Monthly Archives: March 2017

Le diocèse de Valleyfield, 125 ans plus tard

«À 36 ans seulement, Mgr Émard possédait la ferveur et la vision de l’Église à bâtir au sein de son nouveau diocèse», raconte André Lafleur. Que ce soit en établissant de nombreuses paroisses, à commencer par la paroisse «Saint-Médard» de Coteau-Station, c’est lui qui a travaillé à l’implantation du Séminaire de Valleyfield et de nombreuses congrégations religieuses : Sœurs de la Providence, du Bon Conseil, des Saints-Noms-de-Jésus-et-de-Marie et des Clarisses, seule congrégation encore active dans le diocèse.

Lourdes : les évêques de France attentifs à l'unité de l'Église

(RV) Entretien – L’assemblée plénière des évêques de France a achevé ses travaux ce vendredi 31 mars, après trois jours à huis-clos à Lourdes. Cette assemblée de printemps a été l’occasion pour les évêques de travailler sur des questions comme la vocation des jeunes en vue du prochain synode qui leur sera consacré en 2018, ou encore la réforme des structures de la CEF, pour rendre les évêques plus missionnaires.Au cours de cette assemblée, les évêques ont également consacré la journée de jeudi 30 au thème de l’unité de l’Église et la diversité des catholiques. Un défi important dans une société en pleine crise économique et sociale et où les catholiques, à l’instar de nombreux citoyens, sont parfois déboussolés. A l’approche des échéances électorales, les évêques ont voulu attirer l’attention sur cette unité. Mgr Pierre-Marie Carré, archevêque de Montpellier et vice-président de la Conférence des évêques de France, a répondu à Olivier Bonnel.

Strasbourg: Avant sa messe d'installation, qui est Luc Ravel, nouvel évêque déjà critiqué?

Mgr Ravel (à droite) remplace à l'archevêché de Strasbourg Mgr Grallet (à gauche).

Mgr Ravel (à droite) remplace à l’archevêché de Strasbourg Mgr Grallet (à gauche). — Alsace Media / Service diocésain.

Sa messe d’installation sera diffusée en direct sur YouTube. Nommé par le pape François avec l’aval du président François Hollande (encore une caractéristique du Concordat d’Alsace – Moselle), Mgr Luc Ravel prendra officiellement ses fonctions d’archevêque de Strasbourg dans la cathédrale, dimanche après-midi, à 15h.

>> A lire aussi : Alsace-Moselle: Le délit de blasphème abrogé, que reste-t-il du droit local ?

Ancien évêque du diocèse de l’armée français depuis 2009, le Parisien de 59 ans n’a pas manqué lors de ses récentes sorties médiatiques d’évoquer sa surprise devant sa nomination, en remplacement de Mgr Grallet, limité par ses 75 ans. D’autant que Mgr Ravel ne connaît ni particulièrement l’Alsace et son dialecte, ni l’allemand.

« Il le dira encore dimanche, mais c’est une terre inconnue pour lui, et la réciproque est vraie, complète Marc Larchet, en charge du service diocésain de la communication. La connaissance s’est néanmoins affinée il y a deux ans, lorsqu’il a été invité à Strasbourg par Mgr Grallet à l’occasion d’une messe pour la France, le 14 juillet. »

« Un fort trait de caractère » et « un homme de décisions »

Issue d’une grande fratrie (aux sept enfants) au père (et au grand-père) militaire(s), Mgr Ravel semble en avoir gardé une certaine droiture. En atteste sa devise latine, « Est est », traduite par « qui dit oui, dit oui ». « Ceux qui ont travaillé avec lui parlent d’un fort trait de caractère, d’un homme de relations et décisions », prolonge Marc Larchet.

