’ils ont causés en abusant sexuellement des enfants », a déclaré le cardinal.

Le cardinal visé par plusieurs plaintes

L’archevêque, qui a rappelé qu’il n’était pas évêque au moment « de ces faits abominables », est visé par les plaintes de plusieurs victimes présumées qui l’accusent d’avoir protégé deux prêtres soupçonnés d’agressions sexuelles sur des mineurs. Le père Preynat, mis en examen fin janvier pour des agressions présumées sur d’anciens scouts de la paroisse Saint-Luc à Sainte-Foy-les-Lyon, et le père  Jérôme Billioud, mis en cause pour des faits similaires par un haut fonctionnaire du ministère de l’Intérieur.

>> A lire aussi : Cardinal Barbarin: Un homme «fraternel» derrière le «catholique intransigeant»

« Chacun est amené à faire son examen de conscience face à cette tourmente et je remercie ceux qui m’aident à faire le mien. Je demande au Seigneur de m’éclairer dans les choix que je dois faire chaque jour, afin de panser et prévenir ces blessures », a ajouté le cardinal Barbarin, qui, avant la messe, a rencontré de nombreux prêtres, diacres, religieux et laïcs, pour échanger autour de ces affaires de pédophilie.

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Pédophilie: Le diocèse d'Orléans met en place une cellule d'écoute

Illustration diocèse Illustration diocèse – S. Forster -Rax Shutterstock – Sipa

« Des personnes ont été ou sont victimes d’agressions sexuelles de la part de responsables d’Eglise. Leur souffrance est de longue durée. Une équipe d’accueil peut, au nom de l’évêque, entamer avec elles un dialogue et chercher un chemin d’avenir », peut-on lire sur une affiche placardée par le diocèse d’Orléans en début de semaine dans toutes les églises du Loiret.

>> A lire aussi : Prêtre soupçonné de pédophile: Comment les victimes ont réussi à faire éclater le scandale?


Sous la houlette de l’évêque Jacques Blaquart, le diocèse d’Orléans a créé une cellule d’écoute pour venir en aide aux victimes de prêtres pédophiles. Unique en France « Ecoute des blessures » répond à un numéro vert et une adresse électronique.

Opérationnelle bien avant les affaires de pédophilie à Lyon

« L’idée a été lancée par l’évêque il y a plus d’un an, à la suite d’une rencontre avec une victime d’agression sexuelle. Il a été profondément touché par ses souffrances, y compris au plan spirituel, et par sa douleur de ne pas pouvoir en parler, qui vient s’ajouter aux faits en eux-mêmes », a expliqué le directeur de la communication du diocèse, Jean-Pierre Evelin.

>> A lire aussi : Prêtre soupçonné de pédophilie: Quel avenir pour l’archevêque Philippe Barbarin?


L’évêché souhaite à présent faire connaître davantage auprès des fidèles cette « cellule d’écoute » opérationnelle depuis quelques mois, donc bien avant les dernières révélations sur des affaires de pédophilie dans le diocèse de Lyon. Une cellule qui se compose pour le moment de six bénévoles, dont un psychologue, un prêtre, un diacre et une infirmière. A ce jour, quatre appels ont été reçus.

>> A lire aussi : Affaire Barbarin : Comment Bertrand a découvert qu’il n’était pas la seule victime…

En cas de signalement de faits récents, l’évêque saisira la justice

« Les personnes se voient proposer des rendez-vous et une aide psychologique extérieure si nécessaire. Souvent, les faits sont très anciens, car les victimes mettent très longtemps à parler. Mais en cas de signalement de faits récents, l’évêque saisira la justice », assure le directeur de la communication.

Lors de la dernière assemblée plénière des évêques de France mi-mars à Lourdes, Mgr Blaquart a évoqué le fonctionnement de cette cellule de veille avec ses homologues. Ceux-ci se sont montrés « très intéressés », dixit le diocèse qui assure que l’expérience orléanaise pourrait inspirer bien des confrères.

