Un amoureux de sainte Thérèse et des chevaux pour le diocèse de Limoges

Après plus de vingt ans passés comme prêtre en Normandie, Mgr Pierre-Antoine Bozo, 51 ans, quitte sa région natale et le diocèse de Séez pour Limoges (1), où il a été nommé évêque jeudi 11 mai par le pape François et où il remplace Mgr François Kalist, archevêque de Clermont depuis huit mois. Une mission que cet homme calme et souriant vit comme un « déracinement », puisqu’il a « tout à y découvrir », mais qu’il aborde aussi avec « confiance ».De ses parents, gérants en retraite d’un haras normand réputé, il a hérité la foi mais aussi l’amour des chevaux. Second d’une fratrie de cinq enfants, dont plusieurs se sont investis dans l’élevage et les courses, Mgr Bozo, amoureux de la nature, espère bien pouvoir continuer à pratiquer l’équitation dans son nouveau diocèse.Dans l’Orne, il organisait chaque année, avec quelques amis, un pèlerinage d’Alençon à Lisieux, sur les traces de sainte Thérèse de l’Enfant-­Jésus, une figure qui le marque en profondeur, tout comme saint Jean Eudes, une autre personnalité de la région dont « l’élan missionnaire » le touche particulièrement. « Je compte pouvoir continuer de vivre de leur spiritualité », souligne-t-il.Expérience « multi-cartes »Fort d’une expérience « multi-cartes », le jeune évêque, dont la date d’ordination à Limoges n’est pas encore connue, espère pouvoir la mettre à profit dans le Limousin. C’est après des études de droit à Caen que Pierre-Antoine Bozo a décidé d’entrer au séminaire. Formé à Rome puis ordonné en 1994 pour le diocèse de Séez, le jeune prêtre a d’abord exercé son ministère pendant treize ans dans le centre-ville d’Alençon (Orne), où il s’est occupé en particulier de la pastorale des jeunes.Il a ensuite enseigné la théologie fondamentale et dogmatique au Centre d’études théologique de Caen pendant plusieurs années. Il fut successivement responsable diocésain du Service des vocations puis responsable diocésain pour la pastorale des jeunes, avant d’être nommé, en 2012, recteur du séminaire interdiocésain Saint-Jean-Eudes, dans la capitale du Calvados, tout en continuant son travail d’enseignant.Les vocations, une « priorité »Dans la continuité de son ancrage territorial, le Père Bozo a également été vicaire épiscopal à Sées de 2011 à 2015, date à laquelle il a été nommé vicaire général. Chargé aussi de la coordination du doyenné de la ville, il avait la responsabilité de la paroisse Sainte-Opportune en Pays d’Ô, autour de Mortrée, son pays natal.« Un panel d’activités assez large », sourit le nouvel évêque, qui affirme « ne pas avoir d’autre programme que celui de faire la volonté de Dieu ». Même si, ajoute-t-il, les vocations, par son parcours de formateur, seront une « priorité ». A fortiori à la tête d’un diocèse comme celui de Limoges, rural et marqué par la pénurie de prêtres. « La situation des prêtres n’est pas simple dans ce type de contexte, complète Mgr Bozo. Je chercherai à les soutenir et à les accompagner au mieux. »