Le diocèse alsacien attend maintenant de le découvrir. « Mais il aura besoin de temps avant de mettre des décisions en place », insiste-t-il encore. Titulaire d’une formation scientifique de polytechnicien et d’ingénieur, puis de philosophie, Mgr Ravel a finalement été ordonné prêtre en 1988. Avec, depuis, certaines positions tranchées…

Une position contre l’avortement après l’attentat de Charlie Hebdo

Sa nomination n’a justement pas manqué de faire ressurgir une publication de début 2015 dans le mensuel d’information de l’aumônerie militaire catholique des armées. Peu après l’ attentat contre Charlie Hebdo, Mgr Ravel a mis côte à côte terrorisme et avortement dans un éditorial intitulé « La guerre compliquée ». Extrait :

« Dans quel camp se situer comme chrétien ? Nous ne voulons pas être pris en otage par des islamistes. Mais nous ne souhaitons pas être pris en otage par des bienpensants. L’idéologie islamique vient de faire 17 victimes en France. Mais l’idéologie de la bienpensance fait chaque année 200.000 victimes dans le sein de leur mère. L’IVG devenue droit fondamental est une arme de destruction massive. Alliés pour la France avec d’autres, nous devons faire front contre les attaques terroristes explicites. Mais, pour autant, nous ne devons pas cautionner les folies de l’euthanasie, du mariage pour tous et autres caricatures de “Charlie-Hebdo”. »

Sa sortie a d’ailleurs valu au magazine de ne plus pouvoir utiliser le logo de l’armée. Fin février, le mouvement des Jeunes communistes du Bas-Rhin a fait partie des premiers à attaquer à nouveau ses propos, en exprimant son « indignation face à la nomination d’une personne haineuse et soutenue par une grande partie de l’extrême droite ».

>> A lire aussi : Attentats: Esprit du 11 janvier 2015, es-tu (encore) là?

« Ce genre de position crée toujours de l’amalgame »

S’il reconnaît un timing de publication pas forcément très adapté, le responsable de la communication du diocèse alsacien recadre : « C’est toujours très difficile dans un contexte très douloureux, mais derrière, Mgr Ravel voulait mettre en avant les convictions dans lesquelles il croit, dont celle que la vie doit l’emporter à tout moment. »

Mgr Grallet et Mgr se succéderont officiellement lors d'une messe tenue en la cathédrale de Strasbourg, dimanche 2 avril, à 15h. Mgr Grallet et Mgr se succéderont officiellement lors d’une messe tenue en la cathédrale de Strasbourg, dimanche 2 avril, à 15h. – Alsace Media / Service diocésain.

Marc Larchet poursuit : « C’est toujours dur, quand on est un homme public comme un grand évêque, de prendre ce genre de position, parce que ça crée toujours de l’amalgame. Il s’est ainsi retrouvé catalogué de droite, rigide. » Comme les Jeunes communistes bas-rhinois, certains l’ont classé d’emblée réactionnaire et conservateur.

L’Eglise strasbourgeoise craint-elle pour son image ? « Il prend la suite d’évêques qui ont conservé leur attention au monde, répond Marc Larchet. J’espère que chacun sera en capacité de le découvrir dans sa plénitude. D’autant qu’il a toujours eu une ouverture au dialogue international ou interreligieux. » Un sujet important en Alsace.

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Élections à la Conférence des évêques de France