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Attentats à Bruxelles, les évêques de Belgique consternés

Des responsables religieux belges réagissaient dès mardi matin 22 mars aux attentats de l’aéroport de Bruxelles-Zaventem et du métro Maelbeek.

Le pape a quant à lui condamné « la violence aveugle ».

Mgr Jozef De Kesel, archevêque de Malines-Bruxelles.ZOOM

Mgr Jozef De Kesel, archevêque de Malines-Bruxelles. / NICOLAS MAETERLINCK/AFP

Dans un télégramme envoyé à l’archevêque de Malines-Bruxelles, Mgr Jozef De Kesel, et signé du cardinal Pietro Parolin, secrétaire d’État, le pape François « confie à la miséricorde de Dieu les personnes qui ont perdu la vie et il s’associe par la prière à la peine de leurs proches ». François « exprime sa profonde sympathie aux blessés et à leurs familles, ainsi qu’à toutes les personnes qui contribuent aux secours, demandant au Seigneur de leur apporter réconfort et consolation dans l’épreuve » et « condamne à nouveau la violence aveugle qui engendre tant de souffrances ».

« Attaque au cœur de l’Europe », a titré mardi soir L’Osservatore Romano.

Les évêques de Belgique

Dans un communiqué publié très rapidement après les attentats, les évêques de Belgique ont dit leur consternation, appelant à prier pour les victimes et leurs familles :

« Les évêques de Belgique sont consternés d’apprendre l’attentat perpétré à l’aéroport de Zaventem et au centre de Bruxelles. Ils partagent l’angoisse de milliers de voyageurs et de leurs familles, des professionnels de l’aviation et des équipes de secours une nouvelle fois sur la brèche. Ils confient les victimes à la prière de tous dans cette nouvelle situation dramatique. Les aumôniers de l’aéroport sont quotidiennement au service de tous et apporteront le soutien spirituel nécessaire. Que l’ensemble du pays puisse vivre ces jours en grande responsabilité citoyenne. »

De son côté, interrogé par Cathobel, Mgr Jean Kockerols, évêque auxiliaire en charge de Bruxelles, se dit abasourdi, confiant « pleurer avec ceux qui pleurent ». Car, loin de la polémique, « le chrétien doit être solidaire de ce qui se passe dans sa cité ». Il y va d’une attitude citoyenne et solidaire, estime-t-il.

À Bruxelles et Tournai, les messes chrismales prévues mardi soir ont été annulées.

En France

Dans une lettre à Mgr De Kesel, Mgr Georges Pontier, archevêque de Marseille et président de la Conférence des évêques de France, a exprimé la proximité de l’Église de France avec les victimes : « Nous pensons à leurs familles si éprouvées : puisse l’expérience de la victoire du Christ sur la mort leur apporter un peu de consolation ». « Notre pensée va bien sûr vers votre peuple, écrit Mgr Pontier au président des évêques belges. Avec vous, nous condamnons ces lâches attaques et nous vous assurons de notre prière fervente pour que nous continuions, malgré les difficultés, à être des bâtisseurs de ponts et des artisans du dialogue. »

La Fédération protestante de France a exprimé « son profond soutien au peuple belge » et aux Églises locales. « La fraternité humaine est encore mise à l’épreuve par des actes injustifiables guidés par le mal, estime son président, le pasteur François Clavairoly. Il est nécessaire de se tenir unis dans une épreuve de cette ampleur. » La FPF « exprime sa détermination à poursuivre sa mission de témoignage d’une espérance imprenable et à résister à toute forme de fanatisme ».

Les évêques européens

Le cardinal Reinhard Marx, archevêque de Munich (Allemagne) et président de la Commission des épiscopats de l’Union européenne (Comece), qui a son siège à Bruxelles, s’est dit « attristé et choqué par les attentats ». « Mes pensées et mes sentiments en ces heures sombres vont aux morts, aux blessés et à leurs proches », ajoute le cardinal, « uni par la pensée avec mes collaborateurs et collaboratrices du secrétariat de la Comece qui est basé à Bruxelles ».

