Monthly Archives: January 2017

Les évêques italiens s'alarment de l'augmentation de la pauvreté

La réunion du conseil permanent de la Conférence des évêques italiens (CEI), du lundi 23 au mercredi 25 janvier à Rome, s’est achevée par un cri d’alarme sur la situation sociale du pays.L’Église, « à cause de sa proximité avec le peuple, élève sa voix pour demander un plan national de lutte contre la pauvreté » et « des décrets qui mettent en œuvre des mesures concrètes en faveur de la famille » souligne le communiqué de la CEI qui plaide aussi pour les migrants, notamment les mineurs non-accompagnés, et met en garde contre les évolutions en faveur de l’euthanasie.Création d’un revenu minimum d’insertionLundi, dans son discours d’ouverture, le cardinal Angelo Bagnasco, archevêque de Gênes et président de la CEI, s’était inquiété de la pauvreté en Italie : « Le nombre de personne en pauvreté absolue a augmenté de 155 % : en 2007, ils étaient 1,8 million alors qu’ils sont 4,6 millions aujourd’hui. Derrière ces chiffres, il y a les visages et les histoires de centaines de milliers de familles qui, dans nos diocèses et paroisses, centres d’écoute, associations et confréries ont trouvé une première réponse – en termes de biens matériels et de services, de subventions et d’hébergement – et souvent aussi un accompagnement à long terme. »« Voilà pourquoi il semble nécessaire de porter une attention particulière à l’introduction par la loi d’un revenu minimum d’insertion et la mise en d’un plan national de lutte contre la pauvreté », a plaidé le cardinal, qui participait à son dernier conseil permanent en tant que président des évêques italiens.Nouvelle procédure de désignation du président des évêques italiensLe conseil permanent a d’ailleurs validé la nouvelle procédure de désignation du président de l’épiscopat italien.Alors qu’il était jusqu’ici désigné uniquement par le pape, en tant qu’évêque de Rome et primat d’Italie, le président de la CEI sera désormais choisi par celui-ci sur une liste de trois noms élaborée par l’Assemblée plénière.La prochaine assemblée doit se réunir du 22 au 25 mai à Rome, notamment pour définir cette terna. Deux jours après, le 27 mai, le pape se rendra à Gênes, ville dont le cardinal Bagnasco est l’archevêquePlusieurs noms circulent dans la presse italienne pour succéder au cardinal Bagnasco, dont ceux de Mgr Matteo Zuppi, archevêque de Bologne et ancien évêque auxiliaire de Rome où il a une grande expérience des banlieues populaires, du cardinal Giuseppe Betori, archevêque de Florence et ancien secrétaire général de la CEI, de l’actuel secrétaire général Mgr Nunzio Galantino, ainsi que de Mgr Marcello Semeraro, évêque d’Albano et secrétaire du « C9 », et du cardinal Gualtiero Bassetti, archevêque de Pérouse.

Suspendu il y a un an par Rome, l'évêque maronite de Saïda quitte son diocèse

Mgr Elias Nassar, évêque maronite de Saïda, au Liban du Sud, a accepté de quitter son siège le 25 janvier 2017. Il avait été suspendu il y a un an par la Congrégation romaine pour les Eglises orientales,  décision prise en coordination avec le siège patriarcal maronite de Bkerké.

Le prélat se plie ainsi à la décision du pape François de l’éloigner de son diocèse à partir de cette date et de le nommer visiteur apostolique en Europe, rapporte le 25 janvier 2017 le quotidien francophone libanais  L’Orient-Le Jour .

Une décision “injuste”

Mgr Nassar s’est plaint toutefois “de n’avoir pas pu se défendre des accusations lancées contre lui et de n’avoir pu s’en expliquer personnellement devant le Saint-Père”. Il qualifie cette décision d’”injuste”, notamment parce qu’il n’a pas pu plaider son dossier de vive voix devant le pape, soulignant que cette décision avait été “clairement endossée” par le patriarche maronite.

