Monthly Archives: July 2016

Les évêques polonais accueillent chaleureusement le pape François

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Mgr Stanislaw Dziwisz présente un cadeau au pape François lors de la rencontre entre le pape et les évêques polonais à la cathédrale de Wawel de Cracovie, le 27 juillet 2016.

©OR-AFP

Mgr Stanislaw Dziwisz présente un cadeau au pape François lors de la rencontre entre le pape et les évêques polonais à la cathédrale de Wawel de Cracovie, le 27 juillet 2016.

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« Bienvenue à Cracovie ! », « nous nous réjouissons de ta présence et nous te remercions ! » : c’est par ces mots chaleureux que le cardinal Stanisław Dziwisz, ancien secrétaire particulier de Jean-Paul II et actuel archevêque de Cracovie, a accueilli hier soir le pape François dans « sa » cathédrale. Un discours prononcé au nom des quelque 130 évêques polonais réunis autour de lui dans le célèbre édifice du Wavel, pour l’une des toutes premières étapes de ce voyage du pape en Pologne : une rencontre à huis clos avec les chefs de l’Église catholique polonaise.

Cette rencontre s’est déroulée dans « un climat très chaleureux », selon Stanisław Gądecki, archevêque de Poznan et président de la conférence épiscopale polonaise. Ces derniers jours, des rumeurs avaient circulé, laissant entendre que le pape allait « sermonner » les évêques polonais, présentés par certains médias comme trop conservateurs et « insuffisamment en phase » avec les positions du pape François. Apparemment, ces catégorisations médiatiques se sont une nouvelle fois avérées fausses.

« Les Polonais aiment le pape, quel qu’il soit »

« Les médias progressistes aiment faire croire qu’il y a un fossé entre les évêques polonais et le pape François, estime un bon connaisseur de l’Église polonaise. C’est exactement comme à l’époque communiste : le pape Jean XXIII était présenté comme très bon et les évêques polonais comme pas assez ouverts. Or les Polonais aiment le pape, quel qu’il soit, sont profondément attachés à lui ».

Si l’on connaît certains thèmes qui ont été évoqués lors de cette rencontre (la sécularisation en Europe, les œuvres de miséricorde, l’intégration des mouvements dans la vie paroissiale, l’accueil des réfugiés), ce n’est que plus tard qu’on saura avec davantage de précision la teneur précise de ce long échange entre le pape et les évêques polonais. Pour l’heure, c’est avant tout la chaleur et l’enthousiasme qui apparaissent à chaque pas de ces premières heures du voyage du pape en Pologne.

Le discours d’accueil de l’archevêque de Cracovie

« Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur ! » Par ces paroles de l’Évangile, je te souhaite la bienvenue à Cracovie, à la cathédrale du Wavel. Dans les murs de ce temple, depuis un millier d’années, est gardée vive la mémoire de la nation polonaise, la mémoire des grands événements de notre histoire, de nos victoires et défaites, de nos souffrances et de nos espérances. Ici bat le cœur de la Pologne ! Ici repose l’évêque de Cracovie et martyr, saint Stanislas, intrépide défenseur des droits de l’homme, qui au XIe siècle a donné sa vie pour défendre le peuple et qui est devenu le patron de l’ordre moral de notre Patrie. Dans cette cathédrale a souvent célébré l’eucharistie l’évêque métropolite de Cracovie, le cardinal Karol Wojtyła. C’est d’ici qu’en octobre 1978 il est parti pour Rome, pour devenir l’évêque de la Ville éternelle. Il est retourné ici plusieurs fois en tant que Jean-Paul II. Aujourd’hui, l’évêque de Rome est venu à nous, pour vivre ces journées, avec les jeunes du monde entier, la fête de la foi, pour nous confirmer tous dans la foi, pour montrer au monde le visage jeune et miséricordieux de l’Église. Comment ne pas remercier le Tout-Puissant pour tout ce que nous sommes en train de vivre, à l’occasion du 1050e anniversaire du baptême de la Pologne et de l’Année sainte de la Miséricorde ? Saint Père, nous te souhaitons la bienvenue avec une grande joie ! Ta présence parmi nous rend plus profonde notre conscience d’appartenir à l’Église universelle, qui dépasse les limites des nations, des cultures et des langues. Nous prêterons une oreille attentive à tes paroles. Nous tiendrons les yeux fixés sur ton amical visage. Saint Père, bienvenue ! Nous nous réjouissons et nous te remercions ! »

