Monthly Archives: November 2016

Evêché de Bayonne. Une soixantaine de prêtres interpellent l'évêque conservateur

Une soixantaine de prêtres du diocèse de Bayonne-Lescar-Oloron ont interpellé leur évêque, Mgr Marc Aillet, membre de l’aile conservatrice de l’Eglise catholique, sur son «mode de gouvernance» et ont saisi leur hiérarchie, ont indiqué à l’AFP deux de ces prêtres.

Mikel Epalza, prêtre en charge des pêcheurs à Socoa (Pyrénées-Atlantiques) et délégué des signataires, a précisé à l’AFP qu’une soixantaine d’écclésiastiques – sur un peu moins de 200 dans le diocèse — ont signé une lettre adressée l’été dernier au cardinal-archevêque de Bordeaux, Mgr Jean-Pierre Ricard, à la Conférence des évêques de France et au Nonce apostolique du Vatican à Paris. Une trentaine d’autres prêtres auraient signalé leur soutien à cette initiative, sans pour autant signer le document, écrit de son côté Sud Ouest, qui a révélé l’information.

Une délégation des signataires, dont le père Mikel Epalza, a été reçue par Mgr Aillet: «Un dialogue a été entamé et j’espère qu’il va se poursuivre», a déclaré l’aumônier des pêcheurs de la Côte Basque.

Sous couvert de l’anonymat, un autre prêtre signataire de la lettre a souligné à l’AFP qu’il «s’agit d’exprimer nos inquiétudes sur le mode de gouvernance» de l’évêque, «son management», «sa politique financière». «Il nous a écoutés, mais avons-nous été entendus»?, s’est-il interrogé.

Dans leur lettre, les écclésiastiques signataires s’interrogent notamment sur le recrutement par Mgr Aillet de nouveaux prêtres quasi exclusivement venus de la Communauté Saint-Martin, dont l’évêque est lui-même issu. Aussi sur la sellette, le financement de l’ouverture d’un nouveau séminaire et le recrutement extérieur de cadres aux salaires élevés.

Connu pour ses prises de position contre l’avortement et pour la Manif pour Tous, de soutien à Vladimir Poutine et à Bachar al-Assad, Mgr Aillet avait défrayé la chronique en faisant un parallèle entre la législation sur l’avortement en France et les crimes terroristes de Daech.

Par ailleurs, Mgr Marc Aillet est cité dans une enquête ouverte en avril 2016 par le Parquet de Bayonne après une plainte déposée par la mère d’un garçon qui aurait été victime de faits de pédophilie de la part d’un prêtre du diocèse. Informé des faits dès 2009 par le prêtre en cause lui-même, Mgr Aillet a écrit au Procureur seulement le 15 avril 2016.

Enfin, une enquête préliminaire pour «abus de vulnérabilité de personnes en situation de sujétion psychologique» a été ouverte en octobre dernier par le Parquet de Pau à la suite d’une plainte d’une famille d’une jeune religieuse du Carmel Notre-Dame de la Rencontre à Simacourbe (Pyrénées-Atlantiques). Un Carmel dont Mgr Aillet a pris la défense.

Pyrénées-Atlantiques : 60 prêtres demandent des comptes à l'évêque

C‘est un fait rarissime : des prêtres du diocèse de Bayonne, Lescar et Oloron mettent officiellement en cause le ministère de leur évêque, Marc Aillet. Ils sont 60 à signer un cahier de doléances en direction des hautes autorités ecclésiastiques et revendiquent le soutien anonyme de 30 autres curés, dans un diocèse qui compte 198 prêtres actifs. Ils ont transmis leurs griefs à l’archevêque de Bordeaux, à la Conférence des évêques de France ainsi qu’au nonce apostolique (soit l’ambassadeur du Vatican en France). 