“Tout le monde convient que mon dossier est propre, et qu’il n’y figure ni crimes ni pratiques justifiant un jugement de l’Eglise à mon encontre”, a-t-il lancé au cours d’une conférence de presse tenue au siège de l’évêché de Saïda. Il y a un an, l’archevêque maronite de Beyrouth, Mgr Boulos Matar, avait été chargé de superviser les décisions administratives de Mgr Nassar.

“Mon dossier est propre… je suis victime d’une campagne diffamatoire”

“Mes positions politiques ont été exploitées par certaines personnes lésées ou d’influence qui ont mené une campagne diffamatoire pour déformer mon image aux yeux de l’opinion, me nuire et nuire à l’évêché”, a-t-il affirmé.

A la suite d’une plainte transmise au siège patriarcal de Bkerké, “Mgr Nassar avait comparu devant un conseil restreint du synode des évêques maronites. Il était alors apparu que le différend entre l’évêque et ses paroissiens était trop profond pour qu’il puisse continuer à assumer ses charges pastorales dans un climat pacifié”, écrivait le journal le 25 février 2016.

Dans le passé, Mgr Nassar avait été très critique envers Samir Geagea, leader des Forces Libanaises. Il a également été dans collimateur de l’Alliance du 14-Mars pour ses prises de position. L’évêque sortant de Saïda a relevé au cours de sa conférence de presse que ses détracteurs lui reprochent d’avoir lancé des projets résidentiels à Jezzine, Rmeilé, et Deir el-Qamar. “Des pressions ont été exercées par des parties politiques et ecclésiastiques” pour amener les banques qui lui ont fait crédit à se rétracter, et même pour persuader près de 120 acquéreurs éventuels à renoncer à leurs projets, note L’Orient-Le Jour. (cath.ch/orj/be)

L'évêque maronite Élias Nassar écarté du diocèse de Saïda

Apparemment en conflit avec une partie de ses fidèles, des prêtres de son diocèse et le siège patriarcal lui-même, l’évêque maronite de Saïda, Élias Nassar, a annoncé hier soir qu’il se pliera à la décision du pape François de l’en éloigner à partir d’aujourd’hui (25 janvier) et de le nommer visiteur apostolique en Europe. Il s’est plaint toutefois de n’avoir pas pu se défendre des accusations lancées contre lui et de n’avoir pu s’en expliquer personnellement devant le Saint-Père.
La décision d’écarter Mgr Nassar, précise-t-on, a été prise par la Congrégation pour les Églises orientales, en coordination avec le siège patriarcal de Bkerké. Elle avait été notifiée la semaine dernière à l’évêque, par le nonce apostolique. Mgr Élias Nassar, qui s’exprimait dans le cadre d’une conférence de presse tenue au siège de l’évêché, a tenu à préciser devant une foule de fidèles mécontente de la décision romaine que la mesure d’éloignement est « de nature purement administrative » et n’est liée « à aucune décision prise selon les règles ».
Dans sa conférence de presse, Mgr Nassar a confirmé qu’il était rentré de Rome le jour même, sans avoir pu voir le pape, auprès duquel il désirait plaider de vive voix son dossier. Il a affirmé qu’à de nombreux signes qui lui sont parvenus au cours de l’année écoulée, il était convaincu qu’il existe « un plan préétabli » visant à l’empêcher de rencontrer le pape. Et de préciser que c’est l’une des raisons pour lesquelles il tenait sa conférence de presse, personne ne pouvant l’empêcher de dire ce qu’il croit être, en conscience, la vérité, sur la mesure sans précédent qui le frappe.
Selon Mgr Nassar, « tout au long de l’année écoulée, l’opinion a été préparée à la décision d’éloignement qui vient d’être prise et qui est clairement endossée par le patriarche maronite ». « C’est pourquoi, a-t-il expliqué, je parle d’une mesure (administrative) qui n’est pas prise selon les règles et affirme que je suis empêché de me défendre. »
« Tout le monde convient que mon dossier est propre, et qu’il n’y figure ni crimes ni pratiques justifiant un jugement de l’Église à (son) encontre », a conclu sur ce point Mgr Nassar.On sait en particulier qu’il y a un an, l’archevêque maronite de Beyrouth, Mgr Boulos Matar, avait été chargé de superviser les décisions administratives de Mgr Nassar.