J.-M. Dumont

Nosseigneurs les évêques face au terrorisme islamiste

« Combien faudra-t-il de nouvelles victimes pour que la chrétienté sorte enfin de sa torpeur ? » Ces mots sont tirés du communiqué de l’abbé Bouchacourt, de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X, qui n’hésite pas à parler de l’angélisme mortifère des autorités politiques et religieuses. En effet.

Ainsi, Mgr Pontier, archevêque de Marseille et président de la Conférence des évêques de France, évoque un « drame impensable ». Impensable ? Mgr Pontier a-t-il entendu les mises en garde de nos frères chrétiens d’Orient depuis plusieurs années ? Son Éminence Mgr Vingt-Trois, cardinal-archevêque de Paris, parle, lui, de « crime terroriste », comme nombre de ses frères évêques de l’Église de France et comme… François Hollande, c’est-à-dire sans qualifier l’origine de ce terrorisme.

Le cardinal Barbarin évoque « la violence et le terrorisme qui frappent aveuglément ». Aveuglément, vraiment ? On peut même se demander, du reste, et sans vouloir être désobligeant à l’égard de Son Éminence, qui est vraiment aveugle…

En tout cas – je serais tenté d’écrire Dieu merci -, pas Mgr Wintzer, archevêque de Poitiers qui déclare : « Comme les précédents, cet attentat n’est pas aveugle, il vise ce qui fait notre identité et notre histoire : après des journalistes et des humoristes, des juifs, des gens qui font la fête et sont aux terrasses des cafés, après ceux qui célèbrent le 14 Juillet, ce sont aujourd’hui des catholiques qui sont pris pour cibles. » C’est d’ailleurs le seul, à ma connaissance, à qualifier clairement le terrorisme : « Les terroristes islamistes triompheront si nous entrons dans leur logique : oublier l’ordre public et nous dresser les uns contre les autres. »

Gobalement, tout de même, le mot « islamisme » semble tabou sous la plume de nos excellentissimes seigneurs. Autre mot qui paraît tabou dans les bouches d’or de nos évêques, c’est celui de « martyr ». Donner la palme du martyr au prêtre égorgé au pied de l’autel serait, en quelque sorte, accréditer le fait qu’il a été assassiné parce qu’il était chrétien. Et pourtant, les faits sont têtus, comme disait Lénine : nos évêques devraient le savoir… C’est un peu comme si l’on refusait le qualificatif de « héros » à ceux qui tombent les armes à la main pour une juste cause.

Reconnaissons, tout de même, que Mgr Lebrun, archevêque de Rouen, a évoqué, hier matin, alors qu’il était encore à Cracovie, l’idée du martyr, mais de façon indirecte, sans citer le mot, en déclarant : « Avec les jeunes des JMJ, nous prions comme nous avons prié autour de la tombe du père Popiełuszko à Varsovie, assassiné sous le régime communiste. »

Il paraît donc que nous sommes en guerre. Sans attendre, évidemment, que Mgr Vingt-Trois ne chausse ses bottes cavalières, revête une cuirasse sous son manteau de pourpre, sans attendre même que nosseigneurs ne bénissent drapeaux et étendards, un petit soutien à ceux qui mènent cette guerre contre l’islamisme ne serait pas superflu par les temps qui courent. Un soutien ? Simplement en rappelant ces lignes tirées de la doctrine sociale de l’Église : « Une guerre d’agression est intrinsèquement immorale. Dans le cas tragique où elle éclate, les responsables d’un État agressé ont le droit et le devoir d’organiser leur défense en utilisant notamment la force des armes… »

Je ne peux, néanmoins, terminer ce billet sans citer cette sentence prononcée ce matin par le chanoine honoraire de Saint-Jean-de-Latran : « Tuer un prêtre, c’est profaner la République… » Heureusement que certains ont encore le sens du sacré !