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Suite à ces courriers en hauts lieux, une rencontre s’est tenue, entre une délégation des frondeurs et l’évêque, le 23 septembre. “Sud Ouest” s’est procuré le compte-rendu de ce rendez-vous discret, qui reprend l’ensemble des récriminations exprimées par les prêtres. Elles disent “une profond malaise” au sein de la communauté chrétienne.

“Réduits à un rôle d’exécutants”

Il est tout d’abord causé par une “gouvernance” verticale et très autoritaire de Mgr Aillet. “Qu’en est-il de la participation des prêtres?”, interrogent les signataires. Ils s’estiment “réduits à un rôle d’exécutants”. Pour asseoir son pouvoir, Marc Aillet a, dès son arrivée, imposé des prêtres “venus d’ailleurs”, pour la plupart formés dans le courant traditionaliste dont est issu le prélat. Le groupe des 60 déplore ce fait accompli. De même, ces laïcs recrutés à la tête des “grands services du diocèse”: catéchèse, communication, finances…  

Soutien à Poutine et El Assad

Les curés “frondeurs” dénoncent aussi les prises de position “très typées” de l’évêque et de ses proches sur les questions de société. Ils mentionnent des exemples tels que le soutien à une “marche pour la vie” (contre l’avortement), à Vladimir Poutine, Bachar el Assad (“comme défenseur des minorités”), la remise en cause de la laïcité, “la mise en cause directe de responsables politiques et de l’Etat jugé parfois totalitaire”…

Gestion financière en question

Les prêtres interrogent aussi la gestion financière du diocèse. Les choix d’investissements (nouveau séminaire notamment) non concertés et le déficit du fonctionnement de la curie. 

A l’issue de leur rencontre avec Marc Aillet, les émissaires des 60 curés inquiets ont “tous déploré l’absence de dialogue”.  Au moment où nous écrivions ces lignes, Marc Aillet n’avait pas répondu à la sollicitation de “Sud Ouest”.

>>> Retrouvez notre dossier sur la fronde des prêtres basques et béarnais dans l’édition papier de “Sud Ouest” ce jeudi 1er décembre.

Pédophilie : le procès canonique de l'archevêque de Guam est en cours

Le procès canonique de Mgr Anthony Apuron, archevêque de Guam accusé de pédophilie, « a commencé », selon des déclarations de son successeur à la presse locale, publiées lundi 28 novembre.

À peine arrivé sur l’île de Guam, Mgr Michael Jude Byrnes, nommé en octobre archevêque co-adjuteur du diocèse d’Agaña, a indiqué à la presse locale que le procès canonique de Mgr Anthony Apuron, qu’il doit remplacer, avait débuté. L’archevêque sortant est accusé d’abus sexuels sur mineurs et de mauvaise gestion.

Cité par le Pacific Daily News, le quotidien local, lundi 28 novembre, Mgr Byrnes a affirmé qu’il était « à peu près sûr » qu’un tribunal composé de trois juges avait été mis en place par le Vatican pour le procès de Mgr Apuron, âgé de 71 ans.

Lors de l’assemblée générale des évêques catholiques américains, du 14 au 16 novembre à Baltimore, les deux hommes ont eu l’occasion d’échanger brièvement, a par ailleurs indiqué Mgr Byrnes, qui était jusqu’à présent évêque auxiliaire de Détroit (États-Unis).

Les accusations dont fait l’objet Mgr Apuron concernent des faits remontant aux années 1960 et 1970, dénoncés en mai dernier par un homme âgé d’une cinquantaine d’années aujourd’hui. D’autres révélations avaient suivi. De son côté, l’archevêque a toujours nié. Les autorités civiles de Guam n’ont pas décidé d’engager de poursuites.

« Enquête approfondie »

En juin, le pape avait décidé de nommer Mgr Savio Hon Tai-Fai administrateur apostolique de Guam. Cette nomination avait été interprétée comme la première application d’un décret du pape François, publié deux jours plus tôt, qui prévoyait la possibilité de relever un évêque de ses fonctions pour « causes graves », ces dernières incluant la « négligence des évêques dans l’exercice de leur fonction, en particulier vis-à-vis des cas d’abus sexuels commis sur des mineurs et des adultes vulnérables ».

