Monthly Archives: December 2016

L'archevêque d'Alger Mgr Paul Desfarges revient sur sa nomination

(RV) Entretien – Mgr Paul Desfarges a été nommé archevêque d’Alger, en Algérie, par le Pape François samedi 24 décembre 2016. Âgé de 72 ans, il était jusqu’à présent évêque de Constantine mais également administrateur apostolique du diocèse d’Alger depuis mai dernier, suite à la nomination de Mgr Ghaleb Bader comme nonce apostolique au Pakistan.Né en 1944 à Saint-Étienne, en France, Paul Desfarges a étudié au séminaire Saint-Irénée de Lyon avant d’effectuer son service militaire comme coopérant en Algérie. De retour en France en 1967, il entre dans la Compagnie de Jésus, à Paris, et est ordonné prêtre le 14 juin 1975 avant d’être envoyé à Constantine dès 1976. Il est vicaire général du diocèse de 1983 à 2005, avant de devenir supérieur de la communauté des jésuites d’Alger et directeur de la maison de retraites spirituelles. Le 21 novembre 2008, il est nommé évêque de Constantine.Sarah Bakaloglou a joint par téléphone Mgr Paul Desfarges, le nouvel archevêque d’Alger, qui revient sur sa nouvelle charge et les défis qui l’attendent.

Mgr Paul Desfarges, un jésuite au service de l'Algérie

Évêque de Constantine, ce jésuite de 72 ans a été nommé samedi par le pape François à la tête du diocèse d’Alger, privé d’archevêque depuis de longs mois.

Fin connaisseur de l’Algérie, Mgr Desfarges a choisi la nationalité algérienne en plus de la nationalité française.ZOOM

Fin connaisseur de l’Algérie, Mgr Desfarges a choisi la nationalité algérienne en plus de la nationalité française. / Farouk Batiche/AFP

« Que cette annonce m’ait été faite à la veille de Noël, dans la lumière du mystère de Bethléem et de la Nativité, a été, pour moi, une consolation intérieure », confie d’une voix humble celui qui estimait « avoir passé l’âge », à 72 ans, d’être choisi pour une nouvelle mission. Jusque-là évêque de Constantine, dans le nord-est du pays, Mgr Paul Desfarges a été nommé par le pape François, le 24 décembre, à la tête du diocèse d’Alger, dont il était déjà l’administrateur apostolique depuis la nomination, en mai, de Mgr Ghaleb Bader comme nonce apostolique au Pakistan.

« J’ai dit oui avec tremblement, car je connais mon âge et vous aussi le connaissez. Cependant, comme pour les appels précédents, j’ai dit oui avec confiance, en le glissant dans le oui de Marie, pour servir son Église qui est en Algérie, et tout spécialement son Église dans le diocèse d’Alger », a-t-il aussitôt écrit à ses nouveaux diocésains, après avoir appris la nouvelle, le 21 décembre. Quelques jours plus tôt, dans une lettre adressée à l’occasion de Noël à ses parents et amis, l’évêque de Constantine disait lui-même attendre avec ferveur la nomination d’un nouvel archevêque pour le diocèse d’Alger, ayant alors « vraiment besoin d’un pasteur à demeure, et non en pointillé ».

Un fin connaisseur de l’Algérie

« J’ai donné ma vie au service de l’Église algérienne, de sa présence fraternelle et aimante auprès de son peuple, qui est aussi devenu le mien », poursuit celui qui a choisi de prendre la nationalité algérienne en plus de la française. Y officiant depuis 1976, ce Stéphanois d’origine est un fin connaisseur de l’Algérie.

Après avoir terminé ses études au séminaire de Saint-Irénée de Lyon et effectué son service militaire comme coopérant en Algérie, il a décidé de revenir s’y installer pour y enseigner, à Constantine, la psychologie en arabe à l’université. De 1983 à 2005, il sera vicaire général du diocèse, avant d’être nommé supérieur de la communauté des jésuites d’Alger, et directeur de la maison des retraites spirituelles.

Certaines tâches s’annoncent difficiles

Mgr Desfarges connaît donc aussi bien les difficultés de l’Église dans la capitale et sait qu’il lui « faudra tout d’abord veiller à préserver le tonus de notre présence ici, en poursuivant notre vocation à être une Église pour tout un peuple, une Église de la rencontre ».