À l’issue de l’Assemblée plénière de printemps de la Conférence des évêques de France (CEF), qui s’achevait vendredi 31 mars à Lourdes, des élections ont eu lieu pour renouveler les présidences de 11 conseils et commissions. Ont été élus :Président de la Commission épiscopale pour la liturgie et la pastorale sacramentelle : Mgr Guy de Kerimel, évêque de Grenoble-Vienne, pour un premier mandat. Il succède à Mgr Bernard-Nicolas Aubertin, archevêque de Tours ;– Président de la Commission épiscopale pour la catéchèse et le catéchuménat, Mgr Olivier Leborgne, évêque d’Amiens, pour un premier mandat. Il succède à Mgr Pierre d’Ornellas, archevêque de Rennes ;– Président de la Commission épiscopale pour les ministres ordonnés et les laïcs en mission ecclésiale : Mgr Jérôme Beau, évêque auxiliaire de Paris, pour un premier mandat. Il succède à Mgr Jean-Luc Bouilleret, archevêque de Besançon ;– Président pour la Commission épiscopale pour la vie consacrée : Mgr Pascal Roland, évêque de Belley-Ars pour un second mandat ;– Président pour la Commission épiscopale pour la mission universelle de l’Église, Mgr Laurent Dognin, évêque de Quimper et Léon pour un second mandat ;– Président du Conseil pour les questions canoniques, Mgr Joseph de Metz-Noblat, évêque de Langres pour un premier mandat. Il succède à Mgr Roland Minnerath, archevêque de Dijon ;– Président du Conseil famille et société, Mgr Michel Aupetit, évêque de Nanterrepour un premier mandat. Il succède à Mgr Jean-Luc Brunin, évêque du Havre ;– Président du Conseil pour les mouvements et associations de fidèles, Mgr Dominique Blanchet, évêque de Belfort-Montbéliard, pour un premier mandat. Il succède à Mgr Michel Pansard, évêque de Chartres ;– Président du Conseil pour la pastorale des enfants et des jeunes : Mgr Laurent Percerou, évêque de Moulins, pour un premier mandat. Il succède à Mgr Denis Moutel, évêque de Saint-Brieuc ;– Président du Conseil pour l’Unité des chrétiens et les relations avec le judaïsme, Mgr Didier Berthet, évêque de Saint-Dié, pour un premier mandat. Il succède à Mgr Vincent Jordy, évêque de Saint-Claude ;Président du Conseil pour les relations interreligieuses et les nouveaux courants religieux, Mgr Jean-Marc Aveline, évêque auxiliaire de Marseille, pour un premier mandat. Il succède à Mgr Michel Dubost, évêque d’Évry-Corbeil-Essonnes.Ont été élus membres du Comité études et projets présidé par Mgr Laurent Ulrich, archevêque de Lille : Mgr Emmanuel Gobillard, évêque auxiliaire de Lyon, Mgr Jean-Luc Brunin, évêque du Havre, Mgr Pierre d’Ornellas, archevêque de Rennes etMgr Jean-Philippe Nault, évêque de Digne. Ils succèdent à Mgr Philippe Ballot, archevêque de Chambéry, Maurienne et Tarentaise arrivé en fin de mandat, et aux évêques élus à la présidence d’un conseil ou d’une commission Mgr Jean-Marc Aveline, Mgr Jérôme Beau, Mgr Olivier LeborgneOnt été élus membres de la Commission doctrinale présidée par Mgr Éric de Moulins-Beaufort, évêque auxiliaire de Paris : Mgr Jean-Luc Bouilleret, archevêque de Besançon et Mgr Vincent Jordy, évêque de Saint-Claude. Ils succèdent à Mgr Luc Ravel et Mgr Michel Santier arrivés en fin de mandat.Les nouveaux élus prendront leur fonction le 1er juillet 2017.Par ailleurs, le Conseil permanent a nommé au poste de secrétaire général adjoint de la CEF le Père Antoine de Romanet, curé de la paroisse Notre-Dame d’Auteuil, dans le XVIe arrondissement de Paris.