« Une décision injuste »
Aux reproches qui lui sont adressés, Mgr Nassar a répondu dans sa conférence de presse : « Mes positions politiques ont été exploitées par certaines personnes lésées ou d’influence qui ont mené une campagne diffamatoire pour déformer mon image aux yeux de l’opinion, me nuire et nuire à l’évêché. » L’évêque a relevé que ses détracteurs lui reprochent d’avoir lancé des projets résidentiels à Jezzine (96 logements), Rmeilé (42 logements) et Deir el-Qamar (69 logements). Et de préciser que « des pressions ont été exercées par des parties politiques et ecclésiastiques », pour amener les banques qui lui ont fait crédit à se rétracter, et même pour persuader près de 120 acquéreurs éventuels à renoncer à leurs projets. Mgr Nassar a promis toutefois aux deux banques qui ont déjà investi dans les projets de Jezzine et Rmeilé qu’il honorera ses engagements, achèvera ces projets et livrera aux souscripteurs leurs appartements, « conformément aux contrats signés ».
Et l’évêque de conclure : « J’obéirai à la décision du pape François qui m’enjoint de me retirer de mon diocèse, même si je la trouve injuste. »

Une première femme évêque ordonnée au Pays de Galles

L’Église anglicane au Pays de Galles a sa première femme évêque : il s’agit du Dr Joanna Penberthy, mariée à un prêtre anglican, Adrian Legg, et mère de quatre enfants. Élue le 30 novembre 2016 évêque de Llandaff, elle a été ordonnée samedi 21 janvier et sera intronisée dans la cathédrale Saint-David le 11 février.« Ceci est un moment historique pour l’Église du Pays de Galles car il n’avait pas été possible d’élire une femme évêque jusqu’à maintenant », avait déclaré le 30 novembre 2016 l’archevêque Barry Morgan, à la tête de l’Église anglicane du Pays de Galles. « Mais Joanna n’a pas été élue parce qu’elle était une femme, mais parce qu’elle a été reconnue comme la meilleure personne pour être évêque », avait-il souligné.Chaleureuse, charismatique et joyeuse« Elle a des dons considérables : elle est une excellente prédicatrice, elle peut entrer en relation avec les différents secteurs de la communauté, elle est chaleureuse, charismatique, c’est une prêtre attentionnée et pleine de joie », avait encore déclaré l’archevêque Barry Morgan avant d’ajouter que Joanna connaît ce diocèse de Saint-David puisqu’elle y a travaillé « pendant onze ans et a été chanoinesse de cette cathédrale de sorte qu’elle est en territoire connu ».En effet, née en 1960 à Swansea (Pays de Galles), Joanna Penberthy a grandi à Cardiff. Après des études à Cambridge (Licence de lettres en 1981, Master de théologie en 1984), puis au Collège théologique anglican de Durham (nord-est de l’Angleterre), elle a été ordonnée diaconesse de l’Église anglicane en 1984.De retour dans son Pays de Galles natal en 1985, Joanna Penberthy est nommée diaconesse dans le diocèse de Llandaff, dans la périphérie de Cardiff,. Ordonnée diacre en 1987 (1), elle assume alors son ministère dans le diocèse rural de Saint-Asaph (1989-1993), avant d’être nommée dans le diocèse de Saint-David, chargée notamment du développement paroissial.Ordonnée prêtre en 1997, soit quelques mois après la décision de l’Église anglicane du Pays de Galles d’ouvrir le sacerdoce aux femmes, le Dr Joanna Penberthy devient curé de plusieurs paroisses dans le diocèse de Saint-David. En 2007, elle devient la première femme à accéder au statut de chanoine de la cathédrale de Saint-David.Après quelques années en Angleterre (2010-2015), le Dr Joanna Penberthy retourne au Pays de Galles, où elle est installée comme recteur de Glan Ithon, Llandrindod et Cefnllys, dans le diocèse de Swansea et Brecon.Aucun sens d’un point de vue théologiqueL’Église anglicane du Pays de Galles avait commencé à débattre de la possibilité d’admettre des femmes à l’épiscopat en 2005. Après un échec en 2008, cette décision avait été approuvée en 2013. Le Dr Barry Morgan avait alors estimé que cela n’avait « aucun sens d’un point de vue théologique » de ne pas ordonner des femmes évêques alors qu’elles peuvent déjà être prêtres et diacres.