Unifier des petites communautés chrétiennes éloignées les unes des autres, « aider nos frères migrants dans le sens du bon Samaritain » dans un climat de tension grandissante aux frontières, renouveler le personnel des permanents – prêtres, religieuses et laïques – de l’Église… Certaines tâches s’annoncent difficiles. Les procédures, notamment pour l’obtention des visas nécessaires au remplacement du personnel, peuvent prendre du temps. Mais Mgr Desfargesse réjouit cependant d’avoir « la confiance du ministère des affaires religieuses » du pays et de « se sentir déjà très bien accueilli ».

Malo Tresca (avec Anne-Bénédicte Hoffner)

Vœux de Noël : cardinal Maurice E. Piat et Mgr Ian Ernest soulignent l'importance du «don de soi»

Pour la première fois, le cardinal Maurice E. Piat, aussi évêque de Port-Louis, et Mgr Ian Ernest, évêque de l’île Maurice et archevêque de la province océan Indien, ont choisi d’adresser un message commun pour Noël.

Dans leurs vœux à la nation dimanche soir 25 décembre sur la radiotélévision nationale [MBC], empreints de témoignages personnels, ils affirment que «le don de soi est le cadeau le plus précieux» qu’on peut offrir aux autres. Ils soulignent ainsi l’importance d’aimer son prochain.

Mgr Ian Ernest a fait état de l’importance des parents à la maison, afin de contribuer à l’épanouissement et au bonheur de la famille.

Alors qu’en cette période festive beaucoup se laissent emporter par la frénésie des achats, Mgr Ian Ernest est d’avis que «ce que nous achetons dans les shopping malls, parfois à des prix chers, ne peuvent traduire de manière concrète ce que nous portons au plus profond de nous».

Dans la souffrance, c’est un temps d’écoute et de partage qui est le plus important, a fait valoir le cardinal Maurice E. Piat.

Pour le cardinal Maurice E. Piat, «quand nos frères et sœurs souffrent, le plus grand cadeau que nous pouvons leur faire, c’est ce genre de cadeau qui sort du cœur».

À titre d’exemple, le cardinal Maurice E. Piat a cité la rencontre avec les usagers de drogue et leurs familles :

«Ne soyons pas avares de notre temps, donnons notre temps, donnons de nous-mêmes généreusement. Ne soyons pas avares de notre écoute, soyons disponibles pour s’asseoir avec eux, les écouter, les encourager, les soutenir», nous prie l’évêque de Port-Louis.

Mgr Ian Ernest a conclu en disant que «cette vie que nous partageons avec les autres dans la famille, au travail, avec ceux qui sont différents et dans l’ensemble de la société mauricienne est d’une même dynamique.

«Nous avons besoin de vérité, de miséricorde et de confiance», conclut l’évêque de l’île Maurice et l’archevêque de la province océan Indien.

En Syrie, avec l'évêque qui ne veut pas fuir

Alors que des milliers de chrétiens ont fui le nord de la Syrie, attaqué par les hommes de Daech en 2015, La Croix a passé Noël avec l’archevêque de Hassaké-Nisibe, qui a choisi de rester, envers et contre tout.

Mgr Jacques Behnan Hindo, archevêque de Hassaké-Nisibe, célèbre la messe dans le sous-sol de l’église Sainte-Marie de Hassaké, dont la construction a été interrompue par la guerre.ZOOM

Mgr Jacques Behnan Hindo, archevêque de Hassaké-Nisibe, célèbre la messe dans le sous-sol de l’église Sainte-Marie de Hassaké, dont la construction a été interrompue par la guerre. / Chris Huby/Pictorium

Dans le nord de la Syrie, Mgr Jacques Behnan Hindo, 75 ans, fait figure de résistant de la communauté syrienne-catholique. L’archevêque de Hassaké-Nisibe a décidé de ne jamais quitter son pays. « Depuis 1 400 ans, nous sommes menacés de martyre. Tant qu’il y aura un chrétien, je resterai. Je partirai le jour où il n’y aura plus personne. Certains évêques m’ont recommandé de partir ou bien de me taire, mais je ne peux pas quitter ma vie, je ne peux pas me quitter moi-même. »