Lourdes 2017, les évêques tentent de préserver l'unité entre leurs prêtres

« Unité de l’Église et diversité des catholiques. » C’est sous ce titre très général que les évêques français, réunis jusqu’à vendredi 31 mars à Lourdes, devraient aborder une question sensible : celui de l’unité du presbyterium, c’est-à-dire de l’ensemble des prêtres d’un diocèse. Parmi les évêques présents aux bords du Gave, certains n’hésitent pas à faire part de raidissements, qu’il s’agisse de la liturgie, des prises de position politiques de certains de leurs prêtres, ou de la manière dont ces derniers collaborent avec les laïcs.La raréfaction des vocations y contribue. Beaucoup font valoir que les tensions sont plus vives dans un diocèse qui compte 30 prêtres que là où il y en a 300. Ce matin, le philosophe Pierre Manent (1) viendra alimenter la réflexion des évêques, ainsi que le rapport d’un groupe de travail piloté par Mgr Jean-Louis Balsa, évêque de Viviers.A lire : Le discours très politique de Mgr Pontier devant les évêques de FranceAttention particulière aux prêtres étrangers« Quelle est l’incidence de l’éclatement de la société sur l’unité du clergé ? », s’interroge Mgr Hervé Giraud, archevêque de Sens-Auxerre. Dans son diocèse, il explique que les désaccords entre prêtres demeurent, mais qu’ils coexistent sans créer de conflits. « Il y a une forme d’indifférence », estime-t-il. Dans son diocèse, qui comprend une soixantaine de prêtres, il porte une attention particulière aux quatre prêtres étrangers – congolais et sénégalais –, présents dans les paroisses. « Lorsqu’ils arrivent, je passe du temps avec eux pour leur montrer le diocèse et je les encourage à se rendre aux réunions régulières de prêtres », poursuit Mgr Giraud, également membre du groupe de Mgr Balsa, qui rendra son rapport dans deux ans.Mgr Denis Moutel, l’évêque de Saint-Brieuc, insiste sur l’attention à accorder aux jeunes prêtres. « Ils doivent trouver des lieux à eux où se réunir. Ils ne peuvent se contenter du soutien des prêtres plus âgés, même s’il existe parfois entre eux une relation comparable à celle d’un grand-père à son petit-fils. » Il admet que son diocèse a été traversé dans les années 1970 par de « grandes fractures » notamment idéologiques. « Comme dans toute la France, beaucoup ont quitté le ministère. »Visites aux différents groupes, notamment les plus traditionalistesEn arrivant dans la Vienne en 2012, l’archevêque de Poitiers, Mgr Pascal Wintzer, reconnaît avoir hérité d’un presbyterium, constitué par plus de 180 prêtres, pour le moins divers. Dans ce diocèse, marqué successivement par des évêques ayant choisi l’Action française, au début du XXe siècle, puis la Mission ouvrière après Vatican II, les clivages entre prêtres sont manifestes. « Je ne suis pas l’évêque d’un groupe. Je tente d’aller à la rencontre de tous », indique-t-il.Ces derniers mois, l’archevêque a ainsi célébré une messe à la Mission ouvrière, et donné le sacrement de confirmation au cours d’une messe célébrée en rite extraordinaire. « J’essaie de dire à chacun, y compris aux prêtres, que leur voisin ou leur confrère peut vivre sa foi d’une autre manière qu’eux, et être tout aussi légitime », poursuit celui qui veut se maintenir « en dehors de toute ligne idéologique ». Ces visites aux différents groupes, notamment les plus traditionalistes, sont parfois mal perçues, admet-il. « Je tente de faire ce que j’estime juste. »–––––––––––––__________________La réforme des structures de la CEF en discussionLes évêques poursuivent leurs travaux sur la réforme des structures de la Conférence des évêques de France (CEF), annoncés lors de la dernière Assemblée plénière, en novembre 2016. « Il est devenu nécessaire de faire le point sur nos fonctionnements (…). Nos moyens ne sont pas infinis. Des choix s’imposent », a affirmé mardi 28 mars Mgr Georges Pontier, le président de la CEF, lors de son discours d’ouverture. Parmi les raisons qui motivent cette réforme : l’amenuisement des ressources financières des diocèses, mais aussi la réticence de certains évêques à mettre des prêtres à disposition de la CEF. Depuis septembre 2015, l’Avenue de Breteuil dispose d’ailleurs d’un secrétaire général adjoint de moins, Mgr Bernard Dubasque, qui a rejoint les Landes, sa région d’origine, n’ayant pas été remplacé.