L'archevêque de Malines-Bruxelles dissout la Fraternité des Saints-Apôtres

Après l’avoir annoncé puis suspendu sa décision au cours du mois de juin, Mgr Josef de Kesel, archevêque de Malines-Bruxelles, a prononcé, par un décret du 15 juillet, la dissolution de cette fraternité de prêtres et de séminaristes accueillie dans la capitale belge depuis 2012.

Mgr Josef de Kesel, archevêque de Malines-BruxellesZOOM

Mgr Josef de Kesel, archevêque de Malines-Bruxelles / NICOLAS MAETERLINCK/AFP

Par un décret daté du 15 juillet, et adressé aux intéressés le 18 juillet, l’archevêque de Malines-Bruxelles, Mgr Josef de Kesel, a dissout la Fraternité des Saints-Apôtres, une communauté de prêtres et de séminaristes, majoritairement français, inspirée de la figure du P. Michel-Marie Zanotti-Sorkine.

« L’association publique ’Fraternité des Saints-Apôtres’ est dissoute à la date du 15 juillet 2016 », indique ce document relayé sur Internet par les fidèles proches de la fraternité. « Les prêtres et le diacre incardinés pour servir dans l’archidiocèse de Malines-Bruxelles le resteront conformément aux dispositions du droit de l’Église. Lorsque l’archevêque les nommera à différentes fonctions, il s’efforcera de respecter ce qui leur était cher lorsqu’ils ont adhéré à la Fraternité. »

L’information est confirmée par l’Église belge. « Il s’agit simplement de la mise en forme canonique de l’annonce du 15 juin dernier », explique le P. Tommy Scholtes, responsable de la communication de la Conférence des évêques de Belgique.

Une décision du 15 juin, provisoirement suspendue

Le 15 juin, Mgr Josef de Kesel, archevêque de Malines-Bruxelles, annonçait dans un communiqué sa décision de ne plus accueillir dans son diocèse, à partir de la fin juin, la fraternité des Saints apôtres. Cette communauté qui compte 6 prêtres et 21 séminaristes, avait été accueillie dans le diocèse en 2012 par le prédécesseur de Mgr de Kesel, Mgr André Léonard, comme association de droit diocésain.

« L’initiative pose problème », écrivait Mgr de Kesel après un « long discernement ». Le fait que la plupart des membres de la fraternité soient originaires de France « où de nombreuses régions connaissent un manque cruel de prêtres », constituait selon l’archevêque « un grave manquement à la solidarité entre évêques, tant avec ceux de notre pays qu’avec nos voisins français ».

Toutefois, dans un nouveau communiqué le 29 juin, il sursoyait à sa décision. Après avoir reçu des paroissiens de Sainte-Catherine, l’église bruxelloise desservie par la fraternité, Mgr de Kesel avait assuré que celle-ci « resterait bien ouverte et confiée aux prêtres de la Fraternité des Saints-Apôtres qui la desservent aujourd’hui, lesquels pourront continuer à vivre ensemble en fraternité durant tout son épiscopat ».

Les fidèles mécontents

« Où sont passés les engagements de Mgr De Kesel ? », se demandent de leur côté les paroissiens de Sainte-Catherine. « Tous les écrits de la main de l’évêque reviennent continuellement sur la position floue et non engageante du 15 juin », déplorent-ils sur leur site Internet.

« De nombreux paroissiens se sentent manipulés et profondément blessés par ces courriers qui reviennent sur les engagements pris », peut-on encore lire.

« Personne n’est exclu », souligne le P. Scholtes. « Les prêtres qui sont incardinés dans le diocèse peuvent rester, et les séminaristes qui voudraient suivre la formation dans le diocèse de Malines-Bruxelles peuvent en faire la demande. Il n’est pas question de remettre en cause le charisme de la Fraternité des Saints-Apôtres », insiste-t-il.

Accueil dans un diocèse français ?

Dans son communiqué du 29 juin, l’archevêque de Malines – Bruxelles indiquait que « si d’autres évêques étaient désireux d’accueillir la Fraternité des Saints-Apôtres et d’en être responsables canoniquement, à ce qu’une antenne puisse se développer et continuer sa mission en Belgique ». Une manière d’indiquer que la fraternité pourrait être accueillie par un autre diocèse.