Depuis son bureau, les tirs de kalachnikov résonnent à quelques rues. « Vous entendez ? Les rues sont vides car les gens savent que cela peut éclater à tout moment. À chaque fois qu’il y a des affrontements, ils ont lieu dans le quartier des six églises », s’insurge Mgr Hindo, qui regrette que ces affrontements terrorisent les fidèles qui n’osent plus se rendre à la messe par crainte d’être pris pour cible. « Il y a encore des gens qui y croient, c’est ce qui me pousse à rester. »

> Voir notre carte sur les chrétiens au Moyen-Orient

En cette nuit de Noël, ceux qui y croient toujours se sont rendus par dizaines dans le sous-sol de l’église Sainte-Marie, où l’archevêque a célébré la messe. Depuis le début du conflit, la construction de l’église a été arrêtée. « C’est important pour nous d’apporter un peu de gaieté à notre communauté et particulièrement à nos enfants, qui vivent dans une ambiance morose depuis cinq ans. » Cette année encore, les syriens-catholiques ont fêté Noël à Hassaké. Qu’en sera-t-il l’année prochaine ? La question est dans tous les esprits.

« Je me suis engueulé avec Dieu »

En 2015, la communauté syrienne-catholique a été victime d’une tentative de génocide de la part des membres de Daech. En quelques heures, des centaines de familles ont dû quitter précipitamment leurs villages situés sur la vallée du Khabour. Depuis, le nombre de fidèles s’est considérablement réduit.

> Lire aussi : Les forces kurdes se rapprochent de Rakka, fief syrien de Daech

« Dans la vallée, il ne reste plus que trois prêtres, reprend Mgr Hindo. Ils sont restés par conviction. L’évêque syrien-orthodoxe est parti lui aussi. 90 % des chrétiens de la région veulent partir. Pour être honnête, lors de l’attaque contre nos villages du Khabour, je me suis demandé : “Où est Dieu ?” Je me suis engueulé avec lui, ou bien c’est lui qui m’a engueulé, mais je n’ai jamais perdu la vision du Christ sur la croix. C’est cette image qui me soutient. »

À Hassaké, on ne compte plus les check-points installés par les Kurdes des unités de protection du peuple (YPG) ou par les soldats fidèles au président Bachar Al Assad. En août 2015, la ville a été le théâtre d’affrontements intenses entre les forces kurdes et celles de l’armée loyaliste. Dans les rues qui jouxtent l’archevêché, les murs portent encore les stigmates des affrontements.

« Je ne me défendrai pas »

Devant les hautes grilles de l’église, deux jeunes combattants kurdes montent la garde. Mgr Hindo ne cache pas son amertume. « Les YPG ne protègent pas l’église. Tout cela, c’est une mascarade pour mieux surveiller mes faits et gestes. Je n’accepte pas d’armes dans l’enceinte de l’archevêché. Je ne suis pas armé et je ne le serai jamais. Si on doit me tuer, je ne me défendrai pas. »

> Retrouvez notre dossier Syrie

Matthieu Delmas (à Hassaké, Syrie)

Mgr. Paul Desfarges nommé nouvel archevêque d'Alger

Mgr. Paul Desfarges a été nommé, samedi par le Pape François, nouvel archevêque d’Alger, indique dimanche un communiqué de la Nonciature apostolique en Algérie. 

Mgr. Paul Desfarges était, jusqu’à cette nomination, Evêque de Constantine-Hippone et administrateur Apostolique d’Alger.

Né le 7 mai 1944 à Saint Etienne, de nationalité algérienne depuis 1982, il a fait sa première rencontre avec l’Algérie entre 1965 et 1967 durant l’accomplissement de son service national à titre civil comme enseignant dans une écoles des Pères blancs à Ghardaïa. 

De septembre 1976 à septembre 2006, il est resté à Constantine comme professeur de psychologie à l’Université.

Il a été, pendant 21 ans, Vicaire Général de Mgr. Piroird, Evêque du Diocèse de Constantine et Hippone, en s’occupant aussi de l’animation de retraites, accompagnateur spirituel en Algérie et dans divers pays arabes.