De son côté, le cardinal Péter Erdö, archevêque de Budapest et président du Conseil des conférences épiscopales d’Europe, a dénoncé « ce nouvel acte inhumain », assurant les victimes de ses prières et exprimant sa solidarité à leurs familles. « En ces temps troubles, j’invite à ne pas nous laisser vaincre par la peur et à prier pour la paix en Europe, au Moyen-Orient et dans le monde », a ajouté le président des évêques européens.

La Conférence des Églises européennes (KEK), dont le siège est aussi à Bruxelles, « condamne ces attaques violentes et appelle à des réponses pacifiques dans les heures et les jours qui viendront ». « En cette période de Carême et de Semaine sainte, nous déplorons ces explosions de violence », a déclaré le secrétaire général de la KEK, le P. Heikki Huttunen, appelant à « de nouveaux chemins » sur lesquels « nous devrons tous contribuer à l’édification de sociétés où tout le monde se sentira en sécurité et participera au bien commun ».

Le métropolite orthodoxe Athenagoras de Belgique a fait part de son « chagrin » et de sa « compassion » pour les victimes de ces « actes barbares ». « Nous méritons un monde meilleur », a-t-il conclu.

Témoignage d’un prêtre dans le métro

De son côté, le P. Charles Declercq, prêtre du diocèse de Malines-Bruxelles et chroniqueur cinéma pour RCF-Bruxelles et Dimanche, se trouvait dans le métro au moment de l’explosion qui a retenti dans la station de métro Maelbeek. Il a témoigné sur sa page Facebook.

« J’étais tranquillement en route pour la vision presse de Batman vs Superman au Heysel, étant monté dans la première voiture de la rame de métro de toute justesse… quand, en arrivant à la station Malbeek, une déflagration, des vitres tombent sur mes jambes, plus de lumière, la fumée, les cris… Le chauffeur arrive après deux minutes, avec une lampe et fait sortir les passagers par l’emplacement où il y avait une fenêtre… À terre, des passagers recroquevillés, que l’on discerne à peine. On pourrait écraser des gens dans la fuite…

Dans la station Malbeek, tout est noir, rempli de fumée bleue… Une dame crie : “il y a une sortie par ici” (c’est la sortie via les maisons pour déboucher rue Joseph-II). Dans la cour des gens ensanglantés (mais ce ne sont pas de grands blessés apparemment – ce sont ceux qui ont pu sortir).

De mon côté, sachant que le matin il y avait eu deux explosions à Zaventem… je me dis qu’il y a de fortes probabilités qu’il s’agit d’un attentat…

Suis rentré à la maison de suite. Je vais voir une voisine : « tu sens la fumée »… Mal de tête (le souffle de l’explosion, l’audition diminuée,… un gramme de Paracétamol…). J’écoute les nouvelles… J’irai à pied à RCF cette après-midi. »

Prière à Taizé

Mardi midi, lors de la prière de midi à Taizé (Saône-et-Loire), Frère Alois, prieur de la Communauté de Taizé, a confié les victimes des attentats et leurs familles : « Confrontés à l’incompréhensible souffrance des innocents de par le monde, nous croyons que les paroles de Jésus, les paroles d’amour et d’espérance, ne passeront jamais », avant d’implorer : « donne ta paix, que ton règne vienne ».

Les autres religions

Dans un communiqué publié sur sa page Facebook, l’Exécutif des musulmans de Belgique (EMB) « condamne fermement et sans réserve », stigmatisant « des actes d’une cruauté extrême commis à l’encontre de citoyens innocents ». Se tournant « en premier lieu, vers les victimes et leurs proches à qui il présente ses sincères condoléances », et exprimant « sa compassion à l’égard des nombreux blessés », l’EMB « appelle à l’unité et au rassemblement afin de faire front à toute forme de violence et de terrorisme ».

Dans ce communiqué signé de son président Salah Echallaoui, l’EMB « réaffirme son profond attachement aux valeurs démocratiques », « exprime toute sa reconnaissance aux forces de l’ordre et aux services de secours mobilisés, et réaffirme sa confiance et son soutien aux autorités publiques belges chargées de garantir la sécurité et la cohésion sociale du pays ».