Un premier évêque philippin à la tête d'un diocèse américain

« Une reconnaissance de la diversité de l’Église en Amérique, et de son universalité ». C’est en ces termes que Mgr Oscar Azarcon Solis, jusque-là évêque auxiliaire du diocèse de Los Angeles, a réagi à l’annonce, mardi 10 janvier par le Vatican, de sa nomination à la tête du diocèse de Salt Lake City (Utah).Premier évêque d’origine philippine à exercer cette fonction aux États-Unis, il s’est réjoui, dans un entretien accordé au journal diocésain de Los Angeles, de cet appel du pape François, qu’il perçoit comme un signe de renouveau et d’ouverture des autorités ecclésiales dans le pays : « C’est une bénédiction extraordinaire, une responsabilité et un privilège d’être au service de l’Église locale des États-Unis, pour moi qui viens des Philippines ».« La voix des Philippins catholiques »En 2003, Mgr Solis était déjà devenu le premier évêque philippin des États-Unis, lorsque Saint Jean-Paul II l’avait nommé auxiliaire du diocèse de Los Angeles. Dans une déclaration sur sa récente nomination, Mgr José Horacio Gomez, l’archevêque de la ville a aussitôt affirmé que son départ constituerait, pour le diocèse, « une perte, mais serait un beau cadeau à la famille de Dieu à Salt Lake City ».Il a par ailleurs tenu à souligner ; « Je sais que Mgr Solis sera pour eux un modèle de prière et de compassion, et un grand évêque. Et je m’attends à ce qu’il devienne la voix principale des millions de Philippins catholiques du pays ». Avec près de deux millions d’immigrés, le pays compte en effet une forte communauté originaire de l’archipel.La « découverte de la vie paroissiale »Né à San Jose City, sur la côte ouest des Philippines, en octobre 1963, Mgr Solis a été ordonné prêtre en 1979 dans le diocèse de Cabanatuan, dans le centre du pays. Il y occupera pendant cinq ans d’importants postes, notamment en tant que recteur du séminaire diocésain du lycée et du collège de la ville. Envoyé à Rome à l’issue de cette période pour poursuivre ses études doctorales en droit canonique, il prend alors pour la première fois le chemin des Etats-Unis, où il rend alors visite à plusieurs membres de sa famille.Un voyage qui l’amène à découvrir véritablement ce que peut être une vie paroissiale dynamique – « Je n’avais jamais fait de travail paroissial aux Philippines », confie-t-il dans l’entretien accordé au journal diocésain de Los Angeles – et à discerner une nouvelle orientation dans sa vocation.> Lire aussi : Cardinal Tagle : « Aux Philippines, le risque est de devenir chrétien par habitude »Il décide donc de poursuivre là-bas son sacerdoce, d’abord à Union City (New Jersey), puis dans plusieurs autres paroisses de l’État de Louisiane. Parmi ses nombreuses autres casquettes, il devient, de 2004 à 2009, vicaire épiscopal en charge du ministère de l’Ethnie, puis membre du sous-comité en charge de l’Asie et du Pacifique au sein de la Conférence épiscopale américaine.« Faire communauté »« Je sais que Dieu a une raison précise de nous conduire vers de nouveaux lieux. il y a des prêtres, et des gens merveilleux en Utah », a encore ajouté Mgr Solis, en revenant sur sa nouvelle nomination. « Et je sais qu’ensemble, nous n’allons pas échouer, et que nous allons réussir à travailler ensemble, en Église, et à faire communauté ».