Selon des informations recueillies par La Croix, au moins un diocèse français envisagerait à ce stade d’accueillir la fraternité. Mais cet accueil, depuis un acte législatif du pape daté du 20 mai dernier, requiert désormais l’autorisation préalable de Rome afin d’assurer un « discernement suffisant ». D’autant que l’exclusion du diocèse belge représente le deuxième échec de la fraternité, après une première tentative d’implantation dans le diocèse de Fréjus-Toulon.

Gauthier Vaillant

L'évêque de Blois appelle à la fraternité

“ Horrifié ” par le meurtre de Rouen, Mgr Batut, actuellement en Pologne avec les jeunes du diocèse, estime qu’il faut désormais assumer le risque terroriste.

Les jeunes catholiques du diocèse de Blois et leur pasteur actuellement en Pologne pour les Journées mondiales de la jeunesse ont appris « avec horreur » l’assassinat d’un prêtre hier matin. « Je suis de tout cœur avec les fidèles du diocèse de Rouen dont je connais bien l’archevêque » déclarait quelques heures après le drame Mgr Jean-Pierre Batut, évêque de Blois, joint à Cracovie où il venait d’arriver avec la délégation du Loir-et-Cher. « Ce tragique événement ne doit pas nous détourner de la ligne qui est la nôtre : nous sommes ici pour porter un message de paix, de fraternité et de prière qui est la seule réponse possible à la violence aveugle qui vient de frapper en Normandie, comme elle avait frappé quelques jours plus tôt en Allemagne ».

Mgr Batut a indiqué son intention d’adresser dès ce mardi soir un message à tous ses fidèles, via le site Internet du diocèse de Blois. Le programme des JMJ, dont la semaine de célébrations en présence du pape François vient tout juste de commencer, avec une participation de plus d’un million de jeunes, ne sera pas modifié. Et il en ira de même en Loir-et-Cher. « Depuis les premiers attentats, nous sommes en relation suivie avec la préfecture, les autorités civiles, la gendarmerie et la police pour chacune de nos manifestations susceptible d’attirer une forte affluence. A chaque fois, le maximum est fait. Mais nous sommes aussi conscients que les dispositifs de prévention ont leurs limites et qu’il existe désormais un risque qu’il nous faut assumer ».

Réprobation croissante

La cible choisie cette fois par les terroristes, en la personne d’un membre du clergé, n’aura pas d’incidence sur les relations que la communauté catholique entretient avec la communauté musulmane, assure l’évêque de Blois. « Plus ces actes se multiplient et franchissent de nouveaux degrés dans l’horreur, et plus ils suscitent de réprobation chez nos frères musulmans. Il n’est pas dans leur culture de descendre dans la rue pour le proclamer. Mais ils sont conscients qu’une prise de position forte et publique va devenir nécessaire. »

Lire aussi en page 30.

400 jeunes avec l'évêque aux JMJ

Plus de 400 jeunes et animateurs du diocèse de Créteil sont en ce moment à Cracovie en Pologne pour les Journées mondiales de la jeunesse avec leurs animateurs et l’évêque de Créteil. Plusieurs départs se sont échelonnés la semaine dernière, avec, notamment un départ à vélo avec une escale en Allemagne. Tout le monde est arrivé lundi. L’évêque de Créteil, Michel Santier, bouleversé par la mort du prêtre de Saint-Etienne-du-Rouvray (Seine-Maritime) a fait part de sa « compassion ». Il prévoit de rentrer dimanche et annonce qu’une messe sera célébrée lundi à 18 h 30 à la cathédrale de Créteil pour montrer sa solidarité avec l’évêque et l’archevêque de Rouen ainsi que les victimes de l’attentat d’hier.