Le discours très politique de Mgr Pontier devant les évêques de France

Alerter contre la montée du Front National sans jamais le citer. C’est à cet exercice délicat que s’est livré, mardi 28 mars à Lourdes, le président de la Conférence des évêques de France, Mgr Georges Pontier, en ouvrant les travaux de l’Assemblée plénière des évêques.« Nous ne pouvons pas penser notre avenir, chacun replié sur soi-même. Certains le pensent. C’est un leurre », a martelé l’archevêque de Marseille.Faisant l’apologie de la « fraternité » contre le « repli », Mgr Pontier a répondu indirectement à la candidate frontiste, Marine Le Pen. Il a ainsi employé un vocabulaire utilisé depuis plusieurs années par de nombreux évêques français pour s’opposer au Front National, sans jamais mentionner explicitement le nom du parti fondé par Jean-Marie Le Pen.lire aussi : Présidentielle, comme leurs fidèles, les évêques de France sont « un peu perdus »Hospitalité« Ceux qui viennent chez nous et sont accueillis, peuvent s’intégrer, apporter leur savoir-faire (…). Notre conviction chrétienne et citoyenne nous invite à la générosité », a-t-il affirmé. Citant le pape François, Mgr Pontier a estimé que les chrétiens étaient tenus à un « devoir de solidarité » : « l’hospitalité offerte à l’étranger qui a besoin d’un refuge est offerte à Jésus-Christ lui-même. »Il a appelé à un changement d’attitude envers les migrants et les réfugiés. « Il s’agit de passer « d’une attitude de défense et de peur, de désintérêt et de marginalisation (…) à une attitude qui soit basée sur la ‘culture de la rencontre’. »Autre plaidoyer contre le repli développé par l’archevêque de Marseille : celui regrettant le « dangereux regard de méfiance » porté sur les musulmans après les attentats. « Notre société hésite sur la place à faire à la religion musulmane dans notre pays », a constaté Mgr Pontier. Avant d’insister : « Nous savons que seuls le dialogue et la rencontre permettent de grandir dans la connaissance et le respect mutuel. »A LIRELe discours d’ouverture de Mgr Pontier de l’Assemblée plénière de printemps des évêques de France : “Nous ne pouvons pas penser notre avenir, chacun replié sur soi-même”, souligne Mgr Pontier à LourdesFormation des imamsBien sûr, la place des musulmans en France dépend aussi de la capacité de leurs responsables à s’organiser : « Il est nécessaire que du sein de la population française musulmane se lèvent des responsables qui aident leurs frères à inscrire la pratique de l’islam dans notre République et se démarquent de ceux qui distillent des enseignements fermés ou des pratiques communautaristes », a insisté le président de la Conférence des évêques. Il a souligné l’importance de la formation des imams ainsi que celle de « l’organisation d’une représentation lisible de l’islam » en France.Le président de la Conférence des évêques de France est revenu plus largement sur le climat de la campagne présidentielle, alors que François Fillon et Marine Le Pen sont mis en cause dans plusieurs affaires. Là encore, sans jamais citer aucun candidat. « L’exercice du pouvoir est exigeant. Il nécessite une vigilance de tous les instants pour demeurer au service du bien commun et ne pas en tirer un profit personnel aux effets désastreux », a-t-il jugé, en citant de larges extraits du document « Retrouver le sens du politique », publié en octobre par l’épiscopat.à lire : « Retrouver le sens du politique » : l’intégralité du texte des évêques de FranceMises en gardeEn revanche, il a adressé clairement aux candidats et aux « futurs gouvernants du pays » une claire mise en garde contre le développement de « pratiques eugéniques » et contre la disparition « de toutes les procédures de dialogue et de réflexion contenue dans la loi Veil », un an après la suppression par les parlementaires du délai de réflexion qui était jusqu’alors imposé aux femmes souhaitant avorter. Autre point d’insistance de l’archevêque de Marseille : l’opposition de l’Église à tout « droit à l’enfant ». Un message envoyé aux candidats souhaitant élargir la procréation médicalement assistée aux femmes seules ou aux couples de femmes.Au-delà des questions politiques, l’archevêque de Marseille est revenu sur les affaires de pédophilie révélées par la presse depuis plusieurs semaines, quelques jours après la diffusion par France 2 d’une émission – Cash investigation – sur le sujet. « On nous rappelle souvent (les fragilités et les fautes) qui concernent les évêques ou les prêtres », a-t-il regretté. Rappelant les actions menées par l’épiscopat depuis plusieurs mois (mise en place de cellules d’écoute des victimes, développement d’outils de formation), Mgr Pontier a affirmé que les évêques étaient « résolus à aider la justice à faire son travail » : « Nous invitons les victimes à porter plainte auprès des autorités judiciaires auxquelles, pour notre part, nous signalerons les faits qui nous seraient révélés ».à lire : Père Stéphane Joulain : « Les évêques doivent rendre des comptes sur leur lutte contre la pédophilie »PédophilieAlors que certains reprochent à des évêques de ne pas avoir signalé à la justice des prêtres accusés d’abus sexuels ou de pédophilie, Mgr Pontier s’est élevé contre un soupçon généralisé à l’encontre de tous les prêtres : « qu’on veuille bien cesser de laisser entendre que tout prêtre est un pédophile potentiel ».