Une semaine après son arrivée, déjà, le nouvel administrateur avait marqué la rupture avec l’archevêque sortant. Il avait en effet émis un décret qui annulait la décision prise le 5 juin par ce dernier, de bannir des églises locales un groupe de personnes qui l’accusaient depuis deux ans d’avoir mal géré les finances du diocèse.

En septembre, Mgr Hon Tai-Fai avait promis une « enquête approfondie » concernant les faits reprochés à Mgr Apuron, de même qu’un procès canonique, et indiqué avoir demandé au Saint-Siège de démettre l’archevêque, celui-ci refusant de démissionner.

Marie Malzac

Revivez en images l'installation du nouvel archevêque de Clermont

La messe d’installation de Mgr Kalist sur le siège épiscopal de l’archidiocèse de Clermont s’est déroulée ce dimanche 27 novembre, devant un millier de fidèles invités, à la cathédrale de Clermont-Ferrand.

La messe était retransmise en direct, sur le site du diocèse.

Revivez la cérémonie en vidéo (la messe débute au bout d’1 h 18 mn)

Philippe Cros
Photos Thierry Lindauer

Collège épiscopal du 19 au 25 novembre

Nominations, démissions, Saint-Siège… du 19 au 25 novembre 2016

La DC

Nominations

Mgr Timothée Bodika MANSIYAI, pss, (évêque auxiliaire de l’archidiocèse de Kinshasa) évêque de Kikwit, République démocratique du Congo, le 19 novembre.

Le P. Gerard W. BATTERSBY, (du clergé de l’archidiocèse) évêque auxiliaire de Détroit, États-Unis, le 23 novembre.

Le P. Robert J. FISCHER, (du clergé de l’archidiocèse) évêque auxiliaire de Détroit, États-Unis, le 23 novembre.

Le P. Timothy E. FREYER, (du clergé du diocèse) évêque auxiliaire d’Orange en Californie, États-Unis, le 23 novembre.

Démissions

Mgr Edouard Mununu KASIALA, ocso, évêque de Kikwit, République démocratique du Congo, le 19 novembre.

Décès

Mgr Theophane Mathew THANNICKUNNEL, évêque émérite de Jabalpur, Inde, le 18 novembre à l’âge de 88 ans.

Mgr Erwin HECHT, omi, évêque émérite de Kimberley, Afrique du Sud, le 19 novembre à l’âge de 83 ans.

Mgr Francesco TONG HUI, évêque émérite de Ya n’an (Yenan), province du Shaanxi en Chine, le 27 octobre à l’âge de 83 ans.

Mgr Mathew VATTACKUZHY, évêque émérite de Kanjirapally, Inde, le 22 novembre à l’âge de 86 ans.

Mgr John C. O’RIORDAN, évêque émérite (spiritain) de Kenema, Sierra Leone, le 22 novembre à l’âge de 92 ans.

Mgr Maximilian ZIEGELBAUER, évêque titulaire de Lapda, auxiliaire d’Augsburg, Allemagne, le 21 novembre à l’âge de 93 ans.

Saint-Siège

Le 21 novembre, le pape François a nommé Mgr Francesco VISCOME Prélat auditeur du tribunal de la Rote romaine. Il en était jusqu’à présent promoteur de justice.

Le 22 novembre, le pape François a nommé le cardinal Beniamino STELLA (Préfet de la Congrégation pour le clergé) membre de la Congrégation pour la doctrine de la foi.

Églises orientales

Le 19 novembre, le pape François a accepté la démission de Mgr Ramzi GARMOU (archevêque de Téhéran) de son office de visiteur apostolique pour les fidèles chaldéens en Europe. Il a nommé Mgr Saad SIROP (évêque auxiliaire chaldéen de Bagdad), nouveau visiteur apostolique en Europe.