Les évêques de France appellent à une “journée de jeûne et de prière” vendredi

Monseigneur Olivier Ribadeau-Dumas a réagi au nom de la Conférence des évêques de France mardi à Cracovie, en Pologne, après l’attaque de l’église de Saint-Etienne-du-Vouvray, près de Rouen, où un prêtre a perdu la vie égorgé. “Ce soir Mgr Georges Pontier, archevêque de Marseille et président de la Conférence des évêques de France, a fait un communiqué”, a indiqué le porte-parole, où il invite “l’ensemble des catholiques” de France” à observer “une journée de jeûne et de prière” vendredi “pour notre pays et pour la paix dans le monde”.

Mgr Olivier Ribadeau-Dumas a également rappelé le contenu du communiqué de l’archevêque de Rouen, Mgr Dominique Lebrun. L’ensemble des catholiques de son diocèse sont invités à ne pas céder à la tentation de la haine et de la violence. Avant de repartir vers Rouen, Mgr Dominique Lebrun a réuni l’ensemble des jeunes de son diocèse qui participaient aux Journées mondiales de la jeunesse, arrivés lundi soir à Cracovie. “Il les a invités à continuer vivre ces JMJ dans l’esprit dont le pape, saint Jean-Paul II avait parlé, il y a des années, ‘bâtir une civilisation de l’amour'”, a rapporté Mgr Olivier Ribadeau-Dumas.

Val-de-Marne : plus de 400 personnes aux JMJ avec l'évêque

Plus de 400 jeunes et animateurs du diocèse de Créteil sont en ce moment à Cracovie en Pologne pour les Journées mondiales de la jeunesse avec leurs animateurs et l’évêque de Créteil. Plusieurs départs se sont échelonnés la semaine dernière, avec, notamment un départ à vélo avec une escale en Allemagne. Tout le monde est arrivé lundi. L’évêque de Créteil, Michel Santier, bouleversé par la mort du prêtre de Saint-Etienne-du-Rouvray (Seine-Maritime) a fait part de sa « compassion ». Il prévoit de rentrer dimanche prochain et annonce qu’une messe sera célébrée lundi prochain à 18 h 30 à la cathédrale de Créteil pour montrer sa solidarité avec l’évêque et l’archevêque de Rouen ainsi que les victimes de l’attentat de ce mardi.

L'archevêque de Besançon « profondément touché » par l'attaque de Saint-Etienne-du-Rouvray



Mgr Jean-Luc Bouilleret, archevêque de Besançon. Archives NB

Mgr Jean-Luc Bouilleret, archevêque de Besançon. Archives NB

« Comment peut-on s’attaquer à un prêtre de 84 ans alors qu’il célèbre un office religieux dans une église ? C’est vraiment la barbarie qui s’installe… ». Joint par L’Est Républicain à Cracovie (Pologne), où il participe aux cérémonies d’ouverture des Journées mondiales de la jeunesse (JMJ), l’archevêque de Besançon ne parvient pas à cacher son émotion, quelques heures après l’attaque terroriste qui a coûté la vie au père Jacques Hamel, égorgé en plein office dans sa paroisse de Saint-Etienne-du-Rouvray (Seine-Maritime). Un attentat presque aussitôt revendiqué par Daech.

« Vaincre la peur »

Mgr Jean-Luc Bouilleret appelle les fidèles à « lutter contre toute cette sauvagerie avec les armes de la Miséricorde, c’est-à-dire en priant pour la paix ». « Au cœur de la foi chrétienne, il y a cette lutte contre le mal par la fraternité, la connaissance mutuelle et l’amour de son prochain. Les trois religions monothéistes (chrétienne, juive et musulmane) sont toutes blessées et concernées par ces événements tragiques », poursuit l’archevêque de Besançon, présent aux JMJ aux côtés de l’évêque de Saint-Claude (Jura) et de Belfort. « Bien sûr qu’il faut se prémunir de tout amalgame », exhorte-t-il. « Il faut continuer à aller dans les églises, vaincre la peur et se rassembler ». Il confie néanmoins : « D’une certaine manière, on vivait avec la crainte qu’un attentat puisse toucher une église ou attenter à la vie d’un prêtre ou d’un religieux. Cette inquiétude sourde s’est malheureusement révélée fondée mais nous savons pouvoir compter sur les pouvoirs publics, qui exercent une attention discrète mais réelle autour des lieux de culte », évoque Mgr Bouilleret.