Les évêques se réunissent à huis-clos à Lourdes

Les évêques de France se retrouvent de mardi à vendredi à Lourdes pour leur assemblée de printemps, à huis clos après un discours d’ouverture qui devrait de nouveau évoquer la pédophilie et le contexte politique, à moins d’un mois de l’élection présidentielle.

Le président de la Conférence des évêques de France (CEF) et archevêque de Marseille, Mgr Georges Pontier, devrait revenir sur les affaires de pédophilie, dans lesquelles l’épiscopat se débat depuis des mois face aux accusations de déni ou de légèreté.

Le rendez-vous s’annonce toutefois beaucoup plus calme que celui du printemps 2016 quand, en pleine tempête médiatique, le cardinal Philippe Barbarin, archevêque de Lyon, était la cible de plaintes pour non-dénonciation, toutes classées sans suite depuis. Et moins marquant que celui de novembre dernier, quand les évêques avaient demandé solennellement pardon aux victimes d’abus sexuels pour leur «trop long silence coupable».

Après avoir publié à l’automne une lettre remarquée «aux habitants de France» appelant à «retrouver le sens du politique», l’épiscopat ne manquera pas d’évoquer une campagne pour la présidentielle plombée par les affaires et marquée par le haut niveau de l’extrême droite dans les intentions de vote. Mais sans entrer dans la mêlée partisane, y compris à l’encontre du Front national, qui a progressé dans l’électorat catholique.

Les questions éthiques, de l’avortement à la fin de vie, pourraient aussi marquer la prise de parole de l’épiscopat, une semaine après la promulgation de la loi sur le délit d’entrave numérique à l’IVG, que l’Eglise a combattue.