Directeur du Centre spirituel de Ben Smen à Alger, entre 2006 et 2008, Mgr. Paul Desfarges, qui parle très bien la langue arabe, a été aussi nommé, le 21 novembre 2008 comme Evêque du Diocèse de Constantine-Hippone et administrateur Apostolique d’Alger depuis le 23 mai 2015. APS 

Paul Desfarges nouvel archevêque d'Alger

L’archevêché d’Alger a un nouveau patron. Le pape François vient de désigner monseigneur Paul Desfarges au poste de nouvel archevêque d’Alger en remplacement de Mgr Ghaleb Bader nommé le 23 mai 2015, nonce apostolique au Pakistan.

L’information a été annoncée, hier, par la radio du Vatican. Agé de 72 ans, Mgr Paul Desfarges a occupé auparavant plusieurs postes, dont celui d’évêque de Constantine et d’administrateur apostolique du diocèse d’Alger depuis mai dernier. «Né en 1944 à Saint-Etienne, en France, Paul Desfarges a étudié au séminaire Saint-Irénée de Lyon avant d’effectuer son service militaire comme coopérant en Algérie, en tant qu’enseignant au service du diocèse de Laghouat.

De retour en France en 1967, il entre dans la Compagnie de Jésus, à Paris, et obtient un doctorat en psychologie, à l’université de Nice», souligne la même source. Ordonné prêtre le 14 juin 1975, Paul Desfarges est envoyé à Constantine dès 1976, où il enseigne la psychologie, en arabe, à l’université de la ville. Mgr Paul Desfarges prononce ses vœux solennels le 30 avril 1981, il sera ensuite vicaire général du diocèse de 1983 à 2005, tout en poursuivant l’enseignement. Le religieux est devenu ensuite supérieur de la communauté des jésuites d’Alger et directeur de la maison de retraites spirituelles, avant d’être nommé évêque de Constantine le 21 novembre 2008.

Vœux de Noël des évêques de France

(RV) Les évêques de France ont diffusé plusieurs messages à leurs fidèles, à l’occasion des célébrations de Noël. Ils formulent des vœux de paix face à l’actualité tragique de ces derniers jours et une année particulièrement difficile pour le pays.Dans un message vidéo, Mgr George Pontier, archevêque de Marseille, et président de la conférence des évêques de France (CEF) évoque une situation «qui n’est pas sans inquiétude», citant l’Allemagne, Alep, Mossoul et la Palestine.«Nous avons l’impression d’être écrasés par la violence» remarque pour sa part le cardinal Philippe Barbarin, archevêque de Lyon et Primat des Gaules.Malgré ce panorama troublé, les évêques n’hésitent pas à partager leurs espoirs de paix. «Paix dans nos familles, dans nos entreprises, dans nos communautés et paix dans notre monde, où l’on assassine des innocents», déclare ainsi Mgr Robert le Gall, archevêque de Toulouse.«En ces temps difficiles pour beaucoup, qu’un enfant nous invite, à l’occasion de Noël, à la trêve, à la réflexion, au silence, voilà une bonne nouvelle pour tous», observe Mgr Jacques Habert, évêque de Sées. (HD-MA)

Le Pape nomme Mgr Paul Desfarges archevêque d'Alger

(RV) Le Pape François a nommé, ce samedi 24 décembre 2016, Mgr Paul Desfarges, archevêque d’Alger, en Algérie. L’évêque de Constantine, âgé de 72 ans, était déjà administrateur apostolique du diocèse d’Alger depuis mai dernier.Né en 1944 à Saint-Étienne, en France, Paul Desfarges a étudié au séminaire Saint-Irénée de Lyon avant d’effectuer son service militaire comme coopérant en Algérie, en tant qu’enseignant au service du diocèse de Laghouat. De retour en France en 1967, il entre dans la Compagnie de Jésus, à Paris, et obtient un doctorat en psychologie, à l’Université de Nice.Ordonné prêtre le 14 juin 1975, il est envoyé à Constantine dès 1976 où il enseigne la psychologie, en arabe, à l’université de la ville. Mgr Paul Desfarges prononce ses vœux solennels le 30 avril 1981, il sera ensuite vicaire général du diocèse de 1983 à 2005, tout en poursuivant l’enseignement.Devenu ensuite supérieur de la communauté des jésuites d’Alger et directeur de la maison de retraites spirituelles, il est nommé évêque de Constantine le 21 novembre 2008. Le 23 mai 2015, Mgr Paul Desfarges devient administrateur apostolique du diocèse d’Alger suite à la nomination de Mgr Ghaleb Bader comme nonce apostolique au Pakistan.(HD)