Mgr Colomb à la session de formation des nouveaux évêques

Mgr Colomb, Mgr Gosselin et Mgr Blanchet

Mgr Colomb, Mgr Gosselin et Mgr Blanchet

Une dizaine d’évêques ordonnés depuis janvier 2015 ont participé à la session dédiée aux nouveaux (16-18 janvier 2017), à Paris. Accompagnés par des évêques expérimentés, ils ont pu aborder plusieurs aspects du ministère épiscopal et approfondir leur connaissance des missions confiées à la Conférence des évêques de France. Témoignage de Mgr Colomb, évêque de La Rochelle et Saintes.

Pas de cours ex cathedra mais des témoignages « d’anciens » et des échanges directs et fraternels à la « maison des évêques », à Paris. C’est Mgr Jean-Charles Descubes, archevêque émérite de Rouen, qui a ouvert la session de formation destinée aux nouveaux évêques, avec la thématique : « Entrer dans la vie d’un diocèse ».

« 20 ans d’épiscopat ! », souligne à son sujet Mgr Georges Colomb – nommé évêque de La Rochelle et Saintes le 9 mars, puis ordonné le 5 mai 2016. « L’Eglise particulière précède l’évêque et elle vivra après lui. En effet, je suis le 28ème évêque de La Rochelle, note-t-il. L’évêque s’inscrit dans une histoire à laquelle il apportera sa pierre. Cela m’invite à l’humilité. Et en même temps, j’apporte du sang neuf et un regard autre ».

Alors rupture ou continuité ? L’évêque a la délicate mission d’ajuster ses intuitions personnelles aux pratiques diocésaines déjà en place. Sur son territoire, qu’il qualifie volontiers de « mosaïque », Mgr Colomb doit veiller à la communion dans le diocèse, faire face au manque de prêtres, assurer l’équilibre financier… « 2 séminaristes sont en formation. Le clergé a pour moyenne d’âge 74 ans. Le Denier de l’Eglise compte 10.000 donateurs sur 640.000 habitants… Tous ces défis sont dans ma tête ! »

Mgr Balsa et Mgr Jachiet

Mgr Balsa et Mgr Jachiet

La session aborde aussi les relations entre l’évêque et ses collaborateurs, avec pour intervenant Mgr Laurent Ulrich, archevêque de Lille et ancien vice-président de la CEF. « Je découvre encore le diocèse mais je prends déjà des décisions. L’évêque a besoin de vis-à-vis : c’est pourquoi j’ai nommé deux vicaires généraux et deux vicaires épiscopaux ».

Avec l’exemple du diocèse de Reims, présenté par Mgr Thierry Jordan, son archevêque, il a été question des liens avec les autorités civiles et de « laïcité à la française ». « Je ne suis pas dans un diocèse tradition catholique très forte, constate Mgr Colomb. Le Maire m’a reçu trois mois après mon arrivée… »

Dans la session de formation des nouveaux évêques, la lutte contre la pédophilie dans l’Eglise a été traitée par Mgr Luc Crepy, évêque du Puy-en-Velay et responsable de la Cellule Permanente de Lutte contre la Pédophilie (CPLP). « Nous préparons pour mai 2017 une rencontre avec les formateurs de séminaires, témoigne l’évêque formé à la morale sexuelle et familiale. Certains traitent déjà ces questions mais nous avons toujours à aller plus loin dans la compréhension de ce qui se joue pour les victimes. Pour les nouveaux évêques, je commencerai par dire un mot sur les victimes. Il faut l’entendre ».

Quelle conception de la province ecclésiastique ? Quel travail en équipe ? C’est Mgr Pascal Delannoy, évêque de Saint-Denis et vice-président de la CEF qui a lancé ces sujets liés à la vie d’un évêque parmi les évêques de France. « Il me semble que nous avons à développer ce travail ensemble » pressent déjà Mgr Colomb.

Messe présidée par Mgr Descubes, archevêque émérite de Rouen.