Dans le diocèse de Clermont, créer de nouvelles « passerelles »

UN DIOCÈSE, UN ÉVÊQUE. Mgr François Kalist sera installé dimanche 27 novembre archevêque de Clermont (Puy-de-Dôme), dans un diocèse qui entretient une relation décomplexée avec la société civile.

L’église Notre-Dame d’Orcival, lieu touristique et sanctuaire bien vivant. ZOOM

L’église Notre-Dame d’Orcival, lieu touristique et sanctuaire bien vivant. / Hervé Champollion/AKG

Dans le hall vaste et clair du centre diocésain de pastorale, un peu à l’écart du centre de Clermont-Ferrand, des conversations en anglais, en allemand et en français se mêlent en cette matinée de novembre. Une cinquantaine de cadres de chez Michelin prennent un temps de pause au milieu d’une journée de séminaire qui se déroule dans les locaux du diocèse, qui accueillent par ailleurs des mouvements et services diocésains.

« La location de nos salles aux entreprises et associations nous permet de financer le lieu, mais aussi d’éviter de cultiver l’entre-soi », explique Gaétan Gourichon. À 33 ans, le jeune homme dirige depuis un an ce centre qui accueille chaque année 20 000 personnes dans ses locaux récemment rénovés. « Au-delà de la prestation de service, nous nouons des partenariats avec les entreprises, poursuit-il. Cela va du don de mobilier à la participation à une flash mob pour permettre de financer la participation aux JMJ des jeunes Clermontois. »

> Lire aussi : Mgr François Kalist, un évêque rassembleur nommé à Clermont

Un territoire dessiné par l’industrie et l’agriculture

Signe d’une relation décomplexée entre l’Église locale et la société civile, cette ouverture a été voulue par l’ancien archevêque, Mgr Hippolyte Simon, à la tête du diocèse pendant vingt ans. « Il a fait beaucoup dans la création de nouvelles passerelles », confirme Marc-Alexis Roquejoffre, directeur de RCF Puy-de-Dôme.

Cet observateur décrit un territoire politiquement marqué par les radicaux de gauche, dessiné par l’industrie – dont l’emblématique maison Michelin –, mais aussi par l’agriculture céréalière et d’élevage, les stations thermales et la chaîne des Puys. La moitié des 600 000 habitants du département vivent dans une zone urbaine, d’Issoire à Riom en passant par l’agglomération clermontoise, l’autre moitié dans les régions plus rurales de la Combrailles, du Sancy et de la Limagne.

De nombreuses propositions spirituelles

De nombreuses propositions spirituelles existent dans ce diocèse fortement marqué par l’Action catholique. Les équipes CVX (Communauté de vie chrétienne, de spiritualité ignatienne), tout comme les équipes Notre-Dame, sont largement implantées. La communauté de l’Emmanuel propose des temps de prière, et la communauté du Chemin-Neuf s’est vue confier l’Année Théophile, une école de la foi voulue par le diocèse.

Un centre spirituel ignatien, l’Horeb, est hébergé par le centre de pastorale. Et l’église Saint-Pierre-des-Minimes, qui dresse sa façade en pierre volcanique sur la place centrale de Jaude, au cœur de Clermont-Ferrand, accueille chaque jour de la semaine les « 15 minutes pour Dieu », un temps de prière pour les actifs au moment de leur pause déjeuner.

La question du maillage territorial et des finances

Mais les 32 paroisses du diocèse, selon un découpage effectué en 2002, ne sont aujourd’hui plus toutes pourvues d’un curé dédié et seuls deux séminaristes sont actuellement en formation. Le maillage territorial reste « une question », reconnaît le P. Jean-Marc Couhert. Curé de la paroisse Notre-Dame d’Orcival, entre Puy de Dôme et Mont Dore, il est également administrateur de la paroisse Saint-Benoît sur Sioulet-Volcans, qui s’étend jusqu’aux portes de la Creuse, soit 49 clochers sous sa responsabilité.