Les présidents du Consistoire central israélite de Belgique et du Comité de coordination de la communauté juive de Belgique se sont dits « choqués par l’ampleur des attaques terroristes ». « Notre pays, nos valeurs et notre démocratie sont attaqués dans leur chair par des actes de barbarie aveugles », soulignent-ils dans un communiqué.

Nicolas Senèze

Attentats à Bruxelles, les réactions du pape et des évêques de Belgique

Des responsables religieux belges réagissaient dès mardi matin 22 mars aux attentats de l’aéroport de Bruxelles-Zaventem et du métro Maelbeek.

Le pape a quant à lui condamné « la violence aveugle ».

Mgr Jozef De Kesel, archevêque de Malines-Bruxelles.ZOOM

Mgr Jozef De Kesel, archevêque de Malines-Bruxelles. / NICOLAS MAETERLINCK/AFP

Dans un télégramme envoyé à l’archevêque de Malines-Bruxelles, Mgr Jozef De Kesel, et signé du cardinal Pietro Parolin, secrétaire d’État, le pape François « confie à la miséricorde de Dieu les personnes qui ont perdu la vie et il s’associe par la prière à la peine de leurs proches ». François « exprime sa profonde sympathie aux blessés et à leurs familles, ainsi qu’à toutes les personnes qui contribuent aux secours, demandant au Seigneur de leur apporter réconfort et consolation dans l’épreuve » et « condamne à nouveau la violence aveugle qui engendre tant de souffrances ».

« Attaque au cœur de l’Europe », a titré mardi soir L’Osservatore Romano.

Les évêques de Belgique

Dans un communiqué publié très rapidement après les attentats, les évêques de Belgique ont dit leur consternation, appelant à prier pour les victimes et leurs familles :

« Les évêques de Belgique sont consternés d’apprendre l’attentat perpétré à l’aéroport de Zaventem et au centre de Bruxelles. Ils partagent l’angoisse de milliers de voyageurs et de leurs familles, des professionnels de l’aviation et des équipes de secours une nouvelle fois sur la brèche. Ils confient les victimes à la prière de tous dans cette nouvelle situation dramatique. Les aumôniers de l’aéroport sont quotidiennement au service de tous et apporteront le soutien spirituel nécessaire. Que l’ensemble du pays puisse vivre ces jours en grande responsabilité citoyenne. »

De son côté, interrogé par Cathobel, Mgr Jean Kockerols, évêque auxiliaire en charge de Bruxelles, se dit abasourdi, confiant « pleurer avec ceux qui pleurent ». Car, loin de la polémique, « le chrétien doit être solidaire de ce qui se passe dans sa cité ». Il y va d’une attitude citoyenne et solidaire, estime-t-il.

À Bruxelles et Tournai, les messes chrismales prévues mardi soir ont été annulées.

Les évêques européens

Le cardinal Reinhard Marx, archevêque de Munich (Allemagne) et président de la Commission des épiscopats de l’Union européenne (Comece), qui a son siège à Bruxelles, s’est dit « attristé et choqué par les attentats ». « Mes pensées et mes sentiments en ces heures sombres vont aux morts, aux blessés et à leurs proches », ajoute le cardinal, « uni par la pensée avec mes collaborateurs et collaboratrices du secrétariat de la Comece qui est basé à Bruxelles ».

De son côté, le cardinal Péter Erdö, archevêque de Budapest et président du Conseil des conférences épiscopales d’Europe, a dénoncé « ce nouvel acte inhumain », assurant les victimes de ses prières et exprimant sa solidarité à leurs familles. « En ces temps troubles, j’invite à ne pas nous laisser vaincre par la peur et à prier pour la paix en Europe, au Moyen-Orient et dans le monde », a ajouté le président des évêques européens.