Messe présidée par Mgr Descubes, archevêque émérite de Rouen.

Guidés par les Secrétaires généraux adjoints, les nouveaux évêques ont pu faire le tour des différents services de la Conférence et saluer les équipes. Mgr Colomb, lui, est l’évêque référent pour la Pastorale des Migrants, au sein de la Commission épiscopale pour la Mission universelle de l’Eglise. « Pendant la Première Guerre mondiale, on a fait venir des Chinois à La Rochelle, pour remplacer les dockers partis au front… », raconte-t-il, interrogé sur la présence de migrants dans son diocèse.

« Comment améliorer notre communication ? C’est très lié à l’évangélisation ! On sent bien que sans les médias, on touche très peu de personnes ». Sur la communication, Mgr Norbert Turini, évêque de Perpignan-Elne et président du Conseil pour la Communication, a pris la parole avec des cas concrets, en soulignant l’importance de cette mission pour un évêque.

Pendant ces trois jours, le travail des évêques a été rythmé par la liturgie des Heures et l’eucharistie. « En tant qu’évêque, je découvre que je vis une certaine solitude, reconnaît Mgr Colomb. J’ai déjà connu cela en Chine où j’ai été missionnaire pendant 10 ans. Du coup, je prie beaucoup plus ! »

Une session complémentaire à celle de Rome drapeaux_façade_cef-def

Mgr Colomb : « J’apprécie cette rencontre à Paris. Nous abordons des questions propres à l’Eglise de France. A Rome, nous étions 140 évêques rattachés à la Congrégation des évêques et 95 évêques de la Congrégation pour l’évangélisation des peuples. La formation avait une dimension universelle. Nous étions dans un amphithéâtre et les cardinaux sur le podium. La traduction était simultanée. Les prises de parole n’étaient pas aussi faciles qu’ici où nous nous connaissons tous ».

Un archevêque nommé… par le président !

Un archevêque nommé… par le président !

Un archevêque nommé… par le président !

C’est un processus de désignation unique au monde, vieux de plus de deux siècles. Le président de la République doit nommer officiellement le nouvel archevêque de Strasbourg (Bas-Rhin). A l’issue de va-et-vient diplomatiques avec le Saint-Siège entrepris il y a plusieurs mois déjà, un décret signé par François Hollande dévoilera ainsi très prochainement le nom du successeur de Mgr Jean-Pierre Grallet, atteint par la limite d’âge de 75 ans.

Jamais abrogée, cette spécificité planétaire étonnante pour un pays laïque trouve sa source dans les articles 4 et 5 du concordat de 1801 signé entre le premier consul Napoléon Bonaparte et le pape Pie VII. Ce contrôle des représentants de l’Eglise par les autorités publiques a disparu en 1905 avec la loi sur la séparation des Eglises et de l’Etat établissant le principe de laïcité. Sauf dans le Bas-Rhin, le Haut-Rhin et la Moselle. Ces trois départements sont alors rattachés à l’Empire allemand depuis 1871. A la demande, notamment, des populations locales, le régime concordataire a été maintenu quand l’Alsace et la Lorraine mosellane sont redevenues françaises à la fin de la guerre de 1914-1918. Il est donc toujours en vigueur, donnant au chef d’Etat le pouvoir de nommer l’archevêque de Strasbourg ainsi que l’évêque de Metz. Une attribution formelle car c’est Rome et non pas l’Elysée qui choisit l’heureux élu. Une fois que le pape a tranché, le Vatican informe la République de sa décision, notamment le bureau central des cultes du ministère de l’Intérieur.