Collège épiscopal du 18 au 24 mars

NominationsLe P. Robertus RUBIYATMOKO, (vicaire judiciaire de l’archidiocèse) archevêque de Semarang, Indonésie, le 18 mars.Le P. Orlando Olave VILLANOBA, (vicaire diocésain pour la pastorale) évêque de Tumaco, Colombie, le 18 mars.Le P. Carlos Rómulo GONÇALVES E SILVA, (vicaire général de l’archidiocèse de Pelotas) évêque coadjuteur de Montenegro, Brésil, le 22 mars.Le P Cristián Carlo Roncagliolo PACHECO, (du clergé de l’archidiocèse) évêque auxiliaire de l’archidiocèse de Santiago du Chili, Chili, le 23 mars.DémissionsMgr Rómulo Emiliani SÁNCHEZ, cmf, évêque auxiliaire de San Pedro Sula, Honduras, le 21 mars.DécèsMgr John Jeremiah McRAITH, évêque émérite d’Owensboro, États-Unis, le 19 mars à l’âge de 83 ans.Le cardinal William KEELER, archevêque émérite de Baltimore, États-Unis, le 23 mars à l’âge de 86 ans.DécretsLe 23 mars, le pape François a reçu en audience le cardinal Angelo Amato, sdb, préfet de la Congrégation des causes des saints. Durant l’audience, il a autorisé la Congrégation à promulguer les décrets regardants :– le miracle attribué à l’intercession du bienheureux Angelo DA ACRI (au siècle, Luca Antonio Falcone) prêtre profès de l’ordre des frères mineurs capucins (1669-1739), prédicateur ;– le miracle attribué à l’intercession des bienheureux Francisco MARTO (1908-1919) et JacintaMARTO (1910-1920), les petits enfants de Fatima ;– le martyre des serviteurs de Dieu José Maria FERNÁNDEZ SÁNCHEZ et ses 32 compagnons prêtres et frères de la congrégation de la mission (lazaristes) ainsi que six laïcs de l’Association de la Médaille miraculeuse, tués en haine de la foi durant la guerre civile espagnole ;– le martyre de la servante de Dieu Rani Maria VATTALIL, profès de la congrégation des sœurs clarisses franciscaines, tuée en haine de la foi le 25 février 1995 ;– les vertus héroïques du serviteur de Dieu Daniele DA SAMARATE (au siècle, Felice Rossini), prêtre profès de l’ordre des frères mineurs capucins (1876-1924) ;– les vertus héroïques de la servante de Dieu Macrina RAPARELLI (1893-1970), religieuse italienne cofondatrice de la congrégation de rite orientale des soeurs basiliennes Filles de sainte Macrine ;– les vertus héroïques de la servante de Dieu Daniela ZANETTA (1962-1986), laïque italienne membre des Focolari. Atteinte d’une grave maladie génétique, elle témoigna d’une intense vie spirituelle.Le pape François a également approuvé le vote de la session ordinaire des cardinaux et évêques de la Congrégation des causes des saints demandant la canonisation, sans miracle, de 32 bienheureux latinos américains, martyrs aux XVIe et XVIIe siècles :– les bienheureux André de SOVERAL et Ambrósio Francisco FERRO, prêtres diocésains, le laïc Mateus MOREIRA et leurs 27 compagnons, tués en 1645 dans le nord-est du Brésil ;– les bienheureux Cristóbal, Antonio et Juan, jeunes adolescents de Tlaxcala, entre Mexico et Veracruz (Mexique) tués en haine de la foi en 1529.

Pédophilie : 25 évêques auraient couvert des agressions sexuelles

Les prêtres et les évêques de l’Eglise catholique sont de nouveau secoués par un scandale lié à la pédophilie. Le dossier a été dévoilé par Mediapart dans un article titré “Les chiffres de la honte”.

5 évêques toujours en exercice

Le scandale révélé ce lundi par Mediapart est méprisable. L’Eglise française est de nouveau mêlée à des affaires de pédophilie. D’après le site d’informations, 25 évêques ont couvert pendant des années 32 agresseurs, “prêtres, religieux ou laïcs”. Ces derniers sont accusés d’abus sexuels sur mineurs ou majeurs, en France et à l’étranger. Parmi ces clercs ayant dissimulé des faits de viols ou d’agressions sexuelles, cinq sont toujours en exercice dont le cardinal Philippe Barbarin, l’archevêque lié au scandale de pédophilie dans le diocèse de Lyon. Mediapart cite également, Mgr Bouilleret, archevêque de Besançon, Mgr Aillet, évêque de Bayonne, Mgr Le Saux, évêque du Mans ou encore Mgr Fellay, le supérieur de la fraternité Saint-Pie-X.

Des faits datant de 1960

D’après Mediapart dans son article intitulé “Les chiffres de la honte”, les faits les plus anciens remontent en 1960, mais 50% d’entre eux ont eu lieu depuis les années 2000. Le site d’information dénonce notamment la réaction des responsables ecclésiastiques. Ces derniers étaient en effet alertés sur 339 cas d’abus sexuels, mais n’ont jamais formellement saisi la justice. Selon le site d’investigation, il s’agit d’un “Spotlight français”, en se référant à l’équipe d’investigation du Boston Globe qui a dévoilé un scandale de pédophilie dans l’Église catholique dans la région de Boston aux États-Unis.