La Conférence des Églises européennes (KEK), dont le siège est aussi à Bruxelles, « condamne ces attaques violentes et appelle à des réponses pacifiques dans les heures et les jours qui viendront ». « En cette période de Carême et de Semaine sainte, nous déplorons ces explosions de violence », a déclaré le secrétaire général de la KEK, le P. Heikki Huttunen, appelant à « de nouveaux chemins » sur lesquels « nous devrons tous contribuer à l’édification de sociétés où tout le monde se sentira en sécurité et participera au bien commun ».

Le métropolite orthodoxe Athenagoras de Belgique a fait part de son « chagrin » et de sa « compassion » pour les victimes de ces « actes barbares ». « Nous méritons un monde meilleur », a-t-il conclu.

Témoignage d’un prêtre dans le métro

De son côté, le P. Charles Declercq, prêtre du diocèse de Malines-Bruxelles et chroniqueur cinéma pour RCF-Bruxelles et Dimanche, se trouvait dans le métro au moment de l’explosion qui a retenti dans la station de métro Maelbeek. Il a témoigné sur sa page Facebook.

« J’étais tranquillement en route pour la vision presse de Batman vs Superman au Heysel, étant monté dans la première voiture de la rame de métro de toute justesse… quand, en arrivant à la station Malbeek, une déflagration, des vitres tombent sur mes jambes, plus de lumière, la fumée, les cris… Le chauffeur arrive après deux minutes, avec une lampe et fait sortir les passagers par l’emplacement où il y avait une fenêtre… À terre, des passagers recroquevillés, que l’on discerne à peine. On pourrait écraser des gens dans la fuite…

Dans la station Malbeek, tout est noir, rempli de fumée bleue… Une dame crie : “il y a une sortie par ici” (c’est la sortie via les maisons pour déboucher rue Joseph-II). Dans la cour des gens ensanglantés (mais ce ne sont pas de grands blessés apparemment – ce sont ceux qui ont pu sortir).

De mon côté, sachant que le matin il y avait eu deux explosions à Zaventem… je me dis qu’il y a de fortes probabilités qu’il s’agit d’un attentat…

Suis rentré à la maison de suite. Je vais voir une voisine : « tu sens la fumée »… Mal de tête (le souffle de l’explosion, l’audition diminuée,… un gramme de Paracétamol…). J’écoute les nouvelles… J’irai à pied à RCF cette après-midi. »

Prière à Taizé

Mardi midi, lors de la prière de midi à Taizé (Saône-et-Loire), Frère Alois, prieur de la Communauté de Taizé, a confié les victimes des attentats et leurs familles : « Confrontés à l’incompréhensible souffrance des innocents de par le monde, nous croyons que les paroles de Jésus, les paroles d’amour et d’espérance, ne passeront jamais », avant d’implorer : « donne ta paix, que ton règne vienne ».

Les autres religions

Dans un communiqué publié sur sa page Facebook, l’Exécutif des musulmans de Belgique (EMB) « condamne fermement et sans réserve », stigmatisant « des actes d’une cruauté extrême commis à l’encontre de citoyens innocents ». Se tournant « en premier lieu, vers les victimes et leurs proches à qui il présente ses sincères condoléances », et exprimant « sa compassion à l’égard des nombreux blessés », l’EMB « appelle à l’unité et au rassemblement afin de faire front à toute forme de violence et de terrorisme ».

Dans ce communiqué signé de son président Salah Echallaoui, l’EMB « réaffirme son profond attachement aux valeurs démocratiques », « exprime toute sa reconnaissance aux forces de l’ordre et aux services de secours mobilisés, et réaffirme sa confiance et son soutien aux autorités publiques belges chargées de garantir la sécurité et la cohésion sociale du pays ».

Les présidents du Consistoire central israélite de Belgique et du Comité de coordination de la communauté juive de Belgique se sont dits « choqués par l’ampleur des attaques terroristes ». « Notre pays, nos valeurs et notre démocratie sont attaqués dans leur chair par des actes de barbarie aveugles », soulignent-ils dans un communiqué.

Nicolas Senèze