Le nouvel évêque devra relever ce défi, tout comme celui de redresser les finances diocésaines en difficultés. « On attend un pasteur qui vienne nous voir, nous écouter et nous encourager », résume le curé d’une paroisse rurale, qui évoque en outre un « besoin de communion » entre les prêtres.

Deux prêtres au lieu de onze

Mgr François Kalist pourra s’appuyer sur « une vraie vitalité des communautés chrétiennes, assure le P. Marc Denaës, vicaire épiscopal. Quand je me rends dans une paroisse pour célébrer, la liturgie est préparée, les malades sont visités… » Un constat que partage le P. Jacques Vignancour, curé de la paroisse plutôt urbaine de Notre-Dame-des-Sources, à Riom, et qui vient d’hériter en sus de la paroisse voisine Saint-Michel, laquelle s’étend sur les terres céréalières de la Limagne.

Il a donc en charge, avec un de ses confrères, un secteur où, en 1980, pas moins de onze prêtres officiaient. « À l’époque, on aurait dit aux gens que seuls deux prêtres couvriraient ce secteur, ils auraient pensé que l’Église aurait disparu. Ce n’est pas ce qui s’est passé : il y a eu une prise de conscience que ce sont les chrétiens qui font l’Église. Les laïcs font face et le corps de l’Église s’y est acclimaté. »

> Lire aussi : Les décisions audacieuses du diocèse de Tulle

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► UN LIEU : Notre-Dame d’Orcival

La basilique d’Orcival, construite au XIIe siècle et nichée dans la vallée de la Sioule, voit passer chaque année 50 000 visiteurs. Lieu touristique, c’est aussi un sanctuaire bien vivant. Si les premières traces du pèlerinage, à l’origine fréquenté par d’anciens prisonniers venant rendre grâce pour leur libération, remontent au IXe siècle, le village de 300 habitants accueille encore aujourd’hui plus de 5 000 personnes pour le seul pèlerinage de l’Ascension. « Les racines chrétiennes sont très vivantes dans la région, assure le P. Jean-Marc Couhert, recteur du sanctuaire. La basilique est un repère, et, même en dehors des pèlerinages, elle est presque pleine chaque dimanche pour la messe. » Hormis Orcival, il existe dans le diocèse une soixantaine de pèlerinages locaux.

► UN DÉFI : La pastorale des jeunes

Avec 40 000 étudiants dans l’agglomération clermontoise et huit établissements scolaires sur la seule paroisse Notre-Dame, la pastorale des jeunes est un réel défi. Certaines propositions font le plein, tel le scoutisme qui, tous mouvements confondus, accueille 1 500 jeunes, ou encore le pèlerinage VTT des collégiens. D’autres voient le jour, tel le Mouvement eucharistique des jeunes, lancé il y a trois ans. Au sein de l’aumônerie étudiante, qui a traversé il y a peu un problème de « racisme », désormais derrière lui, une trentaine d’étudiants se retrouvent chaque mercredi soir pour un dîner suivi d’un moment de formation, puis de prière. Et un « espace jeune » vient de voir le jour au centre diocésain de pastorale : lieu de formation pour les jeunes en responsabilité, il se veut aussi pépinière pour permettre à des activités de se lancer.

Clémence Houdaille

Les au revoir de l'évêque de Limoges

Mgr François Kalist, nommé archevêque de Clermont prend ses nouvelles fonctions, le dimanche 27 novembre. Avant son départ, il préside une dernière célébration en la cathédrale Saint-Etienne de Limoges, ce dimanche 20 novembre à 15 H 30, une célébration d’au revoir et d’action de grâce. 

Le successeur de François Kalist devrait être nommé par le pape François au printemps prochain. 

À Avignon, succès populaire pour la béatification du P. Marie-Eugène

Les organisateurs ont voulu souligner « la proximité et la simplicité » de ce carme, fondateur de l’Institut Notre-Dame de Vie.