Mgr Paul Desfarges nommé archevêque d'Alger

Jésuite, Mgr Paul Desfarges était évêque de Constantine, à l’est du pays, depuis 2008. Le diocèse d’Alger attendait un archevêque depuis de longs mois.

Dans une lettre de nouvelles adressée à l’occasion de Noël à ses parents et amis et rédigée il y a plusieurs jours, l’évêque de Constantine disait attendre « que soit nommé un nouvel archevêque pour le diocèse d’Alger qui a vraiment besoin d’un pasteur à demeure et non en pointillés ».

C’est justement lui que le pape François a choisi de nommer samedi 24 décembre archevêque d’Alger (Algérie). Agé de 72 ans, Mgr Paul Desfarges était évêque de Constantine (nord-est), et déjà administrateur apostolique du diocèse d’Alger depuis la nomination, en mai dernier, de Mgr Ghaleb Bader comme nonce apostolique au Pakistan.

« Le Saint-Père vient de me demander d’être votre Pasteur, à plein temps cette fois-ci. J’ai dit oui avec tremblement car je connais mon âge et vous aussi le connaissez. Cependant, comme pour les appels précédents, j’ai dit oui avec confiance, en le glissant dans le oui de Marie, pour servir son Eglise qui est en Algérie et tout spécialement son Eglise dans le diocèse d’Alger », a-t-il écrit à ses nouveaux diocésains, après avoir apris la nouvelle mercredi 21 décembre.

Les défis sont nombreux dans le diocèse d’Alger, privé d’archevêque depuis de longs mois, mais que Mgr Paul Desfarges – en Algérie depuis 1976 – connaît bien. Faire l’unité entre de petites communautés éloignées les unes des autres n’est pas le moindre, tout comme le vieillissement des permanents – prêtres, religieuses et laïcs – au service de l’Eglise, et la difficulté à obtenir des visas pour les remplacer.

Dans sa missive de Noël, Mgr Desgarfes évoque également la prise en charge, depuis le 15 août, du monastère de Tibhirine par la communauté du Chemin neuf. « Il faudra un peu de temps pour qu’une équipe de frères et de sœurs viennent s’y installer dans la durée », note-t-il.

Dans une Algérie confrontée à l’effondrement du prix des hydrocarbures et à l’insécurité à ses frontières avec la Tunisie, la Libye, le Niger ou le Mali, l’évêque de Constantine souligne également « le travail courageux et important du ministre des affaires religieuses, Mohamed Aïssa (pour) rendre aux Algériens leur islam traditionnel ». D’où un contrôle « plus strict » des mosquées, des écoles coraniques, de l’enseignement religieux à l’école, mais aussi de tous les groupes qualifiés de sectaires, avec le risque, par « excès de zèle » d’une surveillance accrue des Églises chrétiennes aussi.

> À lire : L’archevêque d’Alger nommé nonce apostolique au Pakistan

Né en 1944 à Saint-Étienne (Loire), Paul Desfarges a étudié au séminaire Saint-Irénée de Lyon avant d’effectuer son service militaire comme coopérant en Algérie, comme enseignant au service du diocèse de Laghouat (sud).

De retour en France, il choisit alors d’entrer dans la Compagnie de Jésus et achève, à l’Université de Nice, un doctorat en psychologie.

Ordonné prêtre en 1975, il est envoyé à Constantine dès 1976 où il enseigne la psychologie, en arabe, à l’université. Ayant prononcé ses vœux solennels en 1981, il sera ensuite vicaire général du diocèse de 1983 à 2005, tout en continuant à enseigner.

Devenu ensuite supérieur de la communauté des jésuites d’Alger et directeur de la maison de retraites spirituelles, il est finalement nommé évêque de Constantine en 2008.