La cathédrale Saint-Jean de Besançon sonnera le bourdon, ce mardi soir à 19 h, comme elle l’avait déjà fait après les attentats de Charlie et de l’hypercacher, de Paris et de Nice. Une messe sera célébrée dimanche prochain à 18 h 15, à la mémoire des victimes de cette nouvelle attaque au cours de laquelle un fidèle a également été grièvement blessé.

Nicolas BASTUCK

Mgr Lebrun, archevêque de Rouen: “Je crie vers Dieu”

Mgr Dominique Lebrun (1er plan), ici en 2009 à l’évêché de Saint-Etienne. (Photo: Chantal de Rosemont et André Barou)

“Je crie vers Dieu, avec tous les homme de bonne volonté”, déclare Mgr Dominique Lebrun, archevêque de Rouen dans un communiqué diffusé par la Conférence des évêques de France (CEF). Il réagit à la mort du Père Jacques Hamel, égorgé part deux preneurs d’otage, alors qu’il célébrait la messe au matin du 26 juillet 2016, à Saint-Etienne-Du-Rouvray, en France. Daech a revendiqué l’attaque.

Je crie vers Dieu, avec tous les hommes de bonne volonté. J’ose inviter les non-croyants à s’unir à ce cri! Avec les jeunes des Journées mondiales de la jeunesse (JMJ), nous prions comme nous avons prié autour de la tombe du Père Popielusko à Varsovie, assassiné sous le régime communiste”, déclare dans un communiqué, Mgr Dominique Lebrun, archevêque de Rouen. Il a quitté Cracovie pour Rouen ce matin, où il accompagnait des jeunes de son diocèse aux JMJ.

“Le vicaire général, le Père Philippe Maheut, est sur place depuis les premiers moments”, assure le prélat qui sera dès ce soir dans son diocèse “auprès des familles et de la communauté paroissiale très choquée”.

“L’Eglise catholique ne peut prendre d’autres armes que la prière et la fraternité entre les hommes. Je laisse ici des centaines de jeunes qui sont l’avenir de l’humanité, la vraie. Je leur demande de ne pas baisser les bras devant les violences et de devenir des apôtres de la civilisation de l’amour”, a conclu l’archevêque.

Nombreuses réactions

Les réactions se multiplient suite à l’attaque de ce matin. Plusieurs évêques français se trouvant en Pologne pour les JMJ, ont exprimé leur indignation. Ils ont également exhorté les fidèles à la prière et à ne pas céder à la peur et à être “des artisans de la paix”.

“La chair de l’Église catholique est atteinte ici dans une symbolique très forte: au cours de l’eucharistie et une petite communauté qui ne peut pas supposer qu’on va lui en vouloir et qu’on va venir la meurtrir”, déclare Mgr Pontier, archevêque de Marseille et président de la CEF. “La miséricorde c’est notre arme à nous. Ce n’est pas la vengeance, ce n’est pas la haine. Notre arme à nous, chrétiens, c’est à la suite du Christ”, a-t-il ajouté en répondant à la presse en Pologne où il se trouvait. Le Vatican dénonce un “meurtre barbare” alors que le cardinal Pietro Parolin, secrétaire d’Etat du Saint-Siège, affirme dans un communiqué que le pape est “particulièrement bouleversé par cet acte de violence”.

“Une folie meurtrière”

“Le propre des terroristes est de faire semer la terreur. Il ne faut pas leur céder. Il ne faut pas que la terreur gagne”, a déclaré Mgr Dubost,  évêque d’Évry Corbeil-Essonnes de Cracovie, où il se trouve également pour les JMJ. Mgr Stanislas Lalanne, évêque de Pontoise, s’est dit Abasourdi “comme tout l’ensemble des JMjistes, en particulier ceux de Rouen”. Il a évoqué devant les médias une “folie meurtrière”. “En tant que chrétiens, nous devons être artisans de paix et de dialogue, a-t-il ajouté. Sans le dialogue, sans le respect de l’autre, une vie en commun n’est absolument pas possible. Entre Nice, l’Allemagne récemment, les États-Unis, cette espèce de contagion meurtrière est de l’ordre de la folie”, a-t-il conclu.