10 000 fidèles, avec des délégations importantes venues d’Allemagne, de Pologne ou encore du Vietnam, 350 prêtres, une trentaine d’évêques… La célébration de béatification du P. Marie-Eugène de l’Enfant-Jésus samedi 19 novembre a rencontré un succès qui a surpris les organisateurs de l’événement. Les participants ont rempli le hall du Parc des Expositions d’Avignon, réservé pour l’occasion, ainsi que le grand chapiteau annexe.

En raison du consistoire qui se tenait à Rome au même moment, le cardinal Angelo Amato, préfet de la congrégation pour les causes des saints, qui a présidé la célébration, était le seul représentant du collège cardinalice. Il était entouré des évêques de la région apostolique de Marseille, comme Mgr Georges Pontier, archevêque de Marseille, dont c’était la première sortie hors de son diocèse après les soucis de santé qui l’ont empêché de présider l’assemblée d’automne de l’épiscopat français à Lourdes début novembre.

Spiritualité carmélitaine de l’Institut Notre-Dame de Vie

Des évêques issus de l’Institut Notre-Dame-de-Vie fondé par le nouveau bienheureux étaient également présents – Mgr Jean-Pierre Cattenoz, archevêque d’Avignon, Mgr Jacques Blaquart, évêque d’Orléans, Mgr Renauld de Dinechin, évêque de Soissons – ou de spiritualité carmélitaine, comme Mgr Jean-Benjamin Sleiman, archevêque de Bagdad.

De fait, le P. Marie-Eugène de l’Enfant-Jésus, était carme lorsqu’il commence, en 1929, à réunir, à leur demande, des enseignantes pour leur apprendre la vie d’oraison dans l’esprit du carmel. Aujourd’hui encore, l’Institut Notre-Dame de Vie – qui se compose de trois branches, masculine laïque, féminine laïque et sacerdotale – vit de la spiritualité carmélitaine.

> Lire aussi : « Toute la vie du P. Marie-Eugène fut d’être saisi par l’Esprit Saint »

Les membres de l’Institut Notre-Dame de Vie, les carmes de la Province Avignon-Angoulême, la famille carmélitaine dans sa diversité et des nombreux laïcs qui les côtoient, fortement mobilisés, ont été étonnés de ce succès populaire. « Les trois quarts de ceux qui ne sont inscrits pour participer à cette fête ne nous étaient pas connus », s’est réjoui le P. Étienne Michelin, un des responsables de l’organisation de l’événement.

Rayonnement de l’enseignement du P. Marie-Eugène

Un succès qu’il explique par le rayonnement de l’enseignement du nouveau bienheureux. « Le P. Marie-Eugène est une figure d’un grand priant de notre époque », explique le P. Denis, prêtre du diocèse de Perpignan, venu ici pour accompagner deux fidèles laïcs « pour rendre grâce ».

« Je ne connais pas bien les écrits du P. Marie-Eugène, mais je sais qu’il a su rendre accessibles l’enseignement sur la prière des grands saints du Carmel », poursuit un frère carme de la province Avignon-Aquitaine d’où était originaire le fondateur de l’Institut Notre-Dame de Vie. « Le P. Marie-Eugène n’est pas facile d’accès à celui qui aborde son enseignement avec son intellect, mais les gens simples et les pauvres, qui l’abordent avec le cœur, le savent proche ».

> Lire aussi : L’oraison, une « amitié avec le Christ »

Proximité et simplicité du P. Marie-Eugène

Le portrait d’un P. Marie-Eugène souriant, – dévoilé au cours de la célébration après la lecture en latin, français, anglais, espagnol de la lettre apostolique signée pape François autorisant la béatification – est venu souligner la proximité et la simplicité de cet homme.

Avec cette béatification, faisait observer le P. Daniel Bréhier, recteur de la cathédrale Notre-Dame des Doms qui jouxte le Palais des papes, Avignon renoue avec son histoire, puisque saint Thomas d’Aquin, saint Yves et d’autres y ont été canonisés.