Des plaintes classées sans suite

Pour réaliser ces investigations, les journalistes de Mediapart ont collaboré avec l’émission de France 2 Cash investigation qui a consacré un documentaire sur les prêtres pédophiles toujours en poste ou exfiltrés, rapporte L’Express. De nombreuses plaintes ont été récoltées dont certaines classées sans suite, car il n’y avait pas de preuves suffisantes ou à cause de la prescription des faits. L’intégralité de leur enquête sera diffusée mercredi dans un livre intitulé Eglise, la mécanique du silence (éd. JC Lattès).

Abus sexuels dans l'Eglise : 25 évêques auraient couvert des dizaines de prêtres

U ne enquête de Mediapart met au jour un nouveau scandale d’abus sexuels au sein de l’Eglise catholique de France. Selon nos confrères, 25 évêques auraient méthodiquement couvert les actes de pédophilie de plusieurs dizaines de prêtres, sans que la justice n’ait été saisie.

Un “Spotlight” (du nom d’un film canadien oscarisé sur l’enquête d’une équipe de journalistes du Boston Globe qui avait démasqué, en 2002, un réseau pédophile au sein de l’Église catholique de Boston. Elle sera récompensée par le prix Pulitzer en 2003, NDLR) à la Française, c’est comme ça que les journalistes de Mediapart ont présenté le nouveau scandale d’abus sexuels au sein de l’Eglise catholique de France. 

Dans un long papier, enrichi d’informations détaillées, et qui porte sur un an d’enquête (des années 1960 à nos jours, mais surtout depuis les années 2000), les journalistes révèlent la mise en place méthodique et volontaire d’une “mécanique du silence” au sein de plusieurs diocèses de France. Une enquête qui prend également la forme d’un ouvrage intitulé “Eglise, la mécanique du silence” (aux éditions JC Lattès), disponible en librairie dès ce mercredi 22 mars.

339 victimes dont 288 mineurs

On y apprend, avec stupéfaction et effroi, que 339 victimes (dont 288 mineurs) présumées d’abus sexuels par des prêtres ont été recensées par Mediapart, et surtout que 32 agresseurs (qu’ils s’agissent de prêtres, de religieux ou de laïcs), accusés d’avoir commis de tels faits sur des mineurs et des majeurs, ont été couverts par l’Eglise sur le territoire français, ou à l’étranger.

Sur ces 32 cas, 25 évêques, dont cinq toujours en poste en janvier 2017 (Mgr Barbarin, cardinal et archevêque de Lyon, Mgr Bouilleret, archevêque de Besançon, Mgr Aillet, évêque de Bayonne, Mgr Le Saux, évêque du Mans, et de Mgr Fellay, supérieur de la fraternité Saint-Pie-X) ont été “alertés de faits d’abus sexuels, mais n’ont pas saisi formellement la justice”, précise Mediapart.

28 clercs déplacés géographiquement pour échapper à la justice

Contactée, l’institution catholique évoque des faits passés et prône une nouvelle gestion de ces affaires par l’Eglise. Mais Mediapart conteste ces dires et explique que sur les 32 cas d’agressions sexuelles, la moitié concernent l’après 2000 et “28 clercs ont même été déplacés géographiquement dès que les évêques ont été avisés”. 

Un prêtre couvert pendant 25 ans à Bayonne

On apprend par exemple qu’à Bayonne, un prêtre pédophile a été couvert pendant plus de 25 ans. Pourtant, Mgr Aillet, à la tête de l’évêché dès 2009, est tout de suite averti de ces agissements lors de son arrivée. Le témoignage de la famille d’une victime ainsi que celui du prêtre concerné, Jean-François Sarramagnan, sont entendus mais jamais révélés. Ainsi, il faut attendre 2016, et les révélations de scandales à répétition en France, pour qu’il avertisse la justice.

Et les mêmes scandales se répètent dans plusieurs diocèses. Pour échapper aux autorités judiciaires et éviter des scandales médiatiques, l’Église a déplacé plus de 90 prêtres impliqués dans des affaires de pédophilie depuis 1990, indique Mediapart dans un autre volet réalisé avec Cash Investigation, émission qui sera diffusée ce mardi 21 mars sur France 2