> À lire : L’Église d’Algérie redessine son avenir

En 2012, il a participé au Synode des évêques sur la nouvelle évangélisation.

>À lire : Mgr Desfarges : L’islam n’est pas une menace

Anne-Bénédicte Hoffner et Nicolas Senèze

Chez les évêques français, des messages de Noël empreints de gravité

Plusieurs évêques français ont diffusé sur Internet, par écrit ou en vidéo, leurs messages de Noël. Tous forment des vœux de paix, malgré la dramatique actualité de ces derniers jours, dans le monde.

« Nous fêtons Noël cette année, comme souvent en ce bas monde, dans une situation qui n’est pas sans inquiétude. » À l’image de ces mots de Mgr Georges Pontier, archevêque de Marseille, le ton est grave, cette année, dans les messages de Noël adressés aux fidèles par les évêques français. « Nous pensons à nos amis allemands », et à « tout ce qui continue à nous horrifier », poursuit, dans son message vidéo, le président de la Conférence des évêques de France. Il cite Alep, Mossoul, « cette partie du monde où le Christ est né ». « Je pense à Bethléem bien sûr, et aux grandes difficultés que vit le peuple palestinien », ajoute-t-il.

« On a l’impression d’être écrasés par la violence, on se demande si on va pouvoir parvenir à un peu de paix, de sérénité », constate également le cardinal Philippe Barbarin, archevêque de Lyon. « Nous voyons bien que nous ne savons pas faire la paix : nous ne connaissons bien souvent que les rapports de force », affirme Mgr Thierry Brac de la Perrière, évêque de Nevers. « Cela vaut au plan des relations personnelles aussi bien qu’entre les groupes ou les nations. »

« Pouvons-nous fêter Noël (…) quand les enfants d’Alep sont écrasés sous les bombes, quand la violence redouble partout dans le monde, jetant sur les routes de l’exil et de la mort tant de femmes et d’hommes qui n’aspirent qu’à vivre en paix, et quand nos propres difficultés ou souffrances nous détournent de la joie ? », s’interrogent, dans un message commun, Mgr Jean-Pierre Grallet, archevêque de Strasbourg, Christian Albecker, président de l’Union des Églises protestantes d’Alsace et de Lorraine.

A lire : Noël : que sait-on vraiment sur l’enfance de Jésus ?

« Ne nous laissons pas voler Noël »

À cette question, malgré ce sombre tableau, les évêques répondent par l’affirmative et appellent à œuvrer pour la paix. « Paix dans nos familles, dans nos entreprises, dans nos communautés et paix dans notre monde, où l’on assassine des innocents ! », s’exclame ainsi Mgr Robert Le Gall, archevêque de Toulouse.

« En ces temps difficiles pour beaucoup, qu’un enfant nous invite à l’occasion de Noël à la trêve, à la réflexion, au silence, voilà une bonne nouvelle pour tous », estime Mgr Jacques Habert, évêque de Sées. « Beaucoup de choses dépendent de nous, ça ne dépend pas que des grands et des puissants », exhorte Mgr Pontier.

« La paix ce n’est pas seulement un équilibre entre des forces adverses, ou l’absence de guerre », précise Mgr Pierre-Yves Michel, évêque de Valence. « Elle jaillit d’une conception respectueuse de la personne humaine dans toute sa dignité, et d’un ordre fondé sur la justice et la charité. » « Malgré les épreuves, malgré les doutes, cette espérance ne nous fera jamais défaut », promet pour sa part Mgr Dominique Rey, évêque de Fréjus-Toulon.

« Ne nous laissons pas voler Noël, comme dirait le pape François ! », abonde Mgr Dominique Lebrun, évêque de Rouen. « Rien ne peut s’opposer à la vie venue d’en-haut, ni la haine, ni notre péché », poursuit-il avant de faire référence au P. Jacques Hamel, prêtre de son diocèse assassiné en juillet par deux terroristes de Daech. « Le père Jacques Hamel fête son premier Noël dans la pleine lumière, si loin et si proche. Personne n’a pu lui voler sa joie, sa force, son espérance. »

Gauthier Vaillant