Dominique Greiner (à Avignon)

Sainte-Anne-d'Auray. L'archevêque de Mossoul à la basilique

Archevêque de Mossoul et Qaraqosh, Mgr Yohanna Petros Mouché était dans le Morbihan ce samedi 19 novembre. Il a présidé une messe en rite syriaque à la basilique de Sainte-Anne-d’Auray.

À l’occasion d’un voyage en France organisé par l’association Fraternité en Irak, le diocèse de Vannes a accueilli, ce samedi 19 novembre, Mgr Yohanna Petros Mouché, archevêque de Mossoul et Qaraqosh. Dans l’après-midi, il a présidé une messe en rite syriaque à la basilique de Sainte-Anne-d’Auray, en présence de Mgr Raymond Centène, évêque de Vannes, et du père André Guillevic, recteur du Sanctuaire.

L’office a réuni 400 fidèles. Il intervenait après une conférence de Mgr Mouché sur la situation et le futur des chrétiens d’Orient en Irak. Après la messe, il a rencontré des familles chrétiennes irakiennes accueillies dans le diocèse.

Ce dimanche, Mgr Mouché sera à Rennes.

« Moi, Philippe, évêque de Lyon, je demande pardon… »

Entouré de plusieurs centaines de fidèles venus pour la clôture de l’Année de la miséricorde, le cardinal Barbarin a célébré vendredi 18 novembre une messe de réparation pour les victimes d’abus sexuels commis par des membres de l’Église. L’archevêque de Lyon s’est agenouillé pour demander pardon pour ses propres fautes et erreurs de gouvernance.

Dans son mot d’accueil, l’archevêque de Lyon a aussi demandé pardon pour ses erreurs de gouvernance.ZOOM

Dans son mot d’accueil, l’archevêque de Lyon a aussi demandé pardon pour ses erreurs de gouvernance. / Fabrice CATERINI- INEDIZ / CIRIC

« Moi, Philippe, évêque de Lyon, je demande pardon… » A genoux devant la croix, sous les voûtes de la primatiale Saint-Jean, le cardinal Barbarin a fait acte de repentance publique, vendredi 18 novembre au soir, pour « tant de blessures, tant de silences et tant de phrases indignes », après les scandales de la pédophilie dans l’Église.

Entouré de plusieurs centaines de fidèles venus pour la fermeture de la porte sainte, en cette clôture du Jubilé de la miséricorde, le primat des Gaules célébrait une messe de réparation, sobre et grave, pour les victimes d’abus sexuels commis par des membres du clergé.

Plusieurs centaines de fidèles ont participé le 18 novembre à Lyon à la messe de réparation, sobre et grave, pour les victimes d’abus sexuels commis par des membres du clergé / Fabrice Caterini - INEDIZ

Plusieurs centaines de fidèles ont participé le 18 novembre à Lyon à la messe de réparation, sobre et grave, pour les victimes d’abus sexuels commis par des membres du clergé / Fabrice Caterini – INEDIZ

> À lire : Le diocèse de Lyon face au passé d’un prêtre pédophilie

« Pardon pour nos fautes, pardon pour mes fautes »

Depuis près d’un an, lui-même a essuyé de vives critiques de la part des victimes du P. Preynat qui lui reprochent de ne pas avoir suspendu plus tôt ce prêtre, bien que le procureur de la République l’a mis hors de cause.

Dans son mot d’accueil lu avec précision, l’archevêque de Lyon a demandé pardon non seulement pour les crimes des prêtres abuseurs et pour les déficiences des membres de l’Église dans leur gestion, mais aussi à titre personnel. « Pardon pour nos fautes, pardon pour mes propres fautes, a-t-il martelé. Ce soir, je demande pardon de n’avoir pas pris les devants pour enquêter comme il aurait fallu dès qu’un premier témoignage m’était parvenu, pardon de ne pas avoir sanctionné immédiatement un prêtre pour ses actes anciens, très graves et clairement indignes de son ministère, pardon de mes erreurs de gouvernance qui ont occasionné un tel scandale ».