Daech a revendiqué l’attaque de ce matin, qualifiée par le président François Hollande d’”ignoble attentat terroriste”. Le Père Jacques Hamel, curé de la paroisse, a été égorgé par les attaquants et un fidèle a été grièvement blessé. Les deux terroristes ont été abattus par les forces de l’ordre. (cath.ch-apic/cef/ag/bh)

Saint-Etienne-du-Rouvray : l'Eglise catholique condamne “un meurtre barbare”

La communauté catholique est sous le choc. Jacques Hamel, prêtre de la paroisse de Saint-Etienne-du-Rouvray, près de Rouen (Seine-Maritime), a été assassiné à l’arme blanche par deux assaillants alors qu’il donnait une messe, mardi 26 juillet. Une autre personne a été grièvement blessée lors d’une prise d’otages survenue dans l’église où se trouvaient deux sœurs et quelques fidèles. Les auteurs de l’attaque ont, quant à eux, été abattus par la police.

>> Attaque dans une église à Saint-Etienne-du-Rouvray : suivez la situation en direct

“L’innommable arrive”, a réagi l’archevêque de Rouen, Dominique Lebrun, depuis Cracovie (Pologne), où il accompagnait un groupe de jeunes de son diocèse aux Journées mondiales de la jeunesse. Il a aussitôt annoncé son retour en France, afin “d’être près de la communauté choquée”“L’Eglise catholique ne peut prendre d’autres armes que la prière et la fraternité entre les hommes, a-t-il ajouté dans un communiqué publié sur le site de l’Eglise catholique de France. Je crie vers Dieu, avec tous les hommes de bonne volonté. J’ose inviter les non-croyants à s’unir à ce cri !”

Des messes et des hommages partout en France

Après l’attentat, les évêques de Bayeux-Lisieux (Calvados) et de Coutances (Manche) ont fait part de leur solidarité, rapportent nos confrères de France 3 Normandie. “Il s’agit de se soutenir les uns les autres et de ne pas sombrer dans un esprit de haine. A la haine doit répondre la miséricorde“, a déclaré monseigneur Boulanger, évêque du diocèse de Bayeux-Lisieux. Rien ne serait pire en réponse que la division, la condamnation sans discernement, la peur“, explique son homologue de Coutances, également cité par nos confrères. 

A Lyon, Saint-Etienne, Montpellier, Orléans, entre autres villes de France, les messes en début de soirée seront célébrées en mémoire du prêtre assassiné. A Strasbourg, la cathédrale sonnera le glas. Georges Pontier, qui préside la Conférence des évêques de France, a notamment appelé les catholiques français à participer vendredi “à un jour de jeûne et de prière pour la paix et notre pays”, rapporte La Provence. “Ce sont celles-là nos armes à nous, celles de la prière et de la paix, non pas d’amplifier la réaction normale et première de peur“, a-t-il indiqué au quotidien. 

Par ailleurs, le diocèse de Metz a également tweeté un message de solidarité : il a publié une photo de la porte grande ouverte de l’un des lieux de culte de la ville, “meilleure réponse aux actes de ce matin”.

Le pape s’associe à “la douleur et à l’horreur”

Le pape François “condamne de la manière la plus radicale” l’attaque de l’église de Saint-Etienne-du-Rouvray, selon un communiqué du Vatican, qui évoque “un meurtre barbare”. Le pape, qui doit s’envoler mercredi pour un voyage en Pologne à l’occasion des Journées mondiales de la jeunesse, “a été informé et s’associe à la douleur et à l’horreur, condamne de la manière la plus radicale toute forme de haine et prie pour les personnes touchées”, a ajouté le Saint-Siège.

Nous sommes particulièrement frappés parce que cette violence horrible est intervenue dans une église, un lieu sacré où s’annonce l’amour de Dieu, avec le meurtre barbare d’un prêtre et des fidèles touchés.

le Vatican

dans un communiqué

“Cette nouvelle information terrible s’ajoute malheureusement à une série de violences, ces derniers jours, qui nous ont déjà bouleversés, suscitant une immense douleur et inquiétude”, a précisé le Vatican.