« Journal officiel » et « Osservatore Romano »

« La République admet un très large spectre. Mais elle n’accepterait pas, par exemple, d’avoir un évêque autonomiste appelant à la désobéissance civile », souligne Bernard Xibaut, chancelier de l’archevêché de Strasbourg. « Il ne faudrait pas qu’il ait eu des expressions antirépublicaines, antinationales… Mais on n’est pas l’arbitre des …

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Collège épiscopal du 7 au 13 janvier

NominationsMgr Oscar Azarcon SOLIS, (évêque auxiliaire de Los Angeles) évêque de Salt Lake City, États-Unis, le 10 janvier.Le P. Daniele GIANOTTI, (professeur auprès de la faculté de théologie d’Émilie-Romagne) évêque de Crema, Italie, le 11 janvier.Le P. Edilson Soares NOBRE, (vicaire général de l’archidiocèse de Natal) évêque d’Oeiras, Brésil, le 11 janvier.Mgr Giovanni CHECCHINATO, (du diocèse de Latina-Terracina-Sezze-Priverno) évêque de San Severo, Italie, le 13 janvier.DémissionsMgr Lucio Angelo RENNA, o. carm., évêque de San Severo, Italie, le 13 janvier.DécèsMgr Alfonso Humberto ROBLES COTA, évêque émérite de Tepic, Mexique, le 5 janvier à l’âge de 86 ans.Mgr Colin Cameron DAVIES, évêque émérite de Ngong, Kenya, le 8 janvier à l’âge de 92 ans.Mgr Patrick FERNÁNDEZ FLORES, archevêque émérite de San Antonio, États-Unis, le 9 janvier à l’âge de 87 ans.Mgr Robert SARRABÈRE, évêque émérite d’Aire et Dax, France, le 11 janvier à l’âge de 91 ans.Natif d’Argagnon (Pyrénées-Atlantiques), dans le diocèse de Bayonne, Mgr Sarrabère avait été ordonné prêtre en 1950. Il débuta son ministère dans le Béarn, à Nay puis à Pau. Il fut notamment aumônier diocésain de la Jeunesse indépendante chrétienne et de la Jeunesse indépendante chrétienne féminine. Vicaire général du diocèse de Bayonne de 1965 à 1975, il fut nommé évêque coadjuteur du diocèse de Dax par le pape Paul VI en 1975. En 1978, il succède comme évêque du diocèse à Mgr Robert Bézac. Au sein de la Conférence des évêques de France, Mgr Sarrabère fut président du groupe pour la pastorale du tourisme, membre du Conseil permanent (1988-1994), accompagnateur de la Délégation catholique pour la coopération (1996-2002) et membre du Conseil pontifical pour la pastorale des migrants (1991-2000).

Amélioration de l'état de santé du président de la Conférence des évêques de France

L‘état de santé de l’archevêque de Marseille et président de la Conférence des évêques de France, Mgr Georges Pontier, 73 ans, hospitalisé depuis dimanche à Saint-Brieuc (Côte-d’Armor) pour une infection pulmonaire, s’est “bien amélioré”, a annoncé jeudi le diocèse de Marseille.
“L’état de santé de Mgr Pontier s’est bien amélioré et il a pu quitter le service de réanimation de l’hôpital de Saint-Brieuc. Il sera transféré demain après-midi à l’hôpital de la Conception à Marseille”, écrit dans un communiqué l’évêque auxiliaire du diocèse, Mgr Jean-Marc Aveline.
Mgr Pontier avait été hospitalisé à Saint-Brieuc dimanche soir, “ressentant une forte douleur à la poitrine” alors qu’il rentrait à Paris “après avoir célébré l’Épiphanie en Bretagne chez les Pères de Saint-Jacques”, selon le diocèse de Marseille. Les médecins avaient diagnostiqué une infection pulmonaire.
L’archevêque de Marseille avait déjà été hospitalisé après un malaise survenu le 17 octobre, qui l’avait notamment contraint à renoncer à assister à l’assemblée plénière d’automne des évêques de France, organisée en novembre à Lourdes.

  AFP

« La formation des laïcs est indispensable », affirme l'archevêque de Cotonou

Nommé archevêque de Cotonou (Bénin) l’été dernier, Mgr Roger Houngbedji est revenu pour « Urbi & Orbi Africa » sur les premiers mois passés à la tête du diocèse.

Mgr Roger Houngbedji, archevêque de CotonouZOOM

Mgr Roger Houngbedji, archevêque de Cotonou / DR/Présidence du Bénin

Lors de votre consécration, vous avez affirmé que l’évangélisation en profondeur est un des grands défis de l’Église du Bénin. Pourquoi avoir fixé cette priorité à votre diocèse ?

Mgr Roger Houngbedji : L’évangélisation en profondeur est liée au dernier synode diocésain de Cotonou (1975-2015). Lors de ce synode, il est apparu que, malgré la grande vitalité de notre Église, qui se manifeste par le nombre important de baptêmes et de vocations, le manque d’approfondissement de la foi demeure. Le syncrétisme religieux est très prononcé. Beaucoup de catholiques croient encore à d’autres divinités ou participent aux cultes d’autres églises. Mon charisme de prédicateur inclut une réflexion sur l’inculturation. Cette réflexion correspond également à un besoin de l’Église locale. C’est dans ce sens que je pense orienter mon apostolat.

Comment comptez-vous mettre en œuvre cette évangélisation en profondeur ?

Mgr Roger Houngbedji : Pour approfondir la foi, la formation permanente des laïcs est indispensable. Il faut donc créer des écoles de théologie qui aident à étudier et vivre la Bible. Les communautés chrétiennes de base (CCB) peuvent également être des noyaux de formation des laïcs. Une grande attention sera accordée aux familles, notamment en formant les couples à vivre selon les valeurs évangéliques.

De plus en plus de personnes dénoncent des dérives dans les communautés nouvelles. que pensez-vous faire pour les canaliser ?

Mgr Roger Houngbedji : D’abord, il faut chercher à les connaître, examiner leur charisme et leur mission d’évangélisation. Puis il faut se demander si cette mission s’adapte à celle de l’Église locale, et si elle répond aux besoins de l’Église du Bénin.

Cela fait trois mois que vous êtes archevêque, quelles sont les difficultés que vous rencontrez ?

Mgr Roger Houngbedji : La première difficulté est relative au passage de la vie religieuse à la vie d’un « séculier ». Lorsque je suis arrivé à l’archevêché, je me suis retrouvé tout seul d’un jour à l’autre. Les membres de la Curie ont d’autres activités paroissiales. La vie communautaire me manque. C’est pourquoi j’ai demandé sans trop tarder à mon Ordre si je pouvais avoir un frère à mes côtés (NDLR Fr. Gilles Soglo, assistant du prieur vice-provincial).

La deuxième difficulté, c’est que le diocèse de Cotonou est très grand avec beaucoup de structures. Elles cherchent toutes à me voir, ce qui fait qu’aussitôt après mon ordination, mon agenda était surchargé. Je n’ai d’ailleurs pas encore pas pu toutes les rencontrer… J’ai cherché pendant les premières semaines à rencontrer tous mes prêtres. Heureusement, lorsque je suis arrivé, il y avait une retraite qui m’a facilité la tâche et permis de rencontrer l’ensemble du presbyterium.

Troisième difficulté : j’hérite d’un diocèse dont le fonctionnement était problématique dans certaines institutions. Nous rencontrons notamment des difficultés au niveau économique. Mais mon expérience de vie dominicaine en tant que socius du maître de l’Ordre pour l’Afrique m’a beaucoup aidé, notamment pour écouter les difficultés.

Juste après vous, un autre dominicain, Mgr Richard Appora a été nommé évêque coadjuteur de Bambari en Centrafrique. Pourquoi le pape choisit-il de nommer évêques autant de religieux ?

Mgr Roger Houngbedji : Les religieux font partie de l’Église. Pour que l’Église tienne debout, on a besoin de toutes ses composantes. Les trois derniers papes ont beaucoup misé sur les congrégations religieuses dans les nominations d’évêques, sans doute pour qu’elles enrichissent les diocèses de leur charisme particulier.

Le pape François viendra-t-il au Bénin ?

Mgr Roger Houngbedji : Nous n’avons eu aucun signe dans ce sens. Mais vous pensez bien que s’il décide de venir, nous l’accueillerons à bras ouverts !

Propos recueillis par Lucie Sarr (à Abidjan)