> À lire : le texte intégral du mot d’accueil du cardinal Barbarin

Répondre à un appel du pape à prier pour les victimes de pédophilie

L’archevêque a reconnu également que son diocèse s’était « réveillé bien tardivement » et que « la miséricorde ne dispense pas de la justice, elle la suppose. » Il a redit son engagement à faire de l’Église « une maison sûre » pour les enfants. « Depuis quelque temps, quand j’entends le Seigneur dire : « Ce que vous avez fait au plus petit de mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait », je ne peux plus m’empêcher de penser aux enfants victimes des prêtres pédophiles », a-t-il encore affirmé.

Ce n’était toutefois pas la première fois qu’il prononçait ces mots forts. Dix jours plus tôt, il avait accompli le même geste aux côtés de ses confrères évêques réunis à Lourdes en Assemblée plénière, répondant, par là, à l’appel du pape François adressé à toutes les conférences épiscopales du monde entier à prier publiquement pour les victimes.

> À lire : A Lourdes, la repentance des évêques de France

Un geste venu « trop tard » pour les victimes

En mars déjà, lors de la messe chrismale célébrée dans son diocèse, il avait eu les mêmes mots, passés presque inaperçus dans le climat de crise de l’époque. Seront-ils mieux entendus cette fois-ci ? Si les victimes avaient été « spécialement invitées » à cette messe de réparation, elles étaient toutefois peu nombreuses dans l’assemblée. Pour certaines, ce geste venait « trop tard », d’autres doutaient de sa sincérité.

Le cardinal en a pris acte dans son mot d’accueil assurant que « toutes, cependant, sont présentes à notre prière » et expliquant se mettre « à genoux devant la croix du Seigneur, comme j’aimerais me mettre à genoux devant chacune des victimes ». « Nous avons plusieurs fois demandé pardon et je le ferai autant de fois qu’il faudra », a-t-il dit.

Victime du P. Bernard Preynat, Vincent Berger, 44 ans, a participé à cette veillée de prière. / Fabrice CATERINI- INEDIZ / CIRIC

Victime du P. Bernard Preynat, Vincent Berger, 44 ans, a participé à cette veillée de prière. / Fabrice CATERINI- INEDIZ / CIRIC

L’une des victimes, Vincent Berger, 44 ans, avait tenu à être présent, bien qu’il se dise aujourd’hui non croyant, et a lu des intentions de prière. Celles-là mêmes qui avaient été préparées avec des victimes dans le diocèse d’Orléans et utilisées lors des vêpres de Lourdes, dix jours plus tôt, par les évêques. « J’ai particulièrement apprécié la demande de pardon du cardinal Barbarin, c’était très clair, sans cafouillages, les mots étaient justes. J’ai moi-même ressenti beaucoup d’émotion en lisant ces intentions », a-t-il réagi à la sortie, accompagné de son frère.

« Il y a tellement de colère en nous »

Vincent Berger, qui fut agressé par le P. Preynat pendant plusieurs années lorsqu’il était scout et a depuis suivi une formation pour devenir psychanalyste, s’était exprimé devant les prêtres du diocèse de Lyon en avril dernier, réunis à Valpré autour de l’archevêque.

« Il y a tellement de colère en nous, c’est normal qu’elle s’exprime et je comprends que certains la dirigent contre le cardinal Barbarin, mais à mes yeux, il n’est pas plus impliqué que les autres dans l’Église et l’on ne va pas renvoyer tout le monde… Moi-même, j’ai ma part de responsabilité car j’ai revu en d’autres circonstances le P. Preynat et je ne suis pas allé plus loin dans les démarches. Je préfère aujourd’hui collaborer avec lui qui veut mettre de l’énergie à faire évoluer les choses ».

Céline Hoyeau (